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CONTRAT SOCIAL

Malgré leur diversité, les doctrines du contrat social se proposent toutes de trouver dans l'individu le fondement de la société, de l'État, ou simplement de l'autorité politique. À cet égard, elles diffèrent radicalement, et même s'opposent aux doctrines qui voient dans la société ou dans l'État une réalité une et définie, distincte de ses parties, qu'il s'agisse de la doctrine juridique allemande de l'État ou de la pensée sociologique, dont l'apparition et le développement au xixe siècle ont coïncidé avec le déclin de la théorie du contrat. Le postulat fondamental des doctrines du contrat est en effet l'idée que la société, ou tout au moins l'État, n'est pas un phénomène naturel, mais une création artificielle et donc volontaire. Pour elles, la nature finit à l'individu. Il faut par conséquent supposer que la société a été créée par une décision des hommes qui la composent, et que les règles qui la régissent, les droits et obligations de ses membres peuvent être expliqués, voire déduits de cette décision constitutive, ce qui implique que l'on s'interroge sur son essence. Si le pouvoir est considéré comme artificiel, il est clair qu'il n'existe pas entre les hommes, antérieurement à la décision constitutive de la société, de relations d'autorité, mais seulement d'égalité et que, dès lors, les individus ne peuvent être liés qu'en vertu de leur consentement. D'où il ressort que la décision constitutive ne peut être qu'un contrat : le contrat social ou pacte social. La référence à la notion de contrat social permet ainsi de faire dévier le problème juridique du fondement de l'autorité politique vers un problème historique et philosophique, celui de l'origine de la société et de l'État. Par delà les postulats communs, il existe pourtant, parmi les théories qui se rattachent à la doctrine du contrat social, une très grande diversité qui porte sur les diverses notions auxquelles fait appel la doctrine.

1.  L'idée et sa signification

  L'état de nature

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Pour citer cet article

Michel TROPER, « CONTRAT SOCIAL  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/contrat-social/

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DU CONTRAT SOCIAL, livre de Jean-Jacques Rousseau

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FIDES

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« Numa, écrit Tite-Live, n'institua de cérémonie annuelle qu'en l'honneur de la seule Fides ; il enjoignit aux flamines de se rendre à son sanctuaire sur un char à deux chevaux et de célébrer le culte la main enveloppée jusqu'au bout des doigts, afin de signifier que la bonne foi doit être protégée et que son siège est sacré jusque dans la main… Lire la suite
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KANT (E.)

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Dans le chapitre "L'histoire et la politique"  : …  de former l'idée du principe de tout État juste : celle d'un contrat originaire, tel qu'il oblige toute législation à pouvoir se présenter comme issue d'une volonté générale afin qu'il soit possible à tous de vouloir lui obéir. De même encore la nature a voulu la guerre, dont les peines et les souffrances ont préservé l'… Lire la suite
LÉVIATHAN, livre de Thomas Hobbes

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Dans le chapitre "La soumission au souverain"  : …  souci de conserver sa vie conduisent à une insécurité permanente. C'est sur la base de ces analyses que la seconde partie, « Of Common-Wealth » (traduit par « De la République » ou « De l'État »), va fonder la théorie du contrat : « c'est comme si chaque individu devait dire à tout individu : j'autorise cet homme ou cette… Lire la suite
MODERNITÉ, notion de

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Dans le chapitre "Origines"  : …  e siècles, la modernité n'a pas encore de nom mais trouve ses fondements philosophiques et politiques. Et d'abord avec les penseurs du contrat social – Hobbes, Locke, Rousseau ou Kant – qui modifieront radicalement la vision du politique et de la société. La modernité s'énonce dès lors sous le nom de « progrès » et sous le programme des… Lire la suite
PEUPLE NOTION DE

Écrit par :  Yves SUREL

Dans le chapitre "Des univers de sens"  : …  . C'est ainsi au Moyen Âge qu'apparaissent des caractéristiques qui vont s'attacher durablement à cette notion, comme l'idée de contrat fondateur de la communauté politique ou celle de souveraineté populaire. Le peuple est notamment le produit paradoxal de courants de pensée qui entendent affirmer et consacrer l'autonomie et la supériorité de… Lire la suite
POLITIQUE - La philosophie politique

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Dans le chapitre "De Machiavel au « contrat social »"  : …  C'est ainsi que naît l'idée d'un contrat social, idée contradictoire puisqu'elle suppose un contrat pour fonder la possibilité de tout contrat, idée pourtant très compréhensible puisqu'elle expose la façon selon laquelle l'homme s'interprète maintenant : il est, non pas être raisonnable, mais être rationnel, calculateur de… Lire la suite
POLITIQUE - Le pouvoir politique

