STATIONS ORBITALES

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Mission Skylab-4

Mission Skylab-4
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Navette spatiale Discovery

Navette spatiale Discovery
Crédits : Andy Thomas/ NASA

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A.T.V. Jules-Verne

A.T.V. Jules-Verne
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La Station spatiale internationale en août 2005

La Station spatiale internationale en août 2005
Crédits : NASA

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Engagées dans la guerre froide, les deux superpuissances – États-Unis et U.R.S.S. – avaient choisi l'espace comme lieu d'affrontement. Vaincus de la course à la Lune, les Soviétiques s'engageront les premiers, en 1971, dans l'occupation quasi permanente de l'orbite terrestre, en démontrant que l'homme pouvait vivre pendant de longues périodes dans cet univers hostile, à bord de stations – Saliout et Mir – tournant autour de notre planète. Mais, vingt ans plus tard, alors que les États-Unis se sont engagés dans la réalisation de leur propre station, l'effondrement de l'Union soviétique transformera le projet américain : d'abord conçu comme un défi à l'adversaire, il deviendra un projet mondial, la Station spatiale internationale.

De l'expérimentation à l'occupation permanente

Si l'on excepte les Soyouz-4 et Soyouz-5 qui, en 1969, se sont amarrés pour former la première station orbitale expérimentale, c'est en avril 1971 que les Soviétiques, les perdants de la conquête de la Lune, mettent sur orbite la première station spatiale, Saliout-1. Lui succéderont Saliout-2, en 1973, Saliout-3 et Saliout-4, en 1974, Saliout-5, en 1976. Saliout-2, Saliout-3 et Saliout-5 ont une finalité militaire : l'observation des territoires adverses. La deuxième génération de stations sera composée de Saliout-6 et de Saliout-7, opérationnelles en 1977 et en 1982, respectivement. C'est véritablement avec ces deux dernières que commence l'ère des vols de longue durée : Saliout-6 sera occupée au total pendant 617 jours et Saliout-7 pendant 1 075 jours, alors que les stations de la première génération ne l'avaient guère été plus de cent jours. Le temps maximal passé par un même homme dans l'espace s'accroîtra également, passant de 23 jours sur Saliout-1 à 237 sur Saliout-7.

De leur côté, les Américains avaient décidé, en décembre 1963, de s'engager dans la réalisation du M.O.L. (Manned Orbiting Laboratory), station spatiale pour l'observation militaire, qui sera abandonnée en juin 1969. En fait, la N.A.S.A. ne placera sur orbite qu'une seule station, Skylab, qu'elle ne maintiendra en activité que neuf mois, du 25 mai 1973 au 8 février 1974.

Par ailleurs, les Soviétiques réaliseront, en juillet 1975, avec les États-Unis, l'assemblage d'un vaisseau Soyouz et d'un véhicule Apollo, cette « mini-station » préfigurant fort modestement la Station spatiale internationale, dont la construction commencera en 1998. Mais, ici, la finalité était plus politique que scientifique : il faut d'abord y voir une étape dans la politique de détente qui s'instaurait alors entre les deux superpuissances plutôt qu'une véritable volonté d'exploiter en commun l'espace.

En fait, c'est avec Mir, dont le premier élément est lancé en 1986, que l'occupation permanente d'une station sur une longue durée commence.

La première génération de stations spatiales soviétiques : de Saliout-1 à Saliout-5

Le 19 avril 1971, l'U.R.S.S. place sur une orbite circulaire à 220 kilomètres d'altitude, grâce à un lanceur Proton, sa première station orbitale, Saliout-1 (saliout signifie « salut » en russe). D'une masse de 18 500 kg, celle-ci est constituée de trois éléments dont deux, pressurisés, servent de lieu de travail et d'habitation ; le troisième, non pressurisé, possède un dispositif d'amarrage pour les vaisseaux Soyouz (« union ») ; il est aussi utilisé pour les sorties extravéhiculaires. La réalisation de cette station est alors sous la responsabilité de Vassili Pavlovitch Michine, le patron du bureau d'études TsKBEM, qui a succédé à Sergueï Pavlovitch Korolev en 1966, à la mort de ce dernier. Soyouz-11, avec à son bord Georgi Timofeïevitch Dobrovolski, Victor Ivanovitch Patsaïev et Vladislav Nicolaïevitch Volkov, est le premier vaisseau à rejoindre Saliout-1, le 7 juin 1971. Pour la première fois, des hommes vivent à bord d'une station orbitale : ils passeront 23 jours dans Saliout-1, réalisant diverses expériences scientifiques. Le retour est hélas ! dramatique : les trois hommes trouvent la mort le 30 juin lors de la rentrée du Soyouz dans l'atmosphère, à la suite de la dépressurisation du vaisseau. Aucun équipage ne prendra la relève. Saliout-1 restera au total 170 jours sur orbite, jusqu'au 11 octobre 1971, date de sa rentrée dans l'atmosphère.

Le vaisseau Soyouz ayant été modifié, les Soviétiques tentent, le 29 juillet 1972, de lancer une nouvelle station Saliout. Mais la défaillance du deuxième étage du lanceur Proton conduit à un échec. Leonid Brejnev, qui veut devancer les Américains, très près de mettre sur orbite leur propre station, Skylab, donne le feu vert pour lancer la station militaire du programme Almaz (« diamant ») : Saliout-2 (ou Almaz-1), lancée le 3 avril 1973, est équipée de caméras à haute résolution pour la reconnaissance. Mais un défaut d'étanchéité lui interdit de recevoir un équipage. Inutilisable, elle ne reste que 26 jours sur orbite. Quelques jours plus tard, le 11 mai 1973, une autre station est lancée mais elle échappe à tout contrôle et retombe 11 jours plus tard ; elle prendra le nom de Cosmos-557.

Saliout-3 (ou Almaz-2) est lancée le 26 juin 1974 sur une orbite de 232 kilomètres de périgée et de 257 kilomètres d'apogée. Elle restera 213 jours dans l'espace mais ne sera habitée que 15 jours, du 4 au 19 juillet 1974, par Pavel Romanovitch Popovitch et Iouri Petrovitch Artioukhine, l'équipage de Soyouz-14. Pour mieux supporter les effets de l'impesanteur, les cosmonautes disposent désormais d'appareils de gymnastique. Le 23 septembre 1974, une capsule contenant des films pris par la caméra de bord et relatifs à des objectifs militaires adverses est éjectée et récupérée à Terre. Enfin, le 24 janvier 1975, sur commande du centre de contrôle, Saliout-3 rentre dans l'atmosphère.

Saliout-4, placée sur une orbite de 337 kilomètres de périgée et de 350 kilomètres d'apogée, plus élevée donc que celle des stations Saliout précédentes afin d'agrandir le champ d'observation, restera 774 jours sur orbite, du 26 décembre 1974 au 3 février 1977, accueillant deux équipages de deux cosmonautes. Au total, Saliout-4 sera occupée pendant 93 jours.

