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ROUSSEAU JEAN-JACQUES (1712-1778)

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Jean-Jacques Rousseau

En plein siècle des Lumières, Jean-Jacques Rousseau élève une véhémente protestation contre le progrès des sciences et l'accumulation des richesses, contre une société oppressive et des institutions arbitraires. Il stigmatise la dénaturation croissante de l'homme et prévient ses contemporains que, faute de retourner à la simplicité naturelle, ils courront inévitablement à leur ruine. Il propose tour à tour de réformer l'éducation, les mœurs, les institutions politiques et sociales, le droit et même la religion. Si l'homme occupe aujourd'hui une place centrale dans notre conception du monde, c'est en grande partie à Rousseau qu'on le doit. Ainsi que l'a dit Kant : « Rousseau est le Newton du monde moral. »

1.  « Une misérable question d'Académie »

En réponse à Mgr de Beaumont, archevêque de Paris qui avait condamné l'Émile, Rousseau écrit :

« J'étais né avec quelque talent, cependant j'ai passé ma jeunesse dans une heureuse obscurité, dont je ne cherchais point à sortir [...]. J'approchais de ma quarantième année, et j'avais, au lieu d'une fortune que j'ai toujours méprisée, et d'un nom qu'on m'a fait payer si cher, le repos et des amis, les deux seuls biens dont mon cœur soit avide. Une misérable question d'Académie m'agitant l'esprit malgré moi me jeta dans un métier pour lequel je n'étais point fait ; un succès inattendu m'y montra des attraits qui me séduisirent. Des foules d'adversaires m'attaquèrent sans m'entendre, avec une étourderie qui me donna de l'humeur, et avec un orgueil qui m'en inspira peut-être. Je me défendis, et de dispute en dispute je me sentis engagé dans la carrière, presque sans y avoir pensé. Je me trouvai devenu, pour ainsi dire, auteur à l'âge où l'on cesse de l'être, et homme de lettres par mon mépris même pour cet état. Dès-là je fus dans le public quelque chose : mais aussi le repos et les amis disparurent. Quels maux ne souffris-je point ? »

Rousseau a répété plusieurs fois que sa vocation littéraire était née sur la route de Vincennes, où, da […]

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ROUSSEAU JEAN-JACQUES (1712-1778) - (repères chronologiques)

Écrit par :  Jean-François PÉPIN

Naissance de Jean-Jacques Rousseau à Genève. Règne de Louis XV. Rousseau s'enfuit de Genève et rencontre Madame de Warens à Annecy. Premiers séjours aux Charmettes, chez Madame de Warens. Rousseau est à Paris. Il publie sa Dissertation sur la musique moderne. Fait la connaissance de Diderot. Fait la connaissance de Thérèse Levasseur.… Lire la suite
LES CONFESSIONS, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Michel DELON

Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) furent publiées en 1782 parmi ses Œuvres posthumes (pour les livres I à VI, qui concernaient la jeunesse de l'auteur), puis comme supplément à cette collection, en 1789 seulement, plus de dix ans après sa mort (pour les livres VII à XII, qui touchaient plus directement les… Lire la suite
DIALOGUES DE ROUSSEAU JUGE DE JEAN-JACQUES, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Anouchka VASAK

« Ici commence l'œuvre de ténèbres dans lequel, depuis huit ans, je me trouve enseveli, sans que, de quelque façon que je m'y sois pu prendre, il m'ait été possible d'en percer l'effrayante obscurité. » Ainsi s'ouvre le dernier livre des Confessions, qui s'achève sur le récit de leur lecture publique en 1770 et du silence qui l'a… Lire la suite
DU CONTRAT SOCIAL, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Depuis sa retraite de Montmorency chez le comte de Luxembourg, Rousseau rédige, en moins de deux ans et en même temps qu'il achève La Nouvelle Héloïse, cette œuvre célèbre qui paraîtra chez l'éditeur genévois Rey la même année qu'Émile qu'il considérait, surtout pour son livre V, comme « son appendice ». Présenté comme un abrégé… Lire la suite
ÉMILE OU DE L'ÉDUCATION, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Publié la même année que Le Contrat social (1762), Émile, ou De l'éducation prend place entre La Nouvelle Héloïse (1761), le Projet de constitution pour la Corse (1763) et différentes Lettres. Il est de coutume d'attribuer la paternité de ce traité de pédagogie au sentiment de culpabilité provoqué par… Lire la suite
ESSAI SUR L'ORIGINE DES LANGUES, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Anouchka VASAK

