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Iran : carte physique

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Iran : villes et réseau ferré

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Agriculture traditionnelle en Iran

Agriculture traditionnelle en Iran
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Iran : énergie et mines

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quelques données-clés.
CapitaleTéhéran
Langue officiellepersan (farsi)
Unité monétairerial iranien (IRR)
Population82 743 000 (estim. 2019)
Superficie (km2)1 628 771

L'Iran, l'ancienne Perse, le « pays des Aryens », est situé entre les mondes arabe, indien, turc et russo-européen. Ce haut plateau aride de 1 640 000 kilomètres carrés, peuplé de plus de 75 millions d'habitants lors du recensement de 2011, occupe une place à part au Moyen-Orient. La population et l'État sont inséparables du territoire géographique où ils se sont développés depuis le ve siècle avant J.-C., associant une forte culture rurale villageoise, le nomadisme pastoral toujours vivant et une ancienne société urbaine organisée autour des bazars. L'Iran actuel s'est construit au xvie siècle autour de son identité shi’ite, puis autour du pétrole dont il est le plus ancien producteur de la région (1908). En 2010, l'Iran était le quatrième exportateur mondial de pétrole, 72 p. 100 de la population vit en ville et plus de 85 p. 100 des Iraniens sont alphabétisés, ce qui confirme les ambitions de cette puissance régionale encore virtuelle, bouleversée par la Révolution islamique de 1979.

Iran : carte physique

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Carte physique de l'Iran. 

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Le pays des piémonts

Le territoire et les paysages iraniens associent trois espaces complémentaires : en amont, des montagnes fraîches (yeylāq ou sardsir), enneigées en hiver, réservoirs d'eau en été, en aval de vastes plaines désertiques (qeshlāq ou garmsir) aux étés torrides, où se perdent les rivières et, au centre, des piémonts au climat contrasté où se concentrent les cultures, les villes et la population. Dans ce pays de montagnes et de déserts, 60 p. 100 de la population vit dans le quart nord-ouest, qui reçoit entre 300 et 600 millimètres de précipitations, rendant possible l'agriculture non irriguée, comme dans les hautes terres d'Azerbaïdjan et du Kurdistan.

Entre les bassins du Tigre, de l'Indus, de la Caspienne et du golfe Persique, le plateau iranien, entre 800 et 1 200 mètres d'altitude, est comme une île entourée de montagnes protégeant le cœur du pays, composé de vastes zones de piémont dont les rivières se perdent dans les déserts du Kavir et du Lut qui couvrent la moitié du territoire. L'Iran est aussi un pays de montagnes : au nord, l'Alborz (ou Elbourz) avec, près de Téhéran, le volcan du Damāvand (5 610 m), point culminant du Moyen-Orient ; à l'ouest, le Zagros composé de hauts plateaux, bassins et chaînes calcaires (Zardeh Kuh, 4 547 m) ; au sud et à l'est, les monts du Baloutchistan et de Kermān. Les piémonts situés au-delà de ces montagnes font également partie de l'œcoumène iranien, notamment les plaines pétrolières du Khouzistān, le bassin de l'Helmand frontalier de l'Afghanistan, ou les rives du golfe Persique et surtout les plaines agricoles caspiennes du Gilān et du Māzandarān qui forment un monde à part, avec un paysage et un climat subtropicaux humides, des rizières dans les plaines agricoles, des théiers sur les collines et la forêt hyrcanienne toujours verte sur le versant nord des montagnes.

Les piémonts arides sont parcourus par de nombreuses rivières temporaires coulant vers le plateau central. Seules les crues de printemps atteignent le centre des onze cuvettes désertiques qui forment un ensemble endoréique couvrant 67 p. 100 du territoire. Si on exclut les petits fleuves côtiers, seuls le Sefid-Rud et surtout le Karun, avec son affluent le Dez, sont assez importants pour atteindre respectivement la Caspienne et le golfe Persique. Le Karkheh n'atteint pas le Tigre et se perd dans les marais irakiens. L'Iran est surtout le « pays des eaux cachées ». L'ancienne Perse est en effet le seul pays au monde où, jusqu'en 1950, la moitié des terres étaient irriguées par un réseau de galeries drainantes souterraines (qanāt). Les 18 000 qanāts encore en activité ont un débit cumulé de 7 500 millions de mètres cubes, équivalant à celui des puits profonds qui se sont multipliés depuis les années 1980. Cette technique d'irrigation par qanāt explique la pérennité, la stabilité géographique et la richesse culturelle de l'État persan dont les populations ont pu mettre en valeur en toutes saisons de vastes étendues arides impossibles à irriguer faute d'eaux de surface et construire des villes en plein désert, comme Yazd.