Enfin, la dernière station de première génération, Saliout-5 (ou Almaz-3), est mise sur orbite le 22 juin 1976. Elle y restera 441 jours mais ne sera occupée que 62 jours. Saliout-5 rentrera dans l'atmosphère le 8 août 1977. Le 22 février 1977, elle avait éjecté une capsule contenant des films.

Divers incidents, souvent sans conséquences graves, interviendront à bord des Soyouz ou des Saliout. Ainsi, le 14 octobre 1976, Viatcheslav Dmitrievitch Zoudov et Valeri Ilitch Rojdestvenski partent à bord de Soyouz-23 pour rejoindre Saliout-5. Mais l'amarrage ne peut s'effectuer et Soyouz-23 doit rentrer sur Terre, où il tombe dans le lac Tenguiz, loin de la zone prévue et par une température de – 20 0C. Un quart d'heure plus tard, les cartouches pyrotechniques de réserve qui servent à l'ouverture de l'écoutille du compartiment des parachutes explosent. La capsule bascule et les cosmonautes se retrouvent en quelque sorte accrochés au plafond par leurs ceintures. Après neuf heures d'attente, le manque d'oxygène se fait sentir alors qu'une tempête sévit sur le lac. Ce n'est finalement qu'au bout de onze heures passées dans des conditions épouvantables que les cosmonautes seront récupérés par les équipes de secours.

Une nouvelle station militaire Almaz, en l'occurrence Almaz-4, devait être lancée en 1978 avec deux docks d'amarrage, mais les travaux concernant ce type de station seront suspendus. En effet, à partir de 1978-1979, Vladimir Nicolaïevitch Tchelomeï, qui réalise les stations Almaz, va vivre une situation difficile : il est soumis à une pression permanente de la part du ministre de la Défense Dmitri Oustinov, qui cherche à limiter son domaine d'activités. Il s'agit de la suite de règlements de comptes qui étaient nés sous Khrouchtchev. La poursuite des activités spatiales de Tchelomeï sera compromise.

Skylab, la première station spatiale américaine

Aux États-Unis, l'arrêt prématuré du programme Apollo, en 1972, avait rendu disponibles quelques lanceurs Saturn V, dont l'un va être utilisé pour réaliser la première station orbitale américaine, Skylab. Construite à partir du troisième étage de Saturn V, cette station, d'une masse de 77 tonnes, est plus imposante que ses homologues soviétiques. Le 14 mai 1973, Skylab est placée par une Saturn V sur une orbite quasi circulaire à 430 kilomètres d'altitude. Mais, durant le lancement, le bouclier de protection contre les météorites ne peut se mettre dans la bonne position, ce qui empêche le déploiement de l'un des panneaux solaires et diminue le rendement du second : la station ne dispose que de la moitié de la puissance électrique nominale et la température interne s'accroît, atteignant 49 0C, au-delà des limites permettant de recevoir un équipage. La mission Skylab-2, prévue pour le lendemain, et qui devait amener des astronautes, doit par conséquent être retardée. Les ingénieurs trouvent une solution sous la forme d'un « parasol » en Mylar et Nylon aluminisés. Skylab-2 quitte Cape Canaveral le 25 mai, avec cet équipement et trois astronautes – Charles Conrad Jr., Joseph Peter Kerwin et Paul Joseph Weitz –, qui installent ce parasol le lendemain, ce qui permet d'abaisser à 24 0C la température à l'intérieur de la station. Les astronautes demeureront 28 jours en orbite, jusqu'au 22 juin. Deux autres missions succéderont à Skylab-2 : Skylab-3 (59 jours, du 28 juillet au 25 septembre 1973) et Skylab-4, au cours de laquelle sera battu le record de séjour dans l'espace : 84 jours, du 16 novembre 1973 au 8 février 1974, par l'équipage constitué de Gerald Paul Carr, Edward George Gibson et William Reid Pogue. Skylab sera occupée au total durant 171 jours seulement ; elle se désintégrera dans l'atmosphère le 11 juillet 1979. Engagés depuis 1972 dans le développement de leur navette spatiale, qui absorbe la majeure partie des crédits de la N.A.S.A., les Américains ne souhaitaient pas poursuivre leurs expérimentations en matière de stations.

Mission Skylab-4

photographie : Mission Skylab-4

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Gerald P. Carr, commandant de la mission Skylab-4 (en bas à gauche), et William R. Pogue, pilote. L'équipage de Skylab-4, qui comprenait aussi Edward G. Gibson, pilote scientifique, battra le record de durée de séjour dans l'espace. 

Crédits : NASA

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La deuxième génération de stations spatiales soviétiques : Saliout-6 et Saliout-7

Du côté soviétique, l'échec du programme lunaire habité avait été rudement ressenti par les techniciens et les hommes au pouvoir. Quelques réorganisations en étaient résultées. En mai 1974, Michine avait été limogé et Valentin Petrovitch Glouchko, le rival de Korolev et de Michine, avait pris les rênes en réunissant l'entreprise de Korolev à la sienne pour former NPO Energia.

C'est sous son autorité que Saliout-6, la première station de deuxième génération, est lancée à 350 kilomètres d'altitude, le 29 septembre 1977. Elle bénéficie de nouveautés : une douche a été installée, elle est aménagée pour les sorties dans l'espace et deux vaisseaux (deux Soyouz, ou un Soyouz et un cargo Progress) peuvent s'y amarrer, ce qui améliore sensiblement les conditions d'opération. Avec un Soyouz et un Progress à chaque extrémité de la station, l'ensemble a une masse de 36 tonnes. Le 10 décembre 1977, Soyouz-26 est lancé et s'amarre à l'arrière de Saliout-6. Au cours de ce séjour, Iouri Victorovitch Romanenko et Georgi Mikhaïlovitch Gretchko raviront aux Américains de Skylab-4 le record de séjour dans l'espace avec 96 jours contre 84. Trois premières seront réalisées : l'accueil d'un autre équipage (celui de Soyouz-27, avec Oleg Grigorievitch Makarov et Vladimir Alexandrovitch Djanibekov, lancé le 10 janvier 1978), l'amarrage du premier cargo Progress une dizaine de jours plus tard et l'accueil du premier équipage international, avec le Tchèque Vladimir Remek, au début de mars 1978 (Soyouz-28). Pour la première fois également, l'orbite d'une station Saliout est modifiée en utilisant les moteurs du Progress. D'une masse de 7 020 kilogrammes, Progress est un véhicule cargo pouvant embarquer 1 300 kilogrammes de fret – denrées, eau, matériels divers – et 1 000 kilogrammes d'ergols pour le ravitaillement de la station.

