BOUTIQUECONTACTASSISTANCE
Zone de recherche

AltasAuteursRecherche thématiqueDictionnaire

RHÉTORIQUE

La rhétorique est l'art de dire quelque chose à quelqu'un ; l'art d'agir par la parole sur les opinions, les émotions, les décisions, du moins dans la limite des institutions et des normes qui, dans une société donnée, règlent l'influence mutuelle des sujets parlants. C'est aussi la discipline qui prépare méthodiquement à l'exercice de cet art, en apprenant à composer des discours appropriés à leurs fins. C'est enfin la réflexion philosophique sur l' éloquence, sur la puissance de la parole dans les sociétés humaines et sur la capacité d'ajuster nos représentations aux représentations d'autrui qui en est le principe.

1.  Ambivalence et disjonction

Cette définition cerne, avec un idéal, une réalité historique : dès l'Antiquité, entre la grammaire, art du discours correct, et la logique, art du discours vrai, la rhétorique, art du discours persuasif, est admise dans le trivium des disciplines scolaires fondamentales. Au fil des siècles, elle va transmettre les normes occidentales de la parole publique, élaborées par Aristote pour la démocratie athénienne et par Cicéron pour la république romaine, adaptées par Quintilien au projet civilisateur de l'Empire romain, puis par saint Augustin et les Pères de l'Église à l'univers des communautés chrétiennes. Centré sur la figure de l'orateur idéal – tour à tour orateur politique puis orateur chrétien et toujours vir bonus dicendi peritus (« quelqu'un de bien qui parle bien ») –, ce modèle est diffusé à la Renaissance dans l'Europe entière et ses extensions outre-mer, dans sa double dimension, pratique et spéculative, comme en témoignent les deux pôles entre lesquels oscille sa définition en France au xviiie siècle : « La rhétorique est l'art de faire un discours qui puisse persuader, c'est-à-dire éclairer l'esprit et attacher la volonté aux devoirs de la vie » (Balthazar Gibert dans sa Rhétorique, 1730) ; « La rhétorique est à l'éloquence ce que la théorie est à [...]

1 2 3 4 5

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur  9 pages…

 

Pour citer cet article

DOUAY-SOUBLIN, « RHÉTORIQUE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rhetorique/

Classification thématique de cet article :

  

Offre essai 7 jours

« RHÉTORIQUE » est également traité dans :

AFFECTIVITÉ

Écrit par :  Marc RICHIR

Dans le chapitre "Affectivité et passions dans la tradition classique"  : …  on y reviendra, y voit la possibilité de disjoindre l'affectivité de la subjectivité. Chaque « passion » est en effet décrite, dans le cadre de l'« art rhétorique », qui est par définition social ou intersubjectif, en trois parties : l'indication des dispositions durables dans lesquelles on est porté à l'éprouver ; l'énumération des personnes… Lire la suite
AGÔN, théâtre grec

Écrit par :  Barbara CASSIN

Substantif grec correspondant au verbe agô, « mener », qui désigne l'assemblée, puis le concours, en particulier sportif (Agôn personnifié — cf. Pausanias, Description de la Grèce, V, xxvi, 3 — avait sa statue à Olympie, tenant des haltères) et, plus généralement, toutes sortes de… Lire la suite
ALEMÁN MATEO (1547-env. 1615)

Écrit par :  Edmond CROS

Dans le chapitre "L'empire de la rhétorique"  : …  Cette médiation de la rhétorique est essentielle ; elle explique la conception générale de l'ouvrage, construit comme une juxtaposition d'éléments indépendants, fait de lourds blocs corsetés dans des structures rigides, qui renferment l'épisode romanesque et découpent en tranches l'histoire du personnage. C'est cette médiation qui justifie la mise… Lire la suite
ALLÉGORIE

Écrit par :  Frédéric ELSIGJean-François GROULIERJacqueline LICHTENSTEINDaniel POIRIONDaniel RUSSOGilles SAURON

s'accompagne d'une restriction de sens : on désigne par le mot ἀλληγορία une forme de l'exposé littéraire plutôt qu'une méthode d'interprétation. Les grammairiens latins ont confirmé ce point de vue en présentant l'allégorie comme une figure de rhétorique, la métaphore continuée (Quintilien… Lire la suite
ANAPHORE, linguistique

Écrit par :  Nicole QUENTIN-MAURER

Dans la rhétorique traditionnelle, figure de style qui consiste à répéter le même mot ou le même tour en tête de plusieurs membres de phrase, pour obtenir une symétrie ou pour donner plus de force à l'énoncé ; ainsi : Rome, l'unique objet de mon ressentiment,Lire la suite
ANTIPHON DE RHAMNONTE (-480?--411)

Écrit par :  E.U.