Revenir aux origines de ce court texte de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) publié en 1781, trois ans après sa mort dans un recueil intitulé Traités sur la musique, c'est en dire le statut vagabond dans l'œuvre du philosophe, à la fois réflexion sur la musique et les fondements de la société. L'Essai sur l'origine des langues,… Lire la suite
LETTRE À D'ALEMBERT SUR LES SPECTACLES, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Anouchka VASAK

Est-ce parce qu'elle se veut une réponse à l'article « Genève » de l'Encyclopédie, qu'elle s'inscrit dans un dialogue polémique avec Diderot et le « parti philosophique » et peut être lue également comme une œuvre de circonstance ? La Lettre à d'Alembert sur les spectacles, publiée à Amsterdam en 1758, a suscité jusqu'à ces… Lire la suite
LA NOUVELLE HÉLOÏSE, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Michel DELON

Le roman par lettres de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Julie, ou la Nouvelle Héloïse, forme avec Émile et Du contrat social un trio de grandes œuvres que l'écrivain achève presque en même temps. Mais si les traités pédagogique et politique correspondent à l'image que le citoyen de Genève entend donner de lui, l'œuvre… Lire la suite
LES RÊVERIES DU PROMENEUR SOLITAIRE, livre de Jean-Jacques Rousseau

Écrit par :  Michel DELON

Après avoir formulé les éléments d'un système de pensée (les DiscoursÉmile, le Contrat social), satisfait son imaginaire romanesque (Julie, ou la Nouvelle Héloïse), tenté de raconter sa vie et de se justifier des accusations portées par ses adversaires (Les Confessions, Les Dialogues),… Lire la suite
AFFECTIVITÉ

Écrit par :  Marc RICHIR

Dans le chapitre "La disjonction de l'affect et de la passion : Kant"  : …  par « émotion », fait irrésistiblement penser à la Stimmung –, fait écho à celle que *Rousseau, déjà, avait recherchée à travers toute son œuvre, entre la véracité d'une « voix » de la sensibilité qu'il imaginait venue de la nature, et la fausseté ou perversité des passions humaines qu'il rapportait à la civilisation comme culture des… Lire la suite
ALIÉNATION

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Analyse d'un complexe sémantique"  : …  parce que le mot français aliénation a un champ sémantique assez bien délimité, du moins avant *Rousseau. C'est Rousseau, en effet, qui lui octroie la première extension massive, par l'usage qu'il en fait dans Le Contrat social, et le prépare ainsi à recueillir, par voie de traduction, les significations véhiculées par ailleurs dans la… Lire la suite
AMOUR

Écrit par :  Georges BRUNELBaldine SAINT GIRONS

Dans le chapitre " L'amour comme projection de la scission subjective"  : …  que le moraliste devra d'abord se perdre, s'il prétend ébaucher une éthique digne de ce nom. Et *Rousseau justifiera par là son incursion dans le domaine romanesque : ressuscitant l'amante d'Abélard sous les traits de Julie d'Étanges, il soulignera qu'eût-elle été toujours sage, Héloïse instruirait beaucoup moins. Il fallait qu'on la vît s'… Lire la suite
ANARCHISME

Écrit par :  Henri ARVONJean MAITRONRobert PARIS Universalis

Dans le chapitre "Conceptions politiques"  : …  dans son Idée générale de la révolution au XIXe siècle, que le contrat de *Rousseau, loin d'être social, est responsable de la tyrannie étatiste à laquelle aboutissent toutes les démocraties. Le contrat social de Rousseau ne concerne que le pouvoir politique ; il le renforce en lui donnant pour appui la souveraineté d'une… Lire la suite
ANIMALITÉ

Écrit par :  Florence BURGAT

Dans le chapitre "Animalité : la part mauvaise de l'humain ?"  : …  nature », selon l'expression couramment employée, elle est fondatrice de deux ordres hétérogènes. *La controverse qui oppose Rousseau aux jurisconsultes modernes est à cet égard exemplaire. La négation d'un état de nature conduit Samuel Pufendorf, Richard Cumberland et Jean-Jacques Burlamaqui à voir en l'homme un être d'emblée social, doué de… Lire la suite
AUTOBIOGRAPHIE

