Des nombreux traités que le Grec Épicure (341-270 av. J.-C.), un des auteurs les plus prolixes de l'Antiquité, écrivit sur la nature, il ne reste que trois lettres de présentation de sa pensée qui nous sont parvenues grâce au doxographe Diogène Laërce. Si étudier la nature est important, ce n'est pas tant en vue de constituer une science physique, au sens moderne du terme, que pour connaître les mécanismes à l'œuvre dans la matière afin de pouvoir se débarrasser des craintes – de la mort et des dieux – que ne peut manquer d'engendrer l'ignorance. La cohérence de la pensée d'Épicure apparaît ainsi dans ce résumé que les disciples devaient toujours avoir à l'esprit : le monde infini et éternel est explicable, et le comprendre est la seule possibilité que nous ayons de pouvoir mener une vie heureuse.
La lettre à Hérodote, la plus longue qui nous a été transmise, est consacrée à la physique, l'une des trois parties de la philosophie. Ses buts sont éthiques et elle prend appui sur une canonique (qui avec l'éthique et la physique constituent la philosophie) lui permettant de formuler les critères du vrai. Sans comme […]