Alors que Saliout-6 reste sur orbite, Saliout-7 est lancée le 19 avril 1982 et positionnée à 474 kilomètres d'altitude, pour une durée envisagée de cinq ans. Le deuxième équipage à l'habiter sera franco-russe : Soyouz T-6, lancé le 24 juin 1982, emporte en effet Djanibekov, Alexandre Sergeïevitch Ivantchenkov et Jean-Loup Chrétien, le premier spationaute français. Il s'agit de la première mission habitée du Centre national d'études spatiales (C.N.E.S.), la mission P.V.H. (premier vol habité). En juillet 1984, Soyouz T-12 amènera à bord de Saliout-7 Svetlana Evguenievna Savitskaïa, la deuxième femme russe à aller dans l'espace, vingt et un ans après Valentina Terechkova, et, surtout, la première femme à effectuer une sortie extravéhiculaire. Comme les stations précédentes, Saliout-7 n'échappe pas à quelques incidents. Ainsi, Soyouz T-8 quitte Baïkonour le 20 avril 1983 mais ne peut réaliser le rendez-vous avec la station. Soyouz T-9 y parvient en juin suivant mais pas Soyouz T-10A, dont le lanceur prend feu sur le pas de tir ; le système de sauvetage éjecte le Soyouz et l'équipage, constitué par Vladimir Georgievitch Titov et Guennadi Mikhaïlovitch Strekalov, est récupéré sain et sauf à quatre kilomètres de là. L'événement le plus spectaculaire affectant Saliout-7 interviendra en 1985. Au début de cette année, la station, alors inhabitée, tombe en panne. Plus de liaisons radio avec la Terre et tout gèle à bord faute d'énergie, les batteries étant déchargées. Une mission de sauvetage est décidée. Elle est confiée à Djanibekov, considéré comme le meilleur des cosmonautes, et à Victor Petrovitch Savinikh, qui décollent le 6 juin 1985 à bord de Soyouz T-13. Bien que le mouvement de la station soit désordonné, l'amarrage est réussi. Les cosmonautes pénètrent dans la station avec des masques à oxygène car l'atmosphère est trop chargée en gaz carbonique. Un circuit de ventilation provisoire alimenté à partir du Soyouz est confectionné. Il apparaît par ailleurs que les panneaux solaires sont déconnectés des accumulateurs. Au prix d'un travail remarquable et au bout de huit jours, le 16 juin, les deux hommes parviendront à redonner vie à la station. Il s'agit d'un immense succès pour l'astronautique soviétique.

Saliout-7 est abandonnée le 21 novembre 1985 et transférée le 22 août 1986 sur une orbite élevée (474 km/492 km), où son vieillissement va être étudié. En janvier 1990, alors que les ergols sont épuisés, la station devient non manœuvrable. Enfin, le 7 février 1991, elle redescend sur Terre de façon incontrôlée et des morceaux tombent, sans conséquences fâcheuses, à la frontière de l'Argentine et du Chili.

Saliout-6 était restée sur orbite quatre ans et dix mois. Pendant 617 jours, des hommes ont vécu à son bord. Seize équipages s'y sont succédé (dont huit internationaux, avec des représentants de la Tchécoslovaquie, de la Pologne, de la R.D.A., de la Hongrie, du Vietnam, de Cuba, de la Mongolie et de la Roumanie), qui ont réalisé plus de 1 600 expériences scientifiques ainsi que 35 amarrages, dont 12 ravitaillements par cargo Progress. Avec Saliout-7, le temps d'occupation est porté à 1 075 jours sur une période voisine de huit ans et dix mois. Le record de séjour de 237 jours dans l'espace par un équipage est atteint. Saliout-7 a reçu la visite de dix équipages (dont deux internationaux, avec le Français Chrétien et un Indien), qui ont réalisé plus de 2 500 expériences et 28 amarrages, dont 12 ravitaillements par cargo Progress.

De 1971 au milieu des années 1980, les Soviétiques ont donc démontré qu'ils maîtrisaient la construction et les opérations des stations orbitales. Ils avaient aussi accru, progressivement, la durée des séjours dans l'espace, acquérant une expérience incomparable en matière de physiologie spatiale. La voie était ouverte pour un projet plus ambitieux, Mir.

La troisième génération de stations spatiales soviétiques : Mir

Le 20 février 1986, l'élément principal de Mir (« paix » ou « monde », en russe), d'une masse de 20,1 t, est lancé de Baïkonour par un lanceur Proton. Il est d'abord placé sur une orbite à 235 kilomètres d'altitude avant d'être transféré sur une orbite circulaire à 390 kilomètres. Il s'agit en fait d'un Saliout dont l'élément à jonction unique avec les vaisseaux a été remplacé par un autre à jonctions multiples. Cinq autres modules et deux vaisseaux peuvent ainsi venir s'y amarrer. Contrairement aux stations Saliout précédentes, Mir est donc modulaire. Sa durée de vie sera de quinze ans (1986-2001), alors qu'à l'origine elle était prévue pour cinq années. À vocation essentiellement civile, mais conçue en pleine guerre froide, Mir devait aussi incorporer des expériences à caractère militaire prévues précédemment sur les Almaz ; le module Spektr fut ainsi conçu pour tester des systèmes antisatellites et de reconnaissance militaire. En 1991, la fin de la confrontation Est-Ouest a mis un terme à ces projets. De 1986 à 1996, Mir se construira comme un Meccano. Au module de base viendront s'en ajouter cinq autres dont la masse unitaire variera entre 11 et 20 tonnes. Ce seront les modules d'astrophysique Kvant, en 1987, de recherche biologique et d'observation de la Terre Kvant-2, en 1989, de recherche technologique Kristall, en 1990, de géophysique Spektr, en 1995, et d'observation de la Terre Priroda, en 1996. Ainsi constituée, elle atteint une masse de l'ordre de 140 tonnes, c'est-à-dire de sept à huit fois supérieure à celle des Saliout. Les astronautes bénéficient d'un volume habitable et utile à la réalisation de leurs expériences scientifiques de 380 m3, contre 82 pour Saliout-1.

De 1986 au printemps de 2000, Mir sera occupée par des astronautes pendant plus de 90 p. 100 du temps. Elle a accueilli des astronautes de douze pays – Russie, Syrie, Afghanistan, Autriche, Bulgarie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Kazakhstan, Slovaquie, États-Unis – ainsi que deux missions de l'Agence spatiale européenne. Mir fut sans doute l'un des programmes de coopération internationale parmi les plus riches en nombre de pays participants. Il constitue à ce titre un exemple. Entre 1986 et 1999, 30 vaisseaux Soyouz ont amené à bord de la station 80 astronautes dont 21 non russes : 6 Français, 4 Allemands (dont 2 représentaient l'Agence spatiale européenne), 3 Kazakhs, 1 Américain, 1 Japonais, 1 Autrichien, 1 Britannique, 1 Syrien, 1 Bulgare, 1 Afghan et 1 Slovaque. Neuf navettes américaines ont aussi amené 57 astronautes : 49 Américains, 6 Russes et 2 Français. C'est donc au total 137 astronautes qui ont fait un séjour bref ou de longue durée dans Mir. Parmi eux, certains ont effectué plusieurs missions. Mir a donc accueilli 84 astronautes différents, dont 40 Russes. Hormis les 30 Soyouz habités, un Soyouz inhabité et les 9 navettes, 22 vaisseaux cargo Progress s'y sont aussi amarrés.

