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IRAN Géographie

Capitale

Téhéran

    Langue officielle

    Persan (farsi)

      Unité monétaire

      Rial iranien (IRR)

        Population (estim.) 87 529 000 (2024)
          Superficie 1 630 848 km²

            Un espace rural en voie d'urbanisation

            Depuis 1956, la population totale de l'Iran a été multipliée par 3,7, celles des villes par 8, mais celle des campagnes ne s'est accrue que de 1,7 fois et diminue en valeur absolue depuis 1990. Contrairement à certains clichés, il n'y a jamais eu « d'exode rural » massif, mais une déprise rurale qui s'est poursuivie depuis le milieu du xxe siècle et continue de toucher les régions rurales pauvres d'Azerbaïdjan, du Kurdistan ou du sud du Khorasan. La stabilité économique et politique du pays ne dépend plus de « l'Iran des 40 000 villages » jadis prospère, grâce à l'irrigation par qanāt et au tissage des tapis vendus dans les bazars des petites villes. L'abolition de la grande propriété foncière fut au centre de la « révolution blanche » de 1962, qui a consacré la fin de l'Iran traditionnel des villages et des petites villes qui vivaient au rythme du capitalisme de rente. Environ 2,3 millions de métayers devinrent propriétaires de parcelles trop petites pour survivre. Il s'ensuivit un déclin de l'économie agricole et pastorale traditionnelle qui fut partiellement compensé par le développement d'une agriculture moderne capitaliste en relation avec les grands barrages, notamment dans les plaines du Khouzistān, de Marvdasht, Gorgān, Sarakhs ou près de Téhéran.

            Une nouvelle paysannerie moyenne (exploitation de 6 hectares) s'est ensuite constituée en louant les terres des migrants, en bénéficiant de la réforme agraire islamique (1,8 million d'hectares confisqués aux grands propriétaires ou cédés par l'État) et en profitant du marché parallèle des denrées alimentaires durant la guerre. Le régime islamique a, de plus, accéléré l'implication des campagnes dans la vie nationale. Les jeunes ruraux ont massivement participé à la longue guerre Irak-Iran, tandis que l'Organisation de la lutte pour la reconstruction (Jahād-e Sazandegi encadrait les villages sur le plan idéologique mais aussi technique : création de routes, électrification, travaux de petite hydraulique, soutien à l'artisanat. La pauvreté des villages reste cependant très grande dans de nombreuses régions comme le sud du Khorasān, Hamadān, Kurdistan, Baloutchistan ou la périphérie des déserts centraux. Les campagnes iraniennes semblent désormais s'organiser non plus autour des villages ou des coopératives, mais autour des grandes fermes privées modernes de 100 à 200 hectares qui deviennent des pôles locaux de production où vont travailler les paysans des villages voisins en complément de leur petite exploitation familiale.

            Agriculture traditionnelle en Iran - crédits : G. Pavia/ De Agostini/ Getty Images

            Agriculture traditionnelle en Iran

            Malgré ses immenses possibilités agricoles liées à la diversité de ses climats, ses techniques d'irrigations sophistiquées et sa grande tradition rurale, l'Iran reste un « jardin négligé » (K. Mc Lachlan). La population active agricole est passée de 45 p. 100 en 1966 à seulement 22 p. 100 en 2006, tandis que la part de l'agriculture dans le P.I.B. déclinait de 30 p. 100 à 10 p. 100. Les céréales (blé, orge, riz) couvrent les trois quarts des 12 millions d'hectares cultivés ; la surface cultivée diminue en raison de l'abandon des cultures non irriguées à très faible rendement et de l'abondance des produits importés. Malgré un cheptel de 35 millions d'ovins, 18 millions de caprins et 5 millions de bovins (en 2000), le déficit iranien en viande et en lait ne cesse d'augmenter. Les provinces caspiennes, avec seulement 4 p. 100 des surfaces cultivées, fournissent à elles seules 25 p. 100 de la production agricole (riz, agrumes, betterave, oléagineux). L'Iran reste le premier producteur mondial de safran et de pistaches et exporte des fruits et légumes vers la péninsule arabique. L'industrie agroalimentaire se développe vite (conserves de fruits et légumes,[...]

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            Écrit par

            . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

            Médias

            Iran : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

            Iran : carte physique

            Iran : villes et réseau ferré - crédits : Encyclopædia Universalis France

            Iran : villes et réseau ferré

            Agriculture traditionnelle en Iran - crédits : G. Pavia/ De Agostini/ Getty Images

            Agriculture traditionnelle en Iran

            Autres références

            • BRĀHUĪ

              • Écrit par Jean-Charles BLANC
              • 835 mots

              Confédération tribale dont l'effectif était évalué à plus de 270 000 en 1960, les Brāhuī (ou Brahoui) vivent principalement au Pakistan, dans la province du Baloutchistan, en territoire montagneux, mais aussi en Afghanistan (au sud) et en Iran (dans le Sistan et Baloutchistan)....

            • PROCHE ET MOYEN-ORIENT CONTEMPORAIN

              • Écrit par Nadine PICAUDOU, Aude SIGNOLES
              • 21 426 mots
              • 22 médias
              L'Iran voit son rôle renforcé par la « disparition » de ses deux frères ennemis, l'Afghanistan des talibans et l'Irak de Saddam Hussein. Le président Ahmadinejad, arrivé au pouvoir en 2005 et réélu de manière contestée en 2009, se lance dans une politique étrangère active en direction du Moyen-Orient...
            • YÉMEN

              • Écrit par Laurent BONNEFOY, André BOURGEY, Serge CLEUZIOU, Universalis
              • 14 262 mots
              • 13 médias
              ...Saoudite. L’objectif affiché est restaurer le pouvoir de Hadi, mais aussi d’anéantir le mouvement houthiste, accusé d’être la tête de pont des intérêts iraniens dans la région. L’offensive militaire génère une crise humanitaire sans précédent, entraîne la destruction des rares infrastructures et appuie...

            Voir aussi