CHROME

Métallurgie

L' industrie prépare, outre le métal lui-même, les ferrochromes destinés à la sidérurgie. Des fontes contenant jusqu'à 70 p. 100 de chrome sont obtenues en réduisant la chromite par le charbon dans des fours électriques. Ces ferrochromes renferment de 0,02 à 10 p. 100 de carbone, suivant que le garnissage intérieur des fours est en chromite, en magnésite ou en graphite ; on consomme environ 4 000 kWh par tonne de métal et la puissance optimale des fours est de 3 000 à 6 000 kW. Dans les fours Siemens-Martin, on obtient des ferrochromes à 30 à 40 p. 100 de chrome et 8 à 10 p. 100 de carbone.

Le chrome pur s'obtient en trois étapes : passage de la chromite à un bichromate alcalin ; réduction de ce dernier par le soufre ou le charbon en oxyde Cr2O3 ; enfin réduction de l'oxyde à haute température par l'aluminium en poudre ou le silicium. Le chrome fondu se rassemble au fond du creuset et il est recouvert par l'alumine fondue, colorée en rouge par de l'oxyde de chrome ; une seule opération peut fournir une centaine de kilogrammes de chrome titrant 99,5 p. 100. Les impuretés principales sont l'aluminium et le fer. La purification est difficile.

Un chrome plus pur peut être obtenu par électrolyse soit d'une solution d'acide chromique additionnée d'acide sulfurique ou de sulfate de chrome (III), soit d'une solution renfermant des sulfates de chrome (II), de chrome (III) et d'ammonium. Dans certaines usines, la cuve électrolytique est séparée en deux compartiments par un diaphragme poreux, et alimentée par une solution d'alun de chrome ; le chrome électrolytique renferme toujours de l'hydrogène.

Le chromage électrolytique utilise des bains d'acide chromique additionnés d'acide sulfurique ou parfois d'acide fluorhydrique. Les anodes solubles en chrome ne conviennent pas, car le métal ne resterait pas à l'état d'oxydation 6 dans le bain ; la température est maintenue constante : l'intensité de courant varie de 4 à 60 ampères par dm2. Pour obtenir un chromage brillant et de haute qualité, il faut d'abord nickeler. Un procédé plus ancien consiste à recouvrir le fer ou l'acier avec un mélange de chrome en poudre et d'alumine et à chauffer trois ou quatre heures vers 1 300-1 400 0C en atmosphère d'hydrogène. Le chromage du fer ou de l'acier peut être réalisé par action de la vapeur de chlorure de chrome (II) vers 900-1 000 0C :

Signalons enfin l'immersion dans un bain de chlorures de sodium, de baryum et de chrome (II) fondus maintenu entre 900 et 1 200 0C.

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Écrit par

  • Jean AMIEL : ancien élève de l'École nationale supérieure de physique et de chimie de Paris, agrégé de physique, professeur honoraire de chimie générale à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

Classification

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Principaux minerais

Principaux minerais

Principaux minerais

Principaux minerais de chrome (d'après Udy).

Constantes physiques et mécaniques

Constantes physiques et mécaniques

Constantes physiques et mécaniques

Principales constantes physiques et mécaniques du chrome.

Autres références

  • ACIER - Technologie

    • Écrit par Louis COLOMBIER, Gérard FESSIER, Guy HENRY, Joëlle PONTET
    • 14 176 mots
    • 10 médias
    L'élément le plus fréquemment utilisé est le chrome. On le retrouve à la fois dans la ferrite et dans les carbures. Il agit, d'une part, sur les points de transformation de l'acier, d'autre part, sur la vitesse à laquelle se transforme l'austénite au cours du refroidissement.
  • ALBANIE

    • Écrit par Anne-Marie AUTISSIER, Odile DANIEL, Universalis, Christian GUT
    • 22 073 mots
    • 10 médias
    ...Après trois années de croissance ralentie, 1979 était considérée comme la « meilleure année » du sixième plan, marqué par la rupture de l'aide chinoise. L'Albanie occupait alors le troisième rang mondial pour la production de chrome et le deuxième pour l'exportation de ce dernier. La construction de l'usine...
  • ALLIAGES

    • Écrit par Jean-Claude GACHON
    • 7 362 mots
    • 5 médias
    ...dits, pour cette raison, alliages interstitiels. À côté des aciers fer-carbone, on trouve des aciers « alliés », qui renferment des éléments tels que le chrome, le nickel, le manganèse... La rouille des aciers ordinaires est le plus connu des phénomènes de dégradation des alliages métalliques ; il...
  • CORROSION

    • Écrit par Gérard BERANGER, Jean TALBOT
    • 5 142 mots
    • 3 médias
    ...métaux de base que sont le fer, l'aluminium et le cuivre, ainsi que leur résistance à la corrosion dans certains milieux. Dans le cas du fer, par exemple, l'addition dechrome, de nickel, de molybdène est utilisée pour la préparation de différentes classes d' aciers inoxydables.
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Voir aussi