- 1. Structure des papillomavirus et modalités de l'infection virale
- 2. Épidémiologie et transmission des papillomavirus humains
- 3. Aspects cliniques
- 4. HPV et cancer du col utérin : un modèle de cancer viro-induit
- 5. Diagnostic de l'infection à papillomavirus
- 6. Traitement des infections génitales à HPV
- 7. Prévention : vaccination contre les papillomavirus
- 8. Bibliographie
PAPILLOMAVIRUS
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Les papillomavirus sont des virus responsables de la papillomatose, c'est-à-dire la formation de verrues. Comme certaines d’entre elles peuvent évoluer en tumeurs – comme Peyton Rous et Joseph Beard l’ont montré en 1935 chez le lapin –, certains papillomavirus sont des modèles de virus oncogènes. De nombreux virus de la même famille ont été découverts depuis lors, chez diverses espèces animales (bovins, cervidés, chiens, singes...) et chez l'homme. On connaît actuellement plus de 200 papillomavirus humains, responsables d'une grande variété de tumeurs le plus souvent bénignes, situées au niveau de la peau et des muqueuses, allant de la simple verrue cutanée au cancer du col utérin.

Modifications de l’épithélium du col utérin au cours d’une infection par un papillomavirus oncogène
Pr. F. Labrousse, CHU Limoges
Quatrième cancer de la femme en fréquence (plus de 662 000 cas en 2002) et quatrième cause de mortalité féminine par cancer (348 874 décès en 2002) dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer du col utérin constitue un réel problème de santé publique, en particulier dans les pays à bas niveau socio-économique où il est le cancer le plus fréquent chez la femme. Pourtant, il peut guérir lorsqu'il est traité tôt. Son dépistage précoce est donc essentiel et repose sur le frottis cervico-vaginal et (ou) la recherche des papillomavirus à haut risque oncogène par une technique moléculaire, selon l’âge de la patiente. D’autres cancers sont également liés aux papillomavirus (anus, vagin, vulve, pénis et voies aérodigestives supérieures) mais tous ne font pas l’objet d’un dépistage systématique. La prévention de ces cancers repose sur la vaccination contre les papillomavirus à haut risque oncogène, introduite en 2008, dont l’efficacité a permis de voir décroître le nombre de lésions précancéreuses et de cancers dans les pays dont la couverture vaccinale est élevée.
Structure des papillomavirus et modalités de l'infection virale
Les papillomavirus appartiennent à la famille des Papillomaviridae. Ce sont des virus à ADN, petites sphères (55 nm de diamètre), avec un génome composé d’un ADN double brin circulaire d'environ 8 000 paires de bases, protégées par une capside protéique de symétrie icosaédrique comprenant 72 capsomères et non enveloppée. Le virus est très résistant aux modifications de pH et de température, ce qui favorise sa persistance dans le milieu extérieur. Le génome viral code huit protéines : E1, E2, E4, E5, E6 et E7 sont impliquées dans la multiplication du virus ; L1 et L2 sont les constituants de la capside. La protéine L1, à fort potentiel immunogène, est utilisée dans le développement des vaccins. E6 et E7 sont les protéines oncogènes impliquées dans la cancérogenèse, interagissant avec différents facteurs de régulation du cycle cellulaire.
À la faveur d'un microtraumatisme générant une brèche dans l'épithélium cutané ou muqueux, le virus va pénétrer dans l'organisme puis se multiplier dans les cellules basales de l'épithélium. Au niveau du col utérin, la cible préférentielle du virus est la zone de jonction entre épithélium malpighien qui recouvre le col de l’utérus et épithélium glandulaire situé à l'orifice du col. Cette région est particulièrement sensible à l'infection chez les femmes jeunes car les cellules s'y répliquent activement. Dans les cellules basales de l'épithélium du col, le virus peut soit se multiplier, soit persister sous forme d’ADN libre circulaire, soit s'intégrer au génome cellulaire. La multiplication virale suit la différenciation des cellules de l'épithélium au cours de leur ascension de la base vers la surface : seules les cellules des couches superficielles, très différenciées, contiennent des virions complets infectieux. La desquamation et la lyse de ces cellules vont permettre la diffusion du virus. Les cellules sont modifiées par la présence du virus, avec un noyau de grande taille et une vacuole contenant[...]
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Écrit par
- Sophie ALAIN : professeure des Universités, praticienne hospitalier
- Sébastien HANTZ : professeur des Universités, praticien hospitalier, médecin biologiste-virologue
- Sarah MAFI : assistante hospitalo-universitaire, service bactériologie-virologie-hygiène du CHU de Limoges
Classification
Médias
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Voir aussi
- VACCINS & SÉRUMS
- ANTI-ONCOGÈNES ou GÈNES SUPPRESSEURS DE TUMEURS
- UTÉRUS
- GÉNOTYPE
- CONDYLOME
- ÉPITHÉLIUM
- PEAU MALADIES DE LA ou DERMATOSES
- INFECTION
- VIROLOGIE MÉDICALE
- PRÉCANCÉREUSES LÉSIONS
- ANATOMIE PATHOLOGIQUE
- TUMEUR BÉNIGNE
- TUMEUR MALIGNE
- FACTEUR DE RISQUE, épidémiologie
- VIRALE PARTICULE ou VIRION
- CONTAGION
- GYNÉCOLOGIE
- DÉPISTAGE, médecine
- MÉDECINE PRÉVENTIVE ET PRÉVENTION MÉDICALE
- UTÉRUS CANCER DU COL DE L'
- MST (maladies sexuellement transmissibles)
- COL DE L'UTÉRUS