», « Sur le choreute » et « Accusation d'empoisonnement contre une belle-mère ». Les douze autres discours, les Tétralogies, sont des exercices de rhétorique judiciaire destinés aux étudiants. Chaque tétralogie se compose de quatre discours : deux discours d'accusation et deux discours de défense d'un procès pour homicide… Lire la suite
ARABE (MONDE) - Littérature

Écrit par :  Jamel Eddine BENCHEIKHHachem FODAAndré MIQUELCharles PELLATHammadi SAMMOUDÉlisabeth VAUTHIER

Dans le chapitre "Délimitation du domaine arabe : les deux rhétoriques"  : …  Il faut commencer par dissiper un malentendu qui pourrait résulter de l'application du terme « grec » de rhétorique au domaine arabe. Rhétorique traduit, en effet, deux mots arabes : khaṭāba et balāgha. Or parler de rhétorique à propos de la balāgha relève beaucoup plus de l'adaptation… Lire la suite
ARGUMENTATION

Écrit par :  Chaïm PERELMAN

Dans le chapitre "Théorie de l'argumentation"  : …  a pari, a fortiori, e contrario, ainsi que l'argument d'autorité. Les figures de la rhétorique classique, loin de se réduire à de simples ornements, ne sont, bien souvent, que des arguments en raccourci : on ne comprend le rôle des métaphores qu'en les rapprochant des arguments par analogie… Lire la suite
ARISTOTE

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "La rhétorique"  : …  Très remarquable à cet égard est la Rhétorique d'Aristote, que la tradition n'a pas rangée dans l'Organon, mais qui n'en est pas moins une partie importante de la théorie du logos. À la différence du discours dialectique, qui s'adresse à l'homme en tant… Lire la suite
ARISTOTÉLISME

Écrit par :  Hervé BARREAU

Dans le chapitre "L'esthétique"  : …  La rhétorique est à la politique ce que la dialectique est à la science, un auxiliaire indispensable. Il s'agit, dans la rhétorique, d'administrer des preuves devant un auditoire, qui est sujet aux passions humaines, et qui est toujours spécifique. C'est l'art de persuader… Lire la suite
ARTS POÉTIQUES

Écrit par :  Alain MICHEL

à d'autres formes de création littéraire – et notamment la rhétorique, comme le pensait Aristote. Une spécificité qui, bien sûr, ne s'est jamais limitée à la seule versification. La perspective choisie ici, qui ne néglige pas les recherches récentes mais les situe dans une problématique plus vaste… Lire la suite
CÉLÉBRATION, genre littéraire

Écrit par :  Véronique KLAUBER

Acte rhétorique par lequel on établit la supériorité de quelqu'un ou de quelque chose. Réelle ou imaginaire, cette supériorité est exprimée dans des termes propres à propager le sentiment d'élévation. Parmi les trois genres du discours répertoriés par Aristote, la célébration (… Lire la suite
CICÉRON (-106--43)

Écrit par :  Alain MICHELClaude NICOLET

Dans le chapitre "Les ouvrages de rhétorique"  : …  Cedant arma togae. Cicéron n'avait pas d'autres moyens d'action et d'influence que son éloquence. C'est en ce sens qu'on peut assimiler à un traité politique ses trois livres de dialogues à la manière d'Aristote, De oratore (55) ; il avait déjà écrit, vers 88, deux livres… Lire la suite
CRITIQUE LITTÉRAIRE

Écrit par :  Marc CERISUELOAntoine COMPAGNON

Dans le chapitre "Les modèles « gnostiques » ou indéterminés"  : …  La critique indéterministe doit enfin beaucoup à Nietzsche, qui réduisait le langage à la rhétorique, ou plutôt à sa rhétoricité inintentionnelle, et la vérité au jeu des figures et des tropes. Dans la lignée nietzschéenne revivifiée par le poststructuralisme français, le langage n'a plus de relation avec la réalité, le… Lire la suite
CURTIUS ERNST ROBERT (1886-1956)

