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SCEPTICISME

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Le terme de scepticisme a fini par désigner aujourd'hui, dans la langue commune, une attitude négative de la pensée. Le sceptique passe volontiers non pas seulement pour un esprit hésitant ou timoré, ne se prononçant sur rien, mais pour celui qui, quoi qu'il arrive ou quoi que l'on puisse dire, se réfugie dans le dénigrement. Aussi croit-on encore que le scepticisme est l'école du refus et de la dénégation agressive. En réalité, et par son étymologie même (skepsis signifiant en grec « examen »), le scepticisme s'interdirait plutôt toute position tranchée, à commencer même par celle qui consisterait à affirmer, bien avant Pyrrhon et comme l'abdéritain Métrodore, que nous ne savons qu'une seule chose : que nous ne savons rien. Les sceptiques se qualifient eux-mêmes de zététiques, c'est-à-dire de chercheurs ; d'éphectiques, qui pratiquent la suspension du jugement ; d'aporétiques, philosophes de l'embarras, de la perplexité et de l'issue non trouvée. De plus, les historiens latins et grecs de la philosophie sceptique, comme Aulu-Gelle, Sextus Empiricus et Diogène Laërce, maintiennent une distinction très stricte entre les académiciens, qui soutiennent l'impossibilité de rien connaître, et les sceptiques, qui prennent la vie et l'expérience pour critères de leur conduite. Pour comprendre le scepticisme, il faut donc répondre successivement à ces deux questions : En quoi le scepticisme ancien a-t-il consisté ? Pourquoi le scepticisme a-t-il, dans l'histoire de la philosophie, été méconnu et trahi dans son intention et sa portée ?

1.  Signification du scepticisme ancien

  Données historiques

Le fondateur du scepticisme grec est Pyrrhon (fin du ive s. av. J.-C.). Il n'a laissé aucun écrit philosophique. Né à Élis, petit bourg du Péloponnèse, il y vécut d'abord comme peintre, puis se convertit à la philosophie, principalement sous l'influence d'Anaxarque, un abdéritain, en compagnie duquel il suivit Alexandre le Grand lors de la campagne d'Asie. De retour à Élis, il fonda une école  […]

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AGNOSTICISME

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Terme créé en 1869 par un disciple de Darwin, T. H. Huxley (1825-1895). Il devrait signifier le contraire de gnosticisme, c'est-à-dire le refus d'une connaissance de type supérieur (procédés d'explication suprarationnels). En fait, « agnosticisme » a eu à l'origine un sens précis : exclusion de toute métaphysique, de toute ontologie. Son… Lire la suite
ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "Les philosophies hellénistiques"  : …  un état d'esprit assez diffus, qui se retrouve chez des philosophes d'origine diverse. Il s'agit du *scepticisme, encore appelé pyrrhonisme, du nom de celui qui lui a donné la forme la plus radicale : Pyrrhon (env. 350-270). Il semble que Pyrrhon, qui, comme Socrate, n'a rien écrit, ait poussé à l'extrême l'attitude socratique de l'examen (σκέϕις),… Lire la suite
CAVELL STANLEY (1926- )

Écrit par :  Sandra LAUGIER

… Yet Unapprochable America (1989, Une nouvelle Amérique encore inapprochable) Emerson. *Le travail de Cavell n'a pourtant rien d'une exégèse. Il construit, à partir de Wittgenstein, une œuvre cohérente, dont le fil conducteur est le scepticisme. Wittgenstein est couramment interprété soit comme ayant produit des arguments sceptiques,… Lire la suite
CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Croyance, probabilité, scepticisme"  : …  et de la vérité. Une philosophie sur le probable est elle-même une philosophie probable ; le *scepticisme n'y est plus une méthode préalable et provisoire, mais finale et durable. La croyance n'est plus un thème parmi d'autres, mais un axe philosophique : passée au crible du scepticisme, elle signifie méditation sur les limites et docilité à… Lire la suite
DIALLÈLE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Raisonnement erroné qui a été repéré et thématisé par les philosophes grecs, notamment les sceptiques. Diallèle est la transcription de diallèlos, nom grec de ce qu'on appelle aussi « cercle vicieux » ou « inférence réciproque », et qui consiste à définir un terme ou à démontrer une proposition au moyen d'un autre terme ou d'une autre… Lire la suite
DOGMATISME

