SCIENCESScience et progrès

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La science entretient avec l'idée de progrès un rapport privilégié, à un double titre. D'une part, depuis le XVIIe siècle, la science est conçue comme le parangon du progrès, comme l'une des (rares) pratiques humaines où le progrès semble incontestable. Après tout, on peut discuter longuement pour savoir si le sens moral de l'humanité ou ses œuvres témoignent d'un réel mieux au cours des siècles. Mais il semble exister un domaine où le doute n'est pas de mise : nos connaissances scientifiques ne sont-elles pas, de toute évidence, supérieures à celles de nos prédécesseurs et en constant accroissement ? L'idée de progrès, telle qu'elle s'est développée à l'époque des Lumières – ce grand projet qui visait à rassembler l'ensemble des activités humaines – dispose ainsi d'au moins un exemple qui peut la garantir contre une trop manifeste utopie. D'autre part, la science, par-delà son statut d'exemple emblématique du progrès, se vit promue au rang de source même du progrès – de tout progrès : le progrès scientifique entraînerait le progrès technique, lui-même fécondant le progrès économique, origine à son tour du progrès social, qui provoquerait le progrès culturel, conduisant enfin au progrès moral, selon une causalité inéluctable – elle-même évidemment inspirée du déterminisme scientifique. Un tel énoncé paraît certes quelque peu caricatural, et on pourrait penser que le trait est forcé. Qu'on en juge. Voici ce qu'on peut lire dans l'« Encyclopédie », sous la plume de d'Alembert, à l'article « Géomètre » (on se souviendra qu'à l'époque, « géomètre » et « géométrie » étaient quasi synonymes de « mathématicien » et « mathématiques » en général) : « On n'a peut-être pas encore prêté assez d'attention [à] l'utilité dont cette étude [de la Géométrie] peut être pour préparer comme insensib [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

Écrit par :

Autres références

«  SCIENCES  » est également traité dans :

SCIENCES - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 2 055 mots

L'organisation du savoir a cessé depuis longtemps d'être monarchique. Aux siècles de foi et d'autorité, la théologie était la reine des sciences. La philosophie était sa servante ou plutôt, comme gémissait Kant, sa suivante, alors que la philosophie, observait-il, n'a qu'un service à rendre : précéder et non pas suivre, marcher en t […] Lire la suite

SCIENCES - Sciences et société

  • Écrit par 
  • Federico MAYOR, 
  • Evry SCHATZMAN
  •  • 9 650 mots
  •  • 4 médias

On ne peut parler des rapports entre la science et la société ni du statut des sciences sans définir d'abord ce que l'on entend par la première. Si l'on admet que les phénomènes naturels obéissent à des lois et que ces lois sont connaissables, on peut dire que la science est l'ensemble de la connaissance des lois […] Lire la suite

SCIENCES - Sciences et discours rationnel

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 6 601 mots

En première approximation, on pourrait dire que la science est un mode de connaissance critique. Le qualificatif « critique » doit être entendu ici en un double sens : il indique, d'une part, que la science exerce un contrôle vigilant sur ses propres démarches et met en œuvre des critères précis de validation, d'autre part, qu'elle élabore des méthodes […] Lire la suite

SCIENCES - Science et philosophie

  • Écrit par 
  • Alain BOUTOT
  •  • 17 642 mots
  •  • 6 médias

La science et la philosophie furent longtemps inséparables. Dans l'Antiquité, la philosophie représentait la science suprême, celle « des premiers principes et des premières causes ». Les autres sciences, et notamment la physique, recevaient d'elle leurs fondements. Cette alliance s'est trouvée brisée au xviie […] Lire la suite

SCIENCES - Sociologie

  • Écrit par 
  • Yves GINGRAS
  •  • 5 538 mots
  •  • 1 média

Comme c'est le cas de la plupart des spécialités de la sociologie, la sociologie des sciences ne prend son véritable essor que lorsque les sciences elles-mêmes commencent à être perçues comme un « problème social ». Leur développement massif après la Seconde Guerre mondiale, sans parler de l'impact social causé par le largage de deux bombes atomiques sur le J […] Lire la suite

SCIENCES - Science et christianisme

  • Écrit par 
  • Jacques ROGER
  •  • 4 110 mots

Les scientifiques d'aujourd'hui s'étonnent souvent du temps qu'il a fallu pour découvrir des vérités scientifiques qui leur paraissent évidentes ; et ils expliquent volontiers cette lenteur par un obstacle extérieur, en l'occurrence la pensée chrétienne et l'autorité des Églises. C'est oublier d'abord que le christianis […] Lire la suite

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « Sémantique et syntaxe, signifié et signifiant »  : […] Tout langage de description ou d'interprétation théorique utilisé dans les sciences de la nature comporte une sémantique et une syntaxe, la première portant sur les « objets » que l'on met en relation, la seconde sur ces relations elles-mêmes. Les données sémantiques sont au fond des dénominations qui sont censées résumer l'ensemble des propriétés (relations) que chacun des objets considérés peut […] Lire la suite

ANTHROPOLOGIE DES SCIENCES

  • Écrit par 
  • Sophie HOUDART
  •  • 3 555 mots

L’anthropologie des sciences constitue, au sein de l’anthropologie sociale, le champ d’étude relatif aux faits de savoir, notamment naturels (botanique et zoologie au premier chef). Elle peut être saisie au sein d’une double généalogie : celle des ethnosciences d’une part ; celle de la sociologie des sciences – ou social studies of science  – d’autre part. En tant que telle, elle hérite donc d’u […] Lire la suite

ARCHÉOLOGIE (Traitement et interprétation) - Les modèles interprétatifs

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 2 420 mots

L'archéologie ne saurait se résumer à la simple collecte d'objets contenus dans le sol. Elle ne saurait non plus se cantonner, comme elle l'a longtemps été, au rôle d'une « auxiliaire de l'histoire », incapable par elle-même d'interpréter ses propres documents. Toute science dispose à la fois de faits – construits par ses techniques et méthodes d'observation – et de théories qui permettent d'int […] Lire la suite

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 12 999 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Vers la causalité scientifique »  : […] Ainsi posées, ces questions sont à la fois essentielles et insolubles : elles relèvent d'un choix plutôt que d'un savoir. On s'est donc demandé : comment formuler l'idée de cause pour qu'elle puisse recevoir de l'expérience une confirmation ou une réfutation ? Le cheminement de la notion métaphysique à un principe utilisable en sciences a été graduel et lent : il a fallu, du côté de la philosophie […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Marc LÉVY-LEBLOND, « SCIENCES - Science et progrès », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-science-et-progres/