Écrit par :  Véronique KLAUBER

S'il fallait écrire l'histoire de l'idée de l'unité européenne, Ernst Robert Curtius y tiendrait une place éminente. En effet, ce savant philologue et critique allemand rêve, depuis la Première Guerre mondiale, d'une Europe sans frontières, dont l'unité culturelle serait sauvegardée par une élite qui la dirigerait. Cette vieille Europe, et avec… Lire la suite
DE L'ORATEUR, Cicéron

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Grandeur de l'éloquence"  : …  se structure ensuite, lors de la deuxième journée, autour d'un exposé des cinq parties traditionnelles de la rhétorique – non sans de multiples apartés. Antoine développe d'abord (livre II) ce qui relève de l'invention (comment trouver des arguments), en fonction du triple but de l'orateur : prouver, plaire, émouvoir ; puis, plus brièvement, l'… Lire la suite
DÉCLAMATION, théâtre

Écrit par :  Dominique PAQUET

Issue directement de la rhétorique latine, telle que Cicéron et Quintilien l'ont recueillie des Grecs, la déclamation relève de la pronunciatio, moment ou partie du discours qui enseigne à l'orateur l'usage efficace de sa voix en fonction de la forme et du… Lire la suite
DÉMOSTHÈNE (-384--322)

Écrit par :  Gilberte RONNET

Dans le chapitre "Le style"  : …  La variété, la couleur, le mouvement, tels sont les traits qui le distinguent entre tous les autres. Sa phrase prend toutes les formes, depuis la succession de simples propositions indépendantes jusqu'aux périodes les plus complexes, du raccourci de trois mots à l'ensemble d'une page. Ces formes diverses se font valoir par le contraste ; mais dans… Lire la suite
DENYS D'HALICARNASSE (-Ier s.)

Écrit par :  Dominique RICHARD

Venu à Rome vers ~ 30, Denys d'Halicarnasse y réside pendant vingt-deux ans. Il étudie la langue, la littérature et l'histoire romaines. Il enseigne probablement la rhétorique à Rome comme il l'a fait à Halicarnasse. Il est l'ami de membres de la haute aristocratie et, si l'on en juge d'après les tendances reflétées par ses… Lire la suite
DESCRIPTION

Écrit par :  Jean-Michel ADAM

Littré résume probablement le mieux toutes ces réserves en nous renvoyant à l'origine rhétorique du débat : « Descriptif [...]. Ce mot se prend le plus souvent en mauvaise part, parce que la description est un ornement du discours et ne doit pas être le fond d'un ouvrage. [Elle] consiste à peindre… Lire la suite
DIALECTIQUE

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

Dans le chapitre "La doctrine aristotélicienne"  : …  toutes ses déterminations et qui ne peut être fixé que par approximation, et la dialectique s'apparente à la rhétorique ; ou bien il est ce principe qui précède toute détermination parce qu'il en est la condition ou le support, « l'être en tant qu'être », donné indépendamment de tout genre, et la dialectique est la méthode par excellence de la Lire la suite
DISCOURS

Écrit par :  Barbara CASSIN

Le terme de discours (du latin discurrere, « courir çà et là ») n'est pas à l'origine directement lié au langage. Quand, dès la fin de la latinité (cf. Codex Theodosianus, IX, xxiv, 1), discursus prend le sens de discours, c'est d'abord comme chemin hasardeux de la… Lire la suite
DU SUBLIME, Pseudo-Longin

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

nous apporte un souffle vivant, non plus la moisissure des écoles et des bibliothèques » : ainsi le grand critique allemand Ernst-Robert Curtius, dans La Littérature européenne et le Moyen Âge latin (1948), salue-t-il le petit traité Du sublime (Péri Hupsous) – un sommet selon lui de la rhétorique antique… Lire la suite
ÉLISABÉTHAIN THÉÂTRE

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

Dans le chapitre "Le langage"  : …  Prose ou vers, la rhétorique est d'abord souveraine – art de persuader et d'émouvoir, sans lequel il n'est pas d'art dramatique. Le discours, monologue ou dialogue, est formel et structuré. Il a toujours ce que la critique appelle un pattern, c'est-à-dire une structure qui relève de la rhétorique, de ses figures, de ses rythmes… Lire la suite
ÉLOQUENCE