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Au sens le plus général, « dogmatisme » est devenu le synonyme d'intransigeance, d'autoritarisme, d'étroitesse d'esprit et de raideur : il est le fait de quiconque « dogmatise », c'est-à-dire affirme sans preuve, ne tolère aucune discussion, parle d'un ton tranchant, porte des jugements péremptoires. En philosophie, dogmatisme s'est d'abord opposé… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

*L'empirisme, chez les Grecs, était une forme de scepticisme rattachée à l'école de Pyrrhon. Il nous est connu par l'ouvrage de Sextus Empiricus (iie-iiie siècle) Hypotyposes pyrrhoniennes. Fondé sur une analyse des critères du jugement, il est une… Lire la suite
ENQUÊTE SUR L'ENTENDEMENT HUMAIN, livre de David Hume

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Dans le chapitre "Un « scepticisme modéré »"  : …  miracles, ni l'idée de Providence, dogmatiquement infondée, ne permet de faire l'hypothèse d'un Dieu créateur. *Les recherches de Hume aboutissent à une mise en question de la rationalité et à un « scepticisme modéré » qui suffit, pour la vie quotidienne, à assurer l'essentiel. Raison et expérience doivent être disjointes, les envolées de l'une ne… Lire la suite
EXPÉRIENCE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Le défi empiriste"  : …  tentative, pour fonder la connaissance sur l'expérience sensible, doit conduire à une forme de *scepticisme. Le scepticisme humien n'est cependant pas le scepticisme traditionnel. Il ne nie pas que nous puissions parvenir à des vérités, mais il soutient que ces vérités, dans la mesure où elles ne peuvent reposer que sur des principes tirés de l… Lire la suite
GASSENDI PIERRE GASSEND dit (1592-1655)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Savant et philosophe français, né près de Digne, reçu docteur en théologie en 1614 à Avignon, Gassendi est ordonné prêtre en 1616 et enseigne la philosophie à l'université d'Aix-en-Provence de 1617 à 1623. Il y fait des observations astronomiques détaillées, se déclare partisan de Copernic et entre en correspondance avec Galilée. Il partage ensuite… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - La religion grecque

Écrit par :  André-Jean FESTUGIÈREPierre LÉVÊQUE

Dans le chapitre "Vers une religion nouvelle"  : …  comme d'ordinaire dans les périodes troublées, à deux mouvements contradictoires. D'une part, le *scepticisme s'empare des esprits. Les procès d'impiété se multiplient : Anaxagore doit quitter Athènes ; Aspasie est accusée d'impiété et de proxénétisme ; Protagoras, qui affirme ne pas savoir si les dieux sont ou s'ils ne sont pas, est banni et ses… Lire la suite
HUME DAVID (1711-1776)

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "Scepticisme et naturalisme"  : …  *Ce n'est donc pas sans raison que l'on a pu tenir la philosophie de Hume pour un scepticisme, et qu'en un autre sens on a pu y voir, selon l'expression de Jean Laporte, un dogmatisme du sentiment. Cette philosophie marque la fin de la métaphysique entendue au sens classique, de la métaphysique comme spéculation sur l'Être et sur l'absolu. Elle… Lire la suite
LA MOTHE LE VAYER FRANÇOIS DE (1588-1672)

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *Philosophe et écrivain français, l'un des représentants majeurs de ce « libertinage érudit » qui marque, entre l'humanisme de la Renaissance et la philosophie du siècle des Lumières, une étape essentielle. À quarante ans, cet indolent n'a écrit aucun livre : il s'est prêté avec quelque répugnance aux devoirs de sa charge de substitut au procureur… Lire la suite
LIBERTINAGE

Écrit par :  Michel DELON

Dans le chapitre "Le libertinage érudit"  : …  compte et, plus généralement, de privilégier la recherche par rapport à l'affirmation dogmatique. *Si les pyrrhoniens et les sceptiques de l'Antiquité se défiaient de la raison jusqu'à nier toute possibilité de vérité humaine, le scepticisme de La Mothe Le Vayer est essentiellement critique : à la prétention du christianisme à être la seule vraie… Lire la suite
PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

