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BELZEC

Le complexe de Belzec comprenait à la fois des camps de concentration et d'extermination. Il était installé autour du village du même nom, sur la ligne de chemin de fer Lublin-Lviv, dans la province de Lublin, alors en Pologne occupée par l'Allemagne. Dans le camp d'extermination, l'un des plus sinistres, les nazis massacrèrent au moins 600 000 juifs.

Les nazis établirent le premier camp de travail forcé pour les juifs polonais sur le site de Belzec au début de 1940. À l'automne, on comptait trois camps dans le village même et plusieurs camps satellites aux alentours, pouvant contenir plus de 11 000 détenus. Ceux-ci mouraient par centaines, d'épuisement, de faim, de maladie et de mauvais traitements. Les camps furent fermés en décembre 1940, et leur population fut dispersée.

Au début de 1942, les nazis créèrent à Belzec un camp d'extermination dirigé par Christian Wirth, destiné aux juifs de Pologne et plus tard, d'Allemagne, de Tchécoslovaquie et de Roumanie. Belzec était l'un des trois camps d'extermination (avec Sobibor et Treblinka) s'inscrivant dans le cadre d'un projet d'extermination de toute la population juive du centre et de l'est de la Pologne. Ce camp était encadré par une vingtaine de SS, assistés par quatre-vingt dix Ukrainiens, tous prisonniers de guerre soviétiques volontaires. Parmi ces Ukrainiens figuraient des Volksdeutsche – des Allemands vivant hors des frontières de l'Allemagne.

Le premier gazage, effectué en février 1942 pour tester les nouvelles chambres à gaz, utilisa des cartouches métalliques renfermant du monoxyde de carbone. Après ce test initial, le gaz fut envoyé dans les chambres par un moteur Diesel, afin de réduire le coût et la visibilité du transport des cartouches. Les chambres à gaz furent ensuite fermées et reconstruites afin d'éliminer davantage de personnes à la fois. Presque tous les juifs de Belzec étaient tués dès leur arrivée. Seul un petit groupe de prisonniers fut gardé en vie pour trier les vêtements et les objets de valeur. Ils cherchaient l'argent, tondaient les femmes et assuraient l'entretien des fours crématoires.

L'extermination dura moins de dix mois à Belzec. De décembre 1942 au printemps de 1943, les charniers furent ouverts et les corps des victimes exhumés et brûlés. Les os qui ne brûlaient pas étaient broyés. Le camp fut démonté et des cultures vinrent cacher sa sinistre fonction. Seule une poignée de rescapés survécurent.

— Michael BERENBAUM

— Universalis

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Écrit par

  • : ancien directeur de l'Institut américain de recherche sur la Shoah et de la Fondation américaine pour l'histoire visuelle des survivants de la Shoah
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CAMP D'EXTERMINATION

    • Écrit par Michael BERENBAUM
    • 606 mots
    • 2 médias

    Les camps d'extermination construits par les nazis (Vernichtungslager) étaient des camps de concentration destinés spécifiquement à l'anéantissement de masse (Vernichtung) des individus considérés comme indésirables dans l'espace du IIIe Reich et des territoires conquis par...

  • SHOAH

    • Écrit par Philippe BURRIN
    • 5 912 mots
    • 3 médias
    ...Pologne, subsidiairement des juifs d'autres provenances. À Chelmno (environ 150 000 victimes), des camions à gaz furent utilisés, tandis qu'à Belzec (550 000), Sobibor (200 000) et Treblinka (750 000), soit les trois camps créés dans le cadre de l'« Action Reinhard », les victimes furent...

Voir aussi