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PHILOSOPHIE

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Nul ne se demande « pourquoi des mathématiciens ? », dès lors que les mathématiques sont reconnues comme science. Mais « pourquoi des philosophes ? » ne revient pas à la question beaucoup plus classique « pourquoi la philosophie ? » à laquelle il est habituellement répondu par quelques variations sur un thème aristotélicien : argumenter contre une philosophie est encore philosopher. La justification est banale et sans doute imprudente : si les problèmes dont traite la philosophie concernent tout homme et non seulement les philosophes, pourquoi ceux-ci prétendraient-ils, mieux que quiconque, s'en faire une spécialité ? On conçoit mal une physique sans physiciens, seuls capables de conduire l'expérimentation ; mais il semble que le philosophe ne peut se réserver des questions qui, de son propre aveu, habitent tout un chacun. Pourquoi donc des philosophes si le romancier, le poète, le dramaturge sont d'autant plus aptes à philosopher qu'ils restent au plus près de la condition humaine commune et se gardent du jargon scolastique ? Des livres qui se donnent comme philosophiques, publiés par des savants reconnus tels que Carrel (L'Homme cet inconnu) ou Monod (Hasard et nécessité), ont obtenu, au nom de la compétence scientifique, une audience que n'auront jamais des ouvrages écrits par des philosophes. Une philosophie sans philosophes, diluée dans les sciences et la littérature, est manifestement une tentation de notre modernité.

Cependant, l'enseignement de philosophie garde des positions encore solides dans divers pays et plus particulièrement en France ; les publications restent abondantes même si, à l'étal du libraire, leur place relative diminue devant les sagesses lointaines, d'autant plus séduisantes qu'elles se dispensent de toute rationalité critique. Cette production philosophique est caractérisée par une extraordinaire diversité : les divisions traditionnelles qui subsistent encore (métaphysique, philosophie des sciences, philosophie politique et morale, philosophie du […]

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« PHILOSOPHIE » est également traité dans :

ABSOLU

Écrit par :  Claude BRUAIRE

*Le sens de ce terme paraît, d'entrée de jeu, nécessairement équivoque et polémique. L'absolu est le corrélat et le contraire du relatif, c'est donc une négation. Mais une notion d'où l'idée de rapport est absente est soustraite aux limitations, affranchie des variations, et désigne donc, Lire la suite
AFFECTIVITÉ

Écrit par :  Marc RICHIR

Dans le chapitre "Difficultés du concept"  : …  recherche de ses équivalents dans d'autres cultures. Cela d'autant plus que, comme on va le voir, *le concept d'affectivité, en tant que lié à celui de subjectivité, a été rapidement mis en question par Heidegger dans Être et Temps et dans une part importante de son œuvre ultérieure. Le lien et la disjonction entre l'affectivité et la… Lire la suite
ALBERT LE GRAND (1193?-1280)

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

Dans le chapitre "Le philosophe"  : …  *L'œuvre philosophique d'Albert est de toute première importance : ses grandes paraphrases (PhysiqueMétaphysiqueDe l'âmeDe la nature et de l'origine de l'âmeDe l'unicité de l'intellectDe l'intellect et de l'intelligibleDu bienÉthique, œuvres de logique) des textes… Lire la suite
ÂME

Écrit par :  Pierre CLAIRHenri Dominique SAFFREY

*Dans le monde occidental, la notion d'âme s'est constituée lentement et ne remonte pas à la nuit des temps. On peut suivre les étapes qui jalonnent l'émergence d'un principe spirituel du vivant et qui aboutissent à sa justification philosophique par Platon et Aristote. Souvent remise en cause dans… Lire la suite
ANIMALITÉ

Écrit par :  Florence BURGAT

Dans le chapitre "Animalité : la part mauvaise de l'humain ?"  : …  *Dans la philosophie occidentale, du moins dans sa tradition dominante, l'animalité est définie comme une catégorie privée de tout ce dont l'homme est doté ou supposé être doté : une âme, une raison, une histoire, un langage, une conscience, un monde, etc. C'est comme différence, qualifiable de différence par défaut, que l'animalité est… Lire la suite
ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

*On méconnaîtrait l'importance culturelle de la philosophie antique si l'on n'y voyait qu'une période – la première, donc la plus fruste – dans le développement d'une activité intellectuelle spécifique, et clairement définie, qui serait la philosophie. En réalité, l'Antiquité, et singulièrement l'Antiquité… Lire la suite
ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et philosophie

Écrit par :  Daniel CHARLES

*Elles n'ont pas manqué, les tentatives extérieures de confrontation (et d'assimilation) de l'architecture et de la philosophie. Il s'agit le plus souvent d'entreprises conciliatrices, qui posent au départ l'architecture d'un côté et la philosophie de l'autre, et qui visent à montrer la fusion progressive des… Lire la suite
ARISTOTE

Écrit par :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "Être quelconque et être suprême"  : …  Prologue) de la Métaphysique (A, 1 et 2), où Aristote analyse l'idée traditionnelle de la *philosophie. S'il est clair que la philosophie est un savoir de type scientifique qui s'élève au-dessus de la sensation par l'intermédiaire de l'imagination, de la mémoire et de cette première forme de généralisation qu'est l'expérience, s'il est… Lire la suite
AVERROÈS, arabe IBN RUSHD (1126-1198)

Écrit par :  Jean JOLIVET

En Islam, la *philosophie inspirée des Grecs (la falsafa) a eu une histoire complexe. Intégrant dès le début des éléments variés à son aristotélisme néo-platonisant, elle culmine en Orient avec Avicenne (Ibn Sīnā), dont la pensée devait connaître des développements nouveaux en Iran. Averroès (Ibn Rušd… Lire la suite
AVICENNE, arabe IBN SINA (980-1037)

Écrit par :  Henry CORBIN

… pourraient être suivies, de siècle en siècle, jusqu'à nos jours. Il reste que les grands noms de la *philosophie islamique connus de la scolastique latine sont uniquement ceux d'al-Kindī, al-Fārābī, Avicenne, Ibn Bājjā, Ibn Ṭufayl, Averroès. Ce sont ces mêmes noms qui eurent le privilège de retenir, les premiers, l'attention des philosophes… Lire la suite
AXIOLOGIE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Étude ou théorie (en grec : logos) de ce qui est digne d'estime (en grec : axion), de ce qui vaut, de ce qui peut être objet d'un jugement de valeur. Pratiquement, axiologie est synonyme de « philosophie des valeurs ». Cette philosophie s'est développée, depuis 1892, à la suite des travaux de H. Rickert, néo-kantien de l'école… Lire la suite
BOÈCE (480-524)

