BOÈCE (480-524)

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La « Consolation de Philosophie »

Du fond de sa prison, avant sa mort tragique, Boèce écrit sa Consolation de Philosophie. Dans cette œuvre, où alternent prose et poésie, il fait appel à la tradition de la sagesse antique, stoïcienne et platonicienne, pour assurer la paix de son âme au sein du malheur qui l'accable. Le premier livre décrit la Philosophie apparaissant à Boèce qui, dans sa prison, se lamente sur sa disgrâce. La Philosophie explique à Boèce que son trouble provient du fait qu'il ne comprend pas la nature et la fin de l'homme. Dans le deuxième livre, la Philosophie montre à Boèce l'inconstance des choses humaines et de la Fortune, « puissance aveugle au double visage ». Le livre troisième définit le vrai bonheur : ce n'est ni la richesse, ni le pouvoir, ni la volupté, mais c'est Dieu même. C'est ce Bien souverain qui dirige le monde et lui impose son ordre. Dans le livre quatrième, la Philosophie répond à l'objection que l'on peut tirer de l'existence du mal dans le monde. Par-delà les apparences, il faut apercevoir l'ordre profond qui règne dans le monde, notamment la subordination du Destin à la Providence, la Providence étant la Raison divine qui ordonne toutes choses, tandis que le Destin est l'ordre même qui règle en détail le déroulement du plan divin dans le temps. On retrouve ici une doctrine traditionnelle de la Providence et du Destin qui s'était développée dans le moyen platonisme et dans le néo-platonisme. Le dernier livre enfin répond à un problème posé par la théorie de la Providence : comment concilier la liberté humaine avec la prescience divine ? La prescience divine ne supprime pas le libre arbitre, parce que Dieu ne voit pas les futurs contingents comme un être temporel les verrait. Le mode de [...]

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ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « Le point de départ « aristotélicien » : histoire d'un contresens »  : […] Si l'histoire de la « théorie aristotélicienne de l'analogie » est l'histoire d'un contresens médiéval, ce contresens fait partie de l'histoire même de la transmission des textes d'Aristote. Interprétée en termes de corpus, la théorie médiévale de l'analogie se présente comme la fusion forcée de trois textes d'inspiration, de portée et de signification différentes : la distinction entre synonymes, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/analogie/#i_8339

AVERROÏSME

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 1 591 mots

Dans le chapitre « Averroïsme latin »  : […] Mais c'est surtout dans l'Occident chrétien que l'averroïsme constitue un courant philosophique important. À l' université de Paris, vers le milieu du xiii e  siècle, les maîtres ès arts, chargés spécialement d'enseigner la philosophie, c'est-à-dire d'expliquer les œuvres d'Aristote, commencent à utiliser les traductions récentes d'Averroès : ils […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/averroisme/#i_8339

ENTHYMÈME, rhétorique

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 221 mots

Terme peu usité, qui vient de la logique grecque de l'Antiquité. Quintilien récapitule trois sens de l'enthymème : ce qu'on a dans l'esprit, pensée, raisonnement ; affirmation appuyée sur la raison qui la justifie ; argument allusif et non rigoureux. Les deux sens techniques principaux sont les suivants : Aristote ( Premiers Analytiques , II, xxvii , […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enthymeme-rhetorique/#i_8339

ÉTERNITÉ

  • Écrit par 
  • Henry DUMÉRY
  •  • 334 mots

Une durée indéfinie, un temps qui ne commence ni ne finit, n'est pas l'éternité. Selon les formules de Boèce, qui ont fait école, l'éternité est un présent qui se maintient stable, un permanent, un pur « maintenant » ; pour qu'il y ait éternité, il ne suffit pas, assure Boèce, de parcourir successivement les parties d'une existence sans terme (ce que Platon et Aristote attribuent au monde), il fau […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eternite/#i_8339

GILBERT DE LA PORRÉE (1080?-1154)

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 346 mots

Après 1126, Gilbert de La Porrée est chancelier de la cathédrale de Chartres ; en 1141, Jean de Salisbury assiste à ses cours à Paris ; il est évêque de Poitiers en 1142, et meurt en 1154. C'est avant tout un théologien, qui aura, de même qu'Abélard, des difficultés avec saint Bernard (synode de Reims, 1148) et laissera des disciples, l'école des « porrétains » (cf. M. A. Schmidt, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilbert-de-la-porree/#i_8339

MOYEN ÂGE - La littérature en prose

  • Écrit par 
  • Nicola MORATO
  •  • 6 837 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le mot et son histoire »  : […] Le substantif français « prose » dérive de l’adjectif latin prorsus , proversus , dont le sens principal indique un mouvement vers l’avant ou une position avancée. Le mot est employé comme synonyme ou pour gloser l’expression oratio soluta , qui désigne un discours […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-litterature-en-prose/#i_8339

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 22 370 mots

Dans le chapitre « Grammaire, logique et théologie »  : […] Contrairement à ce que suggère le mot d'ordre bonaventurien de reductione artium ad theologiam , l'interdépendance des disciplines, tout particulièrement des arts du langage et de la théologie, ne signifie pas que la logique médiévale n'ait eu qu'une fonction de « servante » ( philosophia ancilla theologiae ). Au vrai, la réflexion théologique est si peu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_8339

PERSONNALISME

  • Écrit par 
  • Lucien JERPHAGNON
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Dans le chapitre « La constitution d'une catégorie »  : […] Dans sa recherche des sources du personnalisme, l'historien doit procéder avec prudence, afin d'éviter l'illusion rétrospective : l'apparition d'une catégorie mentale est toujours un phénomène complexe, localisé et qui draine beaucoup d'ambiguïté. Étudiant le statut évolutif des termes πρ́οσωπον et persona qui désignent d'abord, dans l'Antiquité classique, le masque de théât […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/personnalisme/#i_8339

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Pour citer l’article

Pierre HADOT, « BOÈCE (480-524) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/boece/