ORNEMENT, musique

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Francesco Landini : colorature pour clavier

Francesco Landini : colorature pour clavier
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Diego Ortiz : cadences conclusives

Diego Ortiz : cadences conclusives
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Adrian Le Roy : pavane pour le luth

Adrian Le Roy : pavane pour le luth
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Geoffroy-Dechaume : notes inégales

Geoffroy-Dechaume : notes inégales
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Tous les médias


Les ornements ont existé de tout temps et dans toutes les musiques ; ils représentent un des modes les plus riches de l'expression spontanée des sentiments qui animent un interprète. Issus de l'imagination créatrice et de la sensibilité, ils s'appliquent en surimpression au discours musical primitif. Bien qu'ils ne soient pas intégrés littéralement à la musique, ils constituent un élément très important qui permet au musicien de faire « vivre » ce qu'il interprète et de le rendre communicable. L'évolution de l'ornementation dans la musique occidentale est féconde en inventions et en changements de style. D'une certaine façon, la notion elle-même d'ornementation change profondément de sens selon les époques. Pourtant, au travers d'un champ historique mouvant, une constante se dégage : l'ornementation, envisagée dans toutes ses formes, est le caractère principal de la liberté d'interprétation de la musique. L'expression musicale est toujours liée indissolublement à la subjectivité de l'interprète, qui pour se transmettre exige précisément la liberté d'interprétation. La musique occidentale ne diffère pas sur ce plan des musiques des autres civilisations. Tels les subtils rāgas indiens qui développent un thème au moyen de variations dans une atmosphère émotionnelle que la combinaison des ornements et des agréments modifie sans cesse. De même les atābās arabes, qui sont de longs poèmes chantés et entrecoupés de savantes vocalises mélismatiques. En général, toutes les musiques folkloriques possèdent leurs ornements, qui sont autant de moyens nécessaires à la communication de la musique elle-même.

L'ornement, que l'on appelait autrefois « agrément », est, dans son acception la plus générale, une variation que l'on ajoute à une phrase musicale donnée avec l'intention de l'embellir. Les ornements trouvent leurs origines dans l'expression musicale la plus ancienne : la musique vocale. Ils sont alors les éléments constitutifs de l'improvisation à laquelle se livrent les chanteurs dans la litanie primitive, forme à caractère sacré que l [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages


Écrit par :

  • : ancien critique à Sud-Ouest et à Contact Variété, professeur d'improvisation et d'histoire de la musique
  • : directeur de la revue Musique ancienne, luthier d'art (copies de luths et clavecins anciens)

Classification


Autres références

«  ORNEMENT, musique  » est également traité dans :

BANCHIERI ADRIANO (1568-1634)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 438 mots

Compositeur et théoricien de la musique italien né le 3 septembre 1568 à Bologne, dans les États pontificaux, mort en 1634 à Bologne, Adriano Banchieri est, après Orazio Vecchi, le deuxième plus grand compositeur de comédies madrigalesques, suites de madrigaux sans intrigue véritable qui suggèrent plus qu'ils ne narrent une action dont les détails sont laissés à l'interprétation des chanteurs et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adriano-banchieri/#i_17562

FIGURALISME

  • Écrit par 
  • Antoine GARRIGUES
  •  • 1 329 mots

Dans le chapitre « Musique religieuse et profane de la Renaissance »  : […] À partir du xvi e  siècle, les compositeurs recherchèrent, plutôt que la souplesse de la courbe vocale, son originalité et sa courbe expressive. Des effets de style commencent à apparaître dans les motets. Dans la conclusion du motet à cinq voix Pater venit hora de Jacques Clément (Clemens non Papa, entre 1510 et 1515-1555 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/figuralisme/#i_17562

IMPROVISATION MUSICALE

  • Écrit par 
  • André-Pierre BOESWILLWALD, 
  • Alain FÉRON, 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 5 114 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La partie et le tout »  : […] Inventer une partie d'une œuvre musicale écrite ou transmise oralement joue un rôle essentiel dans la musique populaire , qui « est par excellence l'art de la variation » (László Lajtha). Sauf en Occident, pendant quelques décennies des xix e et xx e siècles, où la notatio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/improvisation-musicale/#i_17562