Écrit par :  Daniel OSTER

Dans le chapitre "Autobiographie et vérité"  : …  Si l'on veut un fondateur, ce sera *Rousseau, non parce qu'il a raconté tout (il en est loin), mais parce qu'il dit qu'il le fait. Les premières lignes des Confessions assignent au lecteur médusé la place de celui à qui l'on annonce du référent (ma vie) pour mieux le prendre dans la rhétorique de cette annonce même. Témoin… Lire la suite
AUTONOMIE

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "Le contrat social"  : …  s'attaque à la loi morale entendue comme idéal de la volonté qu'elle a pour fonction de gouverner. *Pourtant, c'est au plan politique, et dans la théorie de la volonté générale, que le double sens de l'autonomie apparaît le plus clairement. Rousseau en donne dans le Contrat social l'exposé le plus saisissant : la volonté générale apparaît… Lire la suite
BABOUVISME

Écrit par :  Albert SOBOUL

Dans le chapitre "L'itinéraire révolutionnaire"  : …  sur Babeuf une influence décisive. Il se livre à une étude « consciente » des principales œuvres de *Jean-Jacques Rousseau, et non de seconde main, comme on l'a suggéré. Le Contrat social est lu, médité, annoté ; les Confessions sont tenues pour un « chef-d'œuvre d'analyse ». Le Discours sur l'origine de l'inégalité est… Lire la suite
BEST-SELLER

Écrit par :  Pierre NORA

Dans le chapitre "Le best-seller et l'édition"  : …  c'est du xviiie siècle, et très précisément, comme l'a montré Robert Darnton, de* La Nouvelle Héloïse, qu'il faut dater l'apparition du phénomène qui n'a cessé de se répéter. C'est alors que Rousseau se crée un nouveau public de lecteurs – dans son cas, la femme « aux sanglots délicieux » ; une nouvelle forme de lecture… Lire la suite
BOUFFONS QUERELLE DES

Écrit par :  Jacques GHEUSI

Dans le chapitre "L'influence des Italiens"  : …  important et exprima avec plus de vérité le caractère des personnages qui évoluaient sur scène. *Jean-Jacques Rousseau fut le premier à appliquer ce genre nouveau dans son Devin de village, créé en octobre 1752, devant la Cour, à Fontainebleau, et donné pour la première fois à l'Opéra le 1er mars 1753 avec un succès qui… Lire la suite
CHANGEMENT SOCIAL

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "La dimension exogène"  : …  qui en assurent la permanence jusque dans les travaux de nos contemporains. Hobbes (1588-1679) et *Rousseau (1712-1778) avaient, chacun à leur manière, souligné que l'ordre social se construit à partir d'un certain nombre de pressions caractéristiques que l'homme trouve dans son premier état, et qu'il se propose de surmonter. Pour Hobbes, le… Lire la suite
CIVISME

Écrit par :  Bernard GUILLEMAIN

Dans le chapitre "Théoriser le civisme : une tâche impossible"  : …  l'instant heureux qui [...], d'un animal stupide et borné, fit un être intelligent et un homme » (*Rousseau, Du contrat social, I, viii, p. 364). Il semble donc que le pacte doit être infiniment respectable : « N'étant rien que par [la République, les hommes] ne seront rien que pour elle ; elle aura tout ce qu'ils ont et sera… Lire la suite
COMMUNISME - Histoire

Écrit par :  Annie KRIEGEL

Dans le chapitre "Aux origines"  : …  L'homme est né libre et partout il est dans les fers », constate *Rousseau dans le premier chapitre du Contrat social (1762). Seule la volonté générale, c'est-à-dire l'accord entre les individus qui composent la société dans son ensemble, garantie par la souveraineté populaire, peut faire du pouvoir politique l'expression même du Bien et… Lire la suite
COMPOSITION MUSICALE

Écrit par :  Michel PHILIPPOT

Dans son Dictionnaire de musique, *Jean-Jacques Rousseau définit la composition musicale comme « l'art d'inventer et d'écrire des chants, de les accompagner d'une harmonie convenable, de faire, en un mot, une pièce complète de musique avec toutes ses parties ». Le mot composition … Lire la suite
CONTRAT SOCIAL

