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PARKER CHARLIE

<it>Charlie Parker et The Metronome All-Stars, New York</it>, H. Leonard

Charlie Parker et The Metronome All-Stars, New York, H. Leonard

« Dans d'innombrables disques, lors d'innombrables apparitions, d'innombrables artistes jouent soudain une phrase qui vous amène immédiatement à l'esprit l'image de Charlie Parker », affirmait Duke Ellington. Et Lennie Tristano d'ajouter, quelques mois avant la disparition de Parker : « S'il voulait invoquer les lois sur le plagiat, il pourrait poursuivre presque tous ceux qui ont enregistré un disque au cours des dix dernières années. » En trente-cinq ans de vie terrestre, Charlie Parker a fondamentalement infléchi le cours de l'histoire du jazz, et l'on ne voit guère que Louis Armstrong ou John Coltrane dont l'influence puisse se mesurer à celle de ce géant de la musique. Le plus parfait soliste au saxophone alto, incontestablement le plus grand improvisateur qu'ait connu le jazz, l'un de ses plus grands créateurs aussi, tel est Charlie Parker. Aura-t-on jamais fini d'explorer les nouveaux horizons harmoniques et rythmiques qu'il a découverts pour que vive le jazz ?

L'envol de l'oiseau

Charlie Parker naît, Noir et Américain, le 29 août 1920 à Kansas City. Son jeu aérien lui vaut très vite le surnom de « Bird » (l'oiseau) et son allure gauche et embarrassée celui de « Yardbird » (soldat chargé des corvées en argot militaire américain). Il travaille d'abord le saxophone baryton puis le saxophone alto. À seize ans il est déjà un musicien professionnel qui joue dans les nombreux orchestres de sa ville natale. Dès cette époque, les influences de Benny Carter, de Johnny Hodges et de tout le « middle jazz » sont pour lui parfaitement assimilées. Il nourrit une véritable passion pour le jeu de Lester Young. On le voit alors faire ses débuts chez Lawrence Keyes et Harland Leonard, en 1936. Il entre chez Jay McShann en 1937, retourne chez Harland Leonard en 1938 et se produit, en 1939, dans divers cabarets de New York. Donnons-lui la parole : « Je me souviens d'une jam session, une nuit, chez Dan Wall, une boîte de la 7e Avenue où l'on dégustait le « chili con carne ». C'était en décembre 1939. Je commençais à en avoir assez des harmonies stéréotypées qu'on utilisait à l'époque, sempiternellement, et je ne cessais de me dire qu'il y avait sans doute autre chose à faire. Cette « autre chose », je la sentais, je l'« entendais », mais je ne pouvais arriver à la jouer. Bref, cette nuit-là, tandis que j'improvisais sur Cherokee, je m'aperçus qu'en me servant des superstructures des accords comme d'une ligne mélodique, et à condition de lui fournir un cadre harmonique convenable, je pouvais jouer le genre de musique que je pressentais. Ce fut comme si je renaissais. » Le bop était en train de naître, et l'oiseau de prendre son vol.

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

<it>Charlie Parker et The Metronome All-Stars, New York</it>, H. Leonard

Charlie Parker et The Metronome All-Stars, New York, H. Leonard

Autres références

  • BE-BOP

    • Écrit par Eugène LLEDO
    • 769 mots

    Au début des années 1940, quelques jazzmen, parmi lesquels Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk, se retrouvent lors de jam-sessions à New York. Ils y expérimentent une nouvelle forme de musique improvisée qui modifie profondément la couleur sonore du jazz : le be-bop.

    Au début...

  • DAVIS MILES

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 1 759 mots
    • 2 médias
    ...professeur, Elwood Buchanan, ancien trompettiste d'Andy Kirk, lui fait travailler la vélocité et l'encourage à jouer sans vibrato. En 1944, il rencontre Charlie Parker et Dizzy Gillespie à l'occasion d'une tournée à Saint Louis de l'orchestre de Billy Eckstine. C'est le tournant décisif de sa vie musicale. S'il...
  • DAVIS MILES - (repères chronologiques)

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 985 mots

    25 mai 1926 Miles Dewey Davis, III naît à Alton (Illinois), dans une famille noire, mélomane et bourgeoise.

    Septembre 1944 Miles Davis s'installe à New York, officiellement pour préparer son entrée à la Juilliard School of Music, en réalité pour rencontrer Charlie Parker.

    1945-1948 ...

  • JAZZ À MASSEY HALL

    • Écrit par Pierre BRETON
    • 270 mots

    Afin de s'évader d'un art classique porté à sa perfection par les grands orchestres swing et accaparé par les Blancs, afin de protéger l'esprit du jazz de l'invasion rampante des romances commerciales, quelques jeunes musiciens noirs inspirés par les audaces du guitariste...

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Voir aussi