Le terme de scepticisme a fini par désigner aujourd'hui, dans la langue commune, une attitude négative de la pensée. Le sceptique passe volontiers non pas seulement pour un esprit hésitant ou timoré, ne se prononçant sur rien, mais pour celui qui, quoi qu'il arrive ou quoi que l'on puisse dire, se réfugie dans le dénigrement. Aussi croit-on encore que le scepticisme est l'école du refus et de la dénégation agressive. En réalité, et par son étymologie même (skepsis signifiant en grec « examen »), le scepticisme s'interdirait plutôt toute position tranchée, à commencer même par celle qui consisterait à affirmer, bien avant Pyrrhon et comme l'abdéritain Métrodore, que nous ne savons qu'une seule chose : que nous ne savons rien. Les sceptiques se qualifient eux-mêmes de zététiques, c'est-à-dire de chercheurs ; d'éphectiques, qui pratiquent la suspension du jugement ; d'aporétiques, philosophes de l'embarras, de la perplexité et de l'issue non trouvée. De plus, les historiens latins et grecs de la philosophie sceptique, comme Aulu-Gelle, Sextus Empiricus et Diogène Laërce, maintiennent une distinction très stricte entre les académiciens, qui soutie […]
Autres références
« SCEPTICISME » est également traité dans :
-
AGNOSTICISME
Auteur :
Henry DUMÉRY
*Terme créé en 1869 par un disciple de Darwin, T. H. Huxley (1825-1895). Il devrait signifier le contraire de gnosticisme, c'est-à-dire le refus d'une connaissance de type supérieur (procédés d'explication suprarationnels). En fait, « agnosticisme » a eu à l'origine un sens précis : exclusion de toute métaphysique, de toute ontologie. Son…
Lire la suite
-
ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie
Auteur :
Pierre AUBENQUE
Dans le chapitre "Les philosophies hellénistiques" : …
un état d'esprit assez diffus, qui se retrouve chez des philosophes d'origine diverse. Il s'agit du *scepticisme, encore appelé pyrrhonisme, du nom de celui qui lui a donné la forme la plus radicale : Pyrrhon (env. 350-270). Il semble que Pyrrhon, qui, comme Socrate, n'a rien écrit, ait poussé à l'extrême l'attitude socratique de l'examen (σκέϕις),…
Lire la suite
-
CAVELL STANLEY (1926- )
Auteur :
Sandra LAUGIER
Yet Unapprochable America (1989, Une nouvelle Amérique encore inapprochable) Emerson. *Le travail de Cavell n'a pourtant rien d'une exégèse. Il construit, à partir de Wittgenstein, une œuvre cohérente, dont le fil conducteur est le scepticisme. Wittgenstein est couramment interprété soit comme ayant produit des arguments sceptiques,…
Lire la suite
-
CROYANCE
Auteur :
Paul RICŒUR
Dans le chapitre "Croyance, probabilité, scepticisme" : …
et de la vérité. Une philosophie sur le probable est elle-même une philosophie probable ; le *scepticisme n'y est plus une méthode préalable et provisoire, mais finale et durable. La croyance n'est plus un thème parmi d'autres, mais un axe philosophique : passée au crible du scepticisme, elle signifie méditation sur les limites et docilité à…
Lire la suite
-
DIALLÈLE
Auteur :
Françoise ARMENGAUD
*Raisonnement erroné qui a été repéré et thématisé par les philosophes grecs, notamment les sceptiques. Diallèle est la transcription de diallèlos, nom grec de ce qu'on appelle aussi « cercle vicieux » ou « inférence réciproque », et qui consiste à définir un terme ou à démontrer une proposition au moyen d'un autre terme ou d'une autre…
Lire la suite
Afficher la liste complète (24 références)
Retour en haut
Bibliographie
V. Brochard, Les Sceptiques grecs, Paris, 1887, rééd. Vrin, Paris, 1959
M. Conche, Pyrrhon, éd. de Mégare, Villers-sur-Mer, 1973
F. Cossuta, Le Scepticisme, coll. Que sais-je ?, P.U.F., Paris, 1994
A. F. Decleva, Caizzi, Pirrone. Testimonianze, Bibliopolis, Naples, 1981
J.-P. Dumont, Le Scepticisme et le phénomène, Vrin, 1972, 2e éd. 1985
G. Giannantoni, Lo Scetticismo antico, 2 vol., Bibliopolis, 1981
M. Gigante, Scetticismo e Epicureismo, Bibliopolis, Naples, 1981
R. H. Popkin, The History of Scepticism from Erasmus to Descartes, Assen, 1964
R. Richter, Der Skeptizismus in der Philosophie, Leipzig, 1904
L. Robin, Pyrrhon et le scepticisme grec, Alcan, Paris, 1944
E. Saisset, Le Scepticisme, Paris, 1865
M. Schofield, M. Burnyeat & J. Barnes, Doubt and Dogmatism, Oxford, 1980
P.-M. Schuhl, La Fabulation platonicienne, P.U.F., Paris, 1968
G. Schulze, Ænesidemus, Helmstedt, 1792.
Retour en haut