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ALLÉGORIE

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Le Roman de la Rose

On définit généralement l'allégorie en la comparant au symbole, dont elle est le développement logique, systématique et détaillé. Ainsi, dans la poésie lyrique, l'image de la rose apparaît souvent comme le symbole de la beauté, de la pureté ou de l'amour ; Guillaume de Lorris en a fait une allégorie en racontant les aventures d'un jeune homme épris d'un bouton de rose. Il est évident qu'entre le symbole et l'allégorie, la faveur du public moderne va plutôt au premier, qui semble plus riche et plus profond. Mais cette préférence tient parfois à une conception trop étroite et trop superficielle de l'allégorie, conception dont les grammairiens du Moyen Âge sont tout autant responsables que les critiques contemporains.

Le mot ἀλληγορία a remplacé tardivement chez les Grecs, à l'époque de Plutarque, le mot ὑπόνοια pour désigner la « signification cachée » sous la donnée sensible du langage, par exemple dans la narration ou la description. Mais ce changement de terme s'accompagne d'une restriction de sens : on désigne par le mot ἀλληγορία une forme de l'exposé littéraire plutôt qu'une méthode d'interprétation. Les grammairiens latins ont confirmé ce point de vue en présentant l'allégorie comme une figure de rhétorique, la métaphore continuée (Quintilien).

Trop soucieux d'étymologie, les théoriciens du Moyen Âge se contentent souvent de définir l'allégorie par un certain décalage entre ce qui est dit et ce qui est signifié : Allegoria est cum aliud dicitur et aliud significatur. D'où une certaine difficulté à distinguer, dans les Arts poétiques de Mathieu de Vendôme ou Geoffroi de Vinsauf, ce qu'ils appellent permutatio (allégorie) de ce qu'ils nomment translatio (simple métaphore). C'est chez les théologiens que nous trouvons les définitions les plus intéressantes et les plus subtiles, par exemple dans les œuvres attribuées à Raban Maur et chez Hugues de Saint-Victor : l'allégorie y apparaît comme une superposition plus savante encore que celle du sens propre et du sens figuré, ou celle de la littera et de  […]

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LECTURE

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MACHAUT GUILLAUME DE (1300 env.-1377)

Écrit par :  Roger BLANCHARD

Dans le chapitre "Un poète allégorique"  : …  au rythme, souci naturel pour un musicien. Quant aux images poétiques, elles appartiennent au monde *allégorique du Roman de la rose ; les symboles sont traditionnels, voire conventionnels, et il en sera ainsi jusqu'au xvie siècle dans la poésie française. Le mérite de Machaut réside davantage dans l'art de la… Lire la suite
MILTON JOHN (1608-1674)

Écrit par :  Jacques BLONDEL

Dans le chapitre "Serviteur de la poésie"  : …  de son installation de Lord President au pays de Galles, est une œuvre de maître. Le thème est *allégorique : la délivrance d'une jeune fille égarée dans un bois et aux prises avec un malin génie, Comus, fils de Bacchus et de Circé. La chasteté est la meilleure défense contre les sortilèges ; mais il faut le secours de la déesse de la Severn (… Lire la suite
MORALITÉ, genre littéraire

Écrit par :  Nicole QUENTIN-MAURER

… *Genre théâtral du xve siècle, caractérisé par son propos moralisateur et par la forme allégorique de ses personnages. La moralité met en scène, de manière satirique, les dangers et les conséquences du vice, ou la récompense d'une vie vertueuse et chrétienne. Dans Métiers et Marchandises, le Temps qui court, (1440), on… Lire la suite
NATURE MORTE

Écrit par :  Robert FOHR

Dans le chapitre "La France : de Baugin à Chardin"  : …  et les grisailles du Tournaisien Sauvage, comme celles de Chardin, devaient en perpétuer la vogue *jusque sous le règne de Louis XVI et au-delà. Si, d'autre part, au xviiie siècle, on assiste avec Chardin, Subleyras et A. Vallayer-Coster à un renouvellement de la nature morte allégorique, révélateur des préoccupations… Lire la suite
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PRESTON THOMAS (1537-1598)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Si l'auteur du Roi Cambyse est bien Thomas Preston qui fut fellow de King's College (Cambridge), master de Trinity Hall (1584-1598) et vice-chancelier de l'université de Cambridge (1589-1590), les dates indiquées de sa vie et de sa mort sont bien exactes. Mais les critiques modernes ne croient plus que cet universitaire… Lire la suite
PSYCHOMACHIE

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… *Le genre psychomachique naît de la rhétorique de l'Antiquité tardive, et plus particulièrement de la Psychomachie de l'Espagnol Prudence (348-env. 410) ; celle-ci raconte le combat allégorique des vertus et des vices représentés comme des héros de l'épopée classique ; parmi les vices sont rangés les dieux païens ; la victoire de chaque… Lire la suite
RAOUL DE HOUDENC ou DE HOUDAN (XIIIe s.)

Écrit par :  Jean-Paul MOURLON

… *Trouvère, Raoul de Houdan reçut une éducation de clerc et mena, semble-t-il, une vie pauvre et errante. L'origine de son nom reste incertaine : Le Houdenc (Picardie) ou Houdan (Yvelines) ? Il est l'auteur d'un roman arthurien, Méraugis de Portlesguez, et de deux poèmes allégoriques, Le Songe d'Enfer et le Roman des Eles deLire la suite
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Écrit par :  Marc LE CANNU

… *Attaché à la cour du cardinal A. M. Salviati en qualité de majordome, Ripa (de son vrai nom Giovanni Campani) est l'auteur d'un unique ouvrage, l'Iconologia, publié en 1593, dont l'influence sera profonde sur la pensée artistique et littéraire de deux siècles. Il s'agit d'un recueil de personnifications allégoriques de vertus, de vices, de… Lire la suite
ROMAN DE LA ROSE

Écrit par :  Daniel POIRION

Dans le chapitre "Guillaume de Lorris et l'aventure courtoise"  : …  Le récit de Guillaume de Lorris s'interrompt au moment où l'amoureux s'abandonne au désespoir. *Le nom des personnifications aide à déchiffrer l'allégorie. C'est la figuration d'une histoire d'amour courtois : un jeune homme s'éprend d'une jeune fille, cherche à la séduire, mais voit son entreprise évoluer selon les vicissitudes des sentiments… Lire la suite
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Dans le chapitre "Dits et contredits"  : …  *Jean de Meun reprend à son prédécesseur le motif de la quête et le grand ballet des allégories. Mais à l'écriture très ornée de Guillaume, il substitue un style où domine le débat d'idées – sur le modèle des pratiques universitaires – et inscrit dans la trame narrative des digressions qui forment finalement l'essentiel de l'œuvre. Condamnant le… Lire la suite

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Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Le Roman de la Rose Le Baiser de Judas, Giotto Les Amants trépassés, anonyme L'Éducation de Marie de Médicis, Rubens Adoration de l'Agneau mystique, H. et J. Van Eyck

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