Écrit par :  Barbara CASSIN

L'éloquence est ce qui fait un discours ou un orateur persuasifs. Elle a partie liée avec la rhétorique, qui enseigne l'art de persuader, qu'on la considère, ainsi que le fait Quintilien, comme le résultat de règles purement formelles ou, selon Cicéron, comme « don naturel » de… Lire la suite
ÉLOQUENCE, Grèce antique

Écrit par :  Dominique RICHARD

L'éloquence comme genre littéraire apparaît en Grèce tardivement (fin ~ ve et surtout ~ ive s.). Les plus grands orateurs sont contemporains de Philippe de Macédoine. Avant cela, les hommes politiques ne publient pas leurs… Lire la suite
EUPHUISME

Écrit par :  Georges GRANJOUX

Dans le chapitre "L'euphuisme, style maniéré"  : …  Procédés de structure et de rhétorique : le parallélisme des phrases et des propositions à l'intérieur des phrases ; l'utilisation de l'antithèse ; l'emploi fréquent des questions rhétoriques, souvent en séries. Ces procédés peuvent être associés dans le même paragraphe, voire dans la même phrase ; ils sont liés au contenu de l'œuvre, qui laisse… Lire la suite
EXEMPLUM

Écrit par :  Jean-Pierre BORDIER

Outre le sens habituel d'« exemple », le mot latin exemplum désigne une ressource de la rhétorique utile à qui veut susciter la persuasion. Aristote rapproche l'exemple, qui repose sur une inférence implicite, (raisonnement inductif) du syllogisme incomplet (déductif) ; après lui,… Lire la suite
FONTANIER PIERRE (1768-1844)

Écrit par :  Robert SCTRICK

Éditeur en 1818 du Commentaire des tropes de Du Marsais et auteur de deux ouvrages — étroitement liés dans son esprit et destinés à constituer un unique Traité général — sur les figures du discours, Manuel classique pour l'étude des tropes (1821) et Lire la suite
FUMAROLI MARC (1932-    )

Écrit par :  Jean-François LABIE

Mais l'essentiel n'est pas là. Comme l'indiquent les titres de ses grands livres, les notions de langage et de rhétorique sont au centre de la production de Fumaroli. Pour lui, la structure du discours ne se limite pas à une question de forme, à un choix de modes d'expression ; elle est le signe vivant de la pensée. Toute l'… Lire la suite
GRASSI ERNESTO (1902-1991)

Écrit par :  Alain PONS

démonstratif, médiat et dialectique, c'est bien celle de la rhétorique, qui a toujours été à l'écoute du langage des poètes, langage indicatif, immédiat, sémantique et pathétique. La rhétorique, en ce sens, a non seulement une portée philosophique profonde, elle est philosophie (Rhetoric as Philosophy est… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - Langue et littérature

Écrit par :  Joseph MOGENETJacqueline de ROMILLY

Dans le chapitre "L'éloquence"  : …  même époque que Thucydide et également sous l'influence de la sophistique, s'élabore la rhétorique qui, outre le rôle important qu'elle prend dans l'enseignement, manifeste son utilité dans deux domaines de la vie publique : les assemblées populaires et les tribunaux. L'éloquence politique est représentée d'abord par un orateur en chambre,… Lire la suite
GRÉGOIRE DE NAZIANZE saint (330 env.-env. 390)

Écrit par :  Pierre HADOT

Dans le chapitre "La rhétorique ou l'idéal du « bien dire »"  : …  Le siècle de Grégoire de Nazianze est marqué par une nouvelle floraison de la grande tradition rhétorique grecque. Presque toutes les grandes œuvres littéraires portent la trace de renouveau et, dans la vie sociale et politique, le rhéteur joue un rôle de premier plan, qui lui permet d'accéder aux plus hautes fonctions. Grégoire de Nazianze est un… Lire la suite
HEURISTIQUE

Écrit par :  Jean-Pierre CHRÉTIEN-GONI

Dans le chapitre "La technique ou l'art d'inventer"  : …  C'est dans la technique rhétorique ancienne que l'on trouve une application, interne à la dialectique, de ces procédés heuristiques. Un discours persuasif doit être préparé en une suite de traitements dont les deux premières séquences vont finir par désigner les deux moments… Lire la suite
HISTOIRE DE LA RHÉTORIQUE DANS L'EUROPE MODERNE 1450-1950 (dir. M. Fumaroli)

