Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ADÉNOGRAMME

L'adénogramme correspond à l'examen du frottis du suc ganglionnaire après ponction d'un ganglion. La ponction de ganglion est une technique simple et sans danger. Le ganglion est piqué avec une aiguille, et le suc ganglionnaire est éjecté sur une lame grâce à une seringue. Ce suc est ensuite étalé et séché sur cette lame. Après coloration, le frottis ainsi obtenu est regardé au microscope et le comptage des différentes cellules est pratiqué. Normalement, l'adénogramme est composé presque exclusivement de lymphocytes, petits et grands (90 à 98 p. 100 des cellules). Les lymphoblastes, cellules immatures, représentent 1 à 3 p. 100 de la population cellulaire. On trouve aussi quelques plasmocytes, cellules réticulaires et monocytes.

La ponction ganglionnaire peut être difficile à effectuer lorsque les ganglions sont petits, durs et mobiles. Lorsqu'aucun suc n'a pu être retiré (ponction blanche), ou lorsque le produit obtenu est du sang, l'interprétation est impossible. La ponction peut aussi extraire du pus, ce qui est un avantage majeur pour un diagnostic. Le pus est alors cultivé afin de connaître l'agent infectieux responsable. L'adénogramme, dans ce cas, reconnaît des polynucléaires altérés par l'infection.

Une autre méthode d'obtention de frottis ganglionnaires pour effectuer un adénogramme est l'empreinte ganglionnaire. Lorsqu'un ganglion est ôté chirurgicalement (biopsie ganglionnaire), celui-ci peut être coupé en deux parties, et la tranche ganglionnaire est apposée sur une lame.

L'avantage essentiel de l'adénogramme est de bien examiner les cellules contenues dans un ganglion, mais il n'apporte aucun renseignement sur l'organisation du ganglion. L'examen cytologique à l'aide de colorations variées est donc extrêmement utile en pathologie. Inversement la biopsie ganglionnaire (examen histologique) montre l'architecture du ganglion, mais reconnaît difficilement les détails des cellules qui le composent. Ces deux examens sont souvent complémentaires, et si la ponction ganglionnaire n'apporte pas de conclusions formelles, la biopsie est indiquée.

En pathologie, la ponction ganglionnaire peut reconnaître des aspects d'inflammation ou d'infiltration. Les inflammations aiguës s'accompagnent de pus. Les inflammations chroniques (tuberculose, maladies vénériennes, toxoplasmose, mononucléose infectieuse, lymphoréticulose bénigne d'inoculation, tularémie, brucellose, etc.) ont des aspects particuliers où on retrouve notamment un polymorphisme cellulaire avec souvent des polynucléaires. Les adénopathies non inflammatoires sont souvent malignes : il peut s'agir d'infiltration métastatique d'un cancer (les cellules cancérigènes sont visibles à l'adénogramme). Le cancer se trouve généralement proche de l'adénopathie métastatique, cependant un ganglion peut drainer une région lointaine ; ainsi un ganglion sus-claviculaire gauche (ganglion de Troisier) fait craindre une lésion de la région sous-diaphragmatique. On peut aussi reconnaître une tumeur ganglionnaire primitive : maladie de Hodgkin ou sarcome. Dans la maladie de Hodgkin, l'adénogramme est particulièrement utile en montrant la cellule de Sternberg, spécifique de la maladie. Enfin, les adénopathies peuvent être associées à d'autres hémopathies : leucémie lymphoïde chronique (lymphocytes à l'adénogramme), leucémies aiguës (leucoblastes sur le frottis ganglionnaire), leucémie myéloïde chronique (métaplasie myéloïde dans le ganglion).

— Laurent DEGOS

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur agrégé à l'université de Paris-VII, Institut de recherches sur les maladies du sang, hôpital Saint-Louis

Classification

Pour citer cet article

Laurent DEGOS. ADÉNOGRAMME [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ADÉNOPATHIE

    • Écrit par François BOURNÉRIAS
    • 304 mots

    Accroissement anormal, localisé ou généralisé, du volume des ganglions lymphatiques. Le diagnostic, qui est très aisé lors des atteintes des chaînes ganglionnaires superficielles (cervicales, axillaires, inguinales), devient très difficile dans les adénopathies profondes (thoraciques ou abdominales)...

  • HÉMATOLOGIE

    • Écrit par Jean BERNARD, Michel LEPORRIER
    • 8 478 mots
    • 1 média
    ...pernicieuse ; elle a précisé les diverses formes des insuffisances de la moelle osseuse et leur évolution. Hémogramme, myélogramme, splénogramme, adénogramme sont les noms donnés respectivement à l'examen du sang, de la moelle, de la rate, des ganglions. L'hémogramme et le myélogramme sont également...

Voir aussi