CONCENTRATION CAMPS DE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Camps dans lesquels sont rassemblés, sous la surveillance de l'armée ou de la police, soit des populations civiles de nationalité ennemie, soit des prisonniers de guerre ou des détenus politiques. Dans le monde moderne, les premiers camps paraissent avoir été ceux qui furent créés par les Espagnols au cours de la révolte de Cuba. Pendant la guerre des Boers en Afrique du Sud, les Anglais internèrent ainsi femmes, enfants et vieillards transformés en otages pour venir à bout de leurs ennemis. Durant la Première Guerre mondiale, les nationaux des pays ennemis furent rassemblés dans de tels camps. Depuis 1917, l'U.R.S.S. a ouvert de nombreux camps, surtout en Sibérie, pour interner des condamnés politiques et de droit commun. Les autorités soviétiques justifient le travail forcé dans leurs camps par la nécessité de sanctions politiques et de rééducation politique ou sociale. Les camps dans le Grand Nord peuvent être considérés comme des camps d'extermination ; y furent envoyés non seulement des Russes opposants ou suspects, mais aussi des ressortissants des pays occupés (Pologne, États baltes, Bulgarie, Roumanie). La Seconde Guerre mondiale a multiplié considérablement ces lieux de détention. Utilisés par la plupart des pays belligérants, ceux du Japon et surtout ceux de l'Allemagne nationale-socialiste sont restés tristement célèbres par leur importance, leur système et leur rigueur criminelle. Créés par les dirigeants du IIIe Reich, dès leur arrivée au pouvoir en 1933, pour la « rééducation » et la reprise en main des Allemands antinazis, des condamnés de droit commun « asociaux » ou des homosexuels, ils furent, à partir de 1936, administrés par les SS de Himmler qui les transformèrent peu à peu, et surtout à partir de 1939, en enfers organisés. À partir de l'occupation de la Pologne, les camps proliférèrent ; y furent enfermés des ressortissants de vingt nations, hommes, femmes et enfants : Polonais d'abord, puis prisonniers de guerre russes non protégés par la Convention de Genève (l'U.R.S.S. ne l'avait pas signée) et résistants de tous les pays occupés par la Wehrmacht. On estime généralement à plusieurs millions (de quatre à six) le nombre de malheureux qui connurent ce que l'on appelle l'univers concentrationnaire, monde clos, autogéré, qui se définit essentiellement par le travail forcé, la sous-alimentation, les sévices physiques et moraux, la peur, la déchéance et la mort. Avec les impératifs de la guerre, ces détenus devinrent d'immenses réserves de main-d'œuvre gratuite, servile, indéfiniment renouvelable, qui alimentèrent des usines de tous genres, dans toutes les régions du IIIe Reich et des pays annexés. À cette extermination par le travail s'ajouta la politique dite de la solution finale systématiquement appliquée aux races « inférieures » : Juifs, Tziganes, puis Slaves. À cet effet, quelques grands camps furent dotés d'une chambre à gaz en forme de salle de douches, flanquée de fours crématoires pour brûler les corps des victimes.

Libération du camp de Vittel

Photographie : Libération du camp de Vittel

Les prisonniers du camp de Vittel, en France, attendent leur libération après la prise de la ville par la IIIe armée américaine, en septembre 1944. 

Crédits : Broderick/ Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

Camps de concentration et d'extermination

Dessin : Camps de concentration et d'extermination

Le système concentrationnaire nazi est mis en place immédiatement après l'arrivée au pouvoir de Hitler, avec l'ouverture officielle du premier camp, à Dachau, le 22 mars 1933, qui prend le relais des camps « sauvages » organisés par les SA. Instrument de répression politique contrôlé... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

On a recensé près d'un millier de camps de concentration dont certains ont compté jusqu'à 60 000 détenus à la fois. Les plus grands camps étaient répartis en Pologne (Maïdanek, Auschwitz, Birkenau, Stutthof), en Allemagne (Dachau, Buchenwald, Oranienburg-Sachsenhausen, Flossenburg, Bergen-Belsen, Dora, Ravensbruck) et aussi en Autriche (Mauthausen), en Bohême (Theresienstadt), en Alsace (Natzwiller-Struthof) et dans les États baltes (Kaunas, Riga). Chacun de ces grands camps administrait des centaines de commandos plus ou moins fixes, plus ou moins importants. L'alimentation insuffisante, l'épuisement physique, les épidémies, les sévices ou les pendaisons (ou encore le coup de gourdin mortel) décimaient les rangs des hommes et des femmes en « pyjama » rayé qui n'étaient pas directement concernés par la solution finale. Dans certains camps, de prétendues expériences médicales (inoculation de maladies, essais de castration ou de stérilisation, brûlures au phosphore, résistance au froid, aux hautes pressions et basses pressions) firent également un grand nombre de victimes. L'administration des camps était placée sous le contrôle des SS. Ceux-ci, cependant, étaient peu nombreux, quelques centaines pour des dizaines de milliers de concentration [...]

Enfants à Auschwitz

Photographie : Enfants à Auschwitz

Des enfants derrière les barbelés du camp d'extermination d'Auschwitz, en Pologne annexée par les nazis. 

