5. L'économie des dérives du sport
Des facettes moins reluisantes du sport moderne sont aussi analysées par les économistes.
• La discrimination raciale
Cette forme de discrimination (il en existe d'autres, comme la discrimination de genres) dans le sport professionnel est étudiée aux États-Unis en partant de l'analyse de Gary Becker des discriminations sur le marché du travail. Elle se définit comme une situation où les résultats que les individus tirent de leur travail ne sont pas seulement fonction de leur productivité, mais sont en partie déterminés par leur race ou leur origine ethnique. Aux États-Unis, les Noirs représentent 13 p. 100 de la population, mais 80 p. 100 des joueurs en N.B.A., 65 p. 100 en N.F.L. et 30 p. 100 en M.L.B.
La discrimination salariale est testée par une régression des salaires sur la productivité des joueurs, leur race ou leur ethnie et les caractéristiques de l'équipe. La discrimination à l'entrée est repérée par la sous-représentation de certains types de joueurs ou parce qu'ils doivent avoir une productivité supérieure à la moyenne pour figurer dans l'équipe. Des tests économétriques, appliqués au basket-ball, ont mis en évidence que, pour un même salaire, les Noirs ont des performances sportives (productivité) supérieures à celles des Blancs (Kahn et Sherer, 1988). Au base-ball, les Noirs sont sur-représentés parmi les outfields (joueurs de champ), moins payés, et sont sous-représentés au poste de pitcher (lanceur de balle), le mieux rémunéré (Scully, 1973). Les pitchers noirs ont une incidence négative sur l'affluence au stade. La présence de Blancs dans une équipe attire davantage de spectateurs au basket-ball. En Europe, des études ont conclu à la discrimination à l'encontre des joueurs noirs dans le football anglais (Szymanski, 2000), non par les spectateurs comme dans le cas précédent, mais directement par les employeurs.
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