AZERBAÏDJAN

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Azerbaïdjan : drapeau

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Bakou

Bakou
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Azerbaïdjan : activité pétrolière

Azerbaïdjan : activité pétrolière
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Nom officielRépublique d'Azerbaïdjan (AZ)
Chef de l'État et du gouvernementPrésident : Ilham Aliev (depuis le 31 octobre 2003). Premier ministre : Novruz Mammadov (depuis le 21 avril 2018)
CapitaleBakou
Langue officielleazéri
Unité monétairemanat d'Azerbaïdjan (AZN)
Population9 877 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)86 600

Situé dans le Caucase du Sud, à la croisée des empires russe, turc et persan, l'Azerbaïdjan est une terre antique où se rencontrent l'Orient et l'Occident. Islamisé au viie siècle par les Arabes, il passe sous domination perse au xvie siècle. Le territoire actuel fera pendant plus de cent ans partie de l'empire russe. Le pays connaît une brève indépendance entre 1918 et 1921 avant d'être rattaché à l'Union soviétique. L'effondrement du bloc communiste conduit l'Azerbaïdjan à proclamer son indépendance le 30 août 1991, alors que le pays est en proie au conflit du Haut-Karabakh.

Le nom « Azerbaïdjan » proviendrait du mot « azer » (feu). Ainsi l'Azerbaïdjan est « le pays du feu » en raison de l'abondance de pétrole et de gaz. Depuis l'indépendance, l'Azerbaïdjan effectue un retour sur la scène internationale en partie grâce à ses importantes réserves d'hydrocarbures. Mais, en dépit d'indicateurs économiques encourageants, le pays doit encore faire face à de sérieux défis.

Azerbaïdjan : drapeau

Azerbaïdjan : drapeau

drapeau

Azerbaïdjan (1918 ; réad. 1990). C'est le drapeau de la république démocratique d'Azerbaïdjan de 1918, celui du parti Mussavat, qui, avec les proportions soviétiques 1 : 2, fut repris en 1988 par le Front populaire azerbaïdjanais qui réclamait la souveraineté. Le 19 novembre 1990, il fut... 

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Géographie

Le territoire de l'Azerbaïdjan couvre une superficie de 86 600 kilomètres carrés. Le pays partage ses frontières au nord avec la Russie (284 km), au nord-ouest avec la Géorgie (322 km), à l'ouest avec l'Arménie (787 km), au sud avec l'Iran (611 km) et possède un point de contact avec la Turquie (9 km). Sur plus de 800 kilomètres, l'Azerbaïdjan est bordé à l'est par la mer Caspienne.

La moitié du pays environ est composée de terres basses dont certaines (environ 18 p. 100 du territoire national) ont un niveau inférieur à celui de la mer. Les deux rivières principales sont la Koura qui coule du nord-ouest à la mer Caspienne, et son affluent l'Araxe qui constitue une partie de la frontière avec l'Iran. La plupart des terres agricoles sont irriguées. Le pays est bordé de trois massifs montagneux. La partie orientale du Grand Caucase constitue une frontière septentrionale naturelle. Cette chaîne montagneuse culmine à une altitude de 4 485 mètres au mont Bazarduzu. Au sud, les monts Talish surplombent la frontière iranienne et culminent à 2 500 mètres (mont Komourkoi). Le pays est bordé à l'ouest par une partie du massif du Petit Caucase.

Au sud-ouest du pays, la province du Nakhitchevan (5 500 km2) est séparée, depuis 1924, du reste de l'Azerbaïdjan par une étroite portion de territoire arménien. Dans l'ouest de l'Azerbaïdjan se trouve la région autonome du Haut-Karabakh (4 400 km2). Elle était, à la fin de la période soviétique, majoritairement peuplée d'Arméniens qui, dès 1988, ont revendiqué le rattachement à la « mère patrie ». Depuis 1991, un conflit armé oppose l'Azerbaïdjan aux forces arméniennes qui contrôlent la région autonome ainsi que sept autres districts azerbaïdjanais. Ce conflit, qui n’a toujours pas trouvé de règlement, a contraint de 800 000 à 1 million d'Azeris à l'exode.

Une grande diversité climatique et un fort potentiel agricole

L'Azerbaïdjan présente une grande variété climatique avec neuf zones différentes, allant d'un climat de haute montagne au nord et à l'ouest, à un climat subtropical humide au sud, en passant par des zones tempérées, des zones de steppes humides, des steppes semi-arides. Le pays est donc caractérisé par une grande variété de paysages. La forêt s'étend sur plus de 900 000 hectares, soit 11 p. 100 de la superficie du pays. Néanmoins, à cause de certaines coupes illégales, de la collecte du bois pour le feu, du pâturage pour le bétail et de l’urbanisation, les massifs forestiers reculent d'environ 15 000 hectares par an.

Grâce à des conditions climatiques avantageuses et des terres fertiles, l'Azerbaïdjan bénéficie d'un potentiel agricole très favorable. Ces conditions naturelles ont permis de développer les productions de fruits et de coton destinées à l'exportation, notamment au marché russe et à ceux des autres pays de la région. À l'époque soviétique déjà, l'agriculture était traditionnellement orientée vers les productions de coton, tabac, fruits et légumes, mais également les céréales et les légumineuses. La dissolution de l'U.R.S.S. a entraîné non seulement une détérioration de l'économie, mais surtout l'éclatement des unités de production et donc une chute radicale de l'agriculture. De vastes réformes de fond ont été lancées dès 1996, comprenant, entre autres, un programme de privatisation et d’investissement dans ce secteur. On observe un redressement progressif de la production. En 2010, le secteur agricole a produit 5,4 p. 100 du P.I.B. azerbaïdjanais, mais employait plus d'un tiers des actifs. La part de l'élevage dans l'agriculture représente environ 40 à 45 p. 100.

Désastre écologique en mer Caspienne

L'Azerbaïdjan est l'un des cinq pays riverains de la mer Caspienne, que bordent également la Russie, le Turkménistan, le Kazakhstan et l'Iran. La mer Caspienne est l'une des plus grandes mers intérieures du monde (371 000 km2). Refuge d'espèces rares de poissons et d'oiseaux migrateurs, elle est également réputée pour la pêche à l'esturgeon, dont les œufs, après préparation, constituent le caviar. Les cinq pays riverains de la mer Caspienne produisent 90 p. 100 du caviar mondial.

Les questions de partage des eaux et donc la définition des frontières maritimes des pays riverains et leur accès aux ressources pétrolières ne sont toujours pas résolues. Les négociations entre trois (Azerbaïdjan, Kazakhstan et Fédération de Russie) des cinq pays ont conduit, en 2003, à un accord partiel sur la définition de cette ligne de partage. Les États riverains s'affrontent sur une interprétation du droit international. L'Azerbaïdjan et le Kazakhstan seraient favorables à un partage du sous-sol en secteurs précis, et considèrent que les champs offshore situés au large de leurs côtes relèvent de leur souveraineté. La Russie, le Turkménistan et l'Iran revendiquent l'assimilation de la mer Caspienne à un lac, propriété commune des cinq États, dont les ressources, situées au-delà de 80 kilomètres des côtes, devraient ainsi être exploitées en commun.

L'équilibre écologique de la mer Caspienne est préoccupant. La mer est très polluée et, depuis la fin des années 1970, le niveau des eaux ne cesse de s'élever. Néanmoins, la protection de cet écosystème s'organise depuis peu, grâce à l'entrée en vigueur, en 2006, de la Convention pour la protection de l'environnement de la mer Caspienne et la prohibition de toutes exportations de caviar jusqu'à nouvel ordre.

Une démographie dynamique

L'Azerbaïdjan est le pays le plus peuplé du Caucase du Sud. Il est aussi l'un des plus jeunes de la région, avec 23 p. 100 de moins de 15 ans et seulement 8,8 p. 100 de plus de 60 ans en 2010. Sur un total d'environ 9,4 millions d'habitants (2014), les Azeris, peuple d'origine turque, représentent 90 p. 100 de la population. L'Azerbaïdjan a été longtemps un État multinational. Depuis la chute de l'U.R.S.S. et en raison de nombreux déplacements de populations dus aux conflits et aux difficultés socio-économiques, le pays a connu une certaine homogénéisation ethnique. Il compte néanmoins encore de nombreuses minorités qui vivent en Azerbaïdjan depuis des siècles.

Bakou, la capitale, est la plus importante ville du pays, et comptait officiellement 2 150 800 habitants en 2013. Les autres grandes villes sont Soumgait (325 200 hab.) et Gandja (323 300 hab.). La dépression économique, les troubles civils post-indépendance ainsi que le développement de l'industrie pétrolière ont favorisé l'exode rural vers les grandes agglomérations du pays.

L'azéri (ou azerbaïdjanais) appartient au groupe turc-oghouz de la famille des langues ouralo-altaïques. Il s'apparente à la langue turque parlée dans l'Empire ottoman et est pratiqué par plus de 90 p. 100 de la population. Écrit officiellement en caractères arabes jusqu'en 1929, il passe ensuite à l'alphabet latin, sous l'influence des bolcheviks. Dans le cadre de la politique de russification des années 1940, le pouvoir soviétique impose un nouveau changement : l'alphabet cyrillique. Après l'indépendance, l'azéri est revenu à l'usage de l'alphabet latin par la loi du 25 décembre 1991.

Par-delà les frontières, l'azéri est parlé par quelque 35 à 40 millions de personnes. La plus grande communauté se trouve en Iran. Essentiellement groupée au nord du pays, dans la région de Tabriz, elle compterait de 15 à 20 millions de personnes. Une importante diaspora azérie vit également en Russie. La religion dominante parmi la population azerbaïdjanaise est l'islam chiite duodécimain.

—  Raphaëlle MATHEY

Histoire

Dans l'Antiquité et au début de la période médiévale, l'est de la Transcaucasie était peuplé d'iranophones, de tribus nomades turques, de Kurdes et des Albanais du Caucase qui se convertirent au christianisme au ive siècle et furent soumis à l'influence culturelle arménienne. À la suite des incursions arabes du viie siècle, de petits États islamiques furent créés et placés sous la direction de souverains locaux appelés shahanshahs. Les invasions seldjoukides du xie siècle modifièrent la composition de la population locale et, sur le plan linguistique, les dialectes turcs oghuz devinrent dominants. Mais au contraire des Turcs ottomans qui s'étaient rendus maîtres de l'Anatolie, les musulmans caucasiens d'Azerbaïdjan, au début du xvie siècle, devinrent shī'ites plutôt que sunnites et poursuivirent leur développement sous l'influence sociale et culturelle perse. Des khānats sous autorité perse dominaient cette frontière de l'Iran safavide, à Shirvan, Bakou, Gandja, Erevan et dans le Karabakh.

La suzeraineté russe

Après une série de guerres entre la Russie et l'Iran, les traités du Golestan (1813) et de Torkmantchay (1828) établirent une nouvelle frontière entre les deux empires. Les Russes acquirent Bakou, Shirvan, Giandja, Erevan et le Nakhitchevan. Ainsi les Turcs Azeris du Caucase furent-ils séparés de la majorité de leurs compatriotes de langue et de religion, qui restaient en Iran. Les Azerbaïdjanais des deux côtés de la frontière restèrent en grande partie ruraux, bien qu'une petite classe de marchands et une autre d'ouvriers aient fait leur apparition dans la seconde moitié du xixe siècle. Alors que Bakou devenait pour la Russie une source majeure d'approvisionnement en pétrole, des dizaines de milliers d'ouvriers iraniens, arméniens et russes affluaient dans la presqu'île d'Apchéron à la recherche d'emploi, et l'influence politique et économique russe se faisait sentir dans les deux parties de l'Azerbaïdjan. En tant que bassin d'emploi, et foyer de l'intelligentsia et du mouvement révolutionnaire azeri naissants, Bakou diffusa son influence en Azerbaïdjan iranien tout autant qu'au nord de l'Araxe. Il n'y eut pas d'État azeri spécifique avant 1918 et les musulmans de Transcaucasie avaient plus le sentiment d'appartenir au vaste monde islamique, l'Umma, qu'à une tradition nationale continue. Les Russes les qualifiaient de « Tatars » ; l'ethnonyme « Azerbaïdjanais » entra en usage dans les décennies qui précédèrent la révolution russe, tout d'abord chez les intellectuels nationalistes des milieux urbains. Ce n'est qu'à l'ère soviétique qu'il devint le nom officiel et largement accepté de ce peuple.

L'incorporation dans l'Empire russe ouvrit des perspectives nouvelles aux Azerbaïdjanais cultivés, dont certains tournèrent le dos à leur éducation religieuse pour adopter des vues plus laïques. Parmi les premiers savants et hommes de lettres qui entreprirent l'étude de la langue azerie, les plus importants furent 'Abbas Qoli Agha Baqikhanli (Bakikhanov), qui écrivit de la poésie ainsi que des histoires de la région, et Mirza Fath 'Ali Akhundzadeh (Akhoundov), auteur des premières pièces de théâtre azeri. Bien que ces figures aient fini par être intégrées dans le discours nationaliste comme prédécesseurs du mouvement de Renouveau turc, une série d'impulsions contradictoires stimulèrent les premiers intellectuels azeris, la loyauté à l'Empire des tsars, l'influence ininterrompue de la culture perse et l'aspiration au savoir occidental. Même si aucun mouvement ni aucune idéologie cohérente ne caractérisait l'intelligentsia azerie, vers 1905 un nombre croissant d'écrivains et de journalistes avaient adopté le programme de l'intellectuel nationaliste 'Ali Bay Huseynzadeh : « Turquifier, islamiser, européaniser ».

La ville de Bakou qui, vers 1901, produisait plus de la moitié du pétrole mondial connaissait une ségrégation complexe, les Russes et les Arméniens étant installés dans le centre de la ville et les musulmans regroupés dans des quartiers distincts. Tandis que couvaient les ressentiments sociaux, particulièrement dans les moments d'incertitude politique, les lignes de clivage se définissaient en fonction des différences ethniques et religieuses : des affrontements sanglants se produisirent entre les Azerbaïdjanais et les Arméniens locaux en 1905 et 1918. Des différences de compétences, d'éducation et de salaires plaçaient les chrétiens au sommet de l'échelle sociale et les musulmans à sa base. Du fait d'un quota imposé à la représentation non chrétienne et d'un système de suffrage basé sur la propriété foncière, la douma (le conseil législatif) de la ville de Bakou demeurait entre les mains de Russes et d'Arméniens fortunés. Les Azerbaïdjanais restaient en marge du mouvement ouvrier et ignoraient ou négligeaient les aspirations de leurs intellectuels tant socialistes que nationalistes. Aucun des petits partis et groupes politiques qui apparurent après 1905 ne disposa d'un franc soutien parmi l'intelligentsia, même si le parti Musavat (« Égalité »), fondé en 1911 et dirigé par Mehmed Emin Rasulzadeh, se révéla plus durable que les autres. L'inquiétude face à la « menace » arménienne, la conscience de leur distance et de leur hostilité vis-à-vis de cet élément privilégié présent parmi eux, ainsi que le sentiment d'avoir des liens importants avec les autres musulmans, en particulier les Turcs : tout cela entra dans la perception que les Azerbaïdjanais acquirent de leur propre identité.

Une brève indépendance

À la suite de la victoire des bolcheviks en 1917 et du retrait des troupes russes hors du Caucase durant la Première Guerre mondiale, les leaders azeris rejoignirent les Arméniens et les Géorgiens pour une brève expérience d'autonomie transcaucasienne (février-avril 1918). Une tentative plus brève encore d'unité au sein d'une république fédérative indépendante de Transcaucasie (avril-mai) échoua, et finalement trois républiques indépendantes distinctes furent établies. L'Azerbaïdjan fut proclamé État indépendant le 28 mai 1918, mais Bakou resta aux mains d'un gouvernement communiste, assisté par des soldats arméniens, qui avaient mis fin à une révolte musulmane en mars. En septembre 1918, alliés à l'armée turque alors en pleine progression, les nationalistes azeris s'assurèrent de leur capitale, Bakou, et entreprirent le massacre des Arméniens.

Cependant, même s'ils avaient obtenu le contrôle de Bakou, les nationalistes azeris étaient confrontés à une population mixte d'ouvriers russes, arméniens et musulmans qui avaient été soumis à une longue éducation socialiste et syndicaliste. Au sein de la paysannerie dont ils dépendaient, la conscience nationale demeurait largement absente et les nationalistes ne furent jamais complètement implantés à Bakou, où le bolchevisme gardait des racines profondes. À la fin de la Première Guerre mondiale, les Turcs se retirèrent ; ils furent remplacés par les Britanniques, qui restèrent jusqu'en août 1919. La fragile république reçut une reconnaissance de facto de la part des Alliés le 15 janvier 1920, mais lorsque l'Armée rouge entra dans Bakou, en avril, elle ne rencontra qu'une faible résistance.

La période soviétique

La République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan exista durant soixante et onze ans. Elle fit partie de la République fédérative socialiste soviétique de Transcaucasie de 1922 à 1936 et, comme la Géorgie et l'Arménie, elle connut un développement économique, une urbanisation et une industrialisation considérables. Bien que l'éducation ait bénéficié d'une véritable promotion en Azerbaïdjan et que des Azerbaïdjanais aient été placés à des postes de pouvoir, la république restait étroitement contrôlée par Moscou, surtout sous Staline, quand Jafar Baghirov dirigeait le Parti communiste d'Azerbaïdjan (1933-1953). Comme la société devenait plus urbaine, plus instruite et la mobilité sociale plus grande, l'Azerbaïdjan se retrouva divisé entre des zones rurales sous-développées, plus traditionnelles, et Bakou, ville cosmopolite et prospère. Après la mort de Staline, la république connut une plus grande autonomie et les élites politiques et intellectuelles du pays s'épanouirent.

Mais la corruption s'érige en système, y compris dans la vie politique et le Parti communiste peine à reprendre le contrôle de l'appareil. En outre, au moment où l'U.R.S.S. se désagrège, l'Azerbaïdjan est en proie à un conflit au Haut-Karabakh, région peuplée majoritairement d'Arméniens, qui réclament leur rattachement à Erevan. L'accession à l'indépendance, qui à lieu en août 1991, se fait donc dans un contexte difficile.

—  Ronald Grigor SUNY, Universalis

L'Azerbaïdjan indépendant

La construction mouvementée de l’État

À la veille de son indépendance, le pays est confronté à l'émergence d'un conflit intercommunautaire qui se mêle à des tensions politiques croissantes.

Le conflit du Haut-Karabakh

Dès 1988, la province du Haut-Karabakh, profitant du climat de réformes instauré par la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev, réclame son rattachement à l'Arménie. Des manifestations massives et passionnées sont organisées. En réaction à ce mouvement qui prend de l'ampleur, la population arménienne d'Azerbaïdjan devient la cible de représailles populaires et de véritables pogroms sont perpétrés, notamment dans les villes de Bakou et Soumgaït, tandis que les nombreuses communautés azéries sont violemment expulsées d’Arménie. La dégradation des relations interethniques entraîne de nombreux départs croisés de populations de part et d'autre de la frontière. Baignée dans le chaos de la désintégration de l'Union soviétique en cours, la situation dégénère rapidement en conflit armé.

Le conflit se radicalise à la fin de 1991, quand les autorités azerbaïdjanaises mettent fin au statut d'autonomie dont bénéficiait la province depuis 1923. La région autonome s'autoproclame « République du Haut-Karabakh » le 6 janvier 1992. Elle n'est pas reconnue internationalement. En 1993, l'offensive arménienne aboutit à l'occupation du Haut-Karabakh ainsi que de sept autres districts azerbaïdjanais, soit environ 16 p. 100 du territoire. Un cessez-le-feu est entré en vigueur au printemps 1994 mais des violations sont régulièrement enregistrées, faisant des victimes des deux côtés de la ligne de front. La région autonome du Haut-Karabakh est toujours sous le contrôle de l'armée et du régime séparatiste arménien. Les négociations pour la résolution du conflit, sous l'égide du groupe de Minsk de l'O.S.C.E., se poursuivent depuis 1992, sans résultats concrets à ce jour.

Un douloureux cheminement vers l'indépendance

Fondé en 1989, le Front populaire d'Azerbaïdjan s'érige en mouvement de libération nationale et organise des manifestations en faveur de la souveraineté nationale et du soutien à la perestroïka. Le pouvoir soviétique local est rapidement discrédité par son incapacité à apaiser la situation et à apporter une solution au conflit naissant. Le Parti communiste parvient toutefois à se maintenir au pouvoir jusqu'à ce que Moscou intervienne pour faire cesser les violences interethniques entre Arméniens et Azerbaïdjanais et mater le mouvement et les grèves organisées par le Front populaire. Le 20 janvier 1990, les chars soviétiques investissent la ville, devenue le théâtre de violents affrontements. Officiellement lancée pour rétablir l'ordre et prévenir un renversement du pouvoir, l'intervention de l'armée soviétique et des forces spéciales fait quelque cent cinquante victimes civiles et de nombreux blessés. Cette répression brutale, aujourd'hui commémorée comme le mois de « janvier noir », aura un effet décisif sur le choix de Bakou pour l'indépendance.

Le 30 août 1991, l'Azerbaïdjan proclame son indépendance et le secrétaire du Parti communiste, Ayaz Moutalibov, est élu premier président de la nouvelle république avec 98,5 p. 100 des voix lors de l'élection du 8 septembre. L'Azerbaïdjan adhère à l'O.N.U. en 1992.

Les premières années de l'Azerbaïdjan indépendant furent caractérisées par une grave instabilité politique. Aboulfaz Eltchibey, le chef du Front populaire, est élu président en juin 1992. Le pays, miné par la guerre et la succession problématique du régime soviétique, est proche de la guerre civile. Le président Eltchibey, dans l'impossibilité de rétablir l'ordre dans le pays, est destitué en juin 1993. Il est remplacé par l'ancien dirigeant soviétique, ancien cadre supérieur du K.G.B., Gaïdar Aliev. Ce dernier est formellement investi président avec 98,8 p. 100 des suffrages lors de l'élection d'octobre 1993.

Stabilisation politique : le régime de Gaïdar Aliev

Après l'échec d'une tentative de putsch en octobre 1994, l'état d'urgence est instauré. En mars 1995, une nouvelle tentative de coup d'État échoue. L'état d'urgence est prolongé et une sévère répression s'abat sur les partis politiques et les membres de l'opposition. Force est néanmoins de constater que la prise de pouvoir par le président Aliev aboutit à un certain retour à la stabilité politique. Réélu en 1998, Gaïdar Aliev restera à la tête du pays jusqu'en 2003.

Alors qu’il montre les premiers signes apparents d’une faiblesse physique, Gaïdar Aliev entreprend d’assurer la transmission du pouvoir à son fils, Ilham. Ce dernier est nommé Premier ministre à l’été de 2003. L’élection d'octobre 2003 entérine sa prise de pouvoir (77 p. 100 des voix). Il prend alors la tête du parti au pouvoir, dont il sera à nouveau le candidat victorieux en 2008 puis en 2013. Le nouveau président s'inscrit dans la continuité de la politique autoritaire menée par son père. Il entreprend de consolider le régime de « démocratie dirigée », tout en poursuivant les réformes économiques.

De nouvelles institutions

À la fin de 1995, la nouvelle Constitution de la République azerbaïdjanaise est adoptée par référendum. Elle met en place un système présidentiel fort, hiérarchisé et fortement centralisé. Elle jette les bases d'une république laïque qui se veut « démocratique ». La Constitution sera révisée par un nouveau référendum en 2002. Le Conseil de l'Europe, auquel le pays adhère en 2001, est critique envers le régime institué. Il dénonce, entre autres, une absence réelle de séparation des pouvoirs, un manque de transparence et d'indépendance de la justice, ainsi qu'une politique jugée irrespectueuse des principes fondamentaux des droits de l'homme. L'organisation des élections dans ce pays n'a jamais satisfait aux normes internationales en la matière, et l'Azerbaïdjan est fortement critiqué pour une répression continue des partis d'opposition, une politique d’intimidation des médias et des arrestations arbitraires de journalistes et de défenseurs des droits de l’homme.

L'ère des réformes économiques et du développement pétrolier

La période de troubles que l’Azerbaïdjan a connue après son indépendance avait laissé le pays exsangue. En 1995, il souffrait sévèrement d'une hyperinflation et de l'effondrement global de sa production ; de véritables réformes de fond étaient nécessaires. Le plan de stabilisation adopté met l’accent sur l’urgence de la diversification de l’économie et le développement des régions. Grâce à la stabilisation politique et aux premiers investissements étrangers dans la sphère des hydrocarbures, quelques signes d’un redressement économique sont visibles dès novembre 1997. Pour la période 2004-2011, les statistiques officielles montrent que la dette extérieure aurait été réduite de plus de moitié et le P.I.B. par habitant multiplié par cinq. Cependant, la faible diversité de l’économie locale et la vulnérabilité des comptes extérieurs aux fluctuations des cours des matières premières risquent de faire obstacle au développement à long terme du pays. En outre, certains handicaps subsistent, à commencer par l’absence de concurrence, la mauvaise gestion des ressources et un climat des affaires alourdi par la corruption.

L'Azerbaïdjan à l'aube d'un second boom pétrolier

Les champs pétrolifères de Bakou constituent l'un des plus vieux centres de l'industrie lourde du monde. Les premiers puits ont été forés en 1871. Au xixe siècle, plus de la moitié de la production mondiale en pétrole provenait de cette zone. Avant la Seconde Guerre mondiale, l'Azerbaïdjan produisait 23 millions de tonnes de pétrole brut par an et couvrait les trois quarts des besoins de l'U.R.S.S. Le pays connaît aujourd'hui le second « boom pétrolier » de son histoire. Les réserves de l’Azerbaïdjan en hydrocarbures sont estimées à 0,6 p. 100 des réserves mondiales (20e rang mondial) s’agissant du pétrole et à 0,8 p.100 pour le gaz (23e rang). Ce pays producteur de taille moyenne recèle cependant un potentiel offshore à découvrir, qui pourrait s’avérer substantiel. La production pétrolière aurait atteint son pic en 2010 avec 50 millions de tonnes, tandis que la production de gaz, estimée à 3 450 milliards de mètres cubes à l’horizon de 2020, était en 2010 de 30 milliards de mètres cubes.

Bakou

Bakou

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Champs pétroliers en mer Caspienne, près de Bakou. À la fin du XIXe siècle, le gisement de Bakou avait fait de l'Azerbaïdjan, alors territoire russe, le premier exportateur mondial de pétrole. 

Crédits : D. Blum/ Peter Arnold, Inc.

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Depuis l'indépendance, l'Azerbaïdjan a conclu une vingtaine d'accords avec des sociétés étrangères, dont le plus important « contrat du siècle » (8 milliards de dollars) signé en 1994 avec le consortium A.I.O.C. dirigé par British Petroleum. Il porte sur l'exploitation des gisements Chirag Azeri Güneshli, bien qu'un contentieux territorial oppose l'Azerbaïdjan au Turkménistan sur ces champs pétrolifères. Les plus importantes sociétés d'exploitation pétrolière mondiales ont, depuis 1991, réalisé des investissements financiers considérables dans le secteur énergétique et parapétrolier de ce pays, modernisant les infrastructures et permettant ainsi l’exploitation de nouveaux champs offshore.

Azerbaïdjan : activité pétrolière

Azerbaïdjan : activité pétrolière

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Importance de l'activité pétrolière en Azerbaïdjan. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La « guerre des oléoducs »

L’acheminement des hydrocarbures vers les marchés européens est un enjeu géopolitique important pour la région, les pays riverains de la Caspienne détenant de 3 à 5 p. 100 des réserves mondiales de pétrole et de 6 à 10 p. 100 des réserves mondiales de gaz. La situation géographique de l’Azerbaïdjan lui confère un rôle stratégique pour le transport des hydrocarbures centre-asiatiques vers l’Europe, l’enjeu principal consistant à assurer la diversification des voies d’exportation et notamment le développement de trajets alternatifs aux routes russes, héritées de la période soviétique.

La Caspienne étant une mer enclavée, d'importants travaux ont été réalisés afin d'exporter les hydrocarbures. L’ouvrage le plus important est l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (B.T.C.-1 760 km), inauguré en mai 2005. Il permet d’acheminer journellement environ 700 000 barils de pétrole vers l’Europe, mais sa capacité peut atteindre 75 millions de tonnes de pétrole par an. Ainsi, ces infrastructures offrent également au Kazakhstan une possibilité d'acheminer ses ressources vers les marchés européens. Cet oléoduc est doublé du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (B.T.E., 690 km). D’autres projets de gazoducs ont vu le jour, dont Nabucco (3 300 km), soutenu par l’Union européenne et les États-Unis. Ce dernier aurait permis un approvisionnement diversifié de l’Europe en gaz à partir de 2017, grâce à une nouvelle route méridionale traversant la Turquie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche. Mais la réalisation de cet ambitieux projet, éminemment politique, en concurrence directe avec le South Stream, un gazoduc construit par Gazprom (Russie), et E.N.I. (Italie), est désormais peu probable. Le gaz azerbaïdjanais du gisement gigantesque de Shah Deniz sera donc vraisemblablement exporté vers l’Europe grâce au Trans-Adriatic Pipeline (T.A.P., 800 km), un projet alternatif de gazoduc trans-adriatique (Grèce, Albanie, Italie).

L'économie azerbaïdjanaise prisonnière de la manne pétrolière

L'économie est dominée par le secteur pétrolier : l'exploration et la production d'hydrocarbures représentent 45 p. 100 de la production industrielle et même 80 p. 100 si on y inclut les activités de transformation. Les exportations nationales sont constituées à 90 p. 100 de produits pétroliers. L'accent mis sur l'industrie lourde a été à l'origine d'une expansion énorme des deux industries traditionnelles, le pétrole et le gaz naturel. Néanmoins, l'industrie mécanique, l'industrie légère et les productions alimentaires ont commencé à se développer. Parmi les ressources naturelles du pays, il convient de citer le minerai de fer, les métaux non ferreux, le brome, le gypse, le marbre, le bitume, le zinc, le molybdène, l'alunite, le sel gemme et l'alumine.

L'économie a été fortement dynamisée par la reprise de la production d'hydrocarbures, et les retombées de la manne pétrolière se font sentir sur le développement des infrastructures et la modernisation du pays. La croissance économique a atteint des montants records au milieu des années 2000 (34,5 en 2006 et 29,3 en 2007), mais fut négative en 2011 (– 1,1) en raison, notamment, de la baisse de la production pétrolière et de la crise économique globale. Les investissements étrangers bénéficient majoritairement à la région de Bakou et au secteur pétrolier ou parapétrolier. La capitale, totalement reconstruite depuis les années 2000, rivalise avec les cités les plus modernes ; elle est à ce titre souvent comparée à Dubaï. Mais les écarts et les inégalités entre les campagnes et la capitale sont de plus en plus flagrants. Une population de laissés-pour-compte est frappée par l’inflation et le chômage, ce qui fragilise l’équilibre social du pays. Les populations réfugiées, les chômeurs et les personnes âgées sont au centre du mouvement de contestation qui croît dans le pays et fait l’objet d’une répression de la part des autorités, soucieuses d’une possible contagion des « printemps arabes » en Azerbaïdjan. En outre, l’embrasement du Moyen-Orient, la radicalisation de certains mouvements islamiques et la détérioration des relations entre les communautés sunnite et chiite dans cette partie du monde arabe poussent les autorités à mettre en place un contrôle étroit sur les activités religieuses.

Une diplomatie très active

Une délicate politique d'équilibre

En partie grâce à ses ressources énergétiques et en raison de sa position géopolitique, l'Azerbaïdjan est, dans la région, un partenaire économique et politique stratégique pour les États-Unis. Soucieux de maintenir avec ses voisins proches (Iran, Turquie, Russie) des relations fructueuses tout en continuant à développer de nouveaux partenariats avec les grandes puissances, Bakou mène depuis quelques années une ingénieuse politique d'équilibre en contrebalançant sa coopération avec Washington par une ouverture vers Moscou et Téhéran.

Dans le contexte de la crise sur le nucléaire iranien, les États-Unis ont renforcé leur partenariat stratégique avec Bakou, au cas où une opération militaire serait déclenchée contre Téhéran. L’Azerbaïdjan a cependant fait clairement savoir qu'il ne désirait pas servir de base arrière à une intervention américaine.

Avec l'Iran, les relations bilatérales demeurent compliquées, mais les deux pays sont naturellement engagés dans une série de projets importants dans les domaines du transport et de l'énergie qui participent notamment à désenclaver la province du Nakhitchevan. Mais le destin de l’importante communauté d'Azeris vivant en Iran demeure une question embarrassante pour les deux pays. Par ailleurs, l’Iran est particulièrement attentif aux orientations diplomatiques de l’Azerbaïdjan, la seule nation musulmane chiite du Caucase, qu’il aime à considérer comme faisant partie de sa zone d’influence. Ainsi, Téhéran appréhende avec méfiance les conséquences sociales et géopolitiques de certains choix pro-occidentaux de Bakou. Le rapprochement diplomatique avec Israël et les contrats signés pour la livraison d’armes à Bakou par l’État hébreu sont une source d’inquiétude pour Téhéran. De son côté, Bakou est irrité par la présence et l’influence d’officines religieuses prosélytes iraniennes qui encourageraient le développement d’un islam politique dans le pays et reste contrarié par le soutien économique et logistique que Téhéran offre à l’Arménie depuis le début du conflit au Haut-Karabakh.

Les relations historiques, économiques et de voisinage perdurent avec la Russie, qui demeure le premier fournisseur de l’Azerbaïdjan (16,8 p. 100 des importations en 2011). Les deux pays se retrouvent côte à côte, notamment dans les combats contre le terrorisme et l'intégrisme religieux. La Russie opère depuis 2002 un véritable retour sur la scène économique azerbaïdjanaise en réalisant divers investissements dans des secteurs clés de l'économie.

L'Azerbaïdjan entretient des liens privilégiés, presque fraternels, avec la Turquie pour des raisons de proximité linguistique, culturelle et historique. Ankara, qui fut la première capitale à reconnaître le pays en 1991, est aujourd'hui un partenaire stratégique, notamment avec l'oléoduc B.T.C., le gazoduc B.T.E et la construction à venir de l’oléoduc trans-anatolien Tanap. La Turquie est très présente en Azerbaïdjan d'un point de vue économique et culturel, et la coopération entre les deux pays est très active.

Un accord minimal de bon voisinage avec l’Union européenne

Initié en 1996, le dialogue entre Bruxelles et Bakou aboutit en 2006 à la signature d’un accord de partenariat et de coopération dans le cadre de la politique européenne de voisinage proposée aux pays limitrophes de l’Union européenne. L’Azerbaïdjan rejoint le Partenariat oriental en 2009, prérequis à la signature d’un accord d’association et de libre-échange avec l’Union. Courtisé par Bruxelles en raison de ses réserves d’hydrocarbures, l’Azerbaïdjan n’est cependant pas un partenaire modèle, et l’Union européenne dénonce régulièrement ses violations des principes fondamentaux en matière de droits de l’homme et de démocratisation ainsi que la lenteur de certaines réformes attendues : amélioration du système judiciaire, harmonisation des réformes des cadres législatifs relatifs à la santé publique, à la sécurité sociale, au système de droits de douane et des impôts avec les normes européennes, promotion des droits de l’homme, transparence des privatisations et des investissements publics, lutte contre la corruption, entre autres. L’Azerbaïdjan, conscient de son intérêt à conserver une position médiane ne risquant pas d’irriter certains de ses partenaires comme la Russie, reste prudent quant à son engagement dans une relation plus étroite avec l’Union. Un accord de facilitation de l’octroi des visas aux ressortissants azerbaïdjanais fut conclu en marge du sommet du Partenariat oriental de Vilnius à l’automne de 2013.

Coopération symbolique avec l'O.T.A.N. 

L'Azerbaïdjan est partenaire de l'Alliance depuis 1994 à travers le Partenariat pour la paix. Dans le cadre d’un dialogue renforcé avec l’O.T.A.N., l’Azerbaïdjan a signé, en 2011, un troisième Plan d’action individuel pour le partenariat, comprenant une coopération active pour la réforme du secteur de la sécurité. Le pays a participé aux opérations au Kosovo (1999-2008) et est présent en Afghanistan depuis 2002. En mai 2007, Bakou a autorisé l’Alliance à utiliser deux bases militaires et un aéroport pour « appuyer son opération de maintien de la paix ». Cependant, l’engagement à long terme de ce pays au sein de l’Alliance est incertain, même si officiellement, l’Azerbaïdjan n’a pas exclu la possibilité de devenir un jour membre à part entière de l’O.T.A.N. Le pays poursuit sa coopération avec l’organisation en conformité avec sa politique de l’équilibre compte tenu de la nécessité de ménager ses voisins russe et iranien. Signifiant ainsi sa volonté de n’intégrer aucun bloc militaire, l’Azerbaïdjan a adhéré officiellement en 2011 à l’emblématique Mouvement des pays non-alignés.

(Voir également AZERBAÏDJAN, chronologie contemporaine)

—  Raphaëlle MATHEY

Bibliographie

※ Ouvrages

D. Allonsius, Régime juridique de la mer Caspienne : problèmes actuels de droit international public, L.G.D.J., Paris, 1997

B. Balci & A. Goyushov, « Changing Islam in Post-Soviet Azerbaijan and its impact on the Sunni-Shia cleavage », in B. Maréchal et S. Zemni dir., The Dynamics of Sunni-Shia relationships, Hurst and Co. Publ., Londres, 2012

A. Constant, L'Azerbaïdjan, Karthala, Paris, 2002

S. E. Cornell, Azerbaijan since Independence, M.E. Sharpe, Armonk (N.Y.), 2011

J. Radvanyi dir., Les États postsoviétiques : identités en construction, transformations politiques, Armand Colin, Paris, 2004 ; De l'U.R.S.S. à la C.E.I., douze États en quête d'identité, Ellipse, Paris, 1997

T. de Waal, Black Garden, Armenia and Azerbaijan through Peace and War, New York Univ. Press, New York, 2003, reed. 2013.

※ Articles et rapports

Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « Le Conflit du Haut-Karabakh traité par la Conférence de Minsk de l'O.S.C.E. », doc. 10364, nov. 2004 ; « Fonctionnement des institutions démocratiques en Azerbaïdjan », doc. 10030, janv. 2004

B. Balci, « Le Renouveau islamique en Azerbaïdjan entre dynamiques internes et influences extérieures », in Les Études du C.E.R.I., no 138, Paris, oct. 2007

The Economist Intelligence Unit, « Azerbaijan », in Country Report (trimestriel), Country Profile (annuel)

International Crisis Group, « Azerbaijan : turning over a new leaf ? », in Europe Report, no 156, Bakou-Bruxelles, mai 2004

R. Mathey, « Azerbaïdjan 2004, une succession difficile », in Le Courrier des pays de l'Est, La Documentation Française, no 1047, janv.-févr. 2005 ; « Azerbaïdjan 2005, déni démocratique », in Le Courrier des pays de l'Est, La Documentation Française, no 1053, janv.-févr. 2006

A. Razizade, « Azerbaijan in transition to the new age of democracy », in Communist and Post-Communist Studies, vol. 26, no 3, sept. 2003.

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Voir aussi

Pour citer l’article

Raphaëlle MATHEY, Ronald Grigor SUNY, « AZERBAÏDJAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/azerbaidjan/