Écrit par :  Michel TROPER

Dans le chapitre "Rousseau"  : …  *Comme le pacte de Hobbes, le contrat social de Rousseau fonde à la fois la société et l'État et institue un pouvoir sans limites. Mais là s'arrêtent les analogies. Rousseau ne cherche pas comme Hobbes et les autres théoriciens du contrat social à trouver le fondement logique de l'autorité politique, quelle qu'elle soit, mais seulement d'une… Lire la suite
CULTURE - Nature et culture

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "Le sophisme naturaliste"  : …  toujours la parfaite religion, la parfaite police, parfait et accompli usage de toutes choses... » *Selon Lévi-Strauss, la « révolution rousseauiste préforme et amorce la révolution ethnologique », notamment en ce qu'elle consiste à « refuser des identifications obligées », par exemple d'un individu à un « personnage ou à une fonction sociale ».… Lire la suite
DERATHÉ ROBERT (1905-1992)

Écrit par :  Simone GOYARD-FABRE

… l'université de Nancy. Robert Derathé a consacré l'essentiel de son œuvre à l'étude de Jean-Jacques *Rousseau. Mais, pour lui, vouer sa vie à Rousseau signifiait qu'il voyait dans l'auteur du Contrat social l'une des figures de proue de la philosophie politique, ce qui l'amena à le situer à la fois par rapport à ses devanciers comme Bodin,… Lire la suite
DIVERTISSEMENT, spectacle

Écrit par :  Armel MARIN

… *Molière l'a constaté : rien n'est plus difficile que de faire « rire les honnêtes gens ». Une longue tradition comique et poétique a donné ses lettres de noblesse théâtrale au spectacle de divertissement : la farce et les tréteaux à la fin du Moyen Âge, la comédie à l'italienne au xviie siècle, la pantomime et le mélodrame au… Lire la suite
ENFANCE (Les connaissances) - La socialisation

Écrit par :  Philippe MALRIEU

Dans le chapitre "Les théories"  : …  1). La perspective historique se dégage lentement au xviiie siècle. Ainsi *Rousseau pense-t-il, en 1754, que la sociabilité est apparue lorsque les hommes ont été amenés par les difficultés de l'existence à sortir de l'état de nature (où ils connaissaient la pitié mais ne savaient pas contracter entre eux des liens durables… Lire la suite
ÉPINAY LOUISE marquise D' (1726-1783)

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

… *L'art du commérage mené à la pointe de l'esprit fonde pour une grande part l'attrait que suscitent l'œuvre et la vie de Louise Florence Pétronille Tardieu d'Esclavelles, née à Valenciennes en 1726. Recueillie, à la mort de son père, par sa tante, Mme de Bellegarde, qui l'éduquera avec sa propre fille, la future Mme d'Houdetot… Lire la suite
HELVÉTIUS CLAUDE ADRIEN (1715-1771)

Écrit par :  Yves SUAUDEAU

… *Né à Paris et fils du premier médecin de la reine Marie Leszczyńska, femme de Louis XV, Helvétius achète en 1738 une charge de fermier général qui lui rapporte bientôt 300 000 livres de revenus par an. Fortuné, il se consacre à l'étude, soutient matériellement ses amis philosophes et fréquente en particulier Montesquieu, Buffon et Voltaire.… Lire la suite
HOMME - La réalité humaine

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

Dans le chapitre "Kant et Rousseau"  : …  appétits sensibles, sujets sur lesquels il n'y a pas de bornes au pessimisme kantien. On sait que *Rousseau et, dans une moindre mesure, la Révolution française ont exercé une grande influence sur le développement de la pensée morale de Kant. L'œuvre du premier est à certains égards, si l'on peut employer cet anachronisme, un kantisme inversé. L'… Lire la suite
INNÉISME

Écrit par :  Jean-Louis DUMAS

… *Doctrine philosophique d'après laquelle sont en quelque sorte inscrits ou présents dans l'esprit humain des idées, des vérités (rapports entre idées) ou des principes. On la fait parfois remonter jusqu'à Platon (théorie de la réminiscence : l'âme conserve le souvenir confus des idées contemplées avant cette vie). La théologie chrétienne a souvent… Lire la suite
JARDINS - Esthétique et philosophie