Écrit par :  Françoise DOUAY-SOUBLIN

Élaboré dans l'Athènes et la Rome antiques, puis christianisé, le programme civilisateur de la rhétorique, « art et artisanat de la parole » dans les sociétés humaines, fut, en Italie puis dans toute l'Europe, remis à l'honneur à la Renaissance, pour limiter l'empire de la science scolastique. Ainsi, du xvLire la suite
ISOCRATE (-436--338)

Écrit par :  Dominique RICHARD

Orateur grec, né dans le dème d'Erchia, dont le père, Théodoros, était un fabricant d'instruments de musique aisé. Isocrate reçoit l'enseignement des sophistes, en particulier de Prodicos, et il entendra aussi Socrate. Lorsque son père se trouve ruiné, après la guerre du Péloponnèse, Isocrate, se tourne vers l'éloquence : il… Lire la suite
LANGAGES DE MASSE

Écrit par :  Jean BAUDRILLARD

Dans le chapitre "Tautologie"  : …  lui-même, que vient s'indexer ce discours, au contraire du discours logique ouvert. Et c'est cette tautologie secrète, même si elle s'enveloppe de significations et de figures rhétoriques très riches, qui fait sa causalité efficace et sa vraisemblance. C'est cette répétition interne qui induit la répétition « magique » du discours dans l'événement… Lire la suite
LATINES (LANGUE ET LITTÉRATURE) - La littérature

Écrit par :  Pierre GRIMAL

Dans le chapitre "Où l'art devient culture"  : …  La prose oratoire, nous l'avons dit, était enseignée par les rhéteurs. Un livre de Sénèque le Père nous introduit dans la vie de leurs écoles, avec ses Suasoriae et ses Controverses, qui fournissaient aux jeunes gens des développements « préfabriqués », pour conseiller ou pour défendre… Lire la suite
LATINI BRUNO ou BRUNETTO (1220 env.-env. 1294)

Écrit par :  Maurice de GANDILLAC

Le renom en France de l'Italien Brunetto Latini vient de ce qu'il a composé son Trésor en français, déclarant que c'était « parler plus délectable et plus commun à toutes gens ». Mais son cas fait problème pour les lecteurs de la Divine Comédie, car Dante, qui fut son élève, le situe dans un cercle infernal… Lire la suite
LINGUISTIQUE - Le langage au carrefour des disciplines

Écrit par :  Catherine FUCHS

Dans le chapitre "La rhétorique "  : …  La rhétorique se définit au départ comme l'art de persuader par le discours oratoire. Depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du xixe siècle, la rhétorique a été enseignée comme un corps de préceptes solidement établi. La tradition aristotélicienne, reprise par les rhéteurs latins (Quintilien) divisait la… Lire la suite
LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE

Écrit par :  Pierre KUENTZ

Dans le chapitre "Articulations"  : …  On examinera ici plus particulièrement quatre de ces combinaisons : stylistiques et rhétoriques (4) ; linguistique de l'énonciation (5) ; poétiques (1, 2 et 3) ; sémiotiques (6… Lire la suite
LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE

Écrit par :  Alain VIALA

Dans le chapitre "Art épistolaire et débat d'idées"  : …  un sujet, un propos, une lettre. Selon lui, c'est la vaste culture et la parfaite maîtrise rhétorique qui permettent à l'épistolier d'ajuster son texte au sujet, à la situation et au destinataire. Il conserve donc les principes de l'art oratoire établis par Cicéron et Quintilien. En même temps, il fonde une lignée de l'éloquenceLire la suite
MAÎTRES DE SAGESSE (Grèce antique)

Écrit par :  Luc BRISSON

Dans le chapitre "Mythe et savoir"  : …  À partir du milieu du ve siècle, les sophistes, qui utilisent cette technique discursive nouvelle à laquelle on donne le nom de « rhétorique », vont disputer aux poètes l'honneur de transmettre ce savoir universel : sophistēs, on le sait, dérive de sophós. Voilà en tout cas comment Platon… Lire la suite
MARSAIS CÉSAR CHESNEAU sieur Du (1676-1756)

Écrit par :  Michel BRAUDEAU

Oratorien, puis avocat à Paris, Du Marsais fut précepteur dans plusieurs familles nobles avant de publier sa Méthode raisonnée pour apprendre la langue latine, qui renouvelle considérablement, au moins sur le plan théorique, les méthodes d'enseignement. La parution, en 1730, du Traité des tropes, ou des différentsLire la suite
MÉTAPHORE