La plupart des rivières iraniennes sont aujourd'hui équipées de grands barrages permettant d'irriguer de nouveaux périmètres et, surtout, de ravitailler les villes. De 1955 à 1980, les ministères de l'Agriculture et de l'Énergie ont financé la construction de ces barrages sur les rivières de l'Alborz (Karaj, Latyān et Lār) et du Zagros pour développer la vaste plaine pétrolière et agricole du Khouzistān (barrages du Dez, du Karun et du Karkheh). L'abondance des ressources en eau des montagnes a cependant des limites, notamment dans la région d'Ispahan, où le détournement des eaux du Karun vers le plateau central et le barrage du Zayandeh Rud est également utilisé depuis 1998 pour ravitailler Yazd et les villes du désert.

Le paysage iranien est caractérisé par la steppe, mais surtout par la grande variété de paysages naturels, entre les glaciers alpins de l'Alam Kuh (4 830 m), les plaines torrides du golfe Persique, les rizières du Gilān, les lacs salés asséchés du Kavir ou les dédales de collines dénudées (kalut) du Lut. Les forêts ne couvrent que 8 p. 100 du territoire, car les anciennes forêts de chênes du Zāgros et du Kurdistan, celles de genévriers de l'Alborz et des monts du Khorasān ou la brousse à acacias du Baloutchistan ont été ravagées par l'exploitation anarchique du bois de construction et du charbon de bois pour les besoins des villes.

Diversité et cohésion culturelles

L'Iran est un État à la fois multi-ethnique et fortement unifié par son histoire et sa culture. Le nationalisme iranien, fondé sur l'ancienneté et la stabilité de l'État, est capable d'unir toutes les catégories sociales et culturelles du pays, comme ce fut le cas au début de la guerre Irak-Iran (1980-1988). La moitié des Iraniens ont le persan pour langue maternelle, mais un quart parlent d'autres langues iraniennes (Lors 9 p. 100, Caspiens 8 p. 100, Kurdes 7 p. 100, Baloutches 3 p. 100...) et 20 p. 100, dont les Azéris, parlent des langues turques. Environ 4 p. 100 des Iraniens sont arabes. Le bilinguisme est donc très répandu depuis que la langue nationale, le persan (fārsi), est parlée par la quasi-totalité de la population en raison des progrès de la scolarisation jusque dans les zones rurales reculées. La proportion de personnes déclarant ne pas comprendre le persan est ainsi passée de 14,3 p. 100 en 1986 à seulement 4,5 p. 100 en 2002.

En reconnaissant l'usage des autres langues, notamment du kurde et du turc azéri, dans les médias et la vie sociale, la Constitution de 1979 a de facto consacré la suprématie du persan. La question des identités ethniques reste très sensible, car la plupart des populations non persanes sont établies à la périphérie du pays. Le renouveau du fait ethnique et culturel est cependant transformé par les migrations vers les grandes villes et le centre du pays. On estime que les Azéris forment la moitié de la population de Téhéran où ils exercent les plus hautes fonctions.

Jusqu'au milieu du xxe siècle, les tribus nomades, principalement les Bakhtyaris, Qashqā'is et Lors, représentaient 25 p. 100 de la population totale et constituaient un danger politique et militaire pour le gouvernement central, avant d'être sédentarisées de force, dans les années 1930, par le nouvel État en cours de construction. L'Iran reste le seul pays du monde, après la Mongolie, où ce mode de vie est resté très actif, car il permet de valoriser les immenses espaces steppiques ; il a su évoluer vers le semi-nomadisme et se moderniser. Les 500 000 nomades et semi-nomades d'Iran possèdent environ 20 p. 100 du cheptel ovin et caprin et peuvent accéder par la route à leur campement.