Écrit par :  Catherine CHOMARAT-RUIZ

Dans le chapitre "Le pittoresque et le sublime"  : …  jardinier et esthète : les Rêveries du promeneur solitaire (VII, 1782) montrent que *Jean-Jacques Rousseau herborise et s'intéresse à Carl von Linné ; la Nouvelle Héloïse (IV, 1761) livre une description de jardin qui vante le savoir-faire de l'héroïne et la sensibilité évitant « les allées bien sablées » et « la ligne… Lire la suite
LAÏCITÉ

Écrit par :  Jean BAUBÉROTÉmile POULAT

Dans le chapitre "La laïcité « à la française » : histoire et idéologie"  : …  du politique avaient enrichi et sécularisé cette conception. On connaît l'impact de l'ouvrage de *Jean-Jacques Rousseau, Le Contrat social. Son influence sur les constituants se marque non seulement dans cet article 3 mais dans les projets d'articles sur la religion qui substituent à la problématique des rapports du temporel et du… Lire la suite
LÉGITIMITÉ

Écrit par :  Paul BASTID

Dans le chapitre "La légitimité dans la société politique"  : …  établi en fonction de certaines normes transpositives. Elle s'étale comme le souci dominant de *Rousseau dès la première page du Contrat social : « L'homme est né libre et partout il est dans les fers... Comment ce changement s'est-il fait ? Je l'ignore. Qu'est-ce qui peut le rendre légitime ? Je crois pouvoir répondre à cette question… Lire la suite
LIBRES ENFANTS DE SUMMERHILL, livre de A. S. Neill

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Une utopie en pédagogie ?"  : …  *La pensée d'Alexander Sutherland Neill doit beaucoup à l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau. À côté de sa croyance optimiste en la bonté naturelle de l'homme, l'auteur s'inscrit dans cette tradition pédagogique, ouverte par Rousseau, qui organise sa réflexion autour du développement de l'enfant pris dans sa singularité et des divers investissements… Lire la suite
LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE

Écrit par :  Alain VIALA

Dans le chapitre "Le roman épistolaire"  : …  polyphonique, en même temps qu'il l'ouvre à la critique sociale. Une génération plus tard, *Rousseau donne avec La Nouvelle Héloïse un récit polyphonique où, après un duo initial de Julie et Saint-Preux, les personnages et les voix se multiplient tandis que l'action se ralentit pour laisser place à la représentation de la petite… Lire la suite
LOI

Écrit par :  Georges BURDEAU Universalis

Dans le chapitre "La loi, expression de la volonté générale"  : …  de la loi, ce n'est ni à Montesquieu ni aux encyclopédistes qu'elle en emprunte les termes, mais à *Rousseau : « La loi est l'expression de la volonté générale », dit l'article 6 en reprenant le thème développé par le fameux chapitre vi du livre XI du Contrat social. Comment, dès lors, concilier deux manières si différentes sinon… Lire la suite
LUMIÈRES

Écrit par :  Jean Marie GOULEMOT

Dans le chapitre " Historicité des Lumières"  : …  et idéologiquement homogène, dont les Lumières auraient précisément constitué le ciment. *Voltaire dénonce les propositions régressives de Rousseau. Le Mondain marque, dès 1736, l'opposition de Voltaire aux tenants du primitivisme. Diderot se méfie de Voltaire, qu'il évitera de rencontrer. Rousseau, lui, a rompu très tôt avec le… Lire la suite
MALESHERBES CHRÉTIEN GUILLAUME DE LAMOIGNON DE (1721-1794)

Écrit par :  Olivier COLLOMB

… *Fils d'un chancelier de France, premier président de la Cour des aides en 1750, Malesherbes est surtout directeur général de la Librairie, en fait chef de la censure ; en cette qualité, il protège officieusement ce qu'il est chargé d'interdire : l'achèvement de l'Encyclopédie est son œuvre. Il manifeste plus d'amitié encore que de… Lire la suite
MOI