Écrit par :  Jean-Yves POUILLOUX

Dans le chapitre "La tradition classique"  : …  que la métaphore soit « claire », et inattendue, pour qu'elle soit « efficace »). Dans la Rhétorique (livre III, 1405 a sqq.), Aristote analyse longuement diverses métaphores, en appréciant en particulier leur « convenance » ou leur « harmonie », c'est-à-dire l'intelligibilité de l'analogie entre les deux termes, celui qui est… Lire la suite
MOYEN ÂGE - L'affirmation des langues vulgaires

Écrit par :  Emmanuèle BAUMGARTNER

Dans le chapitre "Des « Arts poétiques » à la « Défense et illustration de la langue française » "  : …  associée à ses « enfants », Sens, Rhétorique et Musique, le don de l'invention et le travail propre de l'écrivain. À la fin du xive, puis au xve siècle, apparaissent, d'abord en occitan (Leys d'Amors de Guilhem Molinier, dès 1330-1336), puis en français, de véritables traités de… Lire la suite
NOUVELLE RHÉTORIQUE, droit

Écrit par :  Benoît FRYDMAN

aussi école de Bruxelles, qui, sous la conduite de son fondateur Chaïm Perelman (1912-1984), a contribué à renouveler l'intérêt de la pensée contemporaine pour l'argumentation, en mettant en évidence le rôle central de celle-ci dans le traitement des questions pratiques… Lire la suite
ORAISONS FUNÈBRES, Jacques Benigne Bossuet

Écrit par :  Christian BIET

Dans le chapitre "Plaire et impressionner"  : …  représentants de la saine politique d'État, monarchique et absolue (le roi assiste aux oraisons). Plaire, instruire, prêcher, impressionner, Bossuet sait bien parler, sans papier, guidé par l'art de la memoria. Son oraison, toujours construite selon les règles de la rhétorique (dispositio) s'appuie sur la parole en acte, sur la… Lire la suite
ORGANON, Aristote

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Une science du penser"  : …  Les deux derniers traités, les Topiques (Topika) et les Réfutations sophistiques (Sophistikoi elenchoi), se rapprochent plus de la Rhétorique, c'est-à-dire d'une étude de l'argumentation en situation : la maîtrise du syllogisme y apparaît plutôt… Lire la suite
PARAPHRASE

Écrit par :  Catherine FUCHS

Dès l'Antiquité, la paraphrase figure dans les manuels pédagogiques pour la formation des futurs orateurs, au titre des progymnasmata (« exercices préparatoires » à la rhétorique) : ainsi chez Quintilien, Hermogène ou Aphtonios ; c'est un exercice pratique de lecture et de reformulation développée à partir d'… Lire la suite
PARODIE, littérature

Écrit par :  Daniel SANGSUE

Dans le chapitre "Un genre aux contours incertains"  : …  Classical Philology, vol. XXXIX, 1944). Cette conception qui réduit la parodie à une opération ponctuelle se retrouve dans les rhétoriques latines. Ainsi, Quintilien, dans Sur la formation de l'orateur (De institutione oratoria), recense parmi les moyens de faire rire un auditoire celui de « forger des vers qui ressemblent… Lire la suite
PASCAL BLAISE (1623-1662)

Écrit par :  Dominique DESCOTESFrançois RUSSO

Dans le chapitre "Un art de la persuasion"  : …  Pascal est servi par un grand sens de la communication : plus que tout autre en son temps, il a saisi les exigences du contact entre les esprits et de l'« art de persuader », pour reprendre le titre donné à la seconde section de L'Esprit géométrique. Marc Fumaroli a montré qu'il s'inscrit dans la tradition rhétorique humaniste des milieux… Lire la suite
PATHOS

Écrit par :  Jean-Paul MOURLON

Évocation de l'expérience humaine dans une représentation propre à faire naître la pitié, la sympathie, chez le lecteur ou le spectateur. Distinct des passions plus élevées de la tragédie, le pathos (du grec pathos : « souffrance, passion ») naît, particulièrement dans l'art oratoire, à l'évocation de ceux qui sont abandonnés… Lire la suite
PAUL DIACRE PAUL WARNEFRIED dit (720 env.-apr. 787)