Écrit par :  Jacques MOUTAUX

Dans le chapitre "De la philosophie à l'histoire de la philosophie"  : …  les possibilités d'une discipline philosophique de l'histoire de la philosophie, pour deux raisons. *– Entrepris dans le cadre de la dialectique définie comme logique de l'illusion, l'examen des systèmes est du même coup dévalorisation des systèmes. À propos de Platon et d'Épicure, par exemple, l'embarras manifeste de Kant tient à ce qu'il veut… Lire la suite
PYRRHON (~360-~270)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Les sceptiques grecs, après Énésidème (fin du ~ ier s.), ont volontiers reconnu en Pyrrhon un ancêtre de leur méthode ; les présentations doxographiques de sa doctrine reflètent parfois cette intention. Pourtant, Pyrrhon n'est pas vraiment le fondateur d'une école sceptique. Élève d'Anaxarque, qui était lui-même un disciple de… Lire la suite
RAISON

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Sensualisme et scepticisme"  : …  *Il en résulte ce qui se présente tantôt comme sensualisme, tantôt comme scepticisme, deux désignations également dangereuses, puisque les deux mouvements sont loin de vouloir écarter la raison calculatrice ou la science moderne (Locke est l'ami de Newton) et de douter de la possibilité de raisonner efficacement sur les données immédiates de l'… Lire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Quelques variantes historiques du rationalisme"  : …  en principe accessible. On a cité pourtant, parmi les représentants historiques du rationalisme, le *scepticisme de la nouvelle académie et des disciples de Pyrrhon. Ne nient-ils pas que l'on puisse jamais connaître assurément le réel ? Il est vrai. Mais c'est que le mouvement rationaliste d'un accès au réel par la pensée se manifeste alors par la… Lire la suite
RELATIVISME

Écrit par :  Hervé BARREAUTobie NATHAN

Dans le chapitre "Le relativisme moderne"  : …  En Europe, à la Renaissance, une deuxième forme du relativisme se développe, héritée du *scepticisme ancien. On la trouve, en particulier, chez Montaigne, qui pour ne pas perdre sa raison au milieu des folies de son siècle, se mit à la rédaction de ses Essais. Comme l'a écrit Marcel Conche : « Ce que l'on a, dans les Essais (1580-… Lire la suite
SAGESSE

Écrit par :  Manuel de DIÉGUEZ

Dans le chapitre "Le sage et le sceptique ; sagesse et histoire ; sagesse et politique"  : …  avec le sceptique. Si les savoirs trompeurs qui enivrent les doctrines font les hommes liges, le *scepticisme apparaît au sage comme une simple inversion des asservissements que forgent les idoles conquérantes ; car, en lieu et place de la fausse souveraineté que donne la sclérose de la conscience dans un dogmatisme fossilisé par sa propre… Lire la suite
SANTAYANA GEORGE (1863-1952)

Écrit par :  Gérard DELEDALLE

… *Philosophe américain né à Madrid en 1863, George Santayana meurt à Rome en 1952. Son père était castillan ; sa mère, d'origine catalane et née à Glasgow, était veuve d'un Américain : George Sturgis, épousé en premières noces. George Santayana suivit d'abord ses parents à Ávila en 1866, puis sa mère à Boston en 1872. Son enfance à Ávila le marqua… Lire la suite
SEXTUS EMPIRICUS (2e moitié IIe-déb. IIIe s.)

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Du philosophe sceptique grec Sextus Empiricus on possède trois grandes œuvres : les Hypotyposes pyrrhoniennes en six livres ; le traité Contre les professeurs (Adversus mathematicos) en trois livres (contre les grammairiens, contre les rhéteurs, contre les géomètres, contre les arithméticiens, contre les astrologues,… Lire la suite
TIMON DE PHLIONTE (~320 env.-env. ~230)

Écrit par :  Dominique RICHARD

… *Poète et philosophe sceptique grec, d'abord choriste au théâtre, Timon étudie la philosophie sous Stilpon de Mégare, puis devient le disciple et l'ami de Pyrrhon. Il enseigne lui-même la philosophie et la rhétorique à Chalcédoine. Ayant ainsi acquis une fortune considérable, il réside quelque temps en Égypte et en Macédoine avant de se fixer à… Lire la suite

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