Écrit par :  Catherine CLÉMENTHenry DUMÉRY

Dans le chapitre "L'identification"  : …  des individus qui constituent le groupe des autres, ce qu'on appelle le corps social. C'est *Rousseau qui a sans doute le plus nettement élaboré la séquence qui lie le sujet individuel à son semblable par le processus de l'identification. Processus exemplaire, dont le point de départ est cependant une impossibilité radicale de… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Les philosophies de l'histoire des morales"  : …  et tous les individus comme moralement déchus, formant par conséquent des sociétés injustes ; *le salut, regardé comme hors d'atteinte pour les hommes dépravés ou comme à leur portée (Rousseau d'un côté, Kant de l'autre), consisterait (ou consiste) dans une éducation à la liberté raisonnable : il faut en appeler à la raison dans l'homme (Kant… Lire la suite
NATUREL DROIT

Écrit par :  Marie-Odile MÉTRAL-STIKER

Dans le chapitre "Le passage à l'ordre juridique"  : …  de l'emprise théologique supposée par le droit naturel qui cesse d'être le modèle du droit. Pour *Rousseau aussi, l'état de nature est asocial ; la société civile ne peut qu'accorder une liberté dans la dépendance par le « consentement à la loi qu'on s'est donnée », alors que l'homme « né libre » était heureux parce qu'indépendant. Il n'y a pas… Lire la suite
ORIGINE

Écrit par :  Pierre-François MOREAU

Dans le chapitre "L'actuel et l'originaire"  : …  lui être opposées les formes concrètes prises par cette chose dans son développement historique. *Rousseau est sans doute celui qui a pensé le plus à fond ce statut de l'origine, dans la Préface du Second Discours. Il faut, dit-il, « démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme » : c'est donc qu'« … Lire la suite
PANTHÉISME

Écrit par :  Robert MISRAHI

…  spinoziste, découvre justement ce qu'il est convenu d'appeler le sentiment de la nature. *Rousseau, qui se convertit au catholicisme ou au protestantisme suivant les circonstances sociales, reste théoriquement déiste ; mais l'expérience qu'il fait sur le lac de Bienne de l'arrêt du temps, de la similitude de sa pure conscience d'exister… Lire la suite
PÉDAGOGIE - Les courants modernes

Écrit par :  Antoine LÉON

Dans le chapitre "Innovation et conciliation chez Rousseau"  : …  l'action éducative sur le jeu des intérêts extrinsèques suscités par une pédagogie attrayante, *Rousseau considère qu'il faut partir des besoins réels et profonds de l'enfant et qu'on doit créer des situations dans lesquelles les apprentissages scolaires apparaissent comme des moyens propres à satisfaire ces besoins. Une véritable éducation… Lire la suite
PEUPLE NOTION DE

Écrit par :  Yves SUREL

Dans le chapitre "Des univers de sens"  : …  c'est donc la fiction d'une entité homogène comme socle de la communauté politique qui est posée. *Rousseau prolongea et magnifia cette fiction constitutive de l'ordre politique, en l'associant cette fois à l'idée de « volonté générale ». Pour lui, « la volonté générale, qui n'est rien en réalité que la pensée du peuple quand celui-ci pense l'être… Lire la suite
PRATIQUE ET PRAXIS

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Le pragmatisme et le problème kantien du sens"  : …  et annonce) ainsi n'est pas seulement un principe pour la direction de la vie morale de l'individu. *Disciple reconnaissant de Rousseau, il admet que la vie de l'individu, si elle doit avoir sens et dignité, ne peut les trouver que dans une pratique de la vie tout entière et ne saurait donc consister dans le seul progrès des connaissances… Lire la suite
PROGRÈS

Écrit par :  Bernard VALADE

Dans le chapitre "La formation de l'idée de progrès"  : …  la vie en commun, les origines du langage, de la propriété, de la richesse – sont ceux-là mêmes que *Jean-Jacques Rousseau, théoricien de la décadence, a développés dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. C'est donc Rousseau – qui a écrit : « La société est naturelle à l'espèce humaine comme la… Lire la suite
RACE

Écrit par :  Daniel de COPPET

Dans le chapitre "Le siècle des Lumières"  : …  voir triompher la civilisation non par la violence, mais seulement par le droit et la raison. Avec *Rousseau, la différence manifeste entre les peuples est complètement dégagée des déterminations raciales et de l'histoire naturelle des espèces. À l'opposé de tous les animaux, l'homme, de par sa supériorité, peut vivre selon un « état de nature »… Lire la suite
RAMEAU JEAN-PHILIPPE (1683-1764)

