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STATIONS ORBITALES

La première génération de stations spatiales soviétiques : de Saliout-1 à Saliout-5

Le 19 avril 1971, l'U.R.S.S. place sur une orbite circulaire à 220 kilomètres d'altitude, grâce à un lanceur Proton, sa première station orbitale, Saliout-1 (saliout signifie « salut » en russe). D'une masse de 18 500 kg, celle-ci est constituée de trois éléments dont deux, pressurisés, servent de lieu de travail et d'habitation ; le troisième, non pressurisé, possède un dispositif d'amarrage pour les vaisseaux Soyouz (« union ») ; il est aussi utilisé pour les sorties extravéhiculaires. La réalisation de cette station est alors sous la responsabilité de Vassili Pavlovitch Michine, le patron du bureau d'études TsKBEM, qui a succédé à Sergueï Pavlovitch Korolev en 1966, à la mort de ce dernier. Soyouz-11, avec à son bord Georgi Timofeïevitch Dobrovolski, Victor Ivanovitch Patsaïev et Vladislav Nicolaïevitch Volkov, est le premier vaisseau à rejoindre Saliout-1, le 7 juin 1971. Pour la première fois, des hommes vivent à bord d'une station orbitale : ils passeront 23 jours dans Saliout-1, réalisant diverses expériences scientifiques. Le retour est hélas ! dramatique : les trois hommes trouvent la mort le 30 juin lors de la rentrée du Soyouz dans l'atmosphère, à la suite de la dépressurisation du vaisseau. Aucun équipage ne prendra la relève. Saliout-1 restera au total 170 jours sur orbite, jusqu'au 11 octobre 1971, date de sa rentrée dans l'atmosphère.

Le vaisseau Soyouz ayant été modifié, les Soviétiques tentent, le 29 juillet 1972, de lancer une nouvelle station Saliout. Mais la défaillance du deuxième étage du lanceur Proton conduit à un échec. Leonid Brejnev, qui veut devancer les Américains, très près de mettre sur orbite leur propre station, Skylab, donne le feu vert pour lancer la station militaire du programme Almaz (« diamant ») : Saliout-2 (ou Almaz-1), lancée le 3 avril 1973, est équipée de caméras à haute résolution pour la reconnaissance. Mais un défaut d'étanchéité lui interdit de recevoir un équipage. Inutilisable, elle ne reste que 26 jours sur orbite. Quelques jours plus tard, le 11 mai 1973, une autre station est lancée mais elle échappe à tout contrôle et retombe 11 jours plus tard ; elle prendra le nom de Cosmos-557.

Saliout-3 (ou Almaz-2) est lancée le 26 juin 1974 sur une orbite de 232 kilomètres de périgée et de 257 kilomètres d'apogée. Elle restera 213 jours dans l'espace mais ne sera habitée que 15 jours, du 4 au 19 juillet 1974, par Pavel Romanovitch Popovitch et Iouri Petrovitch Artioukhine, l'équipage de Soyouz-14. Pour mieux supporter les effets de l'impesanteur, les cosmonautes disposent désormais d'appareils de gymnastique. Le 23 septembre 1974, une capsule contenant des films pris par la caméra de bord et relatifs à des objectifs militaires adverses est éjectée et récupérée à Terre. Enfin, le 24 janvier 1975, sur commande du centre de contrôle, Saliout-3 rentre dans l'atmosphère.

Saliout-4, placée sur une orbite de 337 kilomètres de périgée et de 350 kilomètres d'apogée, plus élevée donc que celle des stations Saliout précédentes afin d'agrandir le champ d'observation, restera 774 jours sur orbite, du 26 décembre 1974 au 3 février 1977, accueillant deux équipages de deux cosmonautes. Au total, Saliout-4 sera occupée pendant 93 jours.

Enfin, la dernière station de première génération, Saliout-5 (ou Almaz-3), est mise sur orbite le 22 juin 1976. Elle y restera 441 jours mais ne sera occupée que 62 jours. Saliout-5 rentrera dans l'atmosphère le 8 août 1977. Le 22 février 1977, elle avait éjecté une capsule contenant des films.

Divers incidents, souvent sans conséquences graves, interviendront à bord des Soyouz ou des Saliout. Ainsi, le 14 octobre 1976,[...]

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Écrit par

  • : membre de l'Académie de l'air et de l'espace et de l'International Academy of Astronautics, ancien président de l'Institut français d'histoire de l'espace

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Navette spatiale Discovery

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La Station spatiale internationale en août 2005

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Station spatiale internationale

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Autres références

  • CNES (Centre national d'études spatiales)

    • Écrit par Jacques VILLAIN
    • 4 273 mots
    • 4 médias
    Le volet le plus spectaculaire de la coopération spatiale internationale du C.N.E.S. demeure toutefois l'envoi de spationautes français à bord des stations soviétiques (puis russes) Saliout et Mir. Le premier d'entre eux sera Jean-Loup Chrétien, qui, le 24 juin 1982, décolle de Baïkonour...
  • ESPACE (CONQUÊTE DE L') - Des pionniers à la fin de la guerre froide

    • Écrit par Jacques VILLAIN
    • 14 714 mots
    • 37 médias
    ...retrouver un prestige perdu. Les Soviétiques se concentrent alors sur les vols habités circumterrestres en mettant sur orbite plusieurs générations de stations orbitales, les Saliout-1 à Saliout-7, à vocation tant civile que militaire, qui vont permettre d'accueillir des cosmonautes sur de plus longues...
  • MÉCANIQUE SPATIALE

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    • 6 610 mots
    • 13 médias

    L'astrodynamique est la science qui s'attache à expliciter la dynamique des astres et des forces qui les font se mouvoir. Par extension, la dynamique des satellites artificiels lui a été, quelque peu abusivement, assimilée. On peut, de manière plus rigoureuse, définir la mécanique spatiale...

  • STATION SPATIALE CHINOISE

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    Le 29 septembre 2011, au moyen d'une fusée Longue-Marche-2 F améliorée, la Chine a satellisé le laboratoire habitable Tiangong-1 (« Palais céleste »), dans le but de tester les technologies en vue d'une station spatiale. Placé sur une orbite basse inclinée à 42,7 degrés, qu'il a circularisée à quelque...

Voir aussi