INTERPRÉTATION MUSICALE

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS, 
  • Jacqueline PILON
  •  • 7 430 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Des origines au XIXe siècle »  : […] Durant plusieurs siècles, compositeur et interprète ne font qu'un. La musique n'est pas encore notée et l'acte créateur appartient au compositeur lui-même. L'époque polyphonique donne un rôle limité à l'interprète, qui choisit seulement les moyens d'exécution (voix ou instruments) : la musique est en effet notée in abstracto , sans précision instrumentale particulière, pratiq […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/interpretation-musicale/#i_17562

LAMBERT MICHEL (1610 env.-1696)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 619 mots

Musicien français, compositeur, luthiste et chanteur célèbre. Le rôle de Lambert fut déterminant dans l'élaboration du récitatif à la française. La méthode de chant de cet excellent pédagogue exerça une influence considérable (cf. B. de Bacilly, Remarques curieuses sur l'art de bien chanter , 1668) ; elle était fondée sur une articulation sans défaut, sur une déclamation préc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-lambert/#i_17562

LE ROY ADRIAN (1520 env.-1598)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 352 mots

Luthiste, guitariste, chanteur, compositeur, théoricien et éditeur de musique, qui aborda tous les genres en novateur fécond ; son influence fut considérable dans la vie musicale française du xvi e siècle. En 1551, Adrian Le Roy s'associe avec son cousin, Robert Ballard pour fonder une maison d'édition qui eut son importance pendant quelques sièc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/adrian-le-roy/#i_17562

LUTH

  • Écrit par 
  • Joël DUGOT
  •  • 7 042 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'évolution de la technique et du goût »  : […] Pendant la première moitié du xvii e  siècle, la vogue du luth ne faiblit point. Le courant amorcé au Moyen Âge et élargi pendant le xvi e  siècle se poursuit en se raffinant, parallèlement aux idéaux courtois et précieux. L'instrument est devenu un critère social, un moyen de valorisation personn […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/luth/#i_17562

MODES MUSICAUX

  • Écrit par 
  • TRAN VAN KHÊ
  •  • 4 710 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Les ornements spécifiques »  : […] L' ornementation comme l'improvisation sont très élaborées dans toutes les musiques. Mais il existe des ornements facultatifs, que l'on peut ou non utiliser, et d'autres qui présentent un caractère obligatoire. Miss Puri, dans une série d'exemples, a montré que les ornements pour les notes dha , ga , ri , des rāga […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/modes-musicaux/#i_17562

NOTATION MUSICALE

  • Écrit par 
  • Mireille HELFFER, 
  • Alain PÂRIS
  •  • 5 222 mots
  •  • 14 médias

Dans le chapitre « Chiffrage et ornementation »  : […] À la fin du xvi e siècle, la monodie accompagnée se substitue à la polyphonie : la musique se réduit ainsi, dans bien des cas, à une ligne mélodique doublée d'un accompagnement instrumental dont la notation se limite à la simple basse sur laquelle l'interprète peut concevoir différents accords adaptés à la mélodie. Au début du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/notation-musicale/#i_17562

POLYPHONIE

  • Écrit par 
  • Jacques CHAILLEY, 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 2 165 mots

Dans le chapitre « La polyphonie primitive »  : […] Que la musique non écrite des anciennes civilisations pût comporter de la polyphonie, c'est là un fait aujourd'hui bien connu, mais qui, au début du xx e  siècle encore, eût soulevé l'étonnement général. On ne concevait pas en effet une polyphonie, fût-elle contrapuntique, sur d'autres principes que sur des successions de caractère harmonique, et, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/polyphonie/#i_17562

VOCALE DISTRIBUTION

  • Écrit par 
  • Sophie COMET, 
  • Denis MORRIER
  •  • 5 018 mots

Dans le chapitre « La puissance »  : […] Le contrôle dynamique de la voix a été de tout temps l'objet d'une grande fascination. Ainsi, la messa di voce (« mise de voix ») était l'ornement par excellence de la musique vocale italienne du xviii e  siècle. Elle permettait au chanteur de faire la démonstration de ses possibilités de puissance et de longueur de souffle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/distribution-vocale/#i_17562

VOCALISE

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 250 mots

Dans le chant, mélisme développé sur une voyelle et qui en accentue le caractère décoratif, lyrique ou de pure virtuosité. Les vocalises sont aussi un exercice de chant qui, grâce à des formules appropriées, permet d'acquérir une bonne technique de vocalisation. La vocalise eut une valeur magique (chez les gnostiques, par exemple) ; saint Augustin évoque, sous le nom de jubilus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vocalise/#i_17562

Voir aussi

Pour citer l’article

Antoine GARRIGUES, Joël DUGOT, « ORNEMENT, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ornement-musique/