JOHNSON JAY JAY (1924-2001)

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Dès ses premiers pas dans les rues de La Nouvelle-Orléans, le jazz confie au trombone un rôle fruste et rudimentaire, hérité de sa fonction dans les fanfares : ponctuer avec vigueur le rythme des marches et rugir en d'impressionnants glissandos. Le puissant Kid Ory (1886-1973) et le sinueux Honoré Dutrey (1894-1935), bien mieux que de simples comparses, commencent à attirer l'attention sur l’instrument. C'est à Miff Mole (1898-1961), musicien doté d'une technique de belle qualité, que l'on doit, dans les années 1920, l'apparition des premiers véritables solos de trombone. Suit un grand nombre de parfaits stylistes qui apportent chacun leur touche personnelle à l'émancipation et à l'enrichissement du langage de l'instrument : le prince du swing Jimmy Harrison (1900-1931), l'âpre Charlie Green (1900-1936), Joe « Tricky Sam » Nanton (1904-1948), roi du « jungle » chez Duke Ellington, Jack Teagarden (1905-1964), fidèle compagnon de Louis Armstrong. Remarquables eux aussi le jeu véloce et fougueux de Jack « J. C. » Higginbotham (1906-1973), la pureté et la finesse de l'aigu de « Benny » Morton (1907-1985), la souplesse et la fantaisie de Dicky Wells (1907-1985). N'oublions enfin ni l'éblouissante virtuosité – hélas ! vite dévoyée dans les sucreries commerciales – de Tommy Dorsey (1905-1956), ni l'éclat électrique de Trummy Young (1912-1984), ni l'élégance raffinée de Vic Dickenson (1906-1984). Aucun cependant n'atteint la stature de Jay Jay Johnson, qui, par la perfection de sa technique, la rigueur de son style et la vivacité de son imagination, demeure une référence absolue.

James Louis Johnson – plus tard Jay Jay Johnson puis J. J. Johnson – naît le 22 janvier 1924 à Indianapolis (Indiana). Il commence ses études musicales classiques par le piano et le saxophone baryton avant de s'adonner au trombone au sein d'ensembles amateurs. Ses premières admirations vont à Trummy Young et Dicky Wells. En 1940, il décide de se lancer dans une carrière professionnelle. Il est d'abord musicien d'orchestre chez Clarence Love (1941-1942), Snookum Russell (1942) – où il côtoie le trompettiste Fats Navarro –, Earl Coleman (1942) et Benny Carter (1942-1945), où il approche le batteur Max Roach et avec qui il grave en 1943 son premier solo, sur Love for Sale. Son talent est suffisamment dessiné pour que Norman Granz le retienne dans la première tournée du Jazz At The Philharmonic, en 1944. Count Basie l'appelle dans une formation où brillent déjà Lester Young et Vic Dickenson (1945-1946).

C'est en entendant en 1946 Charlie Parker et Dizzy Gillespie dans la 52e Rue que Jay Jay Johnson reçoit de plein fouet le choc du be-bop naissant. Fasciné, il n'aura de cesse d'offrir à un instrument réputé pataud les plus folles envolées du nouveau style. Aussi ne tarde-t-il pas à être coopté par ses fondateurs. Il crée un groupe de studio avec Cecil Payne, Leonard Gaskin, Bud Powell et Max Roach, enregistre avec Sonny Stitt et Bud Powell et, surtout, en 1947, avec le légendaire sextette de Charlie Parker. Il s'associe ensuite au quintette d'Illinois Jacquet (1947-1949). Il joue avec la fine fleur des solistes du temps : Miles Davis, Bill Evans, Paul Chambers, Tommy William, Roy Haynes, Art Taylor, Clifford Brown, John Lewis, Charlie Mingus, Kenny Clarke, Kenny Dorham, Hank Mobley, Jimmy Heath, Wynton Kelly, Horace Silver, [...]

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Pierre BRETON, « JOHNSON JAY JAY - (1924-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jay-jay-johnson/