La première mission française du C.N.E.S. vers Mir part le 26 novembre 1988. Il s'agit de la mission Aragatz, qui emporte le Français Jean-Loup Chrétien. Cinq autres missions françaises mettant en œuvre des expériences dans de nombreux domaines scientifiques suivront : Antarès en 1992 avec Michel Tognini, Altaïr en 1993 avec Jean-Pierre Haigneré, Cassiopée en 1996 avec Claudie André-Deshays (future Claudie Haigneré), Pégase en 1998 avec Léopold Eyharts et Perseus en 1999 avec Jean-Pierre Haigneré.

En mai 1991, la première femme arrive à bord de Mir : il s'agit de la Britannique Helen Sharman. La fin de l'année 1991 n'est pas particulièrement marquée par les exploits spatiaux : l'événement est d'abord politique puisque, en décembre, l'Union soviétique disparaît. Sergueï Constantinovitch Krikalev, monté citoyen soviétique à bord de Mir, en redescendra citoyen russe, le 25 mars 1992.

Entre juin 1995 et juin 1998, les navettes Atlantis, Endeavour et Discovery sont également venues s'amarrer à Mir à neuf reprises dans le but d'entraîner les astronautes américains à l'assemblage de la future Station spatiale internationale (International Space Station : I.S.S.). Durant ces trois années, 7 Américains ont effectué des séjours de longue durée – cumulant 953 jours – à bord de Mir. Le record du nombre de jours consécutifs passés à bord par un même homme revient au Russe Valeri Vladimirovitch Poliakov, avec 437 jours, en 1994 et 1995. De son côté, Sergueï Vassilievitch Avdeïev a cumulé 747 jours dans l'espace au cours de trois séjours. Parmi les étrangers, c'est le Français Jean-Pierre Haigneré qui détient le record, avec 188 jours 20 heures et 12 minutes, battant de 6 heures et 30 minutes l'Américaine Shannon Lucid, qui doit donc se contenter du record féminin (188 jours et 4 heures). En outre, 78 sorties extravéhiculaires (E.V.A.) totalisant 352 heures ont été réalisées à partir de Mir : à lui seul, Anatoli Yakovlevitch Soloviev cumula 16 sorties extravéhiculaires d'une durée cumulée de 77 heures et 41 minutes.

Navette spatiale Discovery

photographie : Navette spatiale Discovery

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La soute des navettes spatiales permet l'embarquement d'expériences, le transport d'équipements ou celui de satellites. L'appareil est également pourvu d'un module spécial qui lui permet de s'amarrer à la station spatiale. Ce cliché, pris en 1998, montre la navette Discovery lors de la phase... 

Crédits : Andy Thomas/ NASA

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Hormis ces aspects liés au temps de présence de l'homme dans l'espace, Mir a été le théâtre d'expériences scientifiques de toute nature, au nombre de 23 000, concernant principalement les sciences de la vie – notamment l'étude de l'influence de la microgravité sur le corps humain lors de vols de longues durées –, les sciences de l'Univers, la physique et la technologie. Aucune découverte révolutionnaire ou fondamentale n'a certes été faite grâce à Mir, mais ces expériences ont permis d'approfondir la connaissance des systèmes cardio-vasculaire et neurosensoriel humains en ambiance de microgravité, ce qui pourra être utile si l'homme décide de se lancer dans des expéditions lointaines, vers Mars en particulier.

À partir de 1996-1997, Mir devint l'objet de nombreuses discussions sur son devenir. On évoquait ses équipements vieillissants qui obligeaient les astronautes à consacrer, selon les périodes, entre 30 et 75 p. 100 de leur temps à la maintenance et à la réparation, ce qui ne pouvait être la finalité d'une station. Pour les uns, il fallait, pour des raisons de sécurité et de coût, mettre un terme à la vie de Mir. Pour les autres, celle-ci pouvait être prolongée de quelques années. En outre, les difficultés économiques de la Russie ne lui permettaient plus d'assurer le financement annuel de 150 millions de dollars nécessaire à son fonctionnement. On devait aussi constater que l'État russe, par manque d'argent, ne pouvait respecter ses engagements dans la réalisation de la future Station spatiale internationale. La défaillance de la Russie commence alors à irriter les Américains, qui voient reculer continuellement la mise en service de cette station. Prise dans ses contradictions, la Russie décide néanmoins de poursuivre l'exploitation de Mir, d'autant que le séjour d'étrangers à bord est lucratif : 472 millions de dollars pour sept séjours d'Américains de 1995 à 1998 et 90 millions de francs (15 millions de dollars environ) en moyenne pour un vol d'astronaute européen.

En 1997, il semblait que le sort de Mir allait être définitivement scellé. Cette année fut sans doute la plus périlleuse de toute la vie de la station. La fatigue et la défaillance de beaucoup d'équipements de bord se traduisirent par de nombreux problèmes dont certains ont conduit au bord de la catastrophe : incendie, panne du générateur d'oxygène, pannes répétées d'ordinateur, collision entre le module Spektr et un cargo Progress, nombreuses fuites de liquide du système de régulation thermique, fuite d'air et donc baisse de la pression à bord... Fort heureusement, il n'y eut pas de répercussions notables sur la vie et la santé des équipages, mais il était évident que les risques encourus par les astronautes devenaient de plus en plus grands. La N.A.S.A. s'inquiétait pour ses astronautes à bord ; les Russes, plus habitués aux situations difficiles, étaient plus sereins. Il est d'ailleurs étonnant, à l'heure du bilan, de voir à quel point le nombre d'incidents, voire d'accidents, dans les stations russes fut élevé sans qu'il y ait eu de conséquences catastrophiques. Pour la seule station Mir, plus de 1 600 pannes, défaillances ou simples incidents ont été enregistrés. On peut aussi estimer entre 20 et 30 p. 100 le nombre des amarrages de Soyouz et de Progress qui n'ont pu s'effectuer dès la première tentative.