Écrit par :  Roger BLANCHARD

…  Les dernières années de sa vie furent marquées par sa querelle aiguë et passionnée avec *Rousseau qui, avec infiniment d'incompétence et de mauvaise foi, reprochait à Rameau la complexité de ses « symphonies » et son harmonie trop riche : « La tête a peine à tenir au tintamarre continuel », écrivait-il au baron Grimm. Rousseau avait réussi à… Lire la suite
REPRÉSENTATION POLITIQUE

Écrit par :  Loïc BLONDIAUX

…  à un soupçon aussi massif, l'idée même de « démocratie représentative » peut-elle avoir un sens ?* Jean-Jacques Rousseau y voit une contradiction pure et simple, un oxymore. « Le souverain, écrit-il dans Du contrat social, qui n'est qu'un être collectif, ne peut être représenté que par lui-même. [...] Si donc le peuple promet simplement… Lire la suite
RÉVOLUTION

Écrit par :  François CHÂTELET

Dans le chapitre "Rompre pour rétablir"  : …  pour faire pièce à cette révolution malheureuse (et incompréhensible) que fut le péché originel. *Rompre pour rétablir : les deux premiers Discours de Rousseau participent d'une perspective analogue. Qu'il s'agisse du texte consacré aux effets du succès des arts et des sciences dans nos sociétés ou de l'analyse des origines de l'… Lire la suite
ROCOCO

Écrit par :  Georges BRUNELFrançois H. DOWLEYPierre-Paul LACAS

Dans le chapitre "Du baroque au rococo galant"  : …  gothiques, que pour la honte de ceux qui ont eu la patience de les faire » ; cette citation de *Jean-Jacques Rousseau, dont Le Devin du village (1752) fut un succès, montre à quels excès la réaction stylistique a pu conduire. Le rococo galant voit son apogée environ au milieu du xviiie siècle, bien que, par ses… Lire la suite
ROMANTISME

Écrit par :  Henri PEYREHenri ZERNER

Dans le chapitre "Le préromantisme"  : …  la puissance qui menace émeut plus que celle qui protège ; le taureau est plus beau que le bœuf ». *Rousseau avait bien haut célébré les puissances de l'imagination et de la sensibilité et mis à la base de son système d'éducation le sage mais hardi précepte : « On n'a de prise sur les passions que par les passions. » Helvétius a traité en tout un… Lire la suite
SALONS LITTÉRAIRES

Écrit par :  Antoine LILTI

Dans le chapitre "Les écrivains et la bonne société."  : …  d'une critique radicale du salon comme lieu de corruption sociale, morale et politique. *Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est le plus célèbre et le plus éloquent pourfendeur de la mondanité et du rôle qu'y jouent les femmes. Il n'est pas le seul. Chamfort (1741-1794) écrit par exemple : « La société, les cercles, les salons, ce qu'on appelle le… Lire la suite
SAUVAGE LE BON

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *On retrouve, dans la plupart des mythologies anciennes, la légende de l'âge d'or : les philosophes et les poètes grecs et latins, par exemple, ont souvent évoqué l'existence, dans des temps reculés et donc révolus, d'une humanité plus heureuse et plus juste ; plus près de nous, des générations de voyageurs et d'écrivains se sont plu à décrire des… Lire la suite
SAUVAGES & SAUVAGERIE

Écrit par :  Claude LEFORT

… *Comme elle trouve son expression dans les actions effectuées par les sauvages, la sauvagerie est tributaire des aléas idéologiques de cette dernière notion au cours des siècles. De même que la barbarie fut une réaction pertinente de la culture gréco-latine (comme antithèse meurtrière de la civilisation), la sauvagerie est une invention de la… Lire la suite
SOCIÉTÉ

Écrit par :  André AKOUN

Dans le chapitre "De l'origine de la société"  : …  que nulle dialectique économique, nulle logique des intérêts ou des besoins ne peut engendrer. Pour *Rousseau, ce pacte est un pacte de réciprocité sans transcendance, car toute souveraineté érigée en transcendance séparée du corps social est détournement du pacte ou, plus précisément, son inachèvement. On peut penser qu'il y a là une illusion :… Lire la suite
SPINOZA BARUCH (1632-1677)

