PETERSON OSCAR (1925-2007)

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Dans le piano du Canadien Oscar Peterson résonne un demi-siècle de l'histoire du jazz. S'unissent sous ses doigts le stride triomphant de James P. Johnson, la fantaisie de Fats Waller, les suites d'accords de Milt Buckner, la pudique élégance de Nat King Cole, l'imagination poétique de Bill Evans et, par-dessus tout, la virtuosité flamboyante d'Art Tatum. Comme celui d'Erroll Garner, son style, effleuré simplement par le be bop, ne se rattache à aucune école. Ce pianiste caméléon s'est tenu en marge des aventures sonores proposées par les novateurs de son temps : Bud Powell, Thelonious Monk, Cecil Taylor... Affirmant une sorte de classicisme sans complexe, il a gagné par sa perfection instrumentale les suffrages de ses pairs, et offert à un public dépassant largement le monde des amateurs de jazz une esthétique rassurante qui lui vaudra une popularité planétaire qui ne s'est jamais démentie.

Quatrième enfant d'une famille d'origine antillaise qui en comptera cinq, Oscar Emmanuel Peterson naît le 15 août 1925 à Montréal. Son père joue du piano et l'aînée initie Oscar au clavier. Dès ses six ans, il commence de sérieuses études musicales classiques : piano, orgue, clavecin et trompette. À quatorze ans, il remporte une compétition d'amateurs qui lui vaut de participer régulièrement à un programme hebdomadaire de radio. Le jeune prodige débute sa vie professionnelle en 1943, par un engagement à Québec, dans l'orchestre de danse renommé que dirige Johnny Holmes, et où il est le seul musicien noir. Il devient en peu de temps l'un des musiciens les plus réputés du pays.

Grâce à Norman Granz, il affronte enfin le public américain, en invité surprise, au cours d'un concert donné au Carnegie Hall en septembre 1949. Le succès est immédiat. Membre permanent du Jazz At The Philharmonic de 1950 à 1955, il est de toutes les tournées de l'ensemble, aux États-Unis et en Europe. En 1952, sur un modèle établi par Art Tatum et Nat King Cole, il fonde un groupe piano-guitare-contrebasse : le guitariste Irving Ashby sera rapidement remplacé par Barney Kessel puis, en 1953, par Herb Ellis ; la contrebasse est tenue avec une tranquille autorité par Ray Brown. Le trio, qui connaît à cette époque son âge d'or, réserve à chaque instrument, dans un style proche de la sophistication d'un John Lewis, des solos de même importance. À partir de 1958, le pianiste affirme plus nettement sa prééminence et le contrepoint mélodique de la guitare est remplacé par le soutien fonctionnel et rythmique d'une batterie, où se succéderont Gene Gammage, Ed Thigpen (1958), Louis Hayes (1965) et Bobby Durham (1967). En 1966, le très imaginatif Ray Brown cède la place au plus ordinaire Sam Jones.

Désormais composé d'un soliste et de deux faire-valoir, le trio ne connaîtra plus les mêmes sommets. Mais, en solo ou en compagnie des plus grands, au concert comme au disque, Oscar Peterson vole de succès en succès. Il joue, s'adaptant sans effort à la personnalité de chacun, avec tous ceux qui comptent au royaume du jazz : Louis Armstrong, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Lionel Hampton, Stan Getz, Lester Young, Milt Jackson, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, Count Basie, Duke Ellington, Ben Webster, Anita O'Day, [...]

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THIGPEN ED (1930-2010)

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Pour citer l’article

Pierre BRETON, « PETERSON OSCAR - (1925-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/oscar-peterson/