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CANCER Cancers et virus

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Le rôle joué par certains virus dans la genèse de cancers humains et l'existence de virus oncogènes (du grec onkos, grosseur, tumeur) est certainement encore sous-estimé. Cela tient au fait que les virus oncogènes appartiennent à des familles diverses (peut-être pas encore toutes recensées) et que les mécanismes par lesquels ils interviennent dans la formation des tumeurs sont très complexes.

Historique

L'étiologie virale de certaines formes de cancer a été reconnue chez l'animal, dès le début du xxe siècle.

Souris transgénique et oncogenèse - crédits : Encyclopædia Universalis France

Souris transgénique et oncogenèse

Ainsi, Vilhelm Ellerman et Oluf Bang en 1908 et Peyton Rous en 1911 démontrent successivement le rôle du virus de la leucémie aviaire (ALV) et du virus du sarcome de Rous (SV) dans le développement de tumeurs chez le poulet ainsi que le caractère transmissible de ces agents. En 1936, John Bittner montre le rôle d'un virus (MMTV) dans la formation de tumeurs mammaires chez la souris et sa transmission par le lait maternel à la descendance. Ce n'est que plus tard que Ludwig Gross (1951) et Charlotte Friend (1957) décrivirent des virus responsables de leucémies murines d'évolution respectivement lente et rapide.

Malgré ces démonstrations de liens entre virus et cancers dans le monde animal et les efforts acharnés des virologues et des médecins, les recherches restèrent longtemps vaines avant de pouvoir relier des leucémies, ou des tumeurs solides, à des virus humains... Les découvertes se sont enfin succédé dans la deuxième partie du xxe siècle.

C'est en 1964 que Anthony Epstein, Bert Achong et Yvonne Barr isolent un virus dénommé virus Epstein-Barr (EBV), à partir de cultures de lymphome de Burkitt, et en 1966 que Werner Henlé évoque le lien entre ce virus (EBV) et cette tumeur. Un lien sera ensuite établi entre ce virus et le cancer du nasopharynx.

En 1980, Philippe Maupas et François Denis organisent à Dakar un congrès sur la relation entre hépatite B et hépatome, et évoquent l'hypothèse d'une prévention possible par vaccination.

En 1982, Mitsuaki Yoshida associe les leucémies T au rétrovirus HTLV-1, découvert deux ans avant.

En 1989, le lien entre le virus de l'hépatite C (HCV) et certains hépatocarcinomes est établi pratiquement dès la découverte du virus.

En 1993, Mark Schiffman implique certains papillomavirus (HPV) dans le cancer du col de l'utérus.

En 1996, le sarcome de Kaposi est relié à un nouvel herpès virus (HHV-8).

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Écrit par

  • : professeure des Universités, praticienne hospitalier
  • : docteur en médecine, docteur d'État ès sciences, professeur des Universités en bactériologie, virologie, hygiène
  • : professeure des Universités, praticienne hospitalier au CHU de Limoges

Classification

Pour citer cet article

Sophie ALAIN, François DENIS et Sylvie ROGEZ. CANCER - Cancers et virus [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 13/03/2024

Médias

Souris transgénique et oncogenèse - crédits : Encyclopædia Universalis France

Souris transgénique et oncogenèse

Transformation cellulaire et rétrovirus. - crédits : Encyclopædia Universalis France

Transformation cellulaire et rétrovirus.

Proto-oncogènes cellulaires - crédits : Encyclopædia Universalis France

Proto-oncogènes cellulaires

Autres références

  • CANCER ET ENVIRONNEMENT

    • Écrit par
    • 1 542 mots
    • 3 médias

    Jusqu'à récemment prévalait l'idée que la plupart des cancers sont causés par notre mode de vie. Depuis la Seconde Guerre mondiale, notre environnement s'est profondément modifié et, simultanément, de nouvelles maladies sont apparues, tandis que d'autres, tels les cancers, sont devenues beaucoup plus...

  • GÉNOMIQUE - Génomique et cancérologie

    • Écrit par et
    • 4 785 mots
    • 1 média

    Le décryptage du génome humain, au début du xxie siècle, a facilité l'analyse du fonctionnement cellulaire sous l'influence des gènes. D'où l'entrée en scène d'une génomique fonctionnelle cancérologique qui s'attache notamment à comprendre, afin de les contrôler, les mécanismes de l'...

  • MÉTASTASES, médecine

    • Écrit par
    • 7 561 mots
    • 4 médias

    Le terme « métastase » fut proposé en 1829 par Joseph Claude Récamier qui fut le premier, dans son traité Recherches du cancer, à montrer, par des observations anatomiques, que les métastases provenaient de l'émigration des cellules cancéreuses hors de la tumeur primaire et de leur greffe...

  • ADÉNOGRAMME

    • Écrit par
    • 626 mots

    L'adénogramme correspond à l'examen du frottis du suc ganglionnaire après ponction d'un ganglion. La ponction de ganglion est une technique simple et sans danger. Le ganglion est piqué avec une aiguille, et le suc ganglionnaire est éjecté sur une lame grâce à une seringue. Ce suc est ensuite...

  • ADN (acide désoxyribonucléique) ou DNA (deoxyribonucleic acid)

    • Écrit par , , et
    • 10 074 mots
    • 10 médias
    ...télomérase. Il se trouve qu’on sait depuis 1994 que la télomérase est une enzyme clé de la cancérisation puisqu’elle est surexprimée dans près de 85 p. 100 des cancers tout en étant inactive dans les tissus sains. Ainsi, la télomérase est un marqueur de cancers dont l’activité peut être modulée par la structure...
  • AGNOTOLOGIE

    • Écrit par
    • 4 992 mots
    • 2 médias
    ...fin du xxe siècle. Proctor, qui avait auparavant travaillé sur la médecine raciale dans l’Allemagne nazie, introduit l’expression en 1995 dans Cancer Wars, ouvrage dont le sous-titre –  « Comment les politiques publiques façonnent ce que nous savons et ce que nous ne savons pas sur le cancer...
  • AMIANTE ou ASBESTE

    • Écrit par , et
    • 3 488 mots
    L'exposition à l'amiante entraîne, par ordre de fréquence décroissante, des cancers broncho-pulmonaires, des mésothéliomes et d'autres tumeurs primitives de la plèvre et, avec une moins grande certitude, des cancers gastro-intestinaux, en particulier des cancers de l'estomac.
  • Afficher les 90 références