L'identité nationale iranienne moderne s'est faite autour de l'islam shi’ite, devenu religion officielle sous la dynastie Safavide au xvie siècle et pratiqué par 87 p. 100 des Iraniens. À partir des années 1930, Qom est devenu le principal centre de formation du clergé shi’ite, aux dépens de Nadjaf (en Irak) et des grandes villes d'Iran. Avec plus de 12 millions de pèlerins par an, Mashhad (ou Meched, 2,4 millions d'habitants, deuxième ville d'Iran), où se trouve le tombeau de l'imam Réza, est devenu le centre de pèlerinage le plus fréquenté du monde musulman. L'accumulation des dons des fidèles à la fondation (vaqf) qui gère le sanctuaire a fait de l'Astaneh Qods Razavi un des trusts les plus puissants du pays, qui possède des entreprises industrielles, mais surtout d'immenses terres agricoles et plus de la moitié du sol de la ville de Mashhad.

La domination de l'islam shi’ite va de pair avec la grande diversité religieuse de l'Iran. Les musulmans sunnites sont environ 10 millions, principalement Kurdes, Baloutches, Turkmènes, Arabes, Persans du Khorasan oriental et forment la principale minorité religieuse non shi’ite. Les minorités non musulmanes reconnues ont chacune un député, sont de plus en plus concentrées à Téhéran et en forte diminution : zoroastriens (50 000 personnes), juifs (10 000) et chrétiens (arméniens, assyro-chaldéens, 110 000).

Jeunes adultes, citadins et alphabétisés

Avec 75,15 millions d'habitants en 2011 contre 19 millions en 1956, l'Iran est, après l'Égypte et avec la Turquie, le pays le plus peuplé du Moyen-Orient. Jusque dans les années 1980, la baisse rapide de la mortalité (20 p. 1 000 en 1956, 8 p. 1 000 en 1990) n'a pas été accompagnée par une baisse de la fécondité, qui est longtemps restée au niveau élevé de 6,7 enfants par femme, avant de connaître une chute spectaculaire à partir de 1986, pour atteindre moins de 1,8 en 2008. Cette révolution démographique, liée aux progrès de la scolarisation des femmes (80 p. 100 d'entre elles sont alphabétisées en milieu rural en 2009 contre 4,3 p. 100 en 1966), renforce la place des très nombreux jeunes adultes nés entre 1960 et 1985, qui ont vécu la Révolution islamique et la guerre. En revanche, l'Iran est le pays du Moyen-Orient où la proportion de jeunes est la plus faible (37,5 p. 100 de moins de vingt ans en 2006 contre 56 p. 100 en 1986). Le vieillissement est, à moyen terme, le problème majeur du pays.

Iran : villes et réseau ferré

carte : Iran : villes et réseau ferré

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Hiérarchie urbaine et réseau ferré en Iran. 

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La Révolution islamique de 1979 a marqué cette rupture sociale, puisqu'elle a coïncidé avec le franchissement du seuil symbolique de 50 p. 100 des taux de population urbaine et alphabétisée. L'émergence des jeunes citadins alphabétisés et des femmes ne s'est jamais interrompue, malgré les événements politiques. Le changement social et culturel a touché toutes les provinces du pays, en dépit de la permanence de fortes inégalités géographiques opposant les régions centrales et caspiennes, dont la population est largement alphabétisée, citadine, employée dans l'industrie et les services, aux provinces périphériques plus rurales, moins développées et peuplées par des populations non persanophones.

De 1980 à 2000, la multiplication des centres universitaires dans les petites villes a permis le décuplement du nombre d'étudiants (2,2 millions, dont la moitié à l'Université libre islamique) et a accompagné la restructuration des régions rurales autour des grandes métropoles régionales et des villes moyennes, qui ont reçu la majeure partie des migrants. Malgré une mobilité croissante (75 p. 100 des Iraniens n'avaient pas quitté leur province de naissance en 1991, contre 85 p. 100 en 1976), l'Iran n'a pas connu de fortes migrations internes, sauf pendant la guerre Irak-Iran. La zone urbaine de Téhéran reste la destination quasi unique des migrants inter-provinciaux (660 000 personnes de 1996 à 2006, soit 69 p. 100 des migrants entre provinces). Dans un contexte d'isolement économique chronique, la capitale est en effet la seule région du pays à avoir un embryon de culture internationale et une dynamique industrielle moderne. La diaspora iranienne joue un rôle incontestable, mais limité à une élite urbaine, pour compenser la faiblesse des relations culturelles internationales de l'Iran. Plus de trois millions de personnes sont établies à l'étranger, surtout en Californie, en Europe occidentale, mais aussi en Turquie ou en Inde ; leur nombre augmente, car une grande partie des 150 000 étudiants qui quittent le pays chaque année ne reviennent pas.

