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Les produits financiers et leur marché

Sur les marchés financiers, et donc boursiers, à travers le monde, on distingue les produits de financement, qui sont cotés sur différents compartiments, des produits de gestion des risques.

Les produits de financement

Pour se financer, les entreprises peuvent émettre des titres représentatifs de fonds propres (tels que les actions), des titres représentatifs de dettes (tels que les obligations), ou encore des titres hybrides, empruntant des caractéristiques aux deux précédents.

Une action est un titre d'associé représentant une fraction du capital social de l'entreprise, et donnant droit à une rémunération (dividende et plus-value potentielle en cas de revente) fonction des résultats de l'entreprise. En cas de faillite de l'entreprise, les actions sont remboursées en dernier, c'est-à-dire après les créances. Par ailleurs, à chaque action ordinaire est attaché un droit de vote aux assemblées générales rassemblant les propriétaires de l'entreprise. Mais il existe aussi des actions à droit privilégié, par exemple, un droit de vote double pour les actionnaires fidèles, ou un droit à un dividende prioritaire, mais sans droit de vote. Ces actions sont appelées « actions de préférence » (preferred shares).

Une obligation est un titre de créance correspondant à une fraction d'un emprunt collectif émis par des sociétés anonymes ou des collectivités publiques et remboursable à une échéance convenue. Elle assure le versement d'un revenu régulier fixe ou garanti, défini par contrat, le coupon. L'obligation peut être à taux fixe – le taux d'intérêt est fixé à l'émission, et reste identique sur toute la durée de vie de l'obligation – ou à taux variable ou révisable – le taux varie dans le temps en référence à une moyenne de taux observés sur le marché (Euribor, taux du marché obligataire...). Qu'elle soit à taux fixe ou à taux variable, la rémunération d'une obligation est donc indépendante du résultat de son émetteur. Enfin, en cas de faillite de l'émetteur, l'obligation est remboursée en priorité par rapport aux capitaux propres.

À côté de ces produits traditionnels, des produits plus sophistiqués, les produits hybrides, ont été imaginés. On peut citer, parmi d'autres, les obligations convertibles (O.C.) qui peuvent être converties en actions de l'entreprise émettrice à la demande de leur détenteur. Il existe aussi les obligations remboursables en actions (O.R.A.), le remboursement étant réalisé par remise d'actions de l'entreprise émettrice, et les titres participatifs (T.P.), qui procurent une rémunération pour partie fixe ou garantie et pour partie variable indexée sur un indicateur de performance de la société (chiffre d'affaires, valeur ajoutée, résultat net...).

Ces produits (actions, obligations et titres hybrides) sont négociés sur les marchés secondaires. Ils représentaient, jusqu'à la fin des années 1970, les seuls produits négociés sur le marché boursier, avant que n'apparaissent des produits dérivés négociés sur des marchés organisés. Ils ont pour fonction d'assurer le financement des agents économiques en mettant les agents à capacité et à besoin de financement face à face.

Le marché obligataire est avant tout un marché de gré à gré, ou Over The Counter (O.T.C.), c’est-à-dire un marché sur lequel toute transaction est conclue directement entre l’acheteur et le vendeur. Il existe certes des bourses sur lesquelles les obligations sont cotées (la Bourse du Luxembourg, BondMatch de NYSE Euronext créée en juillet 2011...) mais les échanges y restent encore marginaux. En effet, une très grande majorité des transactions (près de 95 p. 100 en 2012) s’effectue hors bourse, entre institutions et intermédiaires financiers (banques d’investissement, O.P.C.V.M., banques de dépôts...), la détention des obligations par les particuliers étant devenue essentiellement indirecte via les O.P.C.V.M. (S.I.C.A.V. et F.C.P.) et les contrats d’assurance-vie.

En ce qui concerne le marché des actions, on peut tout d’abord noter l'explosion depuis les années 1990 de la capitalisation boursière (prix des titres multiplié par le nombre de titres émis) sur l'ensemble des places, à l'exception notable de la Bourse de Tōkyō. Par ailleurs, on constate la forte prédominance du marché américain des actions qui, au début des années 2000, représentait à lui seul (NYSE et Nasdaq [...]

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Écrit par :

  • : docteur et professeur des Universités
  • : professeur à l'université de Limoges, directeur du Laboratoire d'analyse et de prospective économiques

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Pour citer l’article

Daniel GOYEAU, Amine TARAZI, « BOURSE - Marchés de valeurs mobilières  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bourse-marches-de-valeurs-mobilieres/