ISRAËL

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quelques données-clés.
Nom officielÉtat d'Israël (IL)
Chef de l'ÉtatIsaac Herzog (depuis le 7 juillet 2021)
Chef du gouvernementYaïr Lapid (depuis le 1er>/sup> juillet 2022)
Note :
Capitale (proclamée)Jérusalem ; le statut de capitale n'est pas reconnu par la communauté internationale
Langues officiellesarabe, hébreu
Unité monétaireshekel (ILS)
Population8 866 000 (estim. 2022) 1
Note : Exclut les Israéliens qui vivent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Superficie (km2)22 072 2
Note : Exclut la Cisjordanie et la bande de Gaza

Institutions et vie politique

La déclaration d'indépendance

Document d'environ trois feuillets, la déclaration d'indépendance fut soigneusement préparée par Ben Gourion et ses conseillers, conscients de l'importance historique que prendrait le texte. On considère généralement que la déclaration comporte trois parties.

Création de l'État d'Israël, 1948

Vidéo : Création de l'État d'Israël, 1948

À partir de la fin du XIXe siècle, de nombreux juifs européens viennent s'installer en Palestine. Cette immigration massive est le fruit de l'idéologie sioniste qui prône l'établissement d'un foyer national juif. Ce mouvement se traduit par la mise en valeur agricole du territoire, grâce... 

Crédits : The Image Bank

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La première partie, qui représente près de la moitié de l'ensemble, est essentiellement historique. Elle rappelle le lien historique du peuple juif avec la Terre d'Israël. Le texte rappelle ensuite l'histoire moderne du sionisme ainsi que la signification particulière de l'Holocauste. Enfin, il s'appuie sur la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU.

La deuxième partie, très courte, comprend la décision elle-même : « [...] nous proclamons la création d'un État juif [...] ». On remarquera que l'État d'Israël est proclamé « en vertu du droit naturel et historique du peuple juif et conformément à la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU ». Les auteurs de la déclaration ont pris un soin extrême à ne pas établir la légitimité de la création d'un État juif sur la résolution de l'Assemblée générale. Cette légitimité – pour les auteurs de la déclaration – provient du droit naturel du peuple juif. La référence à la résolution du 29 novembre 1947 n'est donc que subsidiaire.

Le texte comprend ensuite les dispositions positives, traitant de l'exercice du pouvoir législatif pendant la période intérimaire, c'est-à-dire jusqu'à l'adoption d'une Constitution par l'Assemblée constituante qui doit être élue avant le 1er octobre 1948.

La troisième partie traite du futur État et des principes sur lesquels il sera établi. Il affirme en particulier les principes de liberté et d'égalité pour tous les habitants du pays, sans distinction de race, de langue ou de religion.

Jusqu'en 1994, aux termes d'une jurisprudence de la Cour suprême de l'État d'Israël, la déclaration – en l'absence d'une Constitution – ne pouvait être considérée comme un texte ayant valeur supralégislative. Les termes de la déclaration peuvent cependant servir de principes directeurs, notamment pour l'application de décrets et règlements. La déclaration, dans ce sens, n'avait au mieux que force législative. Cette situation devrait changer rapidement. Les lois fondamentales adoptées en 1992 et amendées en 1994 stipulent désormais que : « Les droits de l'homme en Israël sont fondés sur la reconnaissance de la valeur de l'individu, la sainteté de sa vie et sa liberté ; ces droits seront respectés dans l'esprit des principes de la Déclaration d'Indépendance ». Dans un proche avenir, la Cour suprême pourrait donc contrôler la constitutionnalité des lois, en se basant notamment sur les principes de la déclaration d'indépendance.

La mise en place des institutions : le débat constitutionnel

À cause de la guerre, qui ne prit fin qu'au début de l'année 1949, les élections à l'Assemblée constituante ne purent se tenir qu'en janvier 1949. Immédiatement, le débat constitutionnel s'engagea, alors que l'on savait déjà que Ben Gourion avait décidé de repousser – au moins provisoirement – l'idée de l'adoption d'une Constitution écrite et rigide. La principale raison en est l'hostilité des partis religieux, sans lesquels aucune coalition gouvernementale n'est possible en Israël. Ces partis soutiennent en effet les thèses suivantes : pour les uns (Agoudat Israël, le parti le plus orthodoxe), seule la loi de Dieu peut être la loi suprême ; point n'est donc besoin d'adopter une Constitution ; pour les autres (le parti national-religieux), le danger d'une Constitution qui serait supérieure à la loi ordinaire résiderait dans le fait que certaines lois (religieuses) pourraient être déclarées anticonstitutionnelles par la Cour suprême. On peut y ajouter que Ben Gourion lui-même envisageait avec beaucoup de méfiance un système dans lequel des juges pourraient remettre en question la volonté de la Knesset ou des partis.

Dès sa première réunion, l'Assemblée constituante se proclama « Première Knesset ». Cependant, le débat constitutionnel s'engageait et se terminait en juin 1950 par un compromis sur la résolution dite Harari (du nom du signataire qui figure en tête de la liste des députés qui la soutiennent). Aux termes de cette résolution, la Commission de la Constitution [...]

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Israël : carte physique

Israël : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Israël : drapeau

Israël : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Guerre de Six Jours, 1967

Guerre de Six Jours, 1967
Crédits : National Archives

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Le Néguev, Israël

Le Néguev, Israël
Crédits : Christopher Pillitz/ The Image Bank/ Getty Images

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Reims-Champagne-Ardenne
  • : professeur à la faculté de droit de l'université hébraïque de Jérusalem (Israël)
  • : maître de conférences à l'université Paris-I
  • : docteur en études hébraïques, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales
  • : enseignant-chercheur, critique de cinéma

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Pour citer l’article

Marcel BAZIN, Claude KLEIN, François LAFON, Lily PERLEMUTER, Ariel SCHWEITZER, « ISRAËL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/israel/