Un espace rural en voie d'urbanisation

Depuis 1956, la population totale de l'Iran a été multipliée par 3,7, celles des villes par 8, mais celle des campagnes ne s'est accrue que de 1,7 fois et diminue en valeur absolue depuis 1990. Contrairement à certains clichés, il n'y a jamais eu « d'exode rural » massif, mais une déprise rurale qui s'est poursuivie depuis le milieu du xxe siècle et continue de toucher les régions rurales pauvres d'Azerbaïdjan, du Kurdistan ou du sud du Khorasan. La stabilité économique et politique du pays ne dépend plus de « l'Iran des 40 000 villages » jadis prospère, grâce à l'irrigation par qanāt et au tissage des tapis vendus dans les bazars des petites villes. L'abolition de la grande propriété foncière fut au centre de la « révolution blanche » de 1962, qui a consacré la fin de l'Iran traditionnel des villages et des petites villes qui vivaient au rythme du capitalisme de rente. Environ 2,3 millions de métayers devinrent propriétaires de parcelles trop petites pour survivre. Il s'ensuivit un déclin de l'économie agricole et pastorale traditionnelle qui fut partiellement compensé par le développement d'une agriculture moderne capitaliste en relation avec les grands barrages, notamment dans les plaines du Khouzistān, de Marvdasht, Gorgān, Sarakhs ou près de Téhéran.

Une nouvelle paysannerie moyenne (exploitation de 6 hectares) s'est ensuite constituée en louant les terres des migrants, en bénéficiant de la réforme agraire islamique (1,8 million d'hectares confisqués aux grands propriétaires ou cédés par l'État) et en profitant du marché parallèle des denrées alimentaires durant la guerre. Le régime islamique a, de plus, accéléré l'implication des campagnes dans la vie nationale. Les jeunes ruraux ont massivement participé à la longue guerre Irak-Iran, tandis que l'Organisation de la lutte pour la reconstruction (Jahād-e Sazandegi encadrait les villages sur le plan idéologique mais aussi technique : création de routes, électrification, travaux de petite hydraulique, soutien à l'artisanat. La pauvreté des villages reste cependant très grande dans de nombreuses régions comme le sud du Khorasān, Hamadān, Kurdistan, Baloutchistan ou la périphérie des déserts centraux. Les campagnes iraniennes semblent désormais s'organiser non plus autour des villages ou des coopératives, mais autour des grandes fermes privées modernes de 100 à 200 hectares qui deviennent des pôles locaux de production où vont travailler les paysans des villages voisins en complément de leur petite exploitation familiale.

Malgré ses immenses possibilités agricoles liées à la diversité de ses climats, ses techniques d'irrigations sophistiquées et sa grande tradition rurale, l'Iran reste un « jardin négligé » (K. Mc Lachlan). La population active agricole est passée de 45 p. 100 en 1966 à seulement 22 p. 100 en 2006, tandis que la part de l'agriculture dans le P.I.B. déclinait de 30 p. 100 à 10 p. 100. Les céréales (blé, orge, riz) couvrent les trois quarts des 12 millions d'hectares cultivés ; la surface cultivée diminue en raison de l'abandon des cultures non irriguées à très faible rendement et de l'abondance des produits importés. Malgré un cheptel de 35 millions d'ovins, 18 millions de caprins et 5 millions de bovins (en 2000), le déficit iranien en viande et en lait ne cesse d'augmenter. Les provinces caspiennes, avec seulement 4 p. 100 des surfaces cultivées, fournissent à elles seules 25 p. 100 de la production agricole (riz, agrumes, betterave, oléagineux). L'Iran reste le premier producteur mondial de safran et de pistaches et exporte des fruits et légumes vers la péninsule arabique. L'industrie agroalimentaire se développe vite (conserves de fruits et légumes, biscuiterie), mais seulement pour les besoins locaux. Après avoir été autosuffisant sur le plan alimentaire jusque dans les années 1960, l'Iran est devenu un des plus grands importateurs mondiaux de produits agricoles (de 30 à 50 p. 100 de ses besoins).