Au début de 1999, la désorbitation de Mir et sa rentrée dans l'atmosphère sont programmées pour décembre de la même année puis repoussées au premier semestre de 2000 : les Russes ne veulent pas faire mourir Mir. Au début de janvier 2000, la Douma, le parlement russe, votait un budget de 1,5 milliard de roubles (50 millions de dollars) pour la poursuite de l'activité. Puis, le 20 janvier 2000, le gouvernement russe approuvait le lancement d'un nouvel équipage vers Mir. La fin de Mir était donc repoussée une nouvelle fois. La date d'août 2000 était, dès lors, avancée. C'est alors que la société RSC Energia, chargée de l'exploitation de la station, annonçait, au début de l'année 2000, avoir créé, avec les sociétés américaines Gold and Appel Investment et New World LLC, la société MirCorp, chargée de commercialiser Mir.

Cette prolongation de la vie de Mir était une nouvelle fois mal acceptée par les Américains. Daniel Goldin, lui-même, l'administrateur de la N.A.S.A., réagissait en accusant la société Energia d'utiliser les crédits donnés par les Américains pour l'I.S.S. au profit de Mir.

La mission de Soyouz qui se déroule du 6 avril au 16 juin 2000 et qui emporte Sergueï Victorovitch Zaliotine et Alexandre Iourievitch Kaleri est la première qui soit financée sur fonds privés.

Quant à la société MirCorp, elle annonçait, en juin 2000, la mise en route de son programme Citizen Explorer, devant permettre à de riches touristes de passer quelques nuits sur orbite. Et déjà, un milliardaire américain, Dennis Tito, ancien ingénieur de la N.A.S.A., achetait son « ticket » pour 20 millions de dollars et commençait son entraînement à la Cité des étoiles, près de Moscou.

Enfin, le 5 janvier 2001, le Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov signait l'arrêté de destruction de Mir. Le sort de la station était définitivement scellé. Le 23 mars 2001, l'ordre était donné. Un cargo Progress, accroché à Mir, allumait à trois reprises son moteur dans le but de freiner la course de la station. Quelques minutes plus tard, Mir se disloquait en rentrant dans les couches denses de l'atmosphère au-dessus des îles Fidji. Les différents éléments se consumaient puis plongeaient dans les eaux du Pacifique.

Une page de l'histoire de la conquête spatiale russe – mais aussi une de celles de l'histoire de l'humanité – se refermait.

La relève de Mir : de Freedom à la Station spatiale internationale

Depuis longtemps, la relève de Mir était envisagée. Non pas du côté soviétique, mais du côté américain. En effet, alors que l'U.R.S.S. s'apprêtait à mettre Mir sur orbite, le président des États-Unis Ronald Reagan avait demandé en avril 1983 à la N.A.S.A. d'établir un projet de station.

Le 25 janvier 1984, c'est-à-dire dix ans après la fin de l'exploitation de Skylab, la seule station américaine jamais construite, le président Reagan annonce officiellement, lors de son discours sur l'état de l'Union, la construction d'une station spatiale américaine : il s'agit alors de « réaliser et de mettre sur orbite une station spatiale habitée en permanence » ; Ronald Reagan invite « les alliés et amis des États-Unis à participer à son développement et à son utilisation et à partager les bénéfices en découlant ». Le coût d'un tel projet est alors estimé à 8 milliards de dollars.

En 1985, l'Europe – par l'intermédiaire de l'Agence spatiale européenne (E.S.A.), qui regroupe pour l'opération neuf pays –, le Canada et le Japon répondent à cette invitation. Mais la catastrophe de la navette Challenger, le 28 janvier 1986, va faire perdre un temps considérable au développement du projet, dont le coût, à mesure que les études de définition progressent, passera à 10,9 puis, en 1987, à 13 milliards de dollars. Le 16 juillet 1988, un nom est donné à cette station : Freedom (« Liberté »).

Des raisons d'abord politiques

Ce retour des Américains dans le domaine des stations répond d'abord à des considérations politiques. Vainqueurs de la Lune en 1969, ayant réussi à réaliser la navette spatiale, dont le premier lancement a eu lieu le 12 avril 1981, les États-Unis sont à la recherche de nouveaux objectifs propres à assurer leur suprématie dans l'espace et à mobiliser la nation sur un projet d'envergure, comme avait su le faire naguère Kennedy avec le programme Apollo. Il s'agit aussi de ne pas laisser les Soviétiques dominer dans le domaine des stations, alors qu'ils s'apprêtent à réaliser Mir. Ce thème du caractère impératif de la réalisation d'une station sera repris par tous les successeurs de Reagan à la Maison-Blanche.

Cette initiative comporte néanmoins des objectifs scientifiques. Il s'agit d'assurer une présence permanente d'astronautes américains dans l'espace afin de préparer l'homme à des voyages plus lointains dans le système solaire, notamment vers Mars. Il s'agit également de procéder sur orbite terrestre à la construction de grandes infrastructures dans lesquelles pourraient être menées des expériences scientifiques diverses, allant de l'étude du comportement de l'organisme humain en impesanteur à la physique fondamentale, mais aussi de mener des observations de la Terre, du système solaire et de l'Univers. À cela s'ajoute l'espoir de pouvoir élaborer industriellement des matériaux, voire des molécules médicamenteuses, qui ne peuvent être obtenues sur Terre, où la gravité constitue un handicap. Des sociétés américaines comme 3M manifestent d'ailleurs un vif intérêt pour ces perspectives.

Enfin, pour la réalisation de ce projet, il est nettement fait appel à la coopération internationale. La station Freedom apparaît donc d'emblée comme le plus grand projet de coopération internationale dans l'espace. En fait, en sollicitant cette coopération, les Américains entendent bien en partager les dépenses tout en conservant la maîtrise du projet. Et, sur ce point, la position américaine est sans ambiguïté. Elle est exprimée par le National Space Council, l'autorité suprême aux États-Unis en matière d'espace : « Une coopération internationale accrue pourrait être recherchée, non seulement pour ses bénéfices programmatiques, mais aussi parce que c'est la meilleure façon d'exercer une influence sur l'orientation des entreprises spatiales dans le monde. »

Cependant, l'idée d'une station orbitale ne fait pas l'unanimité parmi les scientifiques, américains et non américains. Nombre d'entre eux y voient une dépense excessive eu égard aux résultats espérés. Cette attitude n'est pas nouvelle : le programme Apollo avait connu les mêmes critiques lors de son avènement.

Mais, au cours des années qui suivent, alors que la définition de la station se précise, le coût de Freedom ne cesse de croître et sa mise en service prend du retard : il devient rapidement évident que la date de 1993 prévue par Ronald Reagan pour l'achèvement de la station ne pourra être tenue. En 1988, le Congrès exprime son inquiétude et demande une révision à la baisse des ambitions.