Écrit par :  Jean-Pierre BORDIER

Né d'une grande famille lombarde du Frioul, élevé à la cour du roi Ratchis à Pavie, Paul devint moine bénédictin à Civitate près de Côme, puis au Mont-Cassin ; lié à la famille royale lombarde, il fut attiré à Aix-la-Chapelle par Charlemagne qui chercha en vain à le retenir pour son savoir et son talent. Ce barbare illustre l'acculturation des… Lire la suite
PAULHAN JEAN (1884-1968)

Écrit par :  Yvon BELAVAL

Dans le chapitre "L'unique pensée"  : …  amour, la maladie, la guerre, et jusqu'au silence. Que tirer de précis de cette inquiétude ? Le propos n'est pas littéraire. Il s'agit d'observer des faits du langage et d'en dégager des lois objectives, pour les appliquer, s'il se peut (par exemple à la critique). À cette première méthode, où l'on reconnaît l'esprit scientifique du début du xxeLire la suite
PERELMAN CHAÏM (1912-1984)

Écrit par :  Michel MEYER

L'œuvre de Chaïm Perelman s'inscrit depuis la fin des années 1950 dans le paysage de la pensée contemporaine, avec la parution du Traité de l'argumentation (2 vol., P.U.F., Paris, 1958) qu'il a écrit en collaboration avec Mme Olbrechts-Tyteca. Par la réhabilitation de la… Lire la suite
POÉTIQUE

Écrit par :  Jean-Marie SCHAEFFERTzvetan TODOROV

Dans le chapitre "Domaines d'analyse"  : …  Rhétorique et stylistique. Le romantisme s'était élevé contre la rhétorique, conçue comme théorie d'une expressivité réglée et codée, pour la remplacer par la stylistique, conçue comme étude de l'écart expressif. La poétique structuraliste s'est évertuée à dépasser cette opposition. D'où un renouveau d'intérêt pour la rhétorique, marqué à la fois… Lire la suite
PUTTENHAM GEORGE (1529 env.-env. 1590)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

D'aucuns disent que c'est Richard, son frère, et non George, qui a écrit le célèbre traité de rhétorique The Arte of English Poesie publié sans nom d'auteur en 1589, par Richard Field, l'éditeur des poèmes de Shakespeare. On ne sait rien des Puttenham, sinon que leur mère était la sœur de sir Thomas Elyot… Lire la suite
QUINTILIEN, lat. MARCUS FABIUS QUINTILIANUS (30-96)

Écrit par :  Marcel BÉNABOU

Marcus Fabius Quintilianus est né à Calagurris (Calahorra) en Espagne. Fils de rhéteur, il fait ses études à Rome, où il reviendra se fixer après un séjour en Espagne de 60 à 69. Avocat en vue, il ouvre une école de rhétorique qui attire les enfants des meilleures familles : Pline le Jeune sera de ses… Lire la suite
RAMUS PIERRE DE LA RAMÉE dit (1515-1572)

Écrit par :  Jean-Claude MARGOLIN

Humaniste français qui entreprit dans la science du temps de la Réforme une critique analogue à celle de Luther et de Calvin dans l'ordre religieux. Né à Cuth, dans le Vermandois, Ramus appartient à une famille très modeste ; son père est laboureur et son grand-père charbonnier. À huit ans, il fait seul à pied le voyage de… Lire la suite
RÉPÉTITION PROCÉDÉS DE, rhétorique

Écrit par :  Véronique KLAUBER

La répétition est un principe créateur universel régissant toute communication depuis l'unité minimale du signifiant (signes, lettres, sons) jusqu'aux ensembles les plus larges (un récit entier par exemple). Ses fonctions s'étendent de la mnémotechnie jusqu'à l'imitation de la structure circulaire du monde. Elle est facilement reconnaissable, et la… Lire la suite
RHÉTORIQUEURS GRANDS

Écrit par :  Paul ZUMTHOR

Dans le chapitre "Situation historique"  : …  d'une transmutation finale. D'une telle alchimie poétique, opérant sur la matière traditionnelle, le principe actif s'appelle rhétorique seconde, art des vers considéré comme procès de transmutation de la rhétorique première sous l'impact des nombres et du rythme. D'où la richesse d'ornementation stylistique en même temps que, dans l'ordre… Lire la suite
SATIRE

Écrit par :  Roger ZUBER

Dans le chapitre "Satire et classicisme"  : …  conscience des modalités de sa propre intervention dans le tissu de l'œuvre qu'il élabore : il est alors l'orateur, celui qui, par la parole, s'identifie à un texte dont il sait pertinemment qu'il ne se confond pas avec lui-même. Il faut donc comprendre la place qu'occupe la satire dans l'histoire de notre culture en invoquant la rhétoriqueLire la suite
SOPHISTIQUE

