Qu'on soit passionné – trop passionné ? –, indifférent, voire hostile à ce phénomène, nul ne peut nier que le sport est devenu une composante incontournable du monde d'aujourd'hui.
Si l'« instinct sportif », selon la formule de Robert Parienté, a sans doute existé de tout temps, le sport joue au début du xxie siècle, dans un monde soumis aux soubresauts économiques, aux tensions politiques, à la remise en cause des consciences de chacun, un rôle de plus en plus important dans la vie des peuples. Valorisation individuelle ou quête d'identité collective, modèle comportemental, socialisation, insertion, fraternité... Le sport pourrait donc véhiculer toutes ces vertus. Mais, a contrario, dans une société de la performance à tout prix et de l'individualisme triomphant, il en exacerbe toutes les dérives – dopage, obligation de rentabilité pour les champions comme pour les organisateurs des compétitions et leurs diffuseurs, chauvinisme, hooliganisme, nationalisme triomphant...
Les compétitions modernes sont-elles pour autant si différentes des joutes de l'Antiquité ? Déjà, en Grèce, un titre d'olympionique contribuait au rayonnement de la cité du vainqueur. Les athlètes suivaient un entraînement intensif et onéreux – financé par les familles ou les cités, « sponsors » avant la lettre. Ils n'hésitaient pas à absorber divers aliments pour améliorer leurs performances – forme originelle du dopage. Puis les meilleurs d'entre eux monnayèrent leur talent – à l'image des lucratifs « transferts » modernes des joueurs de football d'un club à un autre... La « trêve olympique », qui ne fut violée que deux fois pendant un millénaire dans la Grèce antique, demeure-t-elle d'actualité ? Au sens propre, non, bien sûr : les Jeux furent annulés trois fois (1916, 1940, 1944) en raison des conflits mondiaux ; de Berlin (1936) à Pékin (2008), en passant par Mexico (1968), Munich (1972), Moscou (1980) ou Los Angeles (1984), la politique s'est emparée du sport à maintes reprises. Mais, dans une acceptio […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



