BOÈCE (480-524)

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Les traités théologiques

Dans la Consolation de Philosophie, on ne trouve aucune trace de profession de foi chrétienne, pas plus que dans les œuvres logiques ou dans les traités mathématiques. On s'est donc longtemps demandé si les œuvres théologiques que la tradition manuscrite attribue à Boèce étaient bien authentiques. Mais la découverte de l'Anecdoton Holderi, une notice de Cassiodore où il est question de Boèce et qui lui attribue explicitement ces écrits, a obligé définitivement à admettre cette authenticité. Ces opuscules, assez courts, traitent de problèmes théologiques qui étaient débattus à l'époque. Le traité V, Contre Eutychès et Nestorius, en définissant avec précision les notions de « nature » et de « personne », défend la formule orthodoxe : la personne unique du Christ subsiste en deux natures et à partir de deux natures (divine et humaine). Les traités I et II se rapportent tous deux au même problème de théologie trinitaire : le terme « Trinité » est-il un terme qui se rapporte à l'ordre de la substance ou à l'ordre de la relation ? Pour Boèce, le terme « Trinité », qui correspond à la diversité des personnes, se situe dans l'ordre de la relation. Il faut donc distinguer entre Deus et Trinitas. Le traité III, qui aura un très grand succès au Moyen Âge, répond à la question : « Comment les êtres créés peuvent-ils, en leur être même, être bons sans être eux-mêmes le Bien substantiel ? » Boèce répond que l'être des étants est bon dans la mesure où cet être est originellement identique à l'être de Dieu (selon un mode idéal d'existence ou de préexistence), mais qu'il n'est pas un bien substantiel, puisque précisément les étants particuliers ne sont pas identiques à leur être, donc à leur bonté, mais qu'ils sont distincts de cet être originel auquel ils participent selon une forme déterminée (forma essendi) qui limite et détermine cet être. Le traité IV, De fide catholica

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ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
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Dans le chapitre « Le point de départ « aristotélicien » : histoire d'un contresens »  : […] Si l'histoire de la « théorie aristotélicienne de l'analogie » est l'histoire d'un contresens médiéval, ce contresens fait partie de l'histoire même de la transmission des textes d'Aristote. Interprétée en termes de corpus, la théorie médiévale de l'analogie se présente comme la fusion forcée de trois textes d'inspiration, de portée et de signification différentes : la distinction entre synonymes, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/analogie/#i_8339

AVERROÏSME

  • Écrit par 
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Dans le chapitre « Averroïsme latin »  : […] Mais c'est surtout dans l'Occident chrétien que l'averroïsme constitue un courant philosophique important. À l' université de Paris, vers le milieu du xiii e  siècle, les maîtres ès arts, chargés spécialement d'enseigner la philosophie, c'est-à-dire d'expliquer les œuvres d'Aristote, commencent à utiliser les traductions récentes d'Averroès : ils […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/averroisme/#i_8339

ENTHYMÈME, rhétorique

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Terme peu usité, qui vient de la logique grecque de l'Antiquité. Quintilien récapitule trois sens de l'enthymème : ce qu'on a dans l'esprit, pensée, raisonnement ; affirmation appuyée sur la raison qui la justifie ; argument allusif et non rigoureux. Les deux sens techniques principaux sont les suivants : Aristote ( Premiers Analytiques , II, xxvii , […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enthymeme-rhetorique/#i_8339

ÉTERNITÉ

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Une durée indéfinie, un temps qui ne commence ni ne finit, n'est pas l'éternité. Selon les formules de Boèce, qui ont fait école, l'éternité est un présent qui se maintient stable, un permanent, un pur « maintenant » ; pour qu'il y ait éternité, il ne suffit pas, assure Boèce, de parcourir successivement les parties d'une existence sans terme (ce que Platon et Aristote attribuent au monde), il fau […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eternite/#i_8339

GILBERT DE LA PORRÉE (1080?-1154)

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 346 mots

Après 1126, Gilbert de La Porrée est chancelier de la cathédrale de Chartres ; en 1141, Jean de Salisbury assiste à ses cours à Paris ; il est évêque de Poitiers en 1142, et meurt en 1154. C'est avant tout un théologien, qui aura, de même qu'Abélard, des difficultés avec saint Bernard (synode de Reims, 1148) et laissera des disciples, l'école des « porrétains » (cf. M. A. Schmidt, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gilbert-de-la-porree/#i_8339

MOYEN ÂGE - La littérature en prose

  • Écrit par 
  • Nicola MORATO
  •  • 6 837 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le mot et son histoire »  : […] Le substantif français « prose » dérive de l’adjectif latin prorsus , proversus , dont le sens principal indique un mouvement vers l’avant ou une position avancée. Le mot est employé comme synonyme ou pour gloser l’expression oratio soluta , qui désigne un discours […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-litterature-en-prose/#i_8339

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
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Dans le chapitre « Grammaire, logique et théologie »  : […] Contrairement à ce que suggère le mot d'ordre bonaventurien de reductione artium ad theologiam , l'interdépendance des disciplines, tout particulièrement des arts du langage et de la théologie, ne signifie pas que la logique médiévale n'ait eu qu'une fonction de « servante » ( philosophia ancilla theologiae ). Au vrai, la réflexion théologique est si peu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_8339

PERSONNALISME

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Pour citer l’article

Pierre HADOT, « BOÈCE (480-524) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/boece/