Crédits : Alexander Vorontsov/ Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

Camp de Birkenau-Auschwitz (Pologne)

Photographie : Camp de Birkenau-Auschwitz (Pologne)

Complexe d'Auschwitz-Birkenau, symbole du système concentrationnaire nazi : camp de travail, camp de concentration, camp d'extermination. 

Crédits : Insight Guides

Afficher

Dachau

Photographie : Dachau

Grille d'entrée du camp de concentration de Dachau. 

Crédits : PHAS/ Universal Images Group/ Getty Images

Afficher

Libération de Dachau

Photographie : Libération de Dachau

Un jeune Juif hongrois, derrière les barbelés du camp de concentration de Dachau, en mai 1945. Il espère être libéré dans quelques jours et sait que, désormais, il est sauvé. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

Buchenwald

Photographie : Buchenwald

Des déportés du camp de concentration de Buchenwald, lors de leur libération par l'armée américaine, en avril 1945. 

Crédits : H Miller/ Getty Images

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Médias de l’article

Libération du camp de Vittel

Libération du camp de Vittel
Crédits : Broderick/ Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Camps de concentration et d'extermination

Camps de concentration et d'extermination
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Enfants à Auschwitz

Enfants à Auschwitz
Crédits : Alexander Vorontsov/ Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Camp de Birkenau-Auschwitz (Pologne)

Camp de Birkenau-Auschwitz (Pologne)
Crédits : Insight Guides

photographie

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  CONCENTRATION CAMPS DE  » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne moderne et contemporaine

  • Écrit par 
  • Michel EUDE, 
  • Alfred GROSSER
  •  • 26 856 mots
  •  • 39 médias

Dans le chapitre « Le procès de l'Allemagne en ruine »  : […] À l'époque, livres et films s'intitulent volontiers « Allemagne, année zéro ». Parce que le pays vaincu apparaît si détruit, si désemparé que tout semble à reconstruire, depuis les maisons jusqu'aux esprits . Mais aussi parce que, pour beaucoup, Hitler a été l'aboutissement fatal du « germanisme ». L'hitlérisme défait, il n'y a en quelque sorte plus d'histoire allemande possible, puisque ce serai […] Lire la suite

ARMÉNIENS GÉNOCIDE DES

  • Écrit par 
  • Raymond KÉVORKIAN
  •  • 4 927 mots

Dans le chapitre « Le mode opératoire »  : […] La volonté génocidaire a été portée par le Comité central jeune-turc, mais l'exécution de l'extermination confiée à un groupe paramilitaire, l' Organisation spéciale (Techkilât-i Mahsusa), dirigée par un bureau politique comprenant quatre des neuf membres du Comité central – Ahmed Nâzim, Bahaeddin Chakir, Atif bey et Yusuf Riza bey –, et Aziz bey, directeur du département des enquêtes criminelles. […] Lire la suite

ART SOUS L'OCCUPATION

  • Écrit par 
  • Laurence BERTRAND DORLÉAC
  •  • 7 393 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La France occupée »  : […] Le 22 juin 1940, la convention d'armistice ratifiait la victoire de l'Allemagne nazie. Le 9 juillet 1940, le ministère de la Propagande du III e  Reich donnait au vaincu un avant-goût du sort qu'il lui réservait : la France ne serait pas considérée comme une « alliée » mais jouerait en Europe le rôle d'une « Suisse agrandie », réserve agricole et touristique pouvant éventuellement assurer certaine […] Lire la suite

AUSCHWITZ

  • Écrit par 
  • Michael BERENBAUM
  •  • 1 220 mots
  •  • 3 médias

Auschwitz, également appelé Auschwitz-Birkenau, fut le plus grand des camps de concentration et d'extermination construits par l'Allemagne nazie . Situé près de la ville industrielle d'Oswiecim, dans le sud de la Pologne, Auschwitz était à la fois un camp de concentration, un camp d'extermination et un camp de travail forcé. Parce qu'il fut le camp d'extermination nazi où le plus de victimes s […] Lire la suite

BELZEC

  • Écrit par 
  • Michael BERENBAUM, 
  • Universalis
  •  • 438 mots

Le complexe de Belzec comprenait à la fois des camps de concentration et d'extermination. Il était installé autour du village du même nom, sur la ligne de chemin de fer Lublin-Lviv, dans la province de Lublin, alors en Pologne occupée par l'Allemagne. Dans le camp d'extermination, l'un des plus sinistres, les nazis massacrèrent au moins 600 000 juifs. Les nazis établirent le premier camp de tra […] Lire la suite

BERGEN-BELSEN

  • Écrit par 
  • Michael BERENBAUM, 
  • Universalis
  •  • 466 mots

Le camp de concentration nazi situé près des villages de Bergen et Belsen, à environ 16 kilomètres au nord-ouest de Celle, en Allemagne, fut construit en 1943 sur une partie d'un camp de prisonniers de guerre. Il devait servir à l'origine de camp de détention pour les juifs destinés à être échangés contre des Allemands détenus en territoire allié. Bergen-Belsen était constitué en réalité de cin […] Lire la suite