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGBarbara CASSIN

Dans le chapitre "De la philosophie à la littérature"  : …  , de l'éducation sophistique, et sur le développement d'une culture littéraire : dans des écoles où le directeur était sophiste, l'« imitation rhétorique » propose l'appropriation, tout au long du cursus scolaire, de toutes les œuvres de l'Antiquité classique. Mais ce qui caractérise cette rhétorique généralisée, c'est qu'elle est créatrice. À… Lire la suite
STOÏCISME

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGUrs EGLI

Dans le chapitre "La logique"  : …  discours bref, par questions et réponses, à la manière du philosophe, et donc science du vrai et du faux ; et la rhétorique, art du discours long, à la manière de l'orateur, et donc science du bien dire. En fait, la dialectique, de loin la plus importante, étudiait le langage sous tous ses aspects et à tous ses niveaux. Les… Lire la suite
STRAUSS LEO (1899-1973)

Écrit par :  Miguel ABENSOURMichel-Pierre EDMOND

Dans le chapitre "Un rhétoricien"  : …  d'y aménager des voies d'accès ou de les interdire par l'usage d'un certain nombre de procédés relevant de la rhétorique et dont le plus significatif consiste à formuler des propositions contradictoires entre elles. Ce procédé délibéré signale à un lecteur attentif un point de repère lui permettant de s'orienter dans sa lecture et d'accéder au… Lire la suite
STYLE

Écrit par :  Mikel DUFRENNE

Dans le chapitre "Le discours de la stylistique"  : …  C'est la limite qu'elle s'imposait déjà sous son ancien nom de rhétorique. Car la rhétorique est une technique du langage considéré comme un art. Elle est à la fois descriptive et normative : grammaire de l'expression littéraire, elle détermine les moyens que le langage met à la disposition de l'écrivain et de l'orateur ;… Lire la suite
STYLISTIQUE

Écrit par :  Georges MOLINIÉ

Dans le chapitre "Les trois rhétoriques"  : …  Historiquement, la stylistique est liée à la rhétorique. Le père fondateur des études qui intéressent ici est Aristote, notamment dans ses deux œuvres fondamentales, La Rhétorique et La Poétique ; les titres sont emblématiques, et gros de presque tous les… Lire la suite
SUBLIME, philosophie

Écrit par :  Philippe LACOUE-LABARTHE

Comme catégorie rhétorique ou critique, le sens de « sublime » paraît s'être fixé au cours du ier siècle après J.-C. Le mot et ses dérivés (sublimitas) sont présents chez Pline et Quintilien. Mais le plus ancien document concernant le… Lire la suite
TACITE (55 env.-120)

Écrit par :  Alain MICHEL

Dans le chapitre "Le style de Tacite : l'épopée de la décadence"  : …  Tacite nous encourage aussi à juger son œuvre du point de vue de la rhétorique. Celle-ci lui fournissait les moyens de sa création. Elle aide donc à comprendre ce qu'on a appelé, chez lui, la « prose d'art ». Si l'on examine cette dernière, on observe trois aspects principaux : la recherche de l'effet, le goût des figures et des formules, le… Lire la suite
TROPES, linguistique

Écrit par :  Michel BRAUDEAU

La taxinomie des ornements rhétoriques (il faut bien avoir recours à cette périphrase, puisque, dès les Anciens, on estime que le trope porte sur le mot, et la figure sur le groupe de mots) pose des problèmes tant historiques (l'histoire des classements) que théoriques (le fondement des classements). En cette matière, les deux extrêmes sont… Lire la suite
VALLA LORENZO DELLA VALLE dit IL (1407-1457)

Écrit par :  Bruno PINCHARD

siècle, à donner un contenu, c'est-à-dire une philologie, une éthique, une politique, une théologie et finalement une rhétorique, à la critique abstraite de l'ontologie que le nominalisme avait entreprise. Mais, si l'humanisme de Valla constitue à la fois une suite et une réaction aux crises de la scolastique du… Lire la suite

Afficher la liste complète (72 références)

  

Voir aussi

  

Accueil - Contact - Mentions légales
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter le dictionnaire de l'Encyclopædia Universalis
© 2017, Encyclopædia Universalis France. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.