SLOVAQUIE

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Slovaquie : carte physique

Slovaquie : carte physique
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Slovaquie : drapeau

Slovaquie : drapeau
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Hautes Tatras, Slovaquie

Hautes Tatras, Slovaquie
Crédits : EPA/ CTK/ M. Zarnayova/ Communauté européenne

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Tatras (Slovaquie)

Tatras (Slovaquie)
Crédits : Brett Baunton/ Getty Images

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Nom officielRépublique slovaque (SK)
Chef de l'ÉtatAndrej Kiska (depuis le 15 juin 2014)
Chef du gouvernementPeter Pellegrini (depuis le 22 mars 2018)
CapitaleBratislava
Langue officielleslovaque
Unité monétaireeuro (EUR)
Population5 440 000 (estim. 2017)
Superficie (km2)49 034
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Nouvel État souverain, depuis le 1er janvier 1993, la Slovaquie, dont la capitale est Bratislava, est le plus petit pays d'Europe centrale (49 036 km2) et le moins peuplé (5 400 000 habitants). Après avoir appartenu pendant près de mille ans au royaume de Hongrie et, à partir de 1918, à la Tchécoslovaquie, à l'exception d'une brève période d'indépendance, de 1939 à 1945, les Slovaques ont, d'un commun accord avec les Tchèques, mis un terme à la République fédérative tchèque et slovaque (Fédération tchéco-slovaque) qui regroupait les deux entités au sein d'un État commun. La création des institutions étatiques indispensables à une nation devenue indépendante, la restructuration d'un appareil productif hérité de l'industrialisation socialiste et la réorientation des échanges économiques vers l'Ouest ont été autant de défis à relever. La disparition du bloc soviétique a modifié l'environnement géopolitique, tandis que la partition a conduit au relâchement des liens avec la République tchèque. Après un difficile démarrage de la transition, sous la direction de Vladimir Mevciar (1993-1998), la démocratie a été consolidée et les réformes accompagnant le passage à l'économie de marché ont été menées à bien (1998-2005). Un temps tenue à l'écart, la Slovaquie a pu rejoindre l'O.T.A.N. et devenir membre de l'Union européenne en 2004.

Slovaquie : carte physique

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Carte physique de la Slovaquie. 

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Slovaquie : drapeau

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Slovaquie (1993). À la suite de la partition de la Tchécoslovaquie en deux républiques indépendantes le 31 décembre 1992, la Slovaquie a adopté un drapeau composé de trois bandes horizontales blanc-bleu-rouge ; brochant sur le tout, mais s'en détachant par une fine bordure blanche, un... 

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 Géographie et économie

Un pays de montagnes

Pays de montagnes faisant partie de l'ensemble occidental de la chaîne des Carpates, le territoire slovaque est relativement enclavé. À l'ouest, les Carpates Blanches le séparent de la Moravie tchèque et de la Basse-Autriche ; au nord, les chaînes des Beskides et les monts des Tatras forment la frontière avec la Pologne ; au sud, la frontière avec la Hongrie longe la vallée du Danube et suit le piémont des monts Métallifères ; à l'est, l'ouverture sur le bassin subcarpatique donne accès à l'Ukraine. L'arc montagneux carpatique, tournant sa convexité vers le nord, comprend les chaînes de flysch des Carpates Blanches, les massifs cristallins des Hautes Tatras (2 655 m) et des Basses Tatras (2 043 m), les blocs soulevés des Petites et Grandes Tatras, et la masse plus compacte des massifs volcaniques des monts Métallifères (1 477 m). Les vallées étroites du Váh, de la Nitra et du Hron, qui mènent au Danube, assurent la pénétration de ce domaine montagneux au climat rude, couvert d'épaisses forêts. Au sud, la Slovaquie méridionale, qui s'ouvre sur la grande plaine danubienne, fait figure de bon pays agricole propice aux céréales et à la betterave à sucre ; des étés chauds et ensoleillés favorisent la culture de la vigne sur les coteaux surplombant le Danube et l'Ipel. Moins étendues, les plaines de Slovaquie orientale sont drainées vers le sud par des affluents de la Tisza, et annoncent les paysages de la puszta hongroise.

Hautes Tatras, Slovaquie

Hautes Tatras, Slovaquie

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Pâturage dans les plaines en contrebas des Hautes Tatras, dans le nord de la Slovaquie. 

