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STATIONS ORBITALES

La troisième génération de stations spatiales soviétiques : Mir

Le 20 février 1986, l'élément principal de Mir (« paix » ou « monde », en russe), d'une masse de 20,1 t, est lancé de Baïkonour par un lanceur Proton. Il est d'abord placé sur une orbite à 235 kilomètres d'altitude avant d'être transféré sur une orbite circulaire à 390 kilomètres. Il s'agit en fait d'un Saliout dont l'élément à jonction unique avec les vaisseaux a été remplacé par un autre à jonctions multiples. Cinq autres modules et deux vaisseaux peuvent ainsi venir s'y amarrer. Contrairement aux stations Saliout précédentes, Mir est donc modulaire. Sa durée de vie sera de quinze ans (1986-2001), alors qu'à l'origine elle était prévue pour cinq années. À vocation essentiellement civile, mais conçue en pleine guerre froide, Mir devait aussi incorporer des expériences à caractère militaire prévues précédemment sur les Almaz ; le module Spektr fut ainsi conçu pour tester des systèmes antisatellites et de reconnaissance militaire. En 1991, la fin de la confrontation Est-Ouest a mis un terme à ces projets. De 1986 à 1996, Mir se construira comme un Meccano. Au module de base viendront s'en ajouter cinq autres dont la masse unitaire variera entre 11 et 20 tonnes. Ce seront les modules d'astrophysique Kvant, en 1987, de recherche biologique et d'observation de la Terre Kvant-2, en 1989, de recherche technologique Kristall, en 1990, de géophysique Spektr, en 1995, et d'observation de la Terre Priroda, en 1996. Ainsi constituée, elle atteint une masse de l'ordre de 140 tonnes, c'est-à-dire de sept à huit fois supérieure à celle des Saliout. Les astronautes bénéficient d'un volume habitable et utile à la réalisation de leurs expériences scientifiques de 380 m3, contre 82 pour Saliout-1.

De 1986 au printemps de 2000, Mir sera occupée par des astronautes pendant plus de 90 p. 100 du temps. Elle a accueilli des astronautes de douze pays – Russie, Syrie, Afghanistan, Autriche, Bulgarie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Kazakhstan, Slovaquie, États-Unis – ainsi que deux missions de l'Agence spatiale européenne. Mir fut sans doute l'un des programmes de coopération internationale parmi les plus riches en nombre de pays participants. Il constitue à ce titre un exemple. Entre 1986 et 1999, 30 vaisseaux Soyouz ont amené à bord de la station 80 astronautes dont 21 non russes : 6 Français, 4 Allemands (dont 2 représentaient l'Agence spatiale européenne), 3 Kazakhs, 1 Américain, 1 Japonais, 1 Autrichien, 1 Britannique, 1 Syrien, 1 Bulgare, 1 Afghan et 1 Slovaque. Neuf navettes américaines ont aussi amené 57 astronautes : 49 Américains, 6 Russes et 2 Français. C'est donc au total 137 astronautes qui ont fait un séjour bref ou de longue durée dans Mir. Parmi eux, certains ont effectué plusieurs missions. Mir a donc accueilli 84 astronautes différents, dont 40 Russes. Hormis les 30 Soyouz habités, un Soyouz inhabité et les 9 navettes, 22 vaisseaux cargo Progress s'y sont aussi amarrés.

La première mission française du C.N.E.S. vers Mir part le 26 novembre 1988. Il s'agit de la mission Aragatz, qui emporte le Français Jean-Loup Chrétien. Cinq autres missions françaises mettant en œuvre des expériences dans de nombreux domaines scientifiques suivront : Antarès en 1992 avec Michel Tognini, Altaïr en 1993 avec Jean-Pierre Haigneré, Cassiopée en 1996 avec Claudie André-Deshays (future Claudie Haigneré), Pégase en 1998 avec Léopold Eyharts et Perseus en 1999 avec Jean-Pierre Haigneré.

En mai 1991, la première femme arrive à bord de Mir : il s'agit de la Britannique Helen Sharman. La fin de l'année 1991 n'est pas particulièrement marquée par les exploits spatiaux : l'événement est d'abord politique puisque, en décembre, l'Union[...]

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Écrit par

  • : membre de l'Académie de l'air et de l'espace et de l'International Academy of Astronautics, ancien président de l'Institut français d'histoire de l'espace

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Navette spatiale Discovery

Navette spatiale Discovery

La Station spatiale internationale en août 2005

La Station spatiale internationale en août 2005

Station spatiale internationale

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Autres références

  • CNES (Centre national d'études spatiales)

    • Écrit par Jacques VILLAIN
    • 4 273 mots
    • 4 médias
    Le volet le plus spectaculaire de la coopération spatiale internationale du C.N.E.S. demeure toutefois l'envoi de spationautes français à bord des stations soviétiques (puis russes) Saliout et Mir. Le premier d'entre eux sera Jean-Loup Chrétien, qui, le 24 juin 1982, décolle de Baïkonour...
  • ESPACE (CONQUÊTE DE L') - Des pionniers à la fin de la guerre froide

    • Écrit par Jacques VILLAIN
    • 14 714 mots
    • 37 médias
    ...retrouver un prestige perdu. Les Soviétiques se concentrent alors sur les vols habités circumterrestres en mettant sur orbite plusieurs générations de stations orbitales, les Saliout-1 à Saliout-7, à vocation tant civile que militaire, qui vont permettre d'accueillir des cosmonautes sur de plus longues...
  • MÉCANIQUE SPATIALE

    • Écrit par Jean-Pierre CARROU
    • 6 610 mots
    • 13 médias

    L'astrodynamique est la science qui s'attache à expliciter la dynamique des astres et des forces qui les font se mouvoir. Par extension, la dynamique des satellites artificiels lui a été, quelque peu abusivement, assimilée. On peut, de manière plus rigoureuse, définir la mécanique spatiale...

  • STATION SPATIALE CHINOISE

    • Écrit par Théo PIRARD
    • 858 mots

    Le 29 septembre 2011, au moyen d'une fusée Longue-Marche-2 F améliorée, la Chine a satellisé le laboratoire habitable Tiangong-1 (« Palais céleste »), dans le but de tester les technologies en vue d'une station spatiale. Placé sur une orbite basse inclinée à 42,7 degrés, qu'il a circularisée à quelque...

Voir aussi