Écrit par :  Robert MISRAHI

Dans le chapitre "Le XVIIIe siècle : la lutte antireligieuse, la formation du matérialisme et la pensée révolutionnaire"  : …  cependant par la pensée et la tentation spinoziste, qu'il ne pourra plus éluder à Ferney. Le cas de *Rousseau est plus intéressant. La plupart des historiens nient que celui-ci ait lu Spinoza, alors que cela peut être prouvé : ni les Lettres de la montagne ni le Contrat social ne se comprennent sans référence à Spinoza. On oublie… Lire la suite
STAROBINSKI JEAN (1920- )

Écrit par :  Jean-Louis LEUTRAT

Dans le chapitre "La distance critique"  : …  adopter la distance qui convient à l'égard des textes ou des œuvres dont il parle. Jean-Jacques *Rousseau reste celui dont il a ausculté continûment l'œuvre depuis la thèse de 1957 jusqu'à l'édition critique de l'Essai sur l'origine des langues de 1990. Cette permanence témoigne d'une attirance pour une personnalité passionnante dont… Lire la suite
SUFFRAGE UNIVERSEL

Écrit par :  Dominique CHAGNOLLAUD

Dans le chapitre "Deux conceptions de la souveraineté"  : …  de légitimer aussi des formes de représentation non élective comme celle du roi ou des juges. *Inspirée de la démocratie athénienne et systématisée par Rousseau, la théorie de la souveraineté populaire fait au contraire de chaque citoyen le détenteur d'une parcelle de souveraineté inaliénable. Le vote est donc un droit pour tous de légiférer (… Lire la suite
SUPPLÉMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE, livre de Denis Diderot

Écrit par :  Anouchka VASAK

Dans le chapitre "Une utopie critique"  : …  idéale de Thomas More. Dans cette île préservée de la civilisation et d'abord de la propriété – *Diderot rejoint ici le Rousseau du Discours sur l'origine de l'inégalité (1755) –, la terre appartient à tous, femmes et hommes, sœurs et frères, pères et filles s'aiment librement, sans l'entrave de la pudeur ni de la loi. Les mots… Lire la suite
SYMPHONIE

Écrit par :  Pierre BILLARD

Dans le chapitre "Naissance de l'esprit symphonique"  : …  symphonique devait se traduire par la réalisation effective des parties intermédiaires. *Rousseau en atteste dans son Dictionnaire de musique (1775) : « Aujourd'hui le mot de « symphonie » s'applique à toute musique instrumentale, tant des pièces qui ne sont destinées que pour les instrumens, comme les sonates et les concertos, que pour… Lire la suite
TEMPÉRAMENT, musique

Écrit par :  Antoine GARRIGUES

…  au xviiie siècle. Parmi les plus importantes, il y a le tempérament inégal de* Jean-Jacques Rousseau, qui emprunte au mésotonique l'accord des quatre premières quintes. Ce système était assez ingénieux car il recherchait le maximum d'accords à tierces ou quintes justes, ce qui permettait l'utilisation de presque toutes les… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - La théâtralité

Écrit par :  Henri GOUHIER

Dans le chapitre "Théâtre et fête"  : …  Dans sa Lettre à d'Alembert..., dite, pour simplifier, sur les spectacles (1758) *Rousseau juge le théâtre moralement dangereux et, d'ailleurs, inutile. « Quoi ! écrit-il au moment de terminer, ne faut-il donc aucun spectacle dans une république ? Au contraire, il en faut beaucoup. » Mais quel genre de spectacle ? Tout est là. « … Lire la suite
VERTU

Écrit par :  Baldine SAINT GIRONS

Dans le chapitre "Agonistique de la vertu"  : …  Cependant, dans un cas comme dans l'autre le ressort de la vertu est bien le courage moral. *« La vertu n'appartient qu'à un être faible par sa nature et fort par sa volonté », écrit Rousseau au cinquième chapitre de L'Émile ; ce qu'il commente dans une lettre à Monsieur de Franquières : « Il n'y a point de vertu sans combat, il n'y… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le contexte « dialectique » : Hegel"  : …  qui « supprime » et ce qui « confirme » la volonté de l'individu. Ce problème était déjà celui de *Rousseau dans le Contrat social : comment, en « s'aliénant » lui-même, en aliénant sa personne et ses biens, l'individu retrouve-t-il son vouloir le plus profond dans la volonté générale ? L'État moderne, pense Hegel, est au moins… Lire la suite

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