Agriculture traditionnelle en Iran

photographie : Agriculture traditionnelle en Iran

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Criblage du grain dans un village de la région céréalière du Khorasan, en Iran 

Crédits : G. Pavia/ De Agostini/ Getty Images

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Bazars, métropoles et banlieues

Depuis l'Antiquité, l'Iran a développé un réseau de villes, qui, à partir de la dynastie Seldjoukides (xie siècle), ont prospéré au centre de régions agricoles. Grâce au très prestigieux artisanat du tapis, les commerçants des bazars locaux ont connu une réelle aisance. La sécurité apportée par les Safavides a favorisé la constitution d'un remarquable réseau de caravansérails qui ont permis les échanges et la construction des grands bazars, des mosquées, des écoles religieuses (madrasa), hammams et fontaines qui structurent encore aujourd'hui l'espace central des villes. La fin du commerce caravanier, la centralisation des pouvoirs et l'économie pétrolière ont ensuite provoqué le déclin de nombreuses petites cités jadis prospères, notamment sur le pourtour des déserts (Nā’in, Natanz, Tabas, Khoy), au profit des capitales provinciales, des chefs-lieux de département (shahrestan) et des villes industrielles.

En 2006, 47 p. 100 des Iraniens vivaient dans soixante-quinze villes de plus de 100 000 habitants et 30 p. 100 dans treize mégapoles de plus de 500 000 habitants. Téhéran, capitale depuis la fin du xviiie siècle seulement, s'est vraiment développée à partir des années 1950, quand le pétrole est devenu une ressource contrôlée par le gouvernement central. Avec 12 millions d'habitants, soit 17 p. 100 de la population iranienne, la région urbaine de Téhéran s'est développée à un rythme plus modéré que celui des autres grandes villes du pays, mais elle monopolise l'essentiel de l'activité de haut niveau, avec 50 p. 100 des grandes entreprises, 35 p. 100 du P.I.B., 34 p. 100 des fonctionnaires et 40 p. 100 des étudiants. Téhéran n'est cependant pas une ville cosmopolite : elle n'accueille que quelques milliers d'étrangers et ne dispose ni d'un centre d'affaires, ni de structures d'accueil culturelles ou économiques nécessaires à la capitale moderne d'un grand pays. La plupart des tours résidentielles ou de bureau édifiées depuis 1990 sont en partie inoccupées. En revanche, Dubaï (situé sur l'autre rive du détroit d'Ormuz) est devenu la ville où résident et se rencontrent les responsables économiques et politiques iraniens et étrangers et où sont installées les entreprises internationales travaillant avec l'Iran.

La ville de Téhéran (7 millions d'habitants) s'est construite selon un axe nord-sud entre la ville d'estivage de Tajrish, au pied de l'Alborz, et Rey, aux marges du désert. Le plan d'urbanisme de 1966, qui prévoyait l'extension de la ville vers l'ouest le long du piémont, n'a pas été mis en œuvre, en dehors de la zone industrielle Téhéran-Karaj. La conséquence de la politique de limitation démographique de la capitale fut le développement incontrôlé d'une vaste zone de banlieue. Karaj, qui n'était qu'une bourgade de 50 000 habitants en 1966, a dépassé Chiraz en 2006 (1,4 million d'habitants). Dans la zone agricole au sud de la capitale, Eslāmshahr, qui n'existait pas en 1980, est devenue une préfecture de 300 000 habitants. Désormais, 35 p. 100 des Téhéranais vivent dans ces banlieues nouvelles, mal équipées et en croissance rapide (7,7 p. 100 par an), tandis que les arrondissements du centre-ville se vident pour laisser la place aux commerces et services. Malgré un site de grande qualité au pied de la montagne, l'urbanisme et l'architecture de Téhéran sont d'une rare médiocrité et peu adaptés aux risques sismiques. Le métro, commencé en 1974, n'a que deux lignes, la priorité ayant été donnée à un réseau d'autoroutes qui génère une pollution mal contrôlée.