Le 29 septembre 1988, après plus de trois années de discussions avec les partenaires européens, canadiens et japonais – notamment sur les droits de propriété intellectuelle des innovations qui découleraient de travaux réalisés à bord de la station –, une série d'accords est signée. Le programme est donc officiellement lancé. Mais des difficultés de financement apparues rapidement chez les différents partenaires ainsi que la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989, obligent à revoir ces accords. En octobre 1990, face à une nouvelle augmentation du coût de la station, le Congrès américain demande une nouvelle fois à la N.A.S.A. de redéfinir, à la baisse, le projet.

En 1991, alors que l'U.R.S.S. n'est plus, les Américains proposent aux Russes de coopérer. Il s'agit maintenant, d'une part, d'intégrer les compétences de ces derniers en matière de vols habités et de réalisation de stations, d'autre part, d'éviter que leurs ingénieurs mis sur la touche du fait de la baisse des activités spatiales dans leur pays ne migrent vers des pays « indésirables », comme l'Irak ou l'Iran, notamment. Le programme qui était sévèrement critiqué par le Congrès est donc sauvé par le changement du contexte politique international. La Russie, qui entend jouer un rôle important dans la construction de la station, intègre alors le projet en décembre 1993. Elle apporte notamment ses vaisseaux Soyouz et se charge de la réalisation de plusieurs modules d'habitation, de recherche et d'amarrage. L'apport budgétaire russe est évalué, avec un optimisme démesuré, à 1,6 milliard de dollars. Le projet est rebaptisé Alpha. Par ailleurs, un accord portant sur un montant de 400 millions de dollars est conclu pour la réalisation de dix vols de la navette américaine vers la station Mir, alors toujours en service : il s'agit d'apprendre à travailler ensemble.

Entre-temps, le président Bill Clinton a demandé à la N.A.S.A. de revoir une nouvelle fois le projet à la baisse et de limiter à 17,4 milliards de dollars le coût de la station. En octobre 1997, Alpha devient l'International Space Station, ou I.S.S. Ce même mois, un autre pays – le Brésil – adhère au programme. Cependant, la Russie, exsangue, ne peut tenir ses engagements. Une aide financière américaine lui est fournie. Mais, rapidement, les Américains ont des doutes sur l'utilisation réelle des crédits qui sont accordés aux Russes. En 1999, le vice-président américain Al Gore est dépêché à Moscou afin d'obtenir des éclaircissements. On le rassure mais le projet est toujours soumis aux turbulences. Les coûts continuent de croître et les délais de glisser : en 1998, le montant de 24,7 milliards de dollars est atteint, la date d'achèvement est repoussée de 2003 à 2005. Daniel Goldin, l'administrateur de la N.A.S.A., défend une nouvelle fois le projet, non sans excès : « Si nous abandonnons l'I.S.S., nous abandonnerons les vols habités. Et si nous abandonnons les vols habités, nous deviendrons une puissance de second ordre. » Le 29 janvier 1998, de nouveaux accords se substituant à ceux de 1988 sont signés entre les partenaires, auxquels s'ajoutent la Suède et la Suisse. Sont alors engagés dans l'I.S.S. : les États-Unis, la Russie, l'Agence spatiale européenne – qui réunit alors l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France, l'Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni –, auxquels s'ajoutent le Japon, le Brésil et le Canada. Les États-Unis, maîtres d'œuvre du projet, assurent alors environ 70 p. 100 du financement total.

Le projet

La station spatiale internationale, dont la responsabilité industrielle est confiée par la N.A.S.A. au Boeing Space and Communications Group, se présente alors sous la forme d'un ensemble modulaire qui dépasse par la taille les stations soviétiques : avec une « envergure » de 108 mètres, une « longueur » de 74 mètres, et une « hauteur » de 40 mètres, elle est quatre fois plus grande que Mir. Sa masse est fixée à 455 tonnes et son volume habitable à 1 200 m3. Sa durée de vie prévue sur une orbite voisine de 400 kilomètres d'altitude inclinée à 51,6 0 sur l'équateur est supérieure à vingt ans. La puissance disponible à bord – fournie par des panneaux solaires dont la longueur atteint, pour les plus importants, 73 mètres – est de 110 kilowatts. Elle doit pouvoir accueillir en permanence un équipage maximal de sept astronautes. L'I.S.S. se compose d'éléments fournis par les pays partenaires :

– hormis leur fonction de maître d'œuvre, les États-Unis apportent pour l'essentiel l'ossature de la station, constituée d'une grande poutre centrale, trois éléments de jonction des principaux modules, le laboratoire scientifique Destiny, des laboratoires, une centrifugeuse, quatre paires de panneaux solaires mais aussi le module d'amarrage de la navette : à l'origine, ils devaient aussi livrer le véhicule de secours C.R.V. (Crew Rescue Vehicle), destiné à ramener sur Terre l'équipage en cas d'urgence ; celui-ci a été abandonné par la suite au profit des vaisseaux Soyouz ;

– la Russie fournit le module de service Zvezda (« Étoile »), deux modules de recherche, un module d'habitation, huit panneaux solaires, des dispositifs de jonction des modules et deux éléments d'amarrage pour les vaisseaux Soyouz ;

– l'Europe, sous la conduite de l'E.S.A., réalise le laboratoire scientifique Columbus (C.O.F. : Columbus Orbital Facility), un bras télémanipulateur (E.R.A. : European Robotic Arm) et le véhicule de transfert automatique A.T.V. (Automated Transfer Vehicle), chargé de ravitailler périodiquement la station en fret ;

A.T.V. Jules-Verne

photographie : A.T.V. Jules-Verne

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L'A.T.V. (Automated Transfer Vehicle) Jules-Verne, module automatique de ravitaillement européen, s'approche de la Station spatiale internationale le 31 mars 2008. 

Crédits : NASA

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– l'Italie apporte – en sus de sa participation à la part E.S.A. – trois modules d'expérimentation, les M.P.L.M. (Multi-Purpose Logistics Modules) ;

– le Canada fournit le bras télémanipulateur M.S.S. (Mobile Servicing System, dénommé aussi Canadarm-2), indispensable à l'assemblage et à la maintenance des éléments de la station, mais aussi des dispositifs d'entretien et de réparation, ainsi qu'un système de caméras, le S.V.S. (Space Vision System) ;

– la contribution du Japon est constituée du laboratoire de recherche J.E.M. (Japanese Experiment Module), encore dénommé Kibo, d'un bras télémanipulateur et d'un module externe, l'E.L.M.-E.S. (Experiment Logistic Module-Exposed Section), destiné aux équipements scientifiques, et d'un véhicule de transfert automatique, le H.T.V. (H-II Transfer Vehicle) ;

– enfin, le Brésil fournit des dispositifs pour les expérimentations fixés à l'extérieur de la station, sur la poutre principale.

L'I.S.S. représente donc l'ensemble le plus complexe jamais construit dans l'espace. Cinquante-cinq calculateurs sont nécessaires pour assurer son fonctionnement. Sa construction implique la participation de 16 pays, de 37 États des États-Unis et de plus de 100 000 personnes.

