COPPENS YVES (1934-2022)

Yves Coppens - crédits : Violaine Paquereau

Yves Coppens

Paléontologue français, Yves Coppens a exercé une grande influence sur les recherches paléoanthropologiques des dernières décennies du xxe siècle. En effet, il a contribué à poser, à la fois dans le temps et dans l'espace, les bornes lointaines de l'origine de l'Homme. Au terme de sa carrière qu'il débuta en 1956, l'ancienneté de la lignée humaine est ainsi passée de 2 à 7 millions d'années. Si l'Homme demeure toujours bien enraciné en Afrique, son déploiement initial sur ce continent n'est désormais plus limité à l'Afrique orientale, longtemps considérée comme le berceau de l'humanité. Scientifique de terrain, homme de communication, Yves Coppens, par son enseignement au Collège de France, ses leçons et ses séminaires où il a décliné le genre Homo dans tous ses aspects – biologique, culturel et environnemental –, a suscité un formidable engouement pour la question des origines de l'Homme et de son apparition dans l'histoire de la vie.

Des éléphants à l'homme

Né le 9 août 1934 à Vannes (Morbihan), Yves Coppens passe sa petite enfance dans la région de Clermont, dans l'Oise, où enseigne son père qui prépare alors, avec Irène Joliot-Curie, une thèse de doctorat d'État sur la radioactivité. L'installation de ses parents à Vannes en 1944 va contribuer à éveiller son attrait pour les sciences du passé, goût très vif qu'il concrétise rapidement. Il fréquente alors assidûment le musée et la bibliothèque de la Société polymathique du Morbihan : c'est pour lui le point de départ de très nombreuses prospections archéologiques qui aboutiront à la description de plus de soixante sites nouveaux, paléolithiques, néolithiques, gaulois, gallo-romains et médiévaux. Yves Coppens restera profondément attaché à la Bretagne.

Yves Coppens - crédits : Brigitte Senut

Yves Coppens

Il fait ses études au lycée Jules Simon de Vannes, puis à la faculté des sciences de Rennes. Il les poursuit à la Sorbonne jusqu'en 1957. Il y côtoie le professeur Jean Piveteau, membre de l'Institut, qui dirigeait alors le laboratoire de paléontologie des vertébrés et de paléontologie humaine. Cette rencontre le détermine à entrer au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1956. Quelques mois plus tard, il est affecté au laboratoire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) dirigé par le professeur Jean-Pierre Lehman. Ses recherches, tout d'abord orientées vers l'étude des éléphantidés de l'Ancien Monde, ne tardent pas à prendre un nouveau tournant vers la paléoanthropologie et la préhistoire africaines. Sa première découverte retentissante, au début des années 1960, au Tchad, l'ancre définitivement dans la préhistoire africaine et lui permet d'affirmer, vingt années plus tard, que « l'Homme est africain, descendant d'un singe africain ». C'est au Tchad, en effet, qu'Yves Coppens met au jour le plus vieil hominidé alors connu au centre de l'Afrique et au Sahara, qu'il nomme Tchadanthropusuxoris. Jalon important dans l'histoire des Hommes et de leurs prédécesseurs, la découverte de cet hominidé, un probable Homo erectus, dans un contexte particulièrement difficile, illustre cette chance exceptionnelle que l'homme de terrain rencontrera plus tard dans toutes ses expéditions en Afrique orientale.

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Yves Coppens - crédits : Violaine Paquereau

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Yves Coppens - crédits : Brigitte Senut

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