Les capitales régionales et les villes de province ont connu un développement rapide à partir de 1970. Mashhad (2,4 millions d'habitants) s'impose par sa fonction de pèlerinage, mais aussi comme la capitale économique de l'Iran oriental, avec une forte dimension internationale en relation avec les pays d'Asie centrale et l'Afghanistan. Les grandes villes historiques d'Ispahan, Tabriz et Chiraz dépassent 1,2 million d'habitants, mais se développent moins vite qu'Ahwāz, Kermānshāh, Qom, Orumieh, Zahedān, Rasht, Kermān, Hamadān, qui dépassent 500 000 habitants. Le développement rapide des ports de Bandar-Abbās et Bushehr, ou des villes du Kurdistan comme Sanandaj, confirme la nouvelle dynamique de la périphérie du pays et des provinces non persanophones. La croissance de ces grandes villes est liée aux migrations de travail des populations rurales et des petites villes, mais aussi aux besoins des jeunes générations qui veulent échapper à la pression culturelle et au contrôle social dans les villages ou les villes traditionnelles. Zahedān, capitale du Baloutchistan et simple centre administratif de 20 000 habitants en 1956, est devenue une métropole régionale de 570 000 personnes en 2006, transformée par la présence de plus de 20 000 étudiants venus pour la plupart d'autres provinces, malgré les conditions de vie difficiles liées aux nombreux réfugiés afghans et au trafic de drogue.

Rente pétrolière et mal-développement

L'Iran est le quatrième producteur et exportateur mondial de pétrole. Au cours du xxe siècle, la rente pétrolière a permis la construction d'infrastructures de qualité (routes, voies ferrées, aéroports, électrification, hôpitaux, écoles) et la mise en place d'une administration centralisée qui contrôle bien le pays (Organisation du plan et du budget, police) et d'une industrie qui satisfait les besoins de base du pays. En revanche, les exportations industrielles de l'Iran sont presque nulles et le pétrole représente toujours 90 p. 100 des exportations et 70 p. 100 des recettes budgétaires du pays. L'isolement politique de la République islamique depuis 1979 a placé le pays en marge de l'économie mondiale.

Iran : énergie et mines

carte : Iran : énergie et mines

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Ressources et production énergétiques en Iran. 

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La production de pétrole a dépassé 250 millions de tonnes de 1974 à 1978, pour tomber à 65 millions en 1980, par l'effet combiné de la Révolution islamique et de la guerre. Faute d'investissements, la capacité de production atteint difficilement 4 millions de barils par jour et tend à baisser, alors que la consommation intérieure augmente et que l'Iran doit importer 40 p. 100 de ses besoins en essence. La Société nationale iranienne des pétroles a le monopole des activités pétrolières et emploie les entreprises étrangères comme sous-traitants, alors que celles-ci avaient jadis une place dominante dans le cadre du Consortium créé en 1954 pour exploiter le pétrole iranien. Les champs pétroliers sont tous situés dans le sud-ouest du pays, dans la plaine du Khouzistān (Ahwāz, Marun, Masjed-Soleymān), sur les premiers contreforts du Zāgros (Agha Jāri, Gachsarān) et, de plus en plus, offshore (Sirri, Lavan).

L'Iran possède également les deuxièmes réserves du monde de gaz naturel et notamment le gisement exceptionnel offshore de South Pars (frontalier avec le Qatar où il est appelé North Dome). La production (85 milliards de mètres cubes au milieu des années 2000) est en totalité consommée pour les besoins domestiques et industriels du pays. Depuis 1983, l'Iran n'exporte plus de gaz vers la Russie par le gazoduc I.G.A.T. construit en 1975, et les projets d'exportation vers la Turquie, l'Arménie, la Chine, l'Inde et le Pakistan sont soumis à la réalisation d'un ambitieux programme d'exploitation, de raffinage et de gazoducs ralenti notamment par l'embargo américain. La nécessité d'injecter du gaz dans les puits de pétrole impose également une limitation aux futures capacités d'exportation de l'Iran.

La guerre Irak-Iran a détruit la raffinerie d'Abadan, qui fut longtemps la plus grande du monde. Le cœur de l'industrie pétrolière iranienne est le port de Bandar-Khomeyni (au fond du golfe Persique) et surtout le terminal de l'île de Kharg, qui fonctionne depuis 1960 et par où est exporté 90 p. 100 du pétrole brut iranien. Les nouvelles régions pétrolières et gazières sont situées plus à l'est, avec la réalisation, depuis 1995, d'un « boulevard » pétrochimique sur plus de 100 kilomètres entre Kangān et Bandar-Lengeh, destiné notamment au traitement du gaz de South Pars (extraction, raffinage, récupération et exportation directe des condensats, liquéfaction et exportation, chimie de base). La première unité de production, réalisée par Total, fonctionne depuis 2002 à Assaluyeh. Bandar-Abbas a vocation à devenir le principal port pétrolier du pays, notamment pour les importations de produits raffinés. L'Iran est doté d'un réseau très dense de gazoducs (20 400 km) et d'oléoducs de produits bruts et raffinés qui dessert les raffineries (Téhéran, Tabriz, Arak, Ispahan) et les villes de l'ensemble du pays. Si le pétrole et le gaz occupent une place écrasante dans l'économie iranienne, ils restent peu visibles dans le paysage, car les activités sont concentrées dans le sud-est du pays et n'emploient que 5 p. 100 de la main-d'œuvre. La centrale atomique de Bushehr, dont la construction a été reprise par la Russie en 1995, n'est pas de nature à modifier à moyen terme le bilan énergétique de l'Iran, qui restera un des premiers pays producteurs d'hydrocarbures et dont la politique nucléaire est d'abord une question politique et scientifique.

