3. Théorie de l'argumentation
L'étude détaillée des arguments nécessite tout un traité. Mentionnons, parmi les plus habituels, les arguments par l'exemple, par analogie, par les conséquences, par le modèle, a pari, a fortiori, e contrario, ainsi que l'argument d'autorité. Les figures de la rhétorique classique, loin de se réduire à de simples ornements, ne sont, bien souvent, que des arguments en raccourci : on ne comprend le rôle des métaphores qu'en les rapprochant des arguments par analogie.
Une argumentation, pour être efficace, doit être organisée. Il ne suffit pas d'aligner les arguments les uns derrière les autres, et cela indéfiniment. Il faut savoir se limiter. Chaque discours aura une ampleur déterminée, variable selon les circonstances. Les arguments seront présentés dans un ordre qui leur donnera le plus d'efficacité, car, au fur et à mesure que le discours se déroule, l'auditoire se transforme sous son influence, et un argument peut être sans effet sur un auditoire qui n'aurait pas subi cette transformation.
On connaît toutes les techniques de conditionnement de l'auditoire, qui utilisent les procédés les plus variés pour influer sur le comportement. Une théorie de l'argumentation qui met l'accent sur l'argumentation rationnelle, visant à convaincre l'auditoire universel, s'attachera surtout à l'examen des techniques du conditionnement par le discours, dont résulteront des conséquences pour l'ordre des arguments et l'ampleur de l'argumentation.
Malgré l'importance de l'argumentation pour la discussion, la délibération et la décision raisonnable, ou du moins éclairée, la théorie de l'argumentation a été, depuis la fin de la Renaissance, de plus en plus négligée, sous l'influence de tendances rationalistes, empiristes et positivistes. Mais, sans une telle théorie, l'élaboration d'une méthodologie des sciences humaines, du droit et de la philosophie se révèle impossible.
Selon une tendance, inspirée de Kant, qui date du milieu du xixe siècle, et qui a prévalu dans la première moitié du […]
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