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CHINE, histoire, de 1949 à nos jours

Nom officiel

République populaire de Chine (CN)

    Chef de l'État

    Xi Jinping (depuis le 14 mars 2013)

      Chef du gouvernement

      Li Qiang (depuis le 11 mars 2023)

        Capitale

        Pékin

          Langue officielle

          Chinois mandarin

            Chine : drapeau

            Chine : drapeau

            Soixante dix ans après la naissance dans la violence de la république populaire de Chine, le cours de l'histoire chinoise apparaît plus stable, mais non dépourvu d'interrogations multiples. Symbole de la plus grande révolution communiste survenue dans le Tiers Monde, et réceptacle de nombreux espoirs révolutionnaires, la Chine est aussi la victime de la plus tragique des utopies radicales à l'ère maoïste. Elle a retrouvé, après la mort de son fondateur en 1976, l'ordre public et la paix civile, sans lesquels aucune tentative de modernisation n'était viable. De 1979 à sa mort en 1997, Deng Xiaoping, le dernier des grands fondateurs de la révolution chinoise, est resté l'homme clé du régime. Malgré le coup d'arrêt dû aux événements de 1989, la Chine populaire accélère son développement économique et son ouverture au monde extérieur, renoue avec l'héritage culturel et historique national, et engage une expérience de réforme en profondeur de la société communiste.

            Ainsi, après des années de changements dans la contrainte – l'instauration de la collectivisation, la révolution maoïste dans l'appareil politique et administratif, la destruction de la culture classique –, les successeurs de Mao surmontent l'héritage politique et idéologique de celui-ci. Appuyés au moins sur le consentement implicite d'une population lasse d'expériences et soucieuse de bien-être, ils retrouvent aussi la recherche toute confucéenne du bon gouvernement par l'équilibre, et non plus dans la poursuite de l'utopie.

            Mais ce nouveau sentier d'équilibre – entre le maintien des institutions de la révolution communiste et les réformes économiques indispensables, entre l'indépendance du pays et sa modernisation technologique, entre la libéralisation politico-culturelle et le maintien d'un pouvoir central sans fondation démocratique – pose de multiples énigmes. L'entreprise de la réforme du communisme peut-elle survivre à Deng Xiaoping ? Les progrès économiques très rapides obtenus depuis 1978, et qui ont, pour la première fois depuis 1957, permis d'élever le niveau de vie de la population chinoise, seront-ils poursuivis au même rythme, tandis que la population croît toujours de près de 1,5 % par an ? Ayant appliqué, à partir du milieu des années 1970, une politique d'équidistance entre Washington et Moscou, la Chine paraît condamnée, malgré l'éclatement de l'Union soviétique, à osciller dans sa politique extérieure : retrouvera-t-elle les moyens d'un rôle mondial, ou même simplement régional ? Confrontée également au succès éclatant des nouveaux pays industrialisés d'Asie, parmi lesquels figurent Hong Kong, Taïwan et Singapour – trois États de culture et de population chinoises –, persistera-t-elle dans son programme patriotique de reconquête, même pacifique, de son aire nationale, ou au contraire laissera-t-elle plus encore pénétrer en Chine les influences, à la fois productivistes et émollientes, de la Chine d'outre-mer ?

            Quand l'Armée rouge et le Parti communiste chinois conquirent le pouvoir par la guerre civile, la Chine comptait environ 500 millions d'habitants, des ressources alimentaires inférieures à 200 kilogrammes de céréales par tête, une industrie embryonnaire et une influence extérieure réduite à néant. Après trente ans de maoïsme, le bilan restait limité : près d'un milliard d'habitants ne disposant guère que de 240 kilogrammes de céréales par tête, une industrie vouée à la reproduction élargie du schéma stalinien, une influence extérieure contrecarrée par des divagations idéologiques et les soubresauts de la révolution culturelle – en Indochine, par exemple, l'influence chinoise tombait au plus bas niveau de son histoire. Par la suite, une ère de réformisme pragmatique, en dépit des réticences de l'appareil[...]

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            Écrit par

            • : directeur de recherche émérite au CNRS, Centre d'études et de recherches internationales-Sciences Po
            • : maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, maître de recherche à l'Institut français des relations internationales
            • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

            . In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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            Chine : drapeau

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            1945 à 1962. La décolonisation

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            Armée populaire de libération

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