La construction

Le 20 novembre 1998, quatorze ans après l'annonce du président Reagan, un lanceur russe Proton met sur orbite, à partir de Baïkonour, le module fonctionnel Zarya (« Aube »), le premier élément de la station. La construction commence ; on pense alors que celle-ci s'achèvera en 2004. À cet effet sont prévus 45 vols – dont 36 de la navette spatiale américaine. L'exploitation de la station doit durer jusqu'en 2014. Le 4 décembre suivant, le premier élément américain, le nœud de jonction Node-1 (« Nœud-1 »), dénommé aussi Unity (« Unité »), équipé de six éléments d'amarrage, est lancé par la navette Endeavour et vient s'accoupler à Zarya le 6 décembre. Le premier amarrage d'une navette (Discovery, mission S.T.S.-96) avec la station se produit le 29 mai 1999. Puis, le 12 juillet 2000, le module de service russe Zvezda, cœur de la partie russe de la station, est lancé et rejoint les deux précédents modules le 26 juillet.

Le nouvel ensemble peut désormais recevoir le premier équipage. Celui-ci décolle de Baïkonour le 31 octobre 2000 à bord d'un vaisseau Soyouz TM. William M. Shepherd, capitaine de vaisseau de l'U.S. Navy et commandant de la mission, qui accomplit là sa quatrième mission spatiale, est accompagné du lieutenant-colonel de l'armée de l'air russe Iouri Pavlovitch Gidzenko, qui a déjà séjourné à bord de Mir, et de Sergueï Constantinovitch Krikalev, qui a déjà passé 484 jours dans l'espace au cours de quatre missions. Le 2 novembre, le Soyouz s'amarre au module Zvezda. La mission à bord de l'I.S.S., qui consiste à mettre en service les équipements vitaux pour le fonctionnement de la station et à effectuer les premières expérimentations, va durer 140 jours et 23 heures ; le retour des trois astronautes s'effectuera avec la navette Discovery le 21 mars 2001. Dès lors, la construction de l'I.S.S. va se dérouler de façon régulière, les navettes américaines apportant les gros éléments et les équipages, les vaisseaux russes Soyouz et Progress amenant les équipages et du fret. Les premiers panneaux solaires sont déployés par la navette Endeavour en novembre 2000. Le 7 février 2001, c'est au tour du module scientifique américain Destiny de rejoindre l'I.S.S.

Toutefois, la station va continuer à connaître des vicissitudes. L'administration Bush, qui arrive au pouvoir en 2001, demande de nouvelles réductions de coût. Et, le 1er février 2003, c'est le drame de la navette Columbia, qui se désintègre lors de sa rentrée dans l'atmosphère, tuant les sept membres de l'équipage. L'arrêt des vols de navette pendant plus de deux ans met la N.A.S.A. dans une situation difficile : l'agence américaine ne peut accéder à la station que grâce aux Soyouz russes. Pendant cette période, l'activité d'assemblage est arrêtée et le fonctionnement de la station réduit. Néanmoins, une présence minimale de deux astronautes à bord est assurée. Cette situation induit un nouveau retard sur la date d'achèvement de l'ensemble et une augmentation des coûts. Des doutes sur la possibilité de mener la construction à son terme se font jour. En outre, la question de la finalité de la station se pose à nouveau : on ne parle plus guère de la production industrielle de matériaux en impesanteur, et de plus en plus de voix parmi les hommes politiques, au sein de la communauté spatiale internationale, à la N.A.S.A. et parmi les astronautes même s'élèvent pour affirmer que l'investissement n'est pas à la hauteur de l'enjeu. Il s'avère, en effet, que le coût de développement, de réalisation et de fonctionnement sur la période de 1984 à 2016 – y compris les études des stations Freedom et Alpha – dépasse 150 milliards de dollars ! L'investissement apparaît démesuré.

Aux interrogations propres à l'I.S.S. s'ajoutent les difficultés rencontrées par la navette spatiale. Mises en évidence avec la catastrophe de Columbia en 2003 et au cours du vol de Discovery en 2005, qui voit la perte de protections thermiques au cours du décollage, elles font perdre de la crédibilité à ce système. Le 14 janvier 2004, le sort de la navette est scellé par le discours du président Bush, qui exprime sa « vision » de l'espace américain (« Vision for Space Exploration »). Il annonce alors le retrait du service de la navette en 2010, ce qui implique la fin de la construction de la station à cette date, la date de 2016 étant aussi avancée pour la fin de vie de la station. George W. Bush réoriente alors la stratégie spatiale américaine vers le retour de l'homme sur la Lune.

En 2005-2006, devant ces incertitudes, l'Europe se demande si son module Columbus et son véhicule de ravitaillement, l'A.T.V., seront un jour lancés. Le Japon fait face au même doute avec son module Kibo. Les interrogations sur le devenir de la navette et de l'I.S.S. gagnent même la N.A.S.A. En 2005, Mike Griffin, son administrateur, suggère de mettre un terme à l'aventure plus tôt que prévu. Il se fait toutefois rappeler à l'ordre par la Maison-Blanche, qui estime devoir tenir ses engagements envers les pays partenaires.

En attendant, l'I.S.S. accueille les premiers « touristes de l'espace ». Le 28 avril 2001, le premier d'entre eux, l'Américain Dennis Tito, part à bord d'un vaisseau Soyouz pour un séjour de six jours à bord de l'I.S.S. L'année suivante, c'est au tour du Sud-Africain Mark Shuttleworth et, en octobre 2005, d'un autre Américain, Gregory Olsen. En septembre 2006, l'Américano-Iranienne Anousheh Ansari devient la première femme touriste de l'espace à bord de l'I.S.S. Elle fait alors partie, avec Michael Lopez-Alegria, de la N.A.S.A., et du Russe Mikhail Tiourine, astronaute russe, de l'équipage de Soyouz TMA-9 de l'expédition 14.

La Station spatiale internationale en août 2005

photographie : La Station spatiale internationale en août 2005

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La ville aérienne est une figure de l'utopie : «Je me tournai vers le soleil, & je vis un grand corps opaque & mobile entre lui & moi, qui sembloit aller çà & là. Ce corps suspendu, qui me paroissoit à deux milles de hauteur, me cacha le soleil environ six ou... 

