3. Coûts et avantages des événements sportifs
Une ville ou un pays candidat à l'organisation d'un événement sportif majeur (jeux Olympiques, Coupe du monde de football) entend démontrer que celui-ci ne sera pas déficitaire et qu'il induit des retombées positives pour l'économie locale. Cela est devenu l'un des critères d'attribution des jeux Olympiques depuis ceux de Los Angeles en 1984.
L'événement sportif est source d'externalités positives : animation, cohésion sociale, création d'activité économique, attraction touristique, aménagement du territoire (transports, infrastructures, services publics). Il comporte aussi des externalités négatives : hausse locale et momentanée des prix, du coût de la vie et de la pression fiscale, hooliganisme, effet d'éviction (fuite des touristes habituels non sportifs), récession économique après l'événement, nuisances pour les riverains, spéculation immobilière, détérioration de l'environnement. L'analyse économique d'un événement sportif doit tenir compte de ses avantages (revenus marchands et externalités positives) diminués de ses coûts (dépenses et externalités négatives). Entre plusieurs projets d'accueil du même événement sportif, les décideurs (le C.I.O. pour les jeux Olympiques, la F.I.F.A. pour la Coupe du monde de football) devraient choisir celui qui affiche le bénéfice actualisé (c'est-à-dire la différence entre les avantages et les coûts exprimés en valeur actualisée) le plus élevé. Il n'en est pas toujours ainsi.
• Étude d'impact et multiplicateur
Les villes candidates font réaliser une étude d'impact économique de l'événement sportif qui ignore souvent certains coûts ainsi que les effets d'éviction et qui surestime les gains pour satisfaire le commanditaire. Chaque ville candidate procédant de même, il s'ensuit une surenchère aux retombées positives affichées pour essayer d'obtenir l'attribution de l'événement, ce qui se traduit souvent ex post par des coûts supérieurs aux estimations ex ante et par un déficit pour la ville (les contribuables québécois ont payé jusqu'en 2006 le déficit des Jeux de Montréal en 1976). Seule une des études ex ante des jeu […]
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