La description a souvent été l'objet de critiques virulentes de la part des auteurs de romans parodiques, de Stendhal, de Camus et surtout de poètes comme Valéry – « la „description“ me fait l'effet d'une denrée littéraire qui se vend au kilo » (Cahiers) – ou André Breton : « Et les descriptions ! Rien n'est comparable au néant de celles-ci ; ce n'est que superpositions d'images de catalogue, l'auteur en prend de plus en plus à son aise, il saisit l'occasion de me glisser ses cartes postales, il cherche à me faire tomber d'accord avec lui sur des lieux communs » (Premier Manifeste du surréalisme). De telles critiques ne sont pas nouvelles. Dans le troisième dialogue du Parallèle des Anciens et des Modernes (1690), Charles Perrault dénonce les longueurs descriptives du cadre de certains dialogues platoniciens et, dans son Essai sur le récit (1776), Bérardier de Bataut déclare pour sa part : « La description doit être propre au sujet que l'on traite [...]. Que de lieux communs où l'on décrit une campagne, un torrent, une tempête, et qui peuvent convenir à toutes sortes de sujets ? Ce sont des espèces de pièces de rapport qu'on déplace à son gré et qu'on enchâsse où l'on veut. » Marmontel s'en prend quant à lui à la poésie descriptive : « Ce qu'on appelle aujourd'hui en poésie le genre descriptif n'était pas connu des Anciens. C'est une invention moderne, que n'approuvent guère, à ce qu'il me semble, ni la raison, ni le goût » (Éléments de littérature, 1787).
Littré résume probablement le mieux toutes ces réserves en nous renvoyant à l'origine rhétorique du débat : « Descriptif [...]. Ce mot se prend le plus souvent en mauvaise part, parce que la description est un ornement du discours et ne doit pas être le fond d'un ouvrage. [Elle] consiste à peindre sous les couleurs les plus vives ce que l'on croit être agréable au lecteur. »
1. Aux sources de la description
La description est surtout liée au genre épidictique (qui comprend aussi bien le blâme que la louange) et à l'autonomie de morceaux ostentato […]
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