AIR, musique

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L'air dans l'opéra, la cantate et l'oratorio

Dans ces formes d'expression musicale, l'air est une partie destinée à mettre le chanteur en valeur ; la priorité y est donc accordée à la mélodie. On peut donc distinguer les ensembles (chœurs, duos, trios, etc.), les récitatifs et les airs. Par opposition au récitatif, l'air représente un arrêt momentané du déroulement dramatique, propre à permettre un épanchement lyrique. Mais, dès la seconde partie du xviie siècle, la virtuosité des chanteurs étant devenue très grande et les auditeurs s'étant habitués à préférer la manifestation de cette virtuosité à l'expression purement musicale, les airs d'opéra prirent une apparence beaucoup plus formelle que lyrique. C'est à la suite de cette évolution que l'on vit l'air se séparer de l'opéra pour apparaître au concert. Sommairement, il présente alors la structure suivante : d'abord une ritournelle instrumentale dans laquelle, selon les cas, apparaît ou non un thème ; puis, l'air proprement dit, toujours construit à partir d'un traitement thématique et possédant parfois une reprise (aria da capo) ; enfin, une reprise de la ritournelle ou une coda. Il arrivait parfois que, pendant un récitatif, on fît intervenir une courte partie mélodique, sorte d'air en miniature, sous le nom d'arioso. Mais l'arioso est toujours beaucoup trop court pour qu'y figure un travail thématique.

À partir du xixe siècle, l'opéra tend à devenir un drame musical plutôt qu'une action entrecoupée de moments lyriques. En même temps que le récitatif se fait plus complexe, l'air s'en différencie de moins en moins, et perd son caractère de structure musicale autonome. La transformation est complètement achevée avec le drame wagnérien et sa « mélodie infinie » (unendliche Melodie). Les airs, tels que nous venons de les évoquer, n'apparaissent plus alors que dans des œuvres où le compositeur se réfère à des formes antérieures, soit par fidélité à ces formes, soit par désir de les évoquer ou de les pasticher (Mavra de Stravinski par exemple). Presque tous les opéras connu [...]


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Écrit par :

  • : professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris

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Pour citer l’article

Michel PHILIPPOT, « AIR, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 avril 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/air-musique/