Raffinerie de pétrole en Iran

photographie : Raffinerie de pétrole en Iran

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Une raffinerie de la Compagnie anglo-iranienne des pétroles, à Abadan (Iran), en 1951. 

Crédits : Hulton Getty

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L'Iran est également riche en charbon et minerais divers (fer, zinc, uranium) mais sans générer d'activité industrielle, sauf à Sarcheshmeh (près de Kermān) où se trouve un des plus grands gisements de cuivre du monde ; la production est exportée par Bandar-Abbas, qui est le seul port moderne du pays, desservi depuis 2003 par une voie ferrée. Ce port est la principale voie d'accès à l'Iran, notamment pour les pays asiatiques, tandis que les pays européens utilisent encore beaucoup la route passant par la Turquie.

Le développement industriel de l'Iran a vraiment commencé à partir de 1960, avec la construction d'usines de produits de consommation associant des capitaux privés iraniens, de grandes compagnies étrangères et surtout l'État, agissant par l'intermédiaire de l'Industrial Development and Renovation Organization (I.D.R.O.). La majeure partie des usines furent construites entre Téhéran et Karaj, mais aussi dans des parcs industriels de province, en particulier à Qazvin, Sāveh, Zanjan, Arak, Chiraz, Tabriz, Ahwaz. La construction d'une aciérie près de la ville historique d'Ispahan eut valeur de symbole, permettant à l'Iran de devenir producteur et même exportateur d'acier, malgré des coûts de production élevés.

L'émergence d'un secteur privé industriel moderne a été interrompue par la révolution islamique et la nationalisation systématique des entreprises. L'État iranien contrôle toujours 70 p. 100 de la production industrielle du pays, malgré les privatisations de 1990 et la grande activité des fondations religieuses, comme la Fondation des déshérités, de statut privé mais contrôlées par le clergé. L'industrie iranienne a atteint un niveau de qualité et de quantité honorable pour la pharmacie, le textile, les produits agroalimentaires, l'électroménager et surtout l'industrie automobile, dont la production, réduite à néant en 1990, dépasse 800 000 unités en 2006 (Renault, Peugeot, Daewoo, camions et bus), qui ambitionne d'exporter vers le Moyen-Orient et l'Asie centrale.

La géographie de l'Iran reste marquée par la concentration de 85 p. 100 du P.N.B. et 80 p. 100 de la population à l'ouest du méridien de Yazd, par la pauvreté des provinces orientales et méridionales et par la centralité de Téhéran où convergent toutes les voies de communication. Au cours du xxe siècle, le développement s'est d'abord organisé selon un axe nord-sud, le long du chemin de fer transiranien, de Téhéran aux régions pétrolières, et de l'axe routier allant vers Ispahan et Chiraz. Depuis le milieu des années 1970, on constate une certaine stagnation de ces régions occidentales et centrales et une translation des dynamiques vers l'est et vers les régions périphériques : Mashhad est devenue la seconde ville du pays, bientôt reliée directement par chemin de fer à Bandar-Abbas ; on prévoit de faire de Chāh-Bahar (dans le sud-est du pays, sur le golfe d'Oman) le débouché de l'Asie centrale, y compris pour le pétrole du Kazakhstan ou le gaz du Turkménistan. L'Iran dispose incontestablement du potentiel pour devenir une puissance régionale, mais sa faiblesse économique, son isolement politique et sa position dans son environnement géopolitique instable rendent cet avenir encore virtuel.

—  Bernard HOURCADE

Bibliographie

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Pour citer l’article

Bernard HOURCADE, « IRAN - Géographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/iran-geographie/