Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ÉPARGNE

Dans les sociétés contemporaines, l'épargne est une composante centrale de la vie économique. Elle est l'objet d'intenses débats publics de politique économique. Autrefois considérée comme l'expression d'une vertu, l'épargne est, depuis les travaux de John Maynard Keynes, suspectée de ralentir la croissance lorsqu'elle est trop abondante. Mais, au-delà de son niveau général, de nombreuses actions ciblées de la puissance publique visent à la diriger vers des emplois utiles à la collectivité. On cherche souvent à l'orienter vers le marché des actions pour un double avantage : en renforçant les fonds propres des entreprises, on favorise l'investissement et donc la croissance économique. Les actions représentent aussi pour l'investisseur le placement à long terme le plus rémunérateur, dont on attend la solution au difficile problème de financement de la retraite de populations vieillissantes. C'est la raison d'être des intermédiaires financiers que de mettre en relation, directe ou indirecte, les agents économiques qui ont structurellement des capacités de financement – les ménages – avec des agents économiques à besoins de financement, généralement des entreprises et des collectivités publiques.

Bien qu'il soit au cœur de toute la pensée économique, il n'est pas sûr que l'enchaînement des causes et des conséquences des comportements d'épargne soit encore bien compris. Les concepts de la théorie économique ne sont pas tous intuitifs et, surtout, la diffusion de richesses financières dans de larges couches de la population rend beaucoup plus complexes qu'autrefois les interactions entre la sphère financière et la sphère dite « réelle », c'est-à-dire non financière. Mais il existe un consensus au moins sur un constat : les flux d'épargne viennent alimenter le patrimoine des ménages. Ce patrimoine subit à son tour des valorisations ou des dévalorisations quotidiennes lorsqu'il est constitué de produits négociés sur un marché financier. La puissance publique a considéré qu'elle devait garantir la confiance dans les marchés, car si le patrimoine des ménages était à la merci de comportements frauduleux, c'est le flux d'épargne lui-même qui risquerait de se tarir.

Définition comptable

En comptabilité nationale, l'épargne est la partie du revenu disponible d'un agent économique qui n'est pas utilisée pour des dépenses de consommation finale, soit l'équation no 1 :

Épargne=revenu disponibleconsommation.

Tous les types d'agents économiques sont susceptibles d'épargner et, à l'échelle de la nation, l'épargne est égale à l'augmentation des créances sur des non-résidents. Par définition, les entreprises n'ayant pas de consommation finale, leur épargne est égale à leur revenu disponible. L'analyse économique porte donc surtout sur les déterminants de l'épargne des ménages et sur son lien avec l'investissement et la croissance.

L'épargne a deux composantes : une composante « réelle » et une composante financière, soit l’équation no 2 :

Épargne=épargne financière+acquisitions d'actifs « réels ».

Pour les ménages, la composante réelle correspond principalement à l'acquisition d'un logement. La composante financière est égale à l'ensemble des acquisitions d'actifs financiers, diminué de l'augmentation des engagements financiers, tels que les prêts souscrits, soit l’équation no 3 :

Épargne financière=flux nets dacquisition d'actifs financiersnouveaux crédits+remboursements de crédits.

L'épargne d'un agent économique peut donc être négative (désépargne), si ses engagements financiers sont plus élevés que ses acquisitions d'actifs, financiers ou réels.

L'épargne ainsi définie est un flux, mesuré sur une période de temps donnée. Ce flux vient augmenter ou diminuer le patrimoine. La comptabilité nationale établit des comptes de patrimoine de toutes les catégories d'agents économiques.[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Didier DAVYDOFF. ÉPARGNE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le

Médias

Taux d’épargne des ménages en 2017 - crédits : Encyclopædia Universalis France

Taux d’épargne des ménages en 2017

Rendements réels (hors inflation) moyens annualisés entre 1992 et 2017 - crédits : Encyclopædia Universalis France

Rendements réels (hors inflation) moyens annualisés entre 1992 et 2017

Patrimoine financier par habitant dans six grands pays européens - crédits : Encyclopædia Universalis France

Patrimoine financier par habitant dans six grands pays européens

Autres références

  • ACTIONNAIRES

    • Écrit par
    • 8 189 mots
    • 2 médias
    Le cas de la France appelle quelques commentaires. Pour des raisons historiques (guerres de la Révolution et de l'Empire, protectionnisme d'inspiration rurale, perte de l'Alsace-Lorraine, destructions de la Première Guerre mondiale), l'industrialisation y a commencé plus tardivement et n'a pas...
  • ALBANIE

    • Écrit par , , et
    • 22 072 mots
    • 9 médias
    ...Russie en 1993 avec MMM). En l'absence d'un système bancaire fiable et d'un encadrement institutionnel et juridique suffisamment contraignant et stable, d'importantes sommes d'argent, à commencer par l'épargne accumulée par nombre d'Albanais grâce à l'apport en devises d'un ou plusieurs...
  • BANQUE - Économie de la banque

    • Écrit par et
    • 7 908 mots
    • 3 médias

    Les banques sont les établissements financiers qui collectent les dépôts du public (en particulier les dépôts à vue) et qui accordent des crédits aux entreprises et aux ménages. Elles font partie, au même titre que les sociétés d'assurance et les organismes de placement collectif en Bourse, de ce...

  • BANQUE - Supervision prudentielle

    • Écrit par et
    • 6 062 mots
    La protection des dépôts bancaires et de l'épargne du public constitue une première justification d'un encadrement de l'activité des professionnels de la banque et de la finance. La banque a ceci de particulier que ses créanciers sont aussi, pour la plupart, ses clients. Les déposants qui confient...
  • Afficher les 44 références