CATHOLICISMEHistoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II

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L'héritage de l'Empire romain et l' « éducation » des peuples barbares

La conversion de l'empereur Constantin, en 313, est un événement d'immense conséquence. Hier étrangère à la société, voici que l'Église en devient une des forces vives, lui communiquant ses espérances et transformant ses mœurs. Elle demeure force d'éducation et d'unité lorsque les structures de l'Empire se disloquent sous les poussées successives des peuples barbares.

L'Empire romain devient chrétien

La conversion de Constantin ne change rien à la religion officielle de l'État, dont l'empereur demeure le pontife suprême. Mais les chrétiens cessent d'être suspects. Les possessions de leurs communautés s'accroissent sous la garantie commune de la loi, leurs ministres participent aux privilèges des prêtres païens, l'évêque de Rome s'installe au palais du Latran, des édifices de culte se construisent, spécialement à Jérusalem (Saint-Sépulcre) et à Rome (Saint-Pierre). Avantages précaires, tant que l'opportunisme politique commande l'attitude des empereurs, tant que les cadres de la société demeurent païens de mentalité et de cœur. Un instant, tout semble même remis en question lorsque l'empereur Julien (361-363), apostat d'un christianisme jamais assimilé, tente de restaurer l'ancienne religion. Mais le processus inauguré par Constantin se poursuit : plus d'autel de la victoire au Sénat, décide Gratien (  383), qui renonce à son titre de pontife ; l'usage des sacrifices est interdit par Théodose (  395) dans tout l'Orient ; bientôt, sous Justinien (  565), seuls les baptisés jouiront des droits de citoyen, les coupables d'hérésie seront exclus des fonctions publiques. Le christianisme est devenu la religion de l'Empire et, ainsi, d'une certaine manière, lui appartient. Si l'Église participe au pouvoir, elle doit aussi compter avec lui : l'indépendance est plus difficile à l'égard d'un protecteur que d'un ennemi. En quelques circonstances, en tout cas, des évêques savent rappeler aux gouvernants qu'ils ne sont pas au-dessus des lois ordinaires de la vie chrétienne ; ainsi saint Ambroise à l'égard de Théodose.

Les structures internes de l'Église

L'organisation ecclésiastique se modèle sur celle de l'administration impériale : chaque cité à son évêque, choisi par le peuple, secondé par divers ministres, spécialement des prêtres, qui président au culte dans les campagnes, en chaque province, l'évêque de la cité principale a prééminence sur ses collègues et préside leurs réunions, ou synodes provinciaux. Quelques Églises d'Orient, plus anciennes et plus importantes, étendent leur autorité à plusieurs provinces ; ainsi se constituent les patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, puis ceux de Constantinople (381) et de Jérusalem (451) ; seule l'Église de Rome tient en Occident une position semblable. De grands conciles rassemblent les évêques de la communauté (oïkouménè) chrétienne ; ils se tiennent en Orient, mais toujours en communion avec l'évêque de Rome, qui s'y fait représenter par les légats.

Le jeu des forces géographiques et culturelles, qui, au-delà des rivalités de personnes, a entraîné la division définitive du pouvoir impérial entre Orient et Occident (395), s'exerce aussi au sein de l'Église. Autre déjà la figure des Églises d'Orient, avec leurs liturgies, la multitude de leurs monastères, la passion qu'y suscitent les controverses dogmatiques, autre la figure de l'Occident, désormais latin, où s'étend la pratique du célibat des prêtres, où se dessinent avec saint Augustin des orientations plus « psychologiques » en matière de réflexion religieuse.

La crise arienne et les hérésies christologiques

Qu'importent les diversités de culte ou de discipline si tous communient dans une même foi en Jésus Sauveur ? Mais précisément l'intégrité de cette foi se trouve menacée dans le nécessaire effort des esprits cultivés pour confronter entre elles les données de l'Écriture, pour exprimer en catégories rationnelles les richesses du mystère révélé. Il y a péril à s'en tenir à un seul point de vue, et c'est l'opiniâtreté dans de tels choix (hérésies) qu'évêques et conciles combattent tout au long des ive et ve siècles, à la recherche d'une exacte formulation de la foi.

La première crise est celle de l'arianisme, qui met en cause la divinité de Jésus et, par là même, la réalité de son œuvre rédemptrice. Le prem [...]

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-200 à 200 apr. J.-C. La loi romaine

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Pour citer l’article

Jean DANIÉLOU, André DUVAL, « CATHOLICISME - Histoire de l'Église catholique des origines au pontificat de Jean-Paul II », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/catholicisme-histoire-de-l-eglise-catholique-des-origines-au-pontificat-de-jean-paul-ii/