Crédits : NASA

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Trois spationautes français ont séjourné à bord de l'I.S.S. Claudie Haigneré, partie à bord de Soyouz TM-33 le 21 octobre 2001 au titre de la mission Andromède, conduira, pendant les huit jours passés à bord, douze expériences de géophysique, quatorze de médecine et cinq de technologie – notamment la photographie des phénomènes liés aux changements climatiques comme les feux de biomasses, les aérosols atmosphériques, les nuages, la déforestation, l'étude du système cardio-vasculaire, de la cristallisation de protéines et de la résistance des composants électroniques aux rayonnements. Son retour sur Terre s'effectue le 31 octobre. Membre de la mission S.T.S.-111, qui est un vol de relève de l'équipage permanent de la station spatiale internationale, Philippe Perrin effectue en juin 2002 un séjour de quatorze jours à bord de l'I.S.S. Trois autres objectifs sont assignés à la mission : poursuivre l'assemblage de la station, apporter des instruments scientifiques destinés au module Destiny et assurer la réparation du bras robotique canadien. Philippe Perrin effectuera trois sorties extra-véhiculaires afin d'accomplir ces tâches. Léopold Eyharts a passé plus de six semaines à bord de l'I.S.S. Parti le 7 février 2008 à bord de la navette spatiale Atlantis (mission STS-122), il participe notamment à l'amarrage et à la mise en service du module Columbus ; il est le premier, le 12 février 2008, à pénétrer à l'intérieur de Columbus. Il revient sur Terre avec la navette Endeavour (mission STS-123) le 26 mars 2008.

L'achèvement de l'I.S.S.

Depuis 2008, l'I.S.S. intègre les éléments européens, c'est-à-dire l'A.T.V. et Columbus. Le premier A.T.V., Jules-Verne, a été lancé le 9 mars 2008. Sept A.T.V., d'une masse de 20,7 tonnes, lancés par des Ariane-5 à partir du Centre spatial guyanais de Kourou, ont été prévus. Grâce à leurs systèmes autonomes de propulsion et de guidage, ils s'amarrent de manière entièrement automatique au module Zvezda. Les lancements d'A.T.V. devraient se succéder à intervalle de 15 à 18 mois. Chaque A.T.V. peut rester amarré à l'I.S.S. pendant six mois. Comme naguère dans le cas du Soyouz et de la station Mir, la propulsion de l'A.T.V. peut être utilisée pour remonter l'orbite de l'I.S.S. Le laboratoire scientifique européen Columbus a été lancé vers l'I.S.S. le 7 février 2008 par la navette Atlantis. Ce laboratoire est conçu pour fonctionner pendant une dizaine d'années au profit d'expérimentations scientifiques dans différents domaines : sciences de la vie, sciences physiques, physique fondamentale, sciences des matériaux et technologie. Après le début de chaque mission à partir du Kennedy Space Center, en Floride, deux jours sont nécessaires avant que la navette effectue son rendez-vous et son amarrage avec l'I.S.S. Columbus a été extrait de la soute de la navette par le bras télémanipulateur canadien de la station spatiale (Canadarm-2) et positionné le 11 février 2008 sur le dispositif d'amarrage tribord de l'élément de jonction no 2 (Node-2) développé par l'Europe. Le module a été raccordé à l'I.S.S. et mis sous tension, trois astronautes peuvent désormais y travailler. Lorsque le module japonais Kibo aura été mis en place, Américains, Russes, Européens et Japonais disposeront de leurs principaux équipements respectifs.

Station spatiale internationale

photographie : Station spatiale internationale

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La Station spatiale internationale photographiée le 18 février 2008 depuis la navette «Atlantis». Au centre, et de haut en bas, on distingue les modules Zvezda, Zarya et Unity. Columbus est à gauche d'Unity. 

Crédits : Nasa

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Station spatiale internationale en 2009

photographie : Station spatiale internationale en 2009

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Cette photographie de la Station spatiale internationale dans le noir de l'espace, devant le mince croissant de l'atmosphère terrestre, a été prise depuis la navette Discovery le 25 mars 2009. 

Crédits : NASA

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Cependant, vers 2010, alors que l'I.S.S. sera achevée et que la navette sera retirée du service, la N.A.S.A. ne disposera plus de véhicule pour accéder à la station. Ce n'est en effet probablement pas avant 2014, c'est-à-dire deux ans avant la fin de vie prévue de la station, que l'agence spatiale américaine mettra en service un nouveau véhicule, dénommé Orion, et qui s'inscrit dans le programme Constellation. Il s'agit d'un vaisseau de transport d'équipage et de fret conçu à la fois pour gagner la station et emporter un équipage sur la Lune, et qui présente de grandes similitudes avec le véhicule naguère utilisé pour le programme Apollo : à l'instar de ce dernier, il comporte en effet un module de commande et un module de service. Il sera mis sur orbite par un nouveau lanceur, Ares I.

Capsule Orion

photographie : Capsule Orion

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Une maquette de la capsule Orion du programme américain Constellation dont une version simplifiée pourrait servir de vaisseau de sauvetage de la Station spatiale internationale est exposée en 2009 sur le National Mall de Washington. 

Crédits : M. Cabbage/ NASA

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Ironie de l'histoire : de 2010 à 2014, l'accès à la Station spatiale internationale sera donc exclusivement assuré par des vaisseaux russes Soyouz, ce que n'avaient sans doute jamais imaginé leurs concepteurs soviétiques au milieu des années 1960 !

—  Jacques VILLAIN

Bibliographie

G. Caprara, Living in Space. From Science Fiction to the International Space Station, Firefly Books, Toronto, 2000

P. Clark, The Soviet Manned Space Program, Salamander Books, Londres, 1988

D. M. Harland, The Story of Space Station Mir, Springer Verlag, New York, 2005

D. M. Harland & J. E. Catchpole, Creating the International Space Station, Springer Verlag, New York, 2002

P. Kohler, La Dernière Mission. Mir, l'aventure humaine, Calmann-Lévy, Paris, 2000

A. A. Siddiqi, Challenge to Apollo : The Soviet Union and the Space Race, 1945-1974, N.A.S.A. SP-2000-4408, N.A.S.A., Washington (D.C.), 2000 ; The Soviet Space Rate with Apollo, University Press of Florida, Gainesville, 2003

D. J. Shayler, Skylab. America's Space Station, Springer Verlag, New York, 2001

J. Villain, Mir. Le voyage extraordinaire. 1986-2001, Le Cherche-Midi éditeur, Paris, 2001 ; L'Aventure millénaire des fusées, Presse Pocket-Cité des sciences et de l'industrie, Paris, 1993 ; Baïkonour, la porte des étoiles, Armand Colin-S.E.P., Paris, 1994 ; À la conquête de la Lune, Larousse-S.E.P., Paris, 1998 ; À la conquête de l'espace. De Spoutnik à l'homme sur Mars, Vuibert - Ciel & Espace, Paris, 2007.

Écrit par :

  • : membre de l'Académie de l'air et de l'espace et de l'International Academy of Astronautics, ancien président de l'Institut français d'histoire de l'espace

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Pour citer l’article

Jacques VILLAIN, « STATIONS ORBITALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stations-orbitales/