BUBER-NEUMANN MARGARETE (1901-1989)

  • Écrit par 
  • Alain BROSSAT
  •  • 1 032 mots

Margarete Gross est née le 21 octobre 1901 à Potsdam (Brandebourg), dans une famille aisée. Son père, brasseur, était un conservateur bon teint, sa mère était plus libérale. Adolescente, Margarete s'oriente tôt vers les Jeunesses communistes. Son premier mariage, avec Rafael Buber, fils du philosophe juif Martin Buber, dont elle a deux enfants, est un échec. Elle adhère au Parti communiste alleman […] Lire la suite

BUCHENWALD

  • Écrit par 
  • Michael BERENBAUM, 
  • Universalis
  •  • 465 mots

Le camp de concentration nazi de Buchenwald fut l'un des premiers et des plus grands camps établis sur le sol allemand. Construit en 1937 sur une colline boisée à environ 7 kilomètres au nord-ouest de Weimar, il complétait les camps de concentration de Sachsenhausen au nord et de Dachau au sud. Au début, des prisonniers politiques et d'autres groupes, notamment des juifs, y étaient détenus. Com […] Lire la suite

CAMP D'EXTERMINATION

  • Écrit par 
  • Michael BERENBAUM
  •  • 605 mots
  •  • 2 médias

Les camps d'extermination construits par les nazis ( Vernichtungslager ) étaient des camps de concentration destinés spécifiquement à l'anéantissement de masse ( Vernichtung ) des individus considérés comme indésirables dans l'espace du III e  Reich et des territoires conquis par les Allemands. Les victimes de ces camps furent pour la plus grande part des Juifs, mais aussi des Roms, des Slaves […] Lire la suite

CHALAMOV VARLAM (1907-1982)

  • Écrit par 
  • Georges NIVAT
  •  • 1 631 mots

Mort le 17 janvier 1982 dans un hospice pour vieillards, Varlam Chalamov (Šalamov) restera un des témoins essentiels de l'enfer concentrationnaire au xx e  siècle. Pour témoigner d'une expérience indicible par définition, la destruction de l'humain, Chalamov a su trouver la forme littéraire adéquate. Sans elle, l'indicible serait resté non-dit. Il faut se rappeler qu'au moment d'aborder la troisiè […] Lire la suite

Les derniers événements

24-31 mars 2016 Bosnie-Herzégovine. Condamnation de Radovan Karadzić et acquittement de Vojislav Seselj.

L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie arrêté en 2008 est notamment reconnu coupable de génocide pour le meurtre de plus de six mille hommes musulmans à Srebrenica, en juillet 1995, et la déportation de leurs femmes et de leurs enfants ; de crime contre l’humanité pour le siège de Sarajevo d’avril 1992 à février 1996, pour les massacres de Croates et de musulmans dans les villages de Bosnie ainsi que pour l’usage de camps de concentration tout au long de la guerre ; et de crimes de guerre pour la prise en otages de membres de l’ONU en mai et juin 1995. […] Lire la suite

1er-9 juin 1991 Vatican – Pologne. Quatrième voyage du pape Jean-Paul II dans son pays natal

Le parallèle qu'il fait entre le cimetière des victimes des camps de concentration et celui des enfants non nés provoque une réaction du secrétaire d'État polonais aux Droits de la femme et soulève une polémique, particulièrement en France. Le 9, ce voyage, essentiellement consacré au nord-est du pays, se termine à Varsovie après la visite d'une douzaine de villes. […] Lire la suite

14-16 juin 1989 France – Pologne. Visite du président François Mitterrand en Pologne

Le 16, François Mitterrand visite les camps de concentration d'Auschwitz et de Birkenau, puis regagne Paris après avoir fait, au cours d'une conférence de presse, l'éloge des dirigeants polonais.  […] Lire la suite

13-21 septembre 1987 France. Indignation après les déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz

-Le Monde, est interrogé sur les thèses des historiens révisionnistes qui nient l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis. Il affirme qu'il s'agit d'« un point de détail » de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ces propos suscitent une indignation générale. Dans la majorité, Claude Malhuret y voit une « nouvelle offensive des thèses révisionnistes », Jacques Chaban-Delmas se dit « estomaqué » et « horrifié », Pierre Messmer les trouve scandaleuses et inadmissibles. […] Lire la suite

11-26 mai 1987 France. Procès de Klaus Barbie à Lyon

Au cours de ce procès, devant près de quatre cents journalistes venus assister à ce qui est sans doute le dernier grand procès d'un criminel nazi, Barbie doit répondre de la rafle, opérée le 9 février 1943 au siège de l'Union générale des israélites de France, de la déportation des enfants juifs de la colonie d'Izieu (Ain) en 1944, ainsi que de celle, la même année, des six cent cinquante personnes se trouvant à bord du dernier convoi qui quitta Lyon vers les camps de concentration, en août 1944. […] Lire la suite

Pour citer l’article

André BRISSAUD, « CONCENTRATION CAMPS DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/camps-de-concentration/