PERSIQUE GOLFE

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Site qui constitue, avec ses prolongements (plaines alluviales de Mésopotamie et du Khūzistan), une dépression située entre la plate-forme arabique et les chaînes sud-ouest du Zagros iranien. Le golfe Persique proprement dit est une mer fermée dont les fonds ne dépassent 100 mètres qu'au détroit d'Ormūz, les plus faibles profondeurs se trouvant du côté arabe ; cela facilite l'exploitation sur plates-formes de gisements pétroliers sous-marins. Du côté iranien, la plaine littorale est bordée de chaînons parallèles parsemés de dômes de sel, auxquels sont liées les structures pétrolifères. Déterminée par l'avancée de la plate-forme arabique au détroit d'Ormūz (c'est-à-dire l'Omān, au cap de Masandam), l'orientation nord-ouest - sud-est des chaînons se relève vers le nord-est dans la région de Bandar Abbās. La morphologie du Zagros iranien et le resserrement du détroit facilitent le passage vers le bassin du Fārs, l'installation de ports et les brassages ethniques ; les côtes et les îles, la zone du détroit et les pays du golfe d'Omān (dont l'histoire se rattache à celle du golfe Persique) sont ethniquement très mélangés (population à dominante arabo-persane, Juifs, Indiens, minorités noires). Du côté arabe, la côte est basse, semée de bancs de sable et d'écueils ; elle devient de plus en plus accidentée et pourvue d'îlots et de criques peu profondes sur la côte des Émirats arabes unis, entre la péninsule du Qatar et le détroit d'Ormūz.

Les relations maritimes entre le golfe Persique et l'Inde sont probablement antérieures aux contacts établis par les Sumériens, puis par les Assyriens avec l'aide de navigateurs phéniciens. Selon certains indices, les gens de l'Omān auraient eu très tôt la réputation d'être de bons navigateurs. Plus tard, Scylax, navigateur de Darius, explore la route de l'Inde à la mer Rouge ; ensuite Néarque, amiral d'Alexandre, vient longer les côtes du sud de l'Iran avec une flotte construite en Inde et confie à Androsthène l'exploration du golfe Persique. Celui-ci découvre l'île d'Icaria et ses temples dédiés à Apollon et à l'Artémis taurienne. L'archéologie révèle que cet îlot, identifié comme étant l'île de Khārg, qui deviendra un des centres mondiaux d'exportation du pétrole, a été un comptoir palmyrénien. Des vestiges d'un temple à Poséidon, des astodān (ossuaires) mazdéens, des tombes chrétiennes, nestoriennes et palmyréniennes, les restes d'une église nestorienne y ont été trouvés. Les marchandises de l'Inde devaient rejoindre Petra en passant par Charax sur la côte, l'autre route étant celle de Gerrha, en face de Bahreïn. Après la chute de Palmyre en 273 et l'orientation vers la mer Rouge du commerce maritime, le golfe perd son importance comme relais vers le Moyen-Orient, mais il garde son rôle de route commerciale vers l'Inde, comme le prouvent les vestiges d'installations portuaires sāsānides. À l'époque musulmane, Sirāf devient le port le plus prospère du golfe, recevant des bateaux de l'Inde et de la Chine. Baṣra (Bassora), dans le bas Irak, est aussi très actif. Ruiné aux xie et xiie siècles, Sirāf est supplanté par l'île de Qays qui domine le golfe aux xiiie et xive siècles. Puis c'est la vieille principauté arabo-persane de l'Ormūz continental qui fait de l'île de Djarūn la nouvelle Ormūz, grand centre du commerce des Indes du xive au xviie siècle. Après la découverte de la route du Cap, Ormūz tombe aux mains des Portugais et devient la capitale d'un vaste empire maritime dominant l'ensemble du golfe et le littoral de l'Omān. Avec la venue des Hollandais et des Anglais dans le golfe, les comptoirs s'installent à nouveau le long de la côte (Jask, Bandar‘Abbās, Bouchir). En 1766, les Hollandais y perdent leur dernier comptoir, l'île de Khārg, cédée ensuite par les Qādjār à la France, qui ne l'a jamais occupée. Menacée un temps par les Français, par les pouvoirs locaux et par la piraterie, l'hégémonie anglaise s'y affirme de plus en plus et amène la création de nouveaux États ; il devient alors l'enjeu de luttes d'influences entre les grandes puissances (Grande-Bretagne, Russie, Allemagne) au début du xxe siècle, puis entre tous les pays gros consommateurs d'énergie.

Le golfe détient par ses réserves pétrolières une puiss [...]

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  • : chargé de recherche au C.N.R.S., chargé de conférences à l'École pratique des hautes études (IVe section)

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Pour citer l’article

Jean CALMARD, « PERSIQUE GOLFE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/golfe-persique/