HAMPTON LIONEL (1908-2002)

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Dernier représentant de la génération qui jette les fondations du jazz, Lionel Hampton est l'une des plus irrésistibles incarnations du dynamisme en musique. Le vocaliste ne laissera pas un souvenir impérissable. Au piano, à la batterie ou à la tête d'orchestres de taille et de qualité diverses, sa pétulance et son sens du spectacle ont en revanche enthousiasmé les foules. Mais c'est au vibraphone qu'il doit sa place dans l'histoire : il révélera en effet toutes les possibilités d'un instrument dont le rôle était jusque-là resté anecdotique. L'interprète y montre une invention, une fougue et une virtuosité inimaginables, ouvrant la voie à des personnalités qui, comme Milt Jackson ou Gary Burton, conduiront l'instrument sur d'autres chemins esthétiques.

Lionel Hampton

Photographie : Lionel Hampton

L'Américain Lionel Hampton, vibraphoniste, pianiste, batteur, chanteur et chef d'orchestre. 

Crédits : Hulton Getty

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Le vibraphone comme soliste

Lionel Leo Hampton serait né à Louisville (Kentucky), probablement le 20 avril 1908, et non pas à Birmingham (Alabama) le 12 avril 1909, lieu et date qui sont mentionnés dans beaucoup de biographies, mais qui sont invalidés par un certificat de naissance découvert par le producteur et historien du jazz Phil Schaap dans les archives de Louisville.

Les Hite l'engage en 1930 comme batteur dans une formation qui accompagne Louis Armstrong. Le trompettiste est le témoin admiratif des premiers essais de Lionel Hampton sur un vibraphone trouvé dans un coin de studio. Ce premier auditeur enthousiaste met tout son poids dans la balance pour lui permettre d'enregistrer, le 16 octobre 1930, son premier solo sur plaques métalliques, Memories of You. Benny Goodman, déjà illustre grâce à un trio qui rassemble autour de lui le pianiste Teddy Wilson et le batteur Gene Krupa, le choisit en 1936 pour constituer un quartette appelé à la même célébrité. Derrière la clarinette au style assez convenu du leader, Lionel Hampton s'impose, dès les premiers enregistrements du groupe, comme un animateur de premier ordre.

Les meilleurs solistes des big bands veulent jouer avec Hampton. Bien qu'issus d'horizons musicaux parfois opposés, ils réussissent grâce à lui à bâtir un univers musical cohérent et séduisant. En témoigne cette séance du 11 septembre 1939 qui rassemble Dizzy Gillespie, Benny Carter, Coleman Hawkins, Ben Webster, Chu Berry, Clide Hart, Milt Hinton, Charlie Christian et Cozy Cole pour un enregistrement resté dans les annales. Le jeu du vibraphoniste est, il est vrai, hallucinant. Utilisant des mailloches longues, grosses et assez dures, Hampton sidère par une virtuosité rythmique inouïe. Ce maître de la paraphrase propose des développements toujours inattendus d'où fusent, stimulés par l'exubérance des idées, contrastes inopinés et cascades d'arpèges. Sa sonorité, riche et cristalline, sait se faire percussion éclatante sur les tempos rapides mais aussi effleurement sensuel dans les mouvements lents. Le 10 mai 1940, il est en studio avec le trio de Nat King Cole ; les micros saisissent alors, sur Jack the Bellboy, l'un de ces solos de batterie qui comptent dans l'histoire de l'instrument : spécialiste incontesté des tambours et des cymbales, Hampton libère un swing insurpassable. Une autre plage de la même session, Central Avenue Breakdown, le met en vedette dans une improvisation explosive au piano : attaquant le clavier dans le registre aigu avec ses deux index comme avec deux mailloches, il submerge l'auditeur sous un déluge de notes frappées avec une énergie dévastatrice.

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Pierre BRETON, « HAMPTON LIONEL - (1908-2002) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lionel-hampton/