CHINEPolitique étrangère contemporaine

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique populaire de Chine (CN)
Chef de l'ÉtatXi Jinping (depuis le 14 mars 2013)
Chef du gouvernementLi Keqiang (depuis le 15 mars 2013)
CapitalePékin
Langue officiellechinois mandarin

Depuis 1979, la diplomatie de la République populaire de Chine est au service des quatre objectifs majeurs suivants : le développement économique du pays, l'affirmation et la consolidation de son statut de grande puissance, la réunification de la nation chinoise et la survie du régime actuel. Ces objectifs peuvent sembler contradictoires, et le dernier – la stabilité du système politique dirigé par le Parti communiste instauré en 1949 – reste, comme l'a montré le massacre de Tiananmen en 1989 ou plus récemment le combat sans concession contre toute extension des révolutions arabes à la Chine en 2011, prioritaire. Mais en même temps, la direction du P.C. chinois a constamment cherché à concilier l'ensemble de ces buts. Ainsi, l'effondrement de l'Union soviétique en 1991 a persuadé Deng Xiaoping et ses successeurs, Jiang Zemin puis Hu Jintao, non seulement de poursuivre les réformes et le développement du pays mais d'accélérer son intégration à l'économie mondiale, seule garantie à leurs yeux de sa montée en puissance à la fois politique et militaire.

De fait, pour la première fois depuis la première guerre de l'opium (1840), la Chine pèse à nouveau de matière déterminante dans les affaires mondiales : elle est devenue en 2010 la deuxième puissance économique mondiale, devant le Japon et, si sa croissance se poursuit à ce rythme, elle devrait dépasser les États-Unis aux alentours de 2030, voire de 2020 si ces derniers peinent à sortir de la crise. Parallèlement, depuis 1989, l'Armée populaire de libération (A.P.L.) est engagée dans un processus sans précédent de modernisation, notamment de sa marine, de son armée de l'air et de ses armements nucléaires, dont l'objectif n'est pas d'atteindre une impossible parité militaire avec les États-Unis mais de crédibiliser le statut de grande puissance de la Chine, d'abord en Asie, puis progressivement dans le reste du monde.

Défilé de l'armée populaire chinoise place Tienanmen

Photographie : Défilé de l'armée populaire chinoise place Tienanmen

Le défilé militaire organisé place Tienanmen à l'occasion du cinquantième anniversaire de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1999, fut particulièrement imposant et exprima sans ambages la volonté de puissance de la Chine. 

Crédits : Sovfoto/ Universal Images Group/ Getty Images

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Cela étant, la diplomatie chinoise ne s'appuie pas uniquement sur cette capacité militaire croissante. Elle fonde sa force à la fois sur l'impact désormais mondial de sa modernisation économique et sur l'exercice d'une « puissance douce » (soft power) selon l'expression du politologue américain Joseph Nye : un patient travail d'influence mais aussi d'attraction à la fois culturel et idéologique dont elle espère qu'il pourra avoir un impact sur les gouvernements et les sociétés situés en dehors de la zone de rayonnement traditionnel de la Chine.