Écrit par :  Jean William LAPIERRE

Dans le chapitre "Fondement du pouvoir politique"  : …  déjà : « Qu'est-ce que nos principes naturels sinon nos principes accoutumés ? [...] Une différente coutume nous donne d'autres principes naturels, cela se voit par expérience. » Les doctrines du contrat social, qui se sont développées en Europe aux xviie et xviiie siècles, ne sont guère moins présomptueuses que celles du droit naturel… Lire la suite
POUVOIR

Écrit par :  Catherine COLLIOT-THÉLÈNE

Dans le chapitre "Pouvoir et domination"  : …  entre pouvoir et violence, que les théories contractualistes de la souveraineté tendent au contraire à refouler. La légitimité garantie par les conditions d'un contrat social originel (fiction par laquelle est établie l'obligation d'obéissance du sujet au souverain) est en effet supposée permettre de distinguer entre la contrainte exercée par le… Lire la suite
PUFENDORF SAMUEL VON (1632-1694)

Écrit par :  Yves SUAUDEAU

Après des études à Leipzig et à Gênes, Pufendorf rédige en 1661 ses Elementaria jurisprudentiae universalis, ouvrage qui lui vaut l'octroi par l'Électeur palatin Charles Louis d'une chaire d'enseignement du droit naturel et du droit des nations à Heidelberg. Sous le pseudonyme de Severinus De Monzambano,… Lire la suite
RAWLS JOHN (1921-2002)

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Dans le chapitre "Théorie de la justice"  : …  de la justice sur l'utilité sociale est la thèse fondamentale de sa doctrine qui se rapproche ainsi de la grande tradition du contrat social : Locke, Rousseau, Kant. Mais ce qui le différencie aussi bien du libéralisme de Locke que de la philosophie de Kant est son souci de faire une place à l'intérêt et à la rationalité économique dans… Lire la suite
ROUSSEAU (J.-J.)

Écrit par :  Bernard GAGNEBIN

Dans le chapitre "Vertu et bonheur"  : …  la vie citadine est-elle irrémédiablement vouée au malheur ? « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers [...] Comment ce changement s'est-il fait ? Je l'ignore. Qu'est-ce qui peut le rendre légitime ? Je crois pouvoir résoudre cette question. » Dans ce préambule au Contrat social, l'auteur livre d'emblée son programme et sa méthode… Lire la suite
SOCIÉTÉ

Écrit par :  André AKOUN

Dans le chapitre "Sociétés primitives et sociétés historiques"  : …  à la fois le lieu de la transparence, où des volontés libres se rencontrent et passent contrat, et le lieu de déterminismes semblables à ceux des choses et, comme eux, justiciables du savoir de la science, l'important étant que désormais le social soit posé comme totalement connaissable. La loi renvoie désormais aux hommes, mais ceux-ci sont… Lire la suite
THÉORIE DE LA JUSTICE, livre de John Rawls

Écrit par :  Samuel FEREY

En écrivant Théorie de la Justice en 1971, John Rawls (1921-2002) entend porter « à un plus haut niveau d'abstraction la théorie bien connue du contrat social ». C'est d'abord pour lutter contre l'utilitarisme, alors dominant, que Rawls ressuscite… Lire la suite
TRAITÉ THÉOLOGICO-POLITIQUE, livre de Baruch Spinoza

Écrit par :  Pierre-François MOREAU

Dans le chapitre "Le pacte social"  : …  Dans le champ politique, les hommes ont donné le pouvoir au souverain par un contrat originaire, afin qu'il les protège contre la nature, contre les autres hommes et contre leurs propres passions ; mais ces passions survivent au pacte, et l'État ne peut donc subsister que s'il ne se contente pas de ce revêtement juridique… Lire la suite
VIOLENCE

Écrit par :  Yves MICHAUD

Dans le chapitre "Violence, État et société"  : …  personne ne peut m'assurer qu'il le sera en retour envers moi. Le contrat hobbesien, pour autoritaire qu'il soit, a précisément pour objet d'instaurer une autorité souveraine en charge de garantir le respect de la règle. À l'évidence, il y a là une pensée de la guerre civile : toute autorité vaut mieux que la violence de… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le contexte « dialectique » : Hegel"  : …  Ainsi, le contrat marque la transition de la volonté arbitraire à la volonté raisonnable. Mais le contrat n'unit les volontés qu'en coordonnant des sujets de droit qui restent extérieurs l'un à l'autre. Il faut donc poursuivre plus loin la dialectique de la volonté. Il faut d'abord intérioriser l'obligation et élever le droit à la moralité «… Lire la suite

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