CHINE, histoire, de 1949 à nos jours

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CHINE, histoire, de 1949 à nos jours : quelques données-clés.
Nom officielRépublique populaire de Chine (CN)
Chef de l'ÉtatXi Jinping (depuis le 14 mars 2013)
Chef du gouvernementLi Keqiang (depuis le 15 mars 2013)
CapitalePékin
Langue officiellechinois mandarin

Les étapes de la démaoïsation

Depuis 1976, la Chine populaire n'a cessé de dérouler les spires et les méandres de la démaoïsation ou de la réforme du système communiste. Cette évolution est parfois passée par des étapes d'affrontement politique à l'intérieur du Parti communiste (IIIe plénum en novembre-décembre 1978, Ve plénum en février 1980, XIIe congrès en septembre 1982, limogeage de Hu Yaobang en janvier 1987 puis de Zhao Ziyang en juin 1989). La progression est marquée par des cycles, c'est-à-dire que des pauses et des retours en arrière, parfois radicaux, ont pu à plusieurs reprises faire penser à un arrêt complet du processus. Mais l'ampleur des changements intervenus, de la décollectivisation des campagnes à l'essor des entreprises privées et collectives, de la libéralisation culturelle au désengagement du parti dans la société, de l'ouverture vers l'extérieur à l'essor du dynamisme commercial, font de la Chine post-maoïste un cas unique dans les annales du communisme au pouvoir.

Ces événements ont été entièrement dominés par la figure, tantôt sarcastique, tantôt impériale, de Deng Xiaoping. Vétéran de la révolution, survivant des purges, despote éclairé ou modernisateur autoritaire, il a surtout fait preuve d'une intelligence politique qui lui a permis de déjouer tous les pièges de la démaoïsation, à la différence de Nikita Khrouchtchev en Union soviétique. À chaque choix crucial entre dogmatisme et réformes, il a finalement dirigé le pays vers ces dernières, quitte à faire des concessions à ses collègues conservateurs.

L'héritage maoïste en question (1977-1988)

L'interrègne de Hua Guofeng

L'équipe qui gouverne la Chine au lendemain de la purge de la bande des Quatre est confrontée à des problèmes insolubles. D'un côté, la dénonciation des radicaux maoïstes implique une purge de l'appareil administratif, et soulève souvent l'enthousiasme populaire : l'hiver de 1976-1977 prend parfois des allures de Thermidor sanglant, comme dans le Sichuan, où des comités révolutionnaires entiers vont au poteau d'exécution. D'un autre côté, les héritiers de Mao sont soumis à diverses pressions : celles des cadres qui demandent leur réhabilitation, à commencer par Deng Xiaoping, et des militaires qui, excédés par l'ultramaoïsme, les appuient souvent. Mais c'est aussi une partie de la population qui interprête la chute des ultramaoïstes comme la fin d'une dynastie : la campagne contre la bande des Quatre (ou des Cinq, comme nombre de Chinois disent, y incluant Mao...) résonne du récit des persécutions et des atrocités de la révolution culturelle. Les activités privées, du commerce à l'Opéra de Pékin, reprennent spontanément. Hua Guofeng, fédérateur d'occasion d'un centre maoïste qui se veut modéré, tente d'abord d'endiguer la démaoïsation. Tandis que les dénonciations de Deng se poursuivent, il prépare un dernier volume des Œuvres choisies de Mao, entame la construction d'un mausolée à Pékin, et s'en tient à la restauration de l'ordre classique : rétablissement des examens et de la hiérarchie salariale, arrêt des mobilisations massives de main-d'œuvre dans les campagnes.

Ce maoïsme modéré, contradiction dans les termes, ne dure pas. En février-mars 1977, plusieurs commandants militaires et dirigeants provinciaux font pression, brutalement parfois, pour obtenir la réhabilitation de Deng. En mai 1977, le plus pragmatique et réformateur des textes jamais écrits par Mao (Des « Dix Grandes Relations », avr. 1956) est publié pour la première fois, et sera désormais rituellement invoqué pour justifier les changements. En juillet 1977, à la veille du XIe congrès, Deng Xiaoping est réhabilité, apparemment sans condition, à la troisième place du régime. Vice-président du comité central, il est suivi par des militaires modérés et des gestionnaires chevronnés. Hua Guofeng, président du comité central, n'est toutefois investi d'aucune prééminence au sein du bureau politique, qui devient ainsi collégial. Dans son discours au congrès, Deng lance ce qui sera son slogan contre ses rivaux : « Moins de phrases creuses et plus d'action. »

La dualité de lignes qui avait existé entre 1973 et 1976 se reconstitue ainsi au sommet. Mais, cette fois, les héritiers de Mao ont la partie plus difficile. Les mobilisations de masse sont discréditées, et la population attend avant tout libéralisation et élévation du niveau de vie. Le pouvoir politique communiste a toujours procédé de la mobilisation idéologique : les maoïstes n [...]

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Chine : drapeau

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1945 à 1962. La décolonisation

1945 à 1962. La décolonisation
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Armée populaire de libération

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Anshan, combinat sidérurgique

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Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, Centre d'études et de recherches internationales-Sciences Po
  • : maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales, maître de recherche à l'Institut français des relations internationales

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Pour citer l’article

Jean-Philippe BÉJA, François GODEMENT, « CHINE, histoire, de 1949 à nos jours », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chine-histoire-de-1949-a-nos-jours/