Afin d'accroître son efficacité, cette méthode en douceur et la diplomatie chinoise en général doivent surmonter deux handicaps importants et appelés à durer : la montée en puissance du pays et le caractère répressif de son régime politique. Le risque pour la Chine est évidemment que ces deux réalités soient perçues par la communauté internationale – et en particulier les pays démocratiques et développés, qui se trouvent être ses principaux partenaires politiques et économiques – comme se renforçant mutuellement. Afin de battre en brèche cette perception et de rassurer les inquiétudes des tenants du syndrome de la « menace chinoise », Pékin a dans l'ensemble continué de privilégier une certaine prudence sur la scène internationale. Après son arrivée au pouvoir en 2002, Hu Jintao a mis en avant les notions d'« ascension pacifique » et d'« harmonie », s'efforçant autant que possible d'éviter les conflits et de proposer des solutions « gagnant-gagnant », tout en maintenant sa différence. Toutefois, la tentation du gouvernement d'affirmer sa puissance – alors que l'Occident développé et le Japon connaissent depuis 2007 une crise financière sans précédent et un affaiblissement relatif évident – et d'instrumentaliser dans ses relations extérieures le nationalisme ombrageux qu'il continue de cultiver à l'intérieur, pour maintenir sa légitimité au sein de la société, montre combien une fois encore la diplomatie chinoise butte sur les contradictions inhérentes à ses objectifs. Ainsi, en 2010, l'on a assisté à une très nette affirmation de la puissance chinoise, en particulier sur des dossiers régionaux (Taïwan, mer de Chine méridionale, Japon). Mais celle-ci a eu un coût – en particulier le resserrement des liens stratégiques entre les États-Unis et ses alliés en Asie-Pacifique – qui a incité Pékin en 2011 à privilégier de nouveau la « stratégie indirecte » et à faire sentir de manière plus progressive et moins frontale le caractère incontournable de son rôle international.

Les priorités de la diplomatie chinoise après Tiananmen (1989)

Au lendemain du massacre de Tiananmen, la Chine s'est efforcée de sortir de son isolement diplomatique et de s'associer peu à peu à un plus grand nombre d'organisations et de mécanismes multilatéraux de négociations. L'envoi de forces de maintien de la paix au Cambodge en 1991 et la signature par la Chine du traité de non-prolifération en 1992 sont les deux premiers jalons les plus caractéristiques de cette évolution.

Cependant, parallèlement, dans le monde de l'après-guerre froide dominé par les États-Unis, le gouvernement chinois a fait de la multipolarité – ou plus exactement de la « multipolarisation » (duojihua) – une priorité. Destiné à affaiblir ce que Pékin perçoit comme « l'hégémonisme » américain dans les relations internationales, ce discours a pour traduction diplomatico-stratégique le soutien chinois de toutes les initiatives de nature à réduire l'influence des États-Unis dans le monde. Ainsi, la constitution de nouveaux « pôles » indépendants, nationaux ou multinationaux (Union européenne, Association des nations du Sud-Est asiatique, Union africaine, Mercosur) est ouvertement appuyée par la Chine. Poursuivant ce même objectif, Pékin renforce ses relations avec les puissances grandes ou moyennes qui prennent leurs distances avec Washington, refusent de s'aligner complètement sur cette capitale ou bien se montrent également favorables à la multipolarité.

En 1996, Jiang Zemin signe un accord de « partenariat stratégique » avec la Russie de Boris Eltsine. Un an après, il établit un « partenariat global » avec la France de Jacques Chirac, puis l'étend en 1998 à l'Union européenne (U.E.). En 1996 également, la Chine propose à la Russie et à ses trois nouveaux voisins d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan) de mettre en place un groupe destiné à renforcer la sécurité des frontières et à lutter contre les forces « séparatistes, terroristes et extrémistes », cherchant par là à endiguer plus efficacement les mouvements d'opposition ouïghours au Xinjiang. En juin 2001, ce groupe, dit de Shanghai car il fut établi dans cet [...]

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Défilé de l'armée populaire chinoise place Tienanmen

Défilé de l'armée populaire chinoise place Tienanmen
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Marine de guerre taïwanaise en manœuvre

Marine de guerre taïwanaise en manœuvre
Crédits : Sam Yeh/ AFP

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Cérémonie de rétrocession de Hong Kong à la Chine

Cérémonie de rétrocession de Hong Kong à la Chine
Crédits : Peter Turnley/ Corbis/ VCG/ Getty Images

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Vladimir Poutine et Hu Jintao, 2008

Vladimir Poutine et Hu Jintao, 2008
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Jean-Pierre CABESTAN, « CHINE - Politique étrangère contemporaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chine-politique-etrangere-contemporaine/