COLE NAT KING (1917-1965)

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Le musicien américain Nat « King » Cole s'est affirmé comme l'un des meilleurs pianistes et des plus influents chefs de petits ensembles de l'ère du swing. C'est cependant sa voix qui lui a offert, sur des ballades chaleureuses, des airs de swing, mais aussi des rengaines sirupeuses, ses plus grands succès.

Né le 17 mars 1917, à Montgomery, dans l'Alabama, Nathaniel Adams Coles grandit à Chicago. À l'âge de douze ans, il chante et joue de l'orgue dans une église de la ville où son père, pasteur, officie. Il forme son premier groupe de jazz, The Twelve Royal Dukes, cinq ans plus tard. Après une tournée, en 1936, avec une reprise de la revue musicale noire Shuffle Along de Eubie Blake, il commence l'année suivante à jouer dans des clubs de jazz de Los Angeles. Il forme, avec le guitariste Oscar Moore et le contrebassiste Wesley Prince (qui sera remplacé en 1942 par Johnny Miller), un trio baptisé King Cole and His Swingsters, avant de devenir le King Cole Trio. Ce trio sans batteur se caractérise par un swing aux sonorités délicates et par des entrelacements habiles des sonorités du piano et de la guitare, qui semblent alors ne faire plus qu'un. Source d'inspiration pour des pianistes de jazz comme Art Tatum ou Oscar Peterson, Nat King Cole affirme « un style pianistique fait de broderies véloces et subtiles à la main droite ponctuées de brusques accords joués à la main gauche, le tout enveloppé d'un swing nerveux et vivace » (Christian Béthune).

À la fin des années 1930 et au début des années 1940, le trio enregistre plusieurs albums purement instrumentaux, ainsi que d'autres albums où les voix des trois musiciens se mêlent de façon harmonieuse. En 1942, Nat King Cole enregistre, avec Lester Young et Red Callender, trois chefs-d'œuvre : Indiana, Body and Soul, I Can't Get Started et Tea for Two. Mais, pour Nat King Cole, le succès ne vient cependant véritablement que lorsqu'il commence à se produire comme chanteur soliste. Le premier succès, Straighten Up and Fly Right (1943), est suivi par d'autres, comme Sweet Lorraine, It's Only a Paper Moon, (I Love You) For Sentimental Reasons ou Route 66.

Nat King Cole finit par reléguer ses talents de jazzman et de pianiste au second plan pour se consacrer entièrement à sa carrière de chanteur, ce que les puristes lui reprocheront. Réputé pour son intonation chaude, sa diction impeccable et son exceptionnelle précision rythmique, il est vite considéré comme l'un des meilleurs chanteurs de charme de son époque. Il réalise son premier enregistrement avec un orchestre au complet (dans lequel le trio intervient comme section rythmique) en 1946, pour The Christmas Song. Ce classique de la période des fêtes sera l'un des titres de Nat King Cole les plus vendus. Dans les années 1950, il se consacre presque exclusivement à sa carrière de chanteur et travaille avec des arrangeurs célèbres, comme Nelson Riddle ou Billy May, qui lui offrent de riches orchestrations. Parmi les « tubes » chantés par Nat King Cole à cette époque, mentionnons Nature Boy, Mona Lisa, Too Young, A Blossom Fell et Unforgettable. L'artiste revient parfois à ses premières amours, le jazz, ainsi sur l'excellent album After Midnight (1956), où il démontre qu'il n'a rien perdu de ses talents de pianiste.

En raison de sa popularité, Nat King Cole est l'un des premiers Noirs américains à animer un programme de variétés à la télévision, The Nat King Cole Show, diffusé sur N.B.C. en 1956. Cependant, victime du sectarisme de l'époque, l'émission sera annulée à la fin de la première saison : rares sont les sponsors qui étaient prêts à apporter leur soutien à un artiste noir. Nat King Cole aura plus de chance avec les concerts qu'il donne à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Il effectue ainsi à deux reprises des tournées avec ses propres revues dans le style des vaudevilles, The Merry World of Nat King Cole (1961) et Sights and Sounds (1963). Ses succès du début des années 1960 – Ramblin' Rose, Those Lazy, Hazy, Crazy Days of Summer et L-O-V-E – montrent qu'il s'éloigne de plus en plus de ses racines jazz pour se concentrer presque essentiellement [...]

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« COLE NAT KING - (1917-1965) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nat-king-cole/