Écrit par :  Pierre HADOT

*L'œuvre de Boèce a été, pour le Moyen Âge et la Renaissance, une source fondamentale de réflexion philosophique. Elle a joué un rôle décisif dans la transmission de l'héritage de la philosophie antique à l'Occident médiéval et moderne. Les traductions latines et les adaptations de commentaires néo-platoniciens… Lire la suite
CHOSE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Terme de la langue ordinaire dont la référence, une fois exclus les êtres animés, est purement contextuelle : telle « chose difficile », c'est ce sur quoi porte mon action tandis que je parle ; « la chose en question », c'est ce dont nous nous entretenons sans lui donner son nom usité ; « dites quelque chose » signifie « dites n'importe quoi pourvu… Lire la suite
COMTE AUGUSTE (1798-1857)

Écrit par :  Bernard GUILLEMAIN

Dans le chapitre "La loi des trois états"  : …  termes, l'esprit humain, par sa nature, emploie successivement dans chacune de ses recherches *trois méthodes de philosopher dont le caractère est essentiellement différent, et même opposé : d'abord, la méthode théologique ; ensuite, la méthode métaphysique ; et, enfin, la méthode positive. De là trois sortes de philosophie ou de systèmes… Lire la suite
CONCEPT

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

*Les théories de la connaissance s'accordent généralement à reconnaître qu'il y a essentiellement, dans l'être humain, deux modes de connaissances de la réalité, l'un qui porte directement sur le concret, saisi dans sa singularité, l'autre qui n'atteint le réel qu'à travers des déterminations de caractère… Lire la suite
CONNAISSANCE

Écrit par :  Michaël FOESSELYves GINGRASJean LADRIÈRE

…  l'opinion dans la mesure où elle est une opinion vraie, « accompagnée de raison » (Platon). Si, en* philosophie comme en sociologie, la connaissance est un rapport de la pensée à la réalité, il doit y avoir des degrés de connaissance comme il y a des degrés de réalité. C'est ce que montre Platon par le schéma de la ligne (La République,… Lire la suite
CONTRAT

Écrit par :  Georges ROUHETTE

… reconnaissance, par le droit, des engagements volontaires, ou encore, de la sanction des promesses. *Bien loin d'aider à la solution du problème, une analyse philosophique de la promesse la rend plus ardue. Car les philosophes – certains d'entre eux du moins – considèrent, sans doute, que la promesse ne peut être pensée que comme devant-être-tenue… Lire la suite
CONTROVERSE

Écrit par :  Fernando GIL

… *À l'opposé de ce qui s'est passé en théologie, où l'on cultivait l'art de la controverse (le cardinal Bellarmin occupa, pour l'enseigner, une chaire à Louvain, puis, à partir de 1576, au Collège romain, et il écrivit un traité des Controverses), l'existence de controverses a pu apparaître comme une sorte de péché originel et une honte… Lire la suite
CONVERSION

Écrit par :  Pierre HADOT

Dans le chapitre "Aspects philosophiques"  : …  Dans l'Antiquité, la *philosophie était essentiellement conversion, c'est-à-dire retour à soi, à sa véritable essence, par un violent arrachement à l'aliénation de l'inconscience. C'est à partir de ce fait fondamental que la philosophie occidentale s'est développée. D'une part, elle s'est efforcée d'élaborer une physique ou une métaphysique de la… Lire la suite
CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

…  qui sera ici suivi présente, pour un regard de survol, un certain nombre de grandes articulations. *La première concerne le passage du langage ordinaire au langage philosophique : pour la langue courante, le mot est surtout pris au pluriel ; ainsi parle-t-on des croyances de tel peuple ou de tel groupe, des croyances populaires. La… Lire la suite
DEVENIR

Écrit par :  Jacques d' HONDT

*Tout devient. Il n'est guère de notion plus ample et plus essentielle que celle du devenir. L'homme moderne est fasciné par le spectacle de la diversité et du changement dans la nature, dans la pensée, dans la vie humaine : « Partout la cohue la plus bigarrée ; quand une chose disparaît, une autre prend… Lire la suite
DIALECTIQUE

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

… tel qu'il a été développé et fixé dans le cadre de la pratique politique propre à la cité grecque. *Il convient tout de suite de remarquer que ce sens renvoie à une tradition trop particulière, que la valeur qu'il attribue à l'idée de dialectique reste faible et doit être renforcée par une analyse philosophique, qui mettra en évidence des… Lire la suite
DIALOGUE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUDRobert MISRAHI

*L'entrée en dialogue paraît d'autant plus désirable que le partenaire est plus différent ou plus lointain. Le dialogue répond à une préoccupation éthique – il serait l'antiviolence par excellence – et à un souci politique : comment améliorer la circulation de l'information de manière à orienter les… Lire la suite
DOGMATISME

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Au sens le plus général, « dogmatisme » est devenu le synonyme d'intransigeance, d'autoritarisme, d'étroitesse d'esprit et de raideur : il est le fait de quiconque « dogmatise », c'est-à-dire affirme sans preuve, ne tolère aucune discussion, parle d'un ton tranchant, porte des jugements péremptoires. En philosophie, dogmatisme s'est d'abord opposé… Lire la suite
DOUTE

Écrit par :  Olivier JUILLIARD

… *Présent dans les discours les plus divers, le doute n'est pas plus un concept méthodologique qu'un argument pédagogique, à quoi cependant on l'a maintes fois réduit. De Socrate à Descartes, de Montaigne à Lessing et de Kierkegaard à Nietzsche, il transforme le cours d'une réflexion en expérience ; dans un discours en première personne comme dans un… Lire la suite
DUALISME

Écrit par :  Simone PÉTREMENT

Dans le chapitre "Le dualisme en philosophie"  : …  *Les pythagoriciens, qui sont peut-être les plus anciens philosophes d'Occident (car les Ioniens étaient des physiciens), sont aussi, semble-t-il, les premiers qui puissent être appelés dualistes. D'une part, ils enseignaient que toutes choses sont composées de contraires : un et multiple, limité et illimité, impair et pair, masculin et féminin,… Lire la suite
DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

Écrit par :  Maurice de GANDILLAC Universalis

Dans le chapitre "La foi et la raison (positions comparées de Thomas d'Aquin et de Duns Scot)"  : …  de l'Ordinatio, parce qu'il contient un véritable dialogue entre les théologiens et les *philosophes. La question est de savoir s'il y a place, à côté de la réflexion naturelle, pour une révélation surnaturelle. Longtemps on s'était plutôt demandé quelle aide le théologien pouvait recevoir de la philosophie ; l'invasion d'Aristote… Lire la suite
ÉCLECTISME

Écrit par :  Pierre HADOT

… *Tendance qui revient périodiquement dans l'histoire de la philosophie occidentale et qui consiste à choisir, dans des écoles ou des systèmes différents, des opinions, regardées par l'éclectique comme vraies au moins partiellement, pour en constituer un corps de doctrine censé représenter la vérité intégrale et la croyance générale de l'humanité. L'… Lire la suite
ÉDUCATION - Philosophie de l'éducation

Écrit par :  Daniel HAMELINE

*Dans le dernier quart du xxe siècle, la pensée de l'éducation prend position en fonction d'une triple référence : l'histoire ancienne et moderne des rapports entre éducation et philosophie dans la culture occidentale ; la remise en question théorique et pratique de l'humanisme, liée à la… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

*L'empirisme, chez les Grecs, était une forme de scepticisme rattachée à l'école de Pyrrhon. Il nous est connu par l'ouvrage de Sextus Empiricus (iie-iiie siècle) Hypotyposes pyrrhoniennes. Fondé sur une analyse des critères du jugement, il est une… Lire la suite
ENTENDEMENT

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Pour Locke, l'entendement est le « pouvoir de penser » (ou la faculté de comprendre) comme la volonté est la « puissance de vouloir ». Pour Leibniz, entendement est synonyme d'intellection. Malebranche assimile entendement et esprit pur. De son côté, Kant oppose entendement et raison. Selon lui, la fonction de l'entendement est de relier entre… Lire la suite
ÉPISTÉMOLOGIE

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

*Si l'on traduit par notre mot « science » le mot grec ἐπιστήμη, l'épistémologie est, étymologiquement, la théorie de la science. Bien que la forme anglaise du vocable ait existé avant que le français ne l'assimile, c'est pourtant avec le sens différent et plus large de « théorie de la connaissance… Lire la suite
ESPRIT, philosophie

Écrit par :  Pierre CLAIR Universalis

…  les plus élaborées » (G. Lazorthes, Le Cerveau et l'Esprit, Flammarion, Paris, 1982). *On évoquera ici, à travers l'histoire de la pensée, depuis l'Orient ancien et le νο̃υς grec ainsi que la mens ou l'ingenium des Latins, les moments les plus marquants de l'héritage d'un tel concept.  Dans l'Inde ancienne, le… Lire la suite
ESSENCE, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Important terme philosophique ayant une très longue histoire. L'essence d'un être, c'est ce qu'il est vraiment, ce qui fait qu'il est ce qu'il est. « L'essence coïncide avec ce qu'il y a de plus intime et de presque secret dans la nature de la chose, bref ce qu'il y a en elle d'essentiel » (É. Gilson : L'Être et l'essence). C'est aussi ce… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Esthétique et philosophie

Écrit par :  Mikel DUFRENNE

… peut revendiquer un monopole, et le véritable esthéticien serait celui qui les maîtriserait toutes. *Le premier problème, encore préalable, est celui-ci : où classer l'esthétique ? Dans la philosophie ou dans la science ? On l'a généralement résolu en ménageant les susceptibilités. La revue allemande s'appelle « Revue d'esthétique et de science… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La philosophie

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "L'intellectuel américain"  : …  sans doute celui de nos « intellectuels ». Mais cette apparente analogie comporte des limites. *Dewey n'a jamais pensé que sa qualité de « philosophe » lui conférait une autorité particulière. Pour Dewey, comme pour Rorty aujourd'hui, les qualités qu'on prête à un philosophe ne diffèrent pas de celles de n'importe quel être humain. La… Lire la suite
ÉTERNITÉ

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Une durée indéfinie, un temps qui ne commence ni ne finit, n'est pas l'éternité. Selon les formules de Boèce, qui ont fait école, l'éternité est un présent qui se maintient stable, un permanent, un pur « maintenant » ; pour qu'il y ait éternité, il ne suffit pas, assure Boèce, de parcourir successivement les parties d'une existence sans terme (ce… Lire la suite
ÊTRE, philosophie

Écrit par :  Giulio GIORELLO

*La « question sur l'être » traverse l'histoire de la philosophie. Pour certains, elle serait le motif même de cette histoire, les différences entre les philosophies découlant, au plus profond, de la diversité des réponses à la question sur l'être. Dans ces termes, l'histoire de la philosophie se confondrait… Lire la suite
EXISTENCE PHILOSOPHIES DE L'

Écrit par :  Jean WAHL

*Sans doute l'idée d'existence est-elle une très ancienne idée. Chez Platon, le même mot, ousia, désigne l'essence et l'existence, et l'on peut dire que la théorie platonicienne des essences est critiquée par Aristote en faveur d'une théorie de l'existence, de l'existence faite de forme et de matière.… Lire la suite
EXPRESSION, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Ensemble de données perceptives offertes par un être à un moment donné du temps et qui fonctionnent comme des signes manifestant, révélant ou trahissant les émotions, les sentiments et les intentions de cet être. Les sources historiques du concept d'expression appartiennent à la philosophie néo-platonicienne, au spinozisme et à la pensée… Lire la suite
FANATISME

Écrit par :  Raoul VANEIGEM

Dans le chapitre "Du fanatisme des autres à l'« Encyclopédie »"  : …  éclairée, dont la raison suffise à éloigner les insensés. Cette religion n'est autre que la *philosophie : « Sans la philosophie, écrit-il, on aurait deux ou trois Saint-Barthélemy par siècle [...]. Le fanatisme allume la discorde et la philosophie l'éteint. » L'Église pressent le danger de ce mouvement de désacralisation dont Voltaire se… Lire la suite
FINITUDE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Dans la philosophie grecque, fini et infini forment couple ; ils rendent compte de deux aspects du réel. Le fini, c'est le degré de détermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle a un caractère précis, achevé dans son ordre. L'infini, c'est le degré d'indétermination d'une notion ou d'une chose, ce qui fait qu'elle comporte une part… Lire la suite
GERSONIDE LÉVI BEN GERSHOM dit (1288-1344)

Écrit par :  Charles TOUATI

Dans le chapitre "Les thèmes de Gersonide"  : …  D'après Gersonide, l'Écriture sainte ne peut exercer aucune contrainte sur le *philosophe qui doit mener sa recherche d'une manière entièrement autonome, assuré cependant qu'au terme il retrouvera les conclusions mêmes de la révélation biblique, à condition de les interpréter correctement. Révélation et philosophie étant toutes deux l'expression d'… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - L'homme grec

Écrit par :  André-Jean FESTUGIÈRE

Dans le chapitre "Le mal, c'est de cesser de « philosopher »"  : …  de vivre et les circonstances de sa mort, si l'on refuse d'admettre qu'il ait cru à sa mission. *Cette mission est, comme il dit, d'« agir en ami de la sagesse » (ϕιλοσοϕε̃ιν), c'est-à-dire non pas seulement de vivre lui-même en sage, mais d'examiner les autres pour les conduire à une vie de sagesse. Nous savons maintenant, par les discussions… Lire la suite
HALLÉVI JUDA (1075 env.-1141)

Écrit par :  Charles TOUATI

Dans le chapitre "La philosophie et le peuple d'Israël"  : …  Suivant Juda Hallévi, la *philosophie nie toute possibilité de dialogue entre l'homme et Dieu. Certes, elle est parvenue à démontrer l'existence d'un Premier Moteur impersonnel ; elle demeure foncièrement incapable d'accéder jusqu'au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. En fait, la philosophie ne comprend pas le phénomène religieux. Cependant il n'… Lire la suite
HASARD & NÉCESSITÉ

Écrit par :  Ilya PRIGOGINEIsabelle STENGERS Universalis

Dans le chapitre "Du sens de hasard et de nécessité"  : …  les sciences modernes racontent également une autre histoire : celle qui les lie étroitement à la *question « métaphysique » du hasard et de la nécessité. Cette histoire traduit un fait historique : les sciences modernes, et d'abord la physique, ont exprimé dans certaines de leurs controverses, de leurs interprétations théoriques et de leurs… Lire la suite
HEGEL (G. W. F.)

Écrit par :  Jacques d' HONDTYves SUAUDEAU

*« Sans spinozisme, pas de philosophie », disait Hegel, et cela marque déjà l'une des orientations de sa pensée. Car, en son temps, on ne se référait pas innocemment à Spinoza. Nous pouvons maintenant affirmer : « pas de philosophie moderne sans hégélianisme ». Comme l'avait noté à juste titre Maurice… Lire la suite
HERMÉNEUTIQUE

Écrit par :  Jean GREISCH

Dans le chapitre "L'herméneutique comme art philosophique universel (F. Schlegel)"  : …  plus fondamental, de la compréhension. Ce changement de paradigme a rendu possible l'émergence *d'une herméneutique philosophique, puis, à partir du début du xxe siècle, d'une philosophie herméneutique qui se développe dans le sillage de la phénoménologie husserlienne. Sans le travail considérable visant à l'appropriation de… Lire la suite
HOMME - La réalité humaine

Écrit par :  Alphonse DE WAELHENS

*Un débat domine, depuis toujours, l'anthropologie. Suffit-il, pour situer l'homme, de le placer, simplement, en tête de la lignée des mammifères supérieurs, en lui accordant cette primauté parce qu'il se trouve doté d'un caractère, d'une « différence spécifique », qui le distingue de tous les autres… Lire la suite
HUSSERL (E.)

Écrit par :  Gérard GRANEL

Dans le chapitre "Husserl le Grec"  : …  les thèmes et toutes les recherches de son œuvre immense, l'Alliance de la Vérité avec l'Humanité : *« Porter la raison latente à la compréhension de ses propres possibilités et ouvrir ainsi au regard la possibilité d'une métaphysique en tant que possibilité véritable, c'est là l'unique chemin pour mettre en route l'immense travail de Lire la suite
HYLÉMORPHISME

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

… *Théorie philosophique d'Aristote selon laquelle la constitution de tout être relevant du cosmos est expliquée par deux principes corrélatifs : la matière (hylê : bois, matériau de construction) et la forme (morphê : figure, disposition). L'hylémorphisme élucide deux difficultés philosophiques : celle de la théorie platonicienne… Lire la suite
HYPOSTASE, philosophie

Écrit par :  Lucien JERPHAGNON

… *Du grec hupostasis, ce qui est en dessous, au fond, d'où le sens de dépôt (Aristote), de fondement, de structure, de réalité par opposition à quelque fruit de l'imagination (Aristote). Le terme n'acquiert de sens philosophique que tardivement. L'Épître aux Hébreux, où Jésus-Christ est dit « empreinte de l'hypostase du Père », est la… Lire la suite
IDÉALISME

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "Kant : la métaphysique ramenée à une épistémologie"  : …  pathologique de la langue. Ce genre de réductionnisme est moins révolutionnaire qu'on ne le croit. *Léon Brunschvicg, dans sa thèse de 1897 sur La Modalité du jugement, définissait déjà la philosophie comme « la connaissance de la connaissance » (chap. i, p. 281 de la 3e éd., 1964) : nous devons explorer les conditions… Lire la suite
IMMANENTISME

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Doctrine philosophique qui rejette la transcendance, c'est-à-dire l'irréductibilité de Dieu (ou bien d'un principe du réel) à ce qui relève des pouvoirs et des limites de l'esprit. Dans ce sens, Spinoza est taxé d'immanentisme ; il conçoit Dieu comme totalement intelligible à la raison. En fait, immanence et transcendance (intériorité et… Lire la suite
INDE (Arts et culture) - Les doctrines philosophiques et religieuses

Écrit par :  Jean FILLIOZAT

…  sur des postulats irrationnels ou des conceptions religieuses intuitives et traditionnelles. La *philosophie indienne a commencé à se révéler à l'Occident au milieu du xviiie siècle par une notice du P. Pons sur les écoles classiques, puis, à la fin du même siècle, par la traduction de la Bhagavadgītā par Wilkins et… Lire la suite
INTELLECT & INTELLIGIBLES

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

… *Du latin intellectus (le terme grec correspondant est nous), l'intellect est le principe de la pensée sous sa forme la plus haute ; à l'époque moderne lui correspondent des termes aux nuances particulières : intelligence, raison, esprit ; au xviie siècle : entendement. Pour Aristote, les aristotélisants arabes… Lire la suite
INTELLIGENCE

Écrit par :  Jean-François RICHARD

Dans le chapitre "L'héritage philosophique"  : …  *Dans le contexte philosophique où l'on définit l'intelligence à la fois par différence et par ressemblance, on oppose la plasticité de cette fonction à la stéréotypie de l'habitude. Aux circuits courts et rigides que met en œuvre l'instinct pour atteindre ses buts on oppose les circuits longs et modifiables qu'élabore l'intelligence pour parvenir… Lire la suite
INTENTIONNALITÉ, philosophie

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Notion phénoménologique dérivée d'une notion scolastique. La philosophie du Moyen Âge appelait intentio (intention) l'application de l'esprit à un objet ; dans cette application, l'esprit tend vers l'objet, il se dirige vers lui. S'agissant d'un objet de connaissance, l'intentio était dite formelle. S'agissant d'un objet voulu, l'intentio… Lire la suite
INTUITION

Écrit par :  Noël MOULOUD

Le* terme d'intuition désigne la manière d'être d'une connaissance qui comprend directement son objet, par un contact sans médiats avec lui, et sans le secours des signes ou des procédés expérimentaux. À ces caractères d'immédiateté on relie en général d'autres caractères, celui d'une pensée anticipatrice qui… Lire la suite
ISLAM (La civilisation islamique) - La philosophie

Écrit par :  Christian JAMBETJean JOLIVET

…  En somme, une théologie, une morale et une physique, pour reprendre une nomenclature usuelle en *philosophie. Quel espace reste-t-il à cette dernière ? Elle va pourtant s'y faire une place, non sans paradoxe puisqu'elle est importée dans la société islamique, venue d'un monde étranger et païen – ce qui explique que cette place lui sera toujours… Lire la suite
JARDINS - Esthétique et philosophie

Écrit par :  Catherine CHOMARAT-RUIZ

… est postérieure, ses premiers principes se définissant au ve siècle avant J.-C. *C'est à partir de cette période que la question de la rencontre entre jardins, esthétique et philosophie devient pertinente. Pour y répondre, il faut cerner les problématiques à partir desquelles cette union inattendue se réalise.  Il est admis… Lire la suite
JUDAÏSME - La religion juive

Écrit par :  Georges VAJDA

Dans le chapitre "La théologie du judaïsme médiéval"  : …  adverses. Pour ce faire, les penseurs juifs utilisèrent des instruments conceptuels hérités de la *philosophie antique (logique, physique et métaphysique), c'est-à-dire un mélange de platonisme, d'aristotélisme et de stoïcisme. Ce processus et aussi ce qui en émanait devaient beaucoup à la théologie patristique, elle-même redevable à Philon d'… Lire la suite
JUGEMENT

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "La philosophie du jugement"  : …  *Toute doctrine de la raison a cherché à situer la liaison judicative vis-à-vis de ses corrélatifs, d'une part la liaison associative des épreuves sensibles, d'autre part la cohésion qui unit les éléments du concept ou ceux du discours probatoire. On peut parler d'une tradition de la « philosophie du jugement », qui voit dans celui-ci la mesure… Lire la suite
KANT (E.)

Écrit par :  Louis GUILLERMIT

Dans le chapitre "Une nouvelle conception de la philosophie"  : …  La *première ambition annoncée par le mot « critique », qui se retrouve dans le titre des trois œuvres capitales de Kant, est celle de décider une bonne fois du sort de la métaphysique, de s'assurer qu'elle est possible et d'en faire une science. Ce nom de métaphysique formulait une prétention à acquérir la connaissance d'objets qui se situent au-… Lire la suite
KEYSERLING HERMANN VON (1880-1946)

Écrit par :  Bernard VALADE

… *Né à Könno, en Livonie, le comte de Keyserling appartenait à une vieille famille de la noblesse allemande installée dans les provinces baltiques. Lorsqu'il meurt, âgé de soixante-six ans, à Innsbruck, il a parcouru toute la planète et longuement visité l'Inde, la Chine, le Japon, l'Amérique. L'immense succès du Journal de voyage d'un philosopheLire la suite
LANGAGE PHILOSOPHIES DU

Écrit par :  Paul RICŒURJan SEBESTIK

L'intérêt pour la langue est un trait dominant de la *philosophie contemporaine. Non que nos contemporains soient les premiers à découvrir le langage. Celui-ci a toujours été à la place d'honneur dans la philosophie, tant il est vrai que la compréhension que l'homme prend de lui-même et de son monde s'… Lire la suite
MAIMONIDE (M.)

Écrit par :  Warren Zev HARVEY

Dans le chapitre "De la logique à la « Mishneh Tōrāh »"  : …  aussi médecin à la cour de Saladin. Mort en Égypte, il fut inhumé en Terre d'Israël, à Tibériade. *Le premier livre de Maimonide est un court Traité de logique, qu'il écrivit en arabe (Ṣinā‘at al-Manṭiq), alors qu'il était encore adolescent. Cet ouvrage a été, dans sa version hébraïque (Millōt ha-Higgāyōn), le texte… Lire la suite
MARXISME - Le matérialisme dialectique

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

Dans le chapitre "La mort de la philosophie"  : …  *À lire rapidement les écrits du seul Marx, la question des rapports de la science de l'histoire avec une philosophie semble se résoudre très simplement et très brutalement. Le matérialisme historique n'est pas une philosophie de l'histoire parce qu'il supprime la philosophie. Cette suppression a été interprétée successivement comme une réalisation… Lire la suite
MÉTAPHYSIQUE

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

*À la physique, qui étudie la nature, on oppose souvent la métaphysique. Celle-ci est définie soit comme la science des réalités qui ne tombent pas sous le sens, des êtres immatériels et invisibles (ainsi l'âme et Dieu), soit comme la connaissance de ce que les choses sont en elles-mêmes, par opposition aux… Lire la suite
MÉTHODE

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "Méthodes et philosophie"  : …  sera pas déraisonnable de supposer qu'une méthode puisse légiférer pour les sciences en général et* pour la philosophie (méthode cartésienne, rationalisme critique, « systèmes de l'examen », où les énoncés sur les choses sont dévolus aux sciences, et l'établissement d'« énoncés de méthode », entendons de critères de signification, assigné à la… Lire la suite
MODALITÉS, logique

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Le statut philosophique des concepts modaux"  : …  au philosophe. Mais le fait qu'elles affectent l'intelligibilité même de son formalisme montre que* leur analyse philosophique est inséparable de ce formalisme. La question philosophique fondamentale qui sous-tend les interprétations des concepts modaux est donc celle de leur justification : les propositions modales sont-elles vraies ou fausses et… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

*Étymologiquement, « morale » vient du latin (philosophiamoralis, traduction par Cicéron, du grec ta èthica ; les deux termes désignent ce qui a trait aux mœurs, au caractère, aux attitudes humaines en général et, en particulier, aux règles de conduite et à leur justification. On… Lire la suite
MYTHE - L'interprétation philosophique

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Mythe et philosophie"  : …  *Il est possible de revenir, au terme de cette enquête, à la question posée, dans l'introduction, concernant la rencontre entre la vision du monde portée par le mythe et l'exigence de la philosophie. On se bornera ici aux problèmes posés par le mythe dans la philosophie moderne et contemporaine, en gardant toutefois comme fil conducteur l'antinomie… Lire la suite
NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Le* néo-positivisme, ou positivisme logique, ne constitue pas à proprement parler une école, ayant à sa tête un maître et attachée à un dogme, mais plutôt une attitude philosophique définie à l'origine par un groupe (le Cercle de Vienne) et aujourd'hui largement diffusée et diversifiée, en particulier… Lire la suite
NON & NÉGATION, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Opérateur linguistique de la négation, « non » apparaît dans le dialogue ou dans l'interaction comme réponse à l'interlocuteur ou au partenaire et exprime soit le rejet d'une croyance, soit le refus de la poursuite d'un processus. On peut distinguer : La réponse à une simple interrogation, qui met fin à son indétermination et à son ambivalence : « … Lire la suite
NOUMÈNE

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Terme créé par Kant et qui n'a guère d'usage et de sens qu'à l'intérieur de la philosophie kantienne. Le mot « noumène » est transcrit du grec, et sa signification littérale est empruntée à la philosophie platonicienne ; noumène (noumênon) est employé par Platon pour désigner les idées en tant qu'elles sont l'objet de l'intelligence pure… Lire la suite
ONTOLOGIE

Écrit par :  Paul RICŒUR

*« Ontologie » veut dire : doctrine ou théorie de l'être. Cette simple définition, toute nominale d'ailleurs, propose une petite énigme de lexique : le mot « ontologie » est considérablement plus récent que la discipline qu'il désigne ; ce sont les Grecs qui ont inventé la question de l'être, mais ils n'ont pas… Lire la suite
PANTHÉISME

Écrit par :  Robert MISRAHI

…  évoque le nom de Giordano Bruno. Celui-ci est effectivement l'un des plus marquants parmi les *philosophes de la totalité, et la chaîne qui relie Plotin à Spinoza passe nécessairement par lui. Mais cette association d'idées comporte une justification plus profonde encore, bien qu'elle n'apparaisse pas immédiatement : Giordano Bruno, condamné… Lire la suite
PHÉNOMÉNOLOGIE DE LA PERCEPTION, livre de Maurice Merleau-Ponty

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Éloge de la philosophie"  : …  *La démarche philosophique ne peut-elle être que seconde, à la fois par rapport aux sciences, et dans son obsession d'un dualisme qu'elle prétend dépasser ? En quoi peut-elle elle-même s'instituer comme discours de vérité ? La Phénoménologie de la perception repoussait devant soi la question de « l'origine de la vérité ». Revenant sur la « … Lire la suite
PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

Écrit par :  Francis JACQUESDenis ZASLAWSKY

Des *philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « … Lire la suite
PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

Écrit par :  Jacques MOUTAUX

*Dans tous les domaines de la pensée, de la production et de l'action, les systèmes répondent à l'exigence rationnelle d'unité et de cohérence. Les difficultés propres aux systèmes philosophiques tiennent à ce que, la philosophie ne formant pas un corps unifiable de doctrines, l'exigence de rationalité s'y… Lire la suite
PLATON

Écrit par :  Monique DIXSAUT

On a pu écrire que toute l'histoire de la *philosophie se résumait à une série de notes en bas de page apposées à l'œuvre de Platon. Si pour certains il a déjà tout dit − l'être travaillé par le négatif et par la différence, la pensée transcendantale et les concepts a priori, la sublimation de l'… Lire la suite
POINCARÉ HENRI (1854-1912)

Écrit par :  Gérard BESSONChristian HOUZELMichel PATY

Dans le chapitre "Poincaré philosophe"  : …  Poincaré manifesta très tôt un vif intérêt pour la *philosophie, notamment pour les problèmes de la connaissance, collaborant régulièrement à la Revue de métaphysique et de morale dès sa fondation, rédigeant de nombreux articles de « philosophie scientifique », rassemblés dans quatre recueils : La Science et l'hypothèse (1902), Lire la suite
POSITIVISME

Écrit par :  Angèle KREMER-MARIETTI

*Le rapport du positivisme aux sciences positives est fondamentalement affirmé par Littré et confirmé par Auguste Comte. Littré écrit dans son Dictionnaire de la langue française (1863-1870) : « Philosophie positive : se dit d'un système philosophique émané de l'ensemble des sciences… Lire la suite
PRATIQUE ET PRAXIS

Écrit par :  Éric WEIL

*Le terme de pratique (le mot praxis, courant en allemand, ne s'emploie en français que depuis peu) se rapporte d'abord à toute activité humaine et s'oppose à la théorie, alors considérée comme abstraite. Comme adjectif, il désigne ce qui est utile ou commode pour une action efficace et caractérise des… Lire la suite
RAISON

Écrit par :  Éric WEIL

…  ou d'une méthode qui s'opposent aux mouvements irréfléchis de la passion, du cœur, du sentiment. *Il n'est ainsi pas étonnant que le concept de raison joue un rôle essentiel, voire central, dans le domaine de la philosophie : encore les écoles qui s'opposent à la conception rationaliste et refusent de voir dans la « faculté » de raison ce qui… Lire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

*Le mot rationalisme, en son sens large, ne désigne pas vraiment une doctrine, comme les mots « idéalisme » « réalisme » ou « empirisme ». Sans doute peut-on en fixer certains traits pour constituer, en un sens étroit, le contenu d'une doctrine qui s'oppose alors à l'empirisme, et pose que toute… Lire la suite
RÉALISME, philosophie

Écrit par :  Jean LARGEAULT

*Le mot « réalisme » a plusieurs acceptions. Le réalisme logique s'oppose au nominalisme, théorie des termes généraux : ceux-ci sont des noms d'entités pour le premier, des abréviations qui désignent collectivement des particuliers pour le second. Le réalisme métaphysique a pour antithèse l'idéalisme, que… Lire la suite
RÉALITÉ

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

*Le mot « réalité » désigne ce qui existe effectivement : une réalité, c'est une chose qui est, la réalité, c'est l'ensemble des choses qui sont. Or la notion d'être, ou d'existence (en ce qui concerne les choses, ces deux termes ne sont pas à distinguer), est une des notions fondamentales et premières de l… Lire la suite
RÉDUCTION EIDÉTIQUE

Écrit par :  Universalis

… *Dans la phénoménologie de Husserl, la réduction eidétique consiste en une méthode grâce à laquelle le philosophe passe de la conscience des objets individuels et concrets au royaume transempirique des pures essences et atteint ainsi une intuition de l'eidos de la chose, c'est-à-dire de ce qu'elle est dans sa structure essentielle et… Lire la suite
RÉDUCTION PHÉNOMÉNOLOGIQUE ou TRANSCENDANTALE

Écrit par :  Universalis

… *Processus spécifique de la phénoménologie de Husserl, la réduction phénoménologique — ou réduction transcendantale — consiste en un effort pour arriver à la source de la signification du monde vécu à travers un mouvement qui fait qu'on cesse de voir celui-ci d'une manière naturelle et quotidienne pour le voir d'une manière réflexive en tant que… Lire la suite
RÉFLEXIVE ANALYSE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *À la suite de Jules Lagneau, disciple de Lachelier, on appelle « analyse réflexive » l'analyse qui consiste à réfléchir sur n'importe quelle pensée en vue de dégager les conditions de toute pensée, de découvrir les caractères essentiels de la pensée ; remontant de condition en condition, elle retrouve ce qui fait l'unité de la pensée, sa… Lire la suite
RÉMINISCENCE

Écrit par :  Olivier JUILLIARD

… *Avancé par Platon dans le Phédon, le thème mytho-philosophique de la réminiscence se retrouve tout au long de l'histoire de la philosophie occidentale avec une insistance telle qu'il paraît y prendre valeur de paradigme essentiel. Dans son expression strictement platonicienne, la réminiscence est une réponse ambiguë à deux questions :… Lire la suite
LA RÉPUBLIQUE, Platon

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Sur la justice"  : …  qu'a exposé Socrate lui permet du moins, « en le regardant, de se gouverner lui-même » (592b). *Est-ce que l'enjeu n'est pas, dès lors, la philosophie elle-même, dont La République produit l'acte de naissance ? Le livre X et dernier s'emploie à distinguer radicalement le discours philosophique du discours poétique, essentiel avec… Lire la suite
SCEPTICISME

Écrit par :  Jean-Paul DUMONT

*Le terme de scepticisme a fini par désigner aujourd'hui, dans la langue commune, une attitude négative de la pensée. Le sceptique passe volontiers non pas seulement pour un esprit hésitant ou timoré, ne se prononçant sur rien, mais pour celui qui, quoi qu'il arrive ou quoi que l'on puisse dire, se réfugie… Lire la suite
SCHOPENHAUER ARTHUR (1788-1860)

Écrit par :  Jean LEFRANC

Dans le chapitre "La connaissance esthétique"  : …  immédiat de la musique est « un exercice métaphysique inconscient ». Il n'en résulte pas que la *philosophie doive faire place à l'art ou se transformer en philosophie de la musique ; mais le rapport du philosophe et de l'artiste est posé en termes nouveaux. « Si la philosophie a été longtemps cherchée en vain, c'est qu'on voulait la trouver par… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

La science et la *philosophie furent longtemps inséparables. Dans l'Antiquité, la philosophie représentait la science suprême, celle « des premiers principes et des premières causes ». Les autres sciences, et notamment la physique, recevaient d'elle leurs fondements. Cette alliance s'est trouvée brisée au Lire la suite
SCIENCES HUMAINES

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre " Histoire de la terminologie"  : …  ramène à une situation antérieure aux Principia mathematica de Whitehead et Russell. La *philosophie, pour sa part, se trouve rangée parmi les sciences humaines, ce qui réflète assez bien la décadence intellectuelle qui a suivi en France la Seconde Guerre mondiale et qui a conduit la philosophie française à se replier sur la dialectique… Lire la suite
SENS COMMUN

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *La langue ordinaire assimile bon sens et sens commun : une même faculté de juger avec pertinence des situations concrètes, une même estimation de ce qui est réel et de ce que le réel rend possible ; également une mesure de ce qui « fait sens », selon des critères psychologiques et sociologiques implicites. La tradition philosophique tantôt les… Lire la suite
SIGNE ET SENS

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Histoire du problème"  : …  *Une longue histoire du problème du signe et du sens a plutôt enseigné à ne pas relier les deux sphères de la pensée et du langage et même à les séparer. Dans le Cratyle, Platon s'interroge longuement sur la « justesse » des mots ; il renvoie dos à dos les deux protagonistes dont l'un veut que les mots naissent de la « convention » et l'… Lire la suite
SITUATION, philosophie

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *La situation, ou situs, était une des dix catégories (concepts fondamentaux) d'Aristote : par exemple, être couché, être assis. Mais ce sont les philosophes contemporains (également les sociologues) qui ont élargi cette notion et imposé son crédit. Au sens le plus large, la situation est un état complexe résultant de l'interaction, à un… Lire la suite
SOCRATE (~469-~399) ET ÉCOLES SOCRATIQUES

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIG

Socrate n'est pas un *philosophe parmi les autres ; il est le totem de la philosophie occidentale. En chaque pensée qui s'éveille et s'interroge, il revit ; en chaque pensée qu'on humilie ou qu'on étouffe, il meurt à neuf. La place exceptionnelle qu'il tient dans notre culture est celle du héros fondateur… Lire la suite
STOÏCISME

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGUrs EGLI

*Contrairement à la plupart des doctrines philosophiques, le stoïcisme ne tire son nom ni de celui de son fondateur, comme le platonisme, ni de celui de son concept central, comme l'existentialisme, mais simplement de celui de l'endroit où sa voix s'est fait entendre pour la première fois : c'est au… Lire la suite
SUBSTANCE

Écrit par :  Robert MISRAHI

*Une idée reçue particulièrement tenace occupe le devant de la scène philosophique depuis l'époque du positivisme d'Auguste Comte, c'est-à-dire depuis plus d'un siècle : l'idée selon laquelle la métaphysique serait morte avec Kant, à la fin du xviiie siècle, pour ne laisser la place qu'à… Lire la suite
SYNTHÈSE, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Pour présenter la synthèse, on s'inspirera plus particulièrement de deux philosophes qui ont fait d'elle un moment essentiel de la pensée : Kant et Hegel. Kant introduit la distinction entre les jugements analytiques, qui élucident et expliquent un concept sans communiquer d'information nouvelle (par exemple : « Tous les corps sont divisibles »),… Lire la suite
TEMPORALITÉ

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Terme abstrait, mais qui se veut concret. La temporalité est le temps vécu par la conscience, celui dont elle fait l'expérience et qui déploie, à partir du présent (seul moment que saisisse une attention opérante), un passé qui est fait de rétentions utilisées comme acquis et comme appoint pour l'action (mais c'est le présent qui somme et… Lire la suite
THÉODICÉE

Écrit par :  Henry DUMÉRY

… *Terme créé par Leibniz (cf. Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal, 1710), « théodicée » désigne la justification de la bonté de Dieu (thèse de l'optimisme), en dépit du mal inhérent au monde. En France, l'école éclectique (seconde moitié du xixe siècle) a appelé théodicée l'… Lire la suite
THÉOLOGIE

Écrit par :  Henry DUMÉRYClaude GEFFRÉJacques POULAIN

Dans le chapitre "Logique et théologie"  : …  *La conciliation produisait deux sortes de rationalité : une rationalité de la foi, un rationnel théologique ; une rationalité de la raison, un rationnel philosophique. Mais comme la foi l'emportait sur la raison, la théologie se subordonnait la philosophie. D'où la réaction des philosophes, leur émancipation, soit qu'ils n'admettent ni foi ni… Lire la suite
THOMISME

Écrit par :  Édouard-Henri WÉBER

*Corps doctrinal à la fois philosophique et théologique que caractérisent une forte cohérence et des perspectives critiques, le thomisme s'est rapidement imposé à l'attention. Du vivant même de son auteur, l'accueil et les oppositions ne lui ont pas manqué. Le thomisme est pourtant une entreprise… Lire la suite
TOTALITÉ

Écrit par :  Emmanuel LÉVINAS

*Nous reconnaissons un tout quand une multiplicité d'objets – ou, dans une continuité homogène, une multiplicité de points ou d'éléments – forme une unité ou entre, sans résidu, sous un acte unique de la pensée. Ce par quoi le tout est un tout, la totalité, s'emploie aussi comme synonyme du tout.… Lire la suite
TOURNIER MICHEL (1924- )

Écrit par :  Frédéric MAGET

Dans le chapitre "Une philosophe de contrebande"  : …  que les échecs peuvent être bénéfiques, et l'a éloigné, du moins en apparence, de l'enseignement. *Pourtant l'écrivain n'a pas cessé d'être un philosophe. Dans une interview accordée au magazine Lire au mois d'août 2006, il évoque la genèse de son premier roman : « En 1954, quand fut créée Europe no 1, j'ai été débauché pour… Lire la suite
TRADITIONALISME, philosophie

Écrit par :  Universalis

… *Doctrine selon laquelle les formes politiques et religieuses doivent être conservées, dès lors qu'elles sont traditionnelles, consacrées par le passé. Qu'on échoue à les justifier intellectuellement n'est pas une objection, car leur valeur ne tient pas au fait qu'on peut les vérifier ou non par voie critique (enquête et raisonnement sont faillibles… Lire la suite
UN PHILOSOPHIES DE L'

Écrit par :  Jean TROUILLARD

*« Comment faire pour que le Tout soit un et que chaque être soit un en soi-même ? » Cette antique formule orphique contient le problème essentiel de la philosophie. Celle-ci est divisée entre deux exigences antithétiques, celle de l'unité et celle de la diversité, qu'il est aussi impossible de refuser que… Lire la suite
VÉRITÉ

Écrit par :  Robert BLANCHÉAntonia SOULEZ

La *réflexion sur la vérité a suscité bien des spéculations philosophiques. D'abord sur sa nature. Deux positions, l'une réaliste, l'autre idéaliste, s'opposent sur ce problème : d'un côté, la vérité se définit par l'adéquation de l'esprit à la chose, avec souvent l'entendement divin comme… Lire la suite
VIOLENCE

Écrit par :  Yves MICHAUD

Dans le chapitre "Les philosophies de la violence"  : …  *Les pensées qui reconnaissent dans l'Être des principes de contradiction ou de négativité admettent la réalité de la violence. Ainsi Héraclite d'Éphèse (fin du vie-début du ve siècle avant J.-C.) affirme la nature antagonique de l'Être, traversé et animé par le conflit (PolemosLire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

*Le concept de volonté présente les aspects psychologiques d'un problème dont la dimension philosophique est exprimée par le concept de liberté. L'analyse du concept de volonté doit donc commencer par un parcours des contextes philosophiques successifs dans lesquels ce concept a été inséré, afin d'expliciter et… Lire la suite

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