Crédits : EPA/ CTK/ M. Zarnayova/ Communauté européenne

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Tatras (Slovaquie)

Tatras (Slovaquie)

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Parc national des Tatras, Slovaquie. 

Crédits : Brett Baunton/ Getty Images

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Une modernisation récente et fragile

La domination hongroise qui s'est exercée pendant des siècles est responsable du retard de développement caractérisant, à la veille de la Première Guerre mondiale, la province de Slovaquie (ou Haute-Hongrie) : régime de la grande propriété hongroise et allemande dans les plaines, systèmes sylvo-pastoraux autarciques dans les montagnes, en situation de surpeuplement relatif. L'image d'un pays rural, catholique et fécond en retard sur son époque a perduré au sein d'un État tchécoslovaque dominé par les Tchèques pendant l'entre-deux-guerres ; puis, le régime communiste a mis en œuvre, dans les années 1950, une politique d'industrialisation, sous la forme de grands combinats, intégrés dans des échanges complexes au sein du Conseil d'assistance économique mutuelle (C.A.E.M., ou Comecon), permettant le rattrapage économique de la Slovaquie. L'équipement hydroélectrique du Váh, l'implantation du combinat sidérurgique de Kovsice fondé sur le coke du bassin d'Ostrava et sur les importations de minerai de fer ukrainien, le développement des industries mécaniques, du raffinage et de la pétrochimie (oléoduc de l'Amitié) comptent parmi les réalisations les plus marquantes de cette politique volontariste qui a permis à la Slovaquie de réduire son retard par rapport aux pays tchèques.

Au lendemain de la « révolution de velours » (nov.-déc. 1989), cette croissance économique fondée sur une modernisation radicale et précipitée de la société slovaque s'est révélée fragile. Des divergences relatives à la conception et au rythme de la transition vers l'économie de marché sont apparues entre les deux républiques de la Fédération, et le ressentiment slovaque à l'égard des autorités de Prague s'est nourri de la récession économique et des licenciements massifs entraînés par les premières privatisations engagées en 1991. Rapidement mise en œuvre au lendemain des élections de juin 1992, la dissolution de la Fédération imposait une gestion indépendante des économies tchèque et slovaque, fortement imbriquées. Le gouvernement de Vladimir Mevciar a infléchi la politique de privatisation, les entreprises stratégiques (secteur énergétique, chemins de fer, télécommunications) demeurant sous le contrôle de l'État tandis que la privatisation des autres entreprises par la méthode des ventes directes profitait essentiellement à l'entourage immédiat du Premier ministre. À partir de 1998, le gouvernement de centre droit de Mikulas Dzurinda s'est attelé aux grandes réformes (fiscalité, Code du travail, retraites).

Les efforts de stabilisation dans le domaine des politiques économiques ont porté leurs fruits, comme en témoigne le dynamisme d'une économie dont le P.I.B. progresse de 5,5 p. 100 par an. Les investissements directs étrangers, qui avaient boudé la Slovaquie, participent aux dernières privatisations (production et distribution de l'électricité, télécommunications, domaine bancaire) et sont à l'origine de nouvelles capacités de production industrielle. Les conditions d'accueil sont très bonnes : aides gouvernementales, faible coût d'une main-d'œuvre qualifiée, flexibilité du marché du travail. En dépit de sa nouvelle attractivité, le pays n'arrive qu'au quatrième rang parmi les nouveaux entrants dans l'U.E. pour le volume des investissements, celui-ci ne représentant que le quart des montants investis en République tchèque.

L'héritage d'une industrie tournée vers l'armement et les fabrications lourdes a rendu difficile la restructuration. Dépendante en matière énergétique, puisque l'essentiel des besoins sont couverts par les importations (charbon de Pologne et de République tchèque, hydrocarbures de Russie), la Slovaquie entend moderniser la centrale de charbon de Novaky, achever la centrale nucléaire de Mochovce, afin de pouvoir fermer les réacteurs de Jaslovské-Bohunice et mobiliser l'hydroélectricité du barrage de Gabvcikovo, sur le Danube. Elle dispose d'une importante capacité de raffinage dont la production est en partie exportée. La métallurgie conserve, avec le centre sidérurgique de Kovsice, racheté par U.S. Steel, une position forte (4 Mt d'acier). La métallurgie des non-ferreux a une longue tradition en Slovaquie centrale (cuivre à Banská Bystrica, aluminium à vZiar nad Hronom). Les industries de la défense, symbole des spécialisations antérieures, ont vu leur rôle décliner avec la remise en ordre de la vente d'armes aux pays étrangers. Il en est de même pour le secteur de la chimie, les branches du textile, du cuir et de la chaussure. La Slovaquie est en passe de devenir le premier producteur mondial d'automobiles par habitant. De très importantes unités de construction automobile ont été ouvertes par Volkswagen à Bratislava, par Peugeot-Citroën à Trnava, par K.I.A. (Hyundai) près de vZilina, tandis que Ford s'installe dans le parc industriel de Kovsice. D'autres grandes firmes multinationales sont présentes dans l'électroménager, l'informatique et l'agroalimentaire. L'industrie n'occupe que 32 p. 100 de la main-d'œuvre, tandis que les services assurent 63 p. 100 de l'emploi.

Usine Volkswagen, Bratislava

Usine Volkswagen, Bratislava

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Une chaîne de montage automobile dans une usine Volkswagen, à Bratislava. 

Crédits : EPA/ CTK/ S. Kubani/ Communauté européenne

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Le secteur agricole, qui représente 4,9 p. 100 de l'emploi et fournit 4,5 p. 100 du P.I.B., est constitué de grandes unités de production de statut coopératif ou sociétaire, dont les performances demandent à être améliorées. Les productions de lait, de porc, de céréales sont excédentaires par rapport à la consommation intérieure, tandis que l'industrie agroalimentaire enregistre un déficit commercial.

Avec l'intégration européenne, la structure géographique des échanges extérieurs s'est modifiée, la part de l'U.E. atteignant 85 p. 100 des exportations et 74 p. 100 des importations, l'Allemagne et la République tchèque étant les principaux partenaires. La balance commerciale accuse un déficit avec la Chine, la Corée du Sud (importations d'équipement) et la Russie (importations de gaz). Les infrastructures de transport sont mal adaptées au nouveau contexte économique : le réseau autoroutier doit être impérativement développé (jonction entre Bratislava et Vienne desservant l'aéroport international de Branisko par un tunnel sous le Danube).

Les questions du développement territorial

Les disparités économiques régionales sont considérables et se traduisent par des différences de niveaux de revenus et de taux de chômage (18 p. 100 en moyenne). Tributaires des industries en reconversion, les bassins industriels de la vallée du Váh, spécialisés dans l'industrie mécanique (de Trenvcín à Povavzska Bystrica), ceux de Slovaquie centrale (Banská Bystrica), mais aussi les régions agricoles de Slovaquie méridionale (Komárno) enregistrent de forts taux de chômage. Au contact de Vienne, la région de Bratislava a attiré les trois quarts des investissements étrangers et réalise 25 p. 100 du P.I.B. national, alors que très peu d'investissements étrangers ont été réalisés en Slovaquie orientale. Aux confins de l'Ukraine et dans une région en crise, Kovsice, deuxième ville du pays (236 093 habitants en 2001), ne peut équilibrer le poids de Bratislava (428 672 habitants, soit 8 p. 100 de la population), qui joue un rôle moteur. La capitale se trouve dans une position trop excentrée pour que les autres régions bénéficient de son dynamisme. Les autres villes, dont neuf comptent entre 50 000 et 100 000 habitants, sont de dimension restreinte. Un nouveau découpage administratif du territoire en huit régions et soixante-dix-neuf districts a été adopté en 1996. La décentralisation a mis en place en 2001 des collectivités régionales autonomes qui, faute de ressources suffisantes, éprouvent de grandes difficultés à exercer les compétences transférées. Organisée autour de programmes opérationnels (industries et services, ressources humaines, infrastructures de base, agriculture et développement rural), la stratégie de développement régional manque de volontarisme pour rééquilibrer les activités économiques.

La croissance démographique est devenue très faible en raison d'un fléchissement de la natalité (10 p. 1 000), à peine supérieur au taux de mortalité (9,6 p. 1 000). Ethniquement moins homogène que la République tchèque, la Slovaquie compte des Hongrois (9,7 p. 100), des Tsiganes (1,7 p. 100), des Tchèques (0,8 p. 100) et des Ruthènes (0,4 p. 100). Le problème de la minorité hongroise (520 528 habitants au recensement de 2001), qui réside en Slovaquie méridionale, le long de la frontière avec la Hongrie, est source de tensions politiques internes et externes. Concentrés dans certains quartiers de grandes villes et dans quelques régions rurales, les Tsiganes forment des poches de pauvreté difficiles à résorber. La situation de précarité d'une partie de la population est aggravée par les effets négatifs de la politique d'assainissement des finances sur les services à la population (20 p. 100 des habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté).

Bratislava, Slovaquie

Bratislava, Slovaquie

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Le Danube et le nouveau pont, vus depuis le château de Bratislava. 

Crédits : K. Kur/ Getty

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—  Marie-Claude MAUREL

 Histoire

Les invasions

Après avoir été âprement disputées entre les Germains et les Romains, comme le rappelle l'inscription latine gravée dans le roc à Trenčín vers 170 après J.-C., les terres que les Slovaques ont occupées au début du vie siècle sont passées sous le contrôle des Avars. Les Slovaques ne rejoignent les Tchèques qu'au ixe siècle, dans l'État de Grande-Moravie, où ils se civilisent et se christianisent (l'évêque de Nitra dépendait de Méthode, archevêque de Moravie). Mais ils sont coupés d'eux dès 906 par l'invasion des Magyars, païens venus d'Asie. La domination hongroise sur la Slovaquie se maintiendra, même au sein de l'empire des Habsbourg, jusqu'en 1918. Refoulés vers les régions les plus pauvres par les Magyars, puis par des colons allemands, les Slovaques connurent plusieurs siècles de régression matérielle et culturelle (ils souffrirent beaucoup, notamment de l'invasion mongole de 1240-1241), mais ils continuèrent à lutter contre la dynastie des Arpad, puis, au xive siècle, contre celle des Angevins (révolte conduite avec succès, depuis Trenčín, par Matúš Čák jusqu'à sa mort en 1321). Ils bénéficièrent quelque peu de l'essor européen du xive-xve siècle, qui les remit en relation avec les pays voisins, principalement la Bohême et la Pologne. Les signes de renouveau apparurent dans tous les domaines : exploitation des mines d'or et d'argent (création de la Chambre royale de Kremnica, 1382), développement des villes (anciennes comme Bratislava, Nitra, Trnava ; nouvelles comme Košice, Prešov), expansion de l'art roman (qui se maintient jusqu'au cœur du xive siècle) et gothique (monuments de Košice, de Levoča), attrait de l'université de Prague, influence profonde du hussitisme, redécouverte timide d'une culture nationale slovaque (l'université créée à Bratislava par le roi Mathias Corvin n'exista que de 1467 à 1490).

Ce relèvement est interrompu par la victoire des Turcs sur Louis II de Hongrie à Mohács (1526), et tout le sud-est de la Slovaquie subit la domination ottomane jusqu'à la fin du xviie siècle. Dans le reste du pays, les nobles exploitent avec une dureté croissante les paysans asservis, qui se lancent dans des soulèvements férocement réprimés (des massacres de 1514 à l'exécution en 1713 de Janošík, devenu un héros légendaire), de même que se révoltent les mineurs exploités par des étrangers comme les Fugger (par exemple à Banská Bystrica en 1526). L'Église romaine s'inquiète de la progression des frères moraves et des luthériens, qui adoptent le tchèque comme langue de la liturgie. La Réforme catholique s'appuie sur les Jésuites qui organisent la reconquête à partir de Trnava (Tirnau) et de Žilina. Le réveil économique du xviiie siècle est beaucoup plus lent et plus tardif qu'en Bohême (École des mines de Banská Štiavnica, 1762).

Naissance de la conscience slovaque

Le réveil culturel slovaque s'effectue, en revanche, à un rythme comparable à celui des Tchèques. C'est qu'il est le fait d'une élite très restreinte, formée dans les établissements catholiques (université hongroise de Trnava, transférée à Budapest en 1776) ou protestants (Collège évangélique de Bratislava-Presbourg). Il est soutenu par un sentiment populaire, encore très confus, que surexcitent l'intransigeance et le mépris des Magyars, dont certains porte-parole nationalistes, comme Lajos Kossuth lui-même, sont d'ailleurs des « renégats slovaques » (E. Denis). Dès 1790, l'ecclésiastique Anton Bernolák publie une grammaire du parler de la Slovaquie occidentale ; en 1792, il fonde à Trnava la Société slovaque des sciences. Dans la première moitié du xixe siècle, les débats se font très ardents. Si le poète Ján Hollý compose des épopées à la gloire des origines slaves et si les drames de Chalupka touchent le public, les intellectuels les plus remarquables quittent la terre natale et s'expriment en tchèque : le poète Ján Kollár et l'érudit Pavel Šafárik par exemple. Aussi les patriotes veulent-ils assurer le triomphe du slovaque en tant que langue littéraire dérivée du parler de la région centrale, et de ce fait moins proche du tchèque. C'est l'œuvre de Ljudovit Štúr (1815-1856), poursuivie par Michel Hodža et par Jozef Hurban ; ils s'expriment dans le Journal national slovaque, créé en 1845, et dans son supplément littéraire, L'Aigle de la Tatra. Cette attitude provoque la déception des Tchèques et la colère des Magyars. Les revendications de Štúr, député à la Diète, sont balayées par la loi de 1847, qui confirme le hongrois comme seule langue officielle.

Vers l'union avec les Tchèques

Les Slovaques accueillent avec enthousiasme la révolution de 1848. C'est, croit-on, à l'initiative de Štúr que se réunit le Congrès slave de Prague en juin ; et le chant Nad Tatrou sa blýska (« Au-dessus de la Tatra brillent les éclairs »), qui forme la seconde partie de l'hymne tchécoslovaque, date de ce moment. Mais les Hongrois révoltés contre Vienne n'admettent pas l'égalité des autres nationalités de la couronne de saint Étienne ; la répression qu'ils exercent après la défaite des minorités nationales est si dure que les potences sont surnommées « les arbres de la liberté de Kossuth » et que les Slovaques tournent leurs préférences vers les Autrichiens, lesquels ne leur en sauront nullement gré. Pendant plus de dix ans, toute activité sera paralysée sur la terre slovaque, réduite – selon l'image du poète Janko Král – à l'état de jachère. La renaissance des années soixante, incarnée par des écrivains qui abandonnent le romantisme pour le réalisme (Ondrej Sladkovič, Jan Kalinčák) et par la création de la Matice slovenská (société culturelle slovaque solennellement ouverte à Saint-Martin de Turiec en 1863), se heurte toujours à l'hostilité des Magyars, plus affirmée que jamais après le compromis dualiste austro-hongrois de 1867 ; l'existence d'une nation slovaque (2 millions sur les 11 millions d'habitants de la Transleithanie) est niée par eux, la Matice slovenská est dissoute en 1875, le hongrois continue d'être reconnu comme seule langue d'enseignement, dans les élections la voix d'un Magyar compte cent fois plus que celle d'un Slovaque. La lenteur du développement économique, et en particulier de l'industrialisation, fournit des conditions beaucoup moins favorables qu'en Bohême à l'évolution de la société et de l'opinion publique. L'émigration ralentit la progression démographique, et, en 1914, il n'y avait que 500 000 Slovaques de plus qu'en 1867.

Pourtant, le tournant du siècle annonce une ère nouvelle. Sur le conseil de Tomáš Masaryk (dont le père était slovaque), des patriotes comme Šrobár et Milan Hodža fondent la revue Hlas (La Voix), qui paraît de 1898 à 1905, date à laquelle Hodža est élu au Parlement de Budapest et obtient la formation d'un groupe commun des députés slovaques, serbes et roumains, cependant que se constitue un parti social-démocrate slovaque. La bourgeoisie radicale s'inscrit au parti national. Les paysans, qui constituent plus des deux tiers de la population, commencent à s'agiter ; malgré les efforts des grands propriétaires et du haut clergé, ils sont attirés par le parti populiste de l'abbé Andrej Hlinka, dont le village natal, Černova, est le théâtre d'incidents sanglants en 1907. Ainsi, à la veille du conflit qui va entraîner l'éclatement de l'empire des Habsbourg, l'idée de l'union avec les pays tchèques surmonte peu à peu les réticences. En octobre 1918, le Conseil national slovaque, à la suite du Conseil national tchèque, se rallie à l'idée d'une République tchécoslovaque, qui sera proclamée le 14 novembre.

Tomas Masaryk

Tomas Masaryk

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Patriote et slaviste, Tomas Masaryk est le premier président de la République tchécoslovaque, de 1918 à 1935. 

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—  Michel LARAN

Vers l'indépendance

Au sein de la République tchécoslovaque, les relations entre Slovaques et Tchèques furent souvent tendues. Quand le régime communiste s'effondre, à la fin de 1989, au cours de la « révolution de velours », le nationalisme refait surface en Slovaquie, aiguillonné par les nostalgiques de l'État slovaque qui avait été mis en place par les nazis. L'idée de séparatisme gagne alors de nombreux esprits et, au printemps de 1990, l'État tchécoslovaque devient la République fédérale tchèque et slovaque.

Le projet de partition prend corps à la suite des élections législatives de juin 1992, défendu à Prague par la coalition de droite (Parti civique démocratique, dirigé par Václav Klaus, et Parti chrétien-démocrate), soutenu à Bratislava par le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, plutôt de centre gauche, dirigé par Vladimir Mečiar. Les deux parties parviennent à un accord politique, le 27 août 1992 ; les Parlements tchèque et slovaque approuvent les traités régissant les relations entre les futurs États, le 24 novembre, et l'Assemblée fédérale vote, le lendemain, la loi constitutionnelle qui consacre la fin de la fédération. Les populations n'ont pas été consultées, et pourtant une pétition demandant un référendum avait rassemblé deux millions et demi de signatures. Dans le même temps, le 7 novembre 1992, disparaît un Slovaque très populaire, qui était chaud partisan de l'État commun : Alexander Dubček, homme symbole du Printemps de Prague et de la « révolution de velours ».

Ainsi, le 1er janvier 1993, la République fédérale cède la place à deux États distincts, la République tchèque et la Slovaquie, dont la monnaie sera, à partir du 8 février, la koruna, ou couronne slovaque (S.K.K.).

—  Universalis

La Slovaquie indépendante

En janvier 1993, pour les Slovaques, le mythe de la création d'un État « à soi » se réalise. Cette quête millénaire de l'indépendance avait été rendue impossible du fait de la tutelle des « oppresseurs » hongrois, puis tchèques.

Les difficiles lendemains de l'indépendance

Légitimé par sa victoire électorale de juin 1992, Vladimir Mečiar, à la tête du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (H.Z.D.S.) et fort d'une partition négociée à l'amiable avec la partie tchèque, pouvait prétendre au titre de « père de l'indépendance ». Premier ministre de juin 1990 à avril 1991, puis de 1992 à 1994 et enfin de 1994 à 1998, Mečiar fut confronté aux dures réalités de la nouvelle situation du pays. Il fallait adapter ou créer des institutions étatiques, assumer les coûts de la partition d'avec la République tchèque et de la disparition de l'Union monétaire (février 1993), définir le rythme et les méthodes de la transition démocratique et de l'ouverture vers le marché (le pays était en forte récession depuis 1991, suite à la dissolution du C.A.E.M. et à la perte de ses débouchés en U.R.S.S., réorienter la politique étrangère dans l'optique d'une intégration dans l'Union européenne (U.E.) et l'O.T.A.N., et les relations bilatérales avec les pays proches (Hongrie, Ukraine, Autriche). La communauté internationale doutait de la capacité de Bratislava à aboutir à une « stabilisation démocratique ». Or, entre 1994 et 1998, on assista à un redressement économique remarquable, même si les méthodes employées ont été fortement critiquées par l'opposition et par les milieux financiers étrangers.

Vladimir Meciar

Vladimir Meciar

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Leader de la liste Public contre la violence, Vladimir Meciar devient Premier ministre de la Slovaquie en juin 1990. Démis de ses fonctions en avril 1991 par le Conseil national slovaque, il redevient Premier ministre de juin 1992 à mars 1994, puis de décembre 1994 à octobre 1998. 

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Une crise politique éclate. Sur la demande du président Michal Kováč, élu en février 1993, le Parlement destitue Mečiar, accusé d'incompétence et de corruption, au printemps de 1994. Mais, dès son retour au pouvoir, après une victoire lors des législatives anticipées en décembre 1994, à la tête d'une coalