INDE (Le territoire et les hommes)L'économie contemporaine

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
CapitaleNew Delhi
Unité monétaireroupie (INR)
Population1 344 141 000 (estim. 2021)
R.N.B. par habitant (USD)1 900 (2020)

La construction d'une économie nationale

Première phase de développement : 1950-1980

À l'indépendance, il existait trois principaux groupes d'industriels : les Parsis (zoroastriens de religion, venus en Inde après l'islamisation de l'Iran) prédominaient à Bombay, dont les fameux Tata ; les Marwaris, caste marchande originaire du Rajasthan, avaient essaimé à Calcutta et à Bombay, notamment avec les Birla ; enfin existaient des castes marchandes au Gujarat. Les principaux centres industriels étaient Bombay, Calcutta, Madras, Ahmadabad, Kanpur et Jamshedpur, la ville des aciéries Tata dans le sud de l'État du Jharkand.

Inde : surface irriguée

Tableau : Inde : surface irriguée

Surface irriguée brute (millions d'hectares). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Planification et industrialisation

Les plans quinquennaux qui se succèdent depuis 1951 densifient ce tissu industriel et pour cela donnent une large place aux infrastructures puis aux entreprises publiques. Le réseau ferroviaire, déjà assez étoffé, croît peu mais s'améliore. Les routes se multiplient, l'électricité se propage de manière spectaculaire. Après ce bon départ (premier plan quinquennal 1951-1956) misant sur les infrastructures (grands barrages, voies de communication, électricité), l'accent est mis sur l'industrie lourde du secteur public (deuxième plan 1956-1961). De 1951 à 1966, l'Inde a élargi sa base industrielle (acier, équipements lourds, machines, véhicules, électroménager, agroalimentaire, etc.). De grandes entreprises du secteur public (industrie lourde) ont été créées à partir de 1955 dans le sud du Bihar, en Orissa, au Madhya Pradesh. La ville de Poona au Maharashtra est devenue une métropole industrielle, comme Bangalore au Karnataka et Coimbatore au Tamil Nadu. Par la suite émerge Hyderabad en Andhra Pradesh. Delhi devient une importante cité industrielle. Le Pendjab accueille de nombreuses usines. Le tissu industriel est modifié en profondeur, et voit des transformations sociales. Le cercle fermé des castes engagées dans l'industrie s'élargit : brahmanes, castes moyennes, sikhs, quelques musulmans, quelques intouchables même.

Faiblesses du modèle de développement planifié

Mais les résultats restent très en deçà des objectifs. Une ère de turbulences suit. Le troisième plan (1961-1966) est frappé à la fois par deux années consécutives de sécheresse exceptionnelle et par deux guerres, contre la Chine en 1962 à la suite de litiges frontaliers, et contre le Pakistan en 1965 à propos du Cachemire. Pendant plusieurs années, la planification progresse de manière incertaine. Par opportunisme politique (les élections avaient vu cette année le recul du Congrès), Indira Gandhi renforce à partir de 1967 la socialisation de l'économie : nationalisation des banques et des mines de charbon, contrôles sur le secteur privé, freins aux investissements privés étrangers.

Durant ces trois décennies, les autorités optent pour l'industrie de substitution aux importations, sans jouer la carte des exportations. Le commerce extérieur progresse faiblement. En 1950, la part de l'Inde dans le commerce mondial était de 2 p. 100 contre 0,5 p. 100 en 1980, son point bas historique de richesse sur la période, avec 3 p. 100 du P.I.B. mondial. Avec les hautes barrières douanières, l'industrie est devenue peu efficace : coûts élevés, qualité médiocre. L'amélioration des niveaux de vie est lente, la misère recule trop faiblement, et frappe encore près de 50 p. 100 de la population en 1980 (contre 55 p. 100 en 1951, et 26 p. 100 en 2004). Dès les années 1970, des critiques, des cris d'alarme se font entendre. Le taux d'épargne et d'investissement a eu beau doubler de 1951 à 1980, pour atteindre quelque 20 p. 100 du P.I.B., la croissance annuelle moyenne est, bon an mal an, de 3,5 p. 100, chiffre proche de la moyenne mondiale de l'époque mais qui, après avoir pris en compte la démographie, signifie un trop faible 1 p. 100 par habitant, ce que l'économiste indien Raj Krishna baptisa le Hindu Rate of Growth.

Dérives autoritaires

Le secteur public (industrie, banques, entreprises commerciales), qui pèse de plus en plus lourd – 40 p. 100 de la production industrielle en 2005 contre 8 p. 100 en 1961 –, travaille à perte ou dégage de très maigres profits. Le secteur privé – pour empêcher l'émer [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 19 pages

Médias de l’article

Cueillette du thé en Inde

Cueillette du thé en Inde
Crédits : Dinodia Photo/ The Image Bank Unreleased/ getty Images

photographie

Planning familial

Planning familial
Crédits : Three Lions/ Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Inde : population active

Inde : population active
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Inde : surface irriguée

Inde : surface irriguée
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 12 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur honoraire des Instituts universitaires de hautes études internationales et d'études du développement, Genève (Suisse)
  • : chercheur C.N.R.S. au Centre d'économie de l'université Paris Nord

Classification

Autres références

«  INDE  » est également traité dans :

INDE (Le territoire et les hommes) - Géographie

  • Écrit par 
  • Philippe CADÈNE, 
  • François DURAND-DASTÈS, 
  • Georges MASCLE
  •  • 16 377 mots
  •  • 9 médias

L'Union indienne s'étend sur un vaste territoire d'environ 3 287 263 kilomètres carrés et rassemble près de 1,2 milliard d'habitants en 2013. Cet espace, grand comme six fois la France et abritant près d'un sixième de la population mondiale, appartient à l'Asie des hautes densités dont il résume les caractéristiques essentielles. Alors que les massifs montagneux, tout particulièrement la […] Lire la suite

INDE (Le territoire et les hommes) - Histoire

  • Écrit par 
  • Christophe JAFFRELOT, 
  • Jacques POUCHEPADASS
  • , Universalis
  •  • 22 901 mots
  •  • 26 médias

L'Inde a produit, au IIIe millénaire avant notre ère, une des premières grandes civilisations de l'histoire humaine. L'un des traits saillants de l'histoire indienne jusqu'aux alentours de l'époque du Christ est la diffusion graduelle à travers le subcontinent de la conception brahmanique de l'ordre social, sous la forme de la combinaison organique des […] Lire la suite

INDE - Les institutions

  • Écrit par 
  • Samuel BERTHET
  •  • 4 387 mots
  •  • 3 médias

Les institutions indiennes régissent la plus grande démocratie du monde. Au-delà du cliché, l’expression correspond à un fait concret : la tenue régulière et sans interruption de consultations électorales libres du plus grand électorat du monde, et ce depuis les législatives de 1951-1952, quatre ans après l’ind […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - Les doctrines philosophiques et religieuses

  • Écrit par 
  • Jean FILLIOZAT
  •  • 16 834 mots
  •  • 3 médias

Les littératures philosophiques de l'Inde sont parmi les plus variées et les plus abondantes du monde ; elles correspondent à une production ininterrompue depuis la fin du deuxième millénaire avant notre ère jusqu'à nos jours et dans une aire culturelle immense. Elles se sont d'autre part largement répandues à travers toute l'Asie centrale et orientale et dans tout le Sud-Est asiatique.La spéculat […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - Les sciences

  • Écrit par 
  • Francis ZIMMERMANN
  •  • 14 264 mots
  •  • 2 médias

L'histoire des sciences, au sens où nous l'entendons en Occident, a bénéficié d'apports spécifiques de l'Inde, au moins dans trois domaines : l'astronomie, les mathématiques et les sciences médicales. D'autres disciplines scientifiques, la physique par exemple, n'ont pas été cultivées en Inde, sinon sous une forme purement spéculative. À bien des égards, […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - Langues et littératures

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre DURIX, 
  • Jacqueline FILLIOZAT, 
  • François GROS
  •  • 10 533 mots
  •  • 3 médias

Dans le sous-continent indien aux côtés du bloc dravidien, des groupes munda et tibéto-birman, le groupe linguistique de loin le plus important est le groupe indo-aryen. Les langues indo-aryennes forment la branche indienne de la famille indo-européenne. Elles sont parlées par 78 p. 100 de la population actuelle du sous-continent, soit 73 p. 100 des Indiens, la quasi-totalité des Pakistanais, 70 p […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - L'art

  • Écrit par 
  • Raïssa BRÉGEAT, 
  • Marie-Thérèse de MALLMANN, 
  • Rita RÉGNIER
  •  • 49 163 mots
  •  • 62 médias

L'art indien a fourni une contribution importante et originale au patrimoine artistique de l'humanité.Contribution importante par la persistance, jusqu'à l'époque contemporaine, d'une tradition dont les manifestations matérielles n'apparaissent guère avant le iiie siècle avant l'ère chrétienne, mais qu'on ne […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - L'expansion de l'art indien

  • Écrit par 
  • Bernard Philippe GROSLIER
  •  • 5 221 mots
  •  • 6 médias

Nul océan ne mérite mieux son nom que l'océan Indien. Non seulement l'Inde y enfonce son formidable soc mais, de plus, sa civilisation en a parcouru toutes les eaux et en a modelé les rivages orientaux à son image. Par son amplitude géographique et son poids sur le cours des peuples, l'expansion indienne est un des mouvements les plus importants de l'histoire.À l'ouest, certes, les échanges ont su […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - Le cinéma

  • Écrit par 
  • Amandine D'AZEVEDO, 
  • Charles TESSON
  •  • 6 967 mots

Le cinéma indien reste pour beaucoup de gens associé à un nom, celui de Satyajit Ray, l’auteur du Salon de musique (1958), et à un record : 1907 films en 2015, qui font de ce pays le plus gros producteur de films du monde. C’est là son double visage. D’un côté, la tradition d’un cinéma d’auteur, d’artistes, associé à un nom (Ray), à […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - Les mathématiques

  • Écrit par 
  • Agathe KELLER
  •  • 5 560 mots
  •  • 3 médias

On traitera ici des pratiques et pensées mathématiques qui ont eu cours dans le sous-continent indien – en « Asie du Sud », comme on dit communément dans les pays anglo-saxons –, puisque l’aire géographique concernée couvre tout autant l’Inde que le Pakistan, le Bangladesh, le Bhoutan et l’île de Ceylan actuels. Qu’il s’agisse de sources archéologiques ou de textes écrits dans de multiples langues […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Gilbert ÉTIENNE, Joël RUET, « INDE (Le territoire et les hommes) - L'économie contemporaine  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/inde-le-territoire-et-les-hommes-l-economie-contemporaine/