CHALAMOV VARLAM (1907-1982)

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Mort le 17 janvier 1982 dans un hospice pour vieillards, Varlam Chalamov (Šalamov) restera un des témoins essentiels de l'enfer concentrationnaire au xxe siècle. Pour témoigner d'une expérience indicible par définition, la destruction de l'humain, Chalamov a su trouver la forme littéraire adéquate. Sans elle, l'indicible serait resté non-dit. Il faut se rappeler qu'au moment d'aborder la troisième partie de son Archipel du Goulag, « L'Extermination par le travail », Soljénitsyne évoque ces courts récits chalamoviens, concrétions d'inhumain qui ont la concision saisissante d'un gel et d'une mort : « Embrasser toute cette histoire et toute cette vérité passe les forces d'une seule plume humaine [...]. Il se peut que les Récits de la Kolyma de Chalamov fassent ressentir plus sûrement au lecteur tout ce qu'il y a d'impitoyable dans l'esprit de l'Archipel et aussi les limites du désespoir humain. »

Non seulement l'« épopée » soljénitsynienne s'oppose aux récits de Chalamov comme le panorama, l'enquête inlassable s'opposent à l'instantané, mais encore tout le mouvement interne de L'Archipel du Goulag, avec sa lente poussée de la révolte, sa germination des saints, sa perspective sotériologique, est en lutte tantôt ouverte, tantôt sourde avec « l'autre témoin », celui qui mène aux « limites du désespoir humain ». Chalamov ne conduit pas à la déchéance de l'homme, mais à quelque chose de combien plus radical : il nous contraint à voir de l'humain mort.

Comment raconter les camps ?

Né en 1907, Varlam Chalamov est le dernier d'une famille de cinq enfants. Son père, prêtre de la cathédrale orthodoxe de Vologda, perd son ministère au début de la révolution d'Octobre 1917. Étudiant à Moscou, Varlam Chalamov est une première fois arrêté en 1929, pour avoir diffusé le Testament de Lénine. Il est condamné à trois ans de camp et envoyé au nord de l'Oural, sur la Vichéra où il travaille à la construction du combinat chimique de Berezniki. En 1932, il rentre à Moscou, et travaille comme journaliste. Son père meurt en 1933 ; il se marie en 1934. En 1937, lors de la Grande Terreur, il es [...]

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'université de Genève, recteur de l'université internationale Lomonosov à Genève, président des Rencontres internationales de Genève

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Pour citer l’article

Georges NIVAT, « CHALAMOV VARLAM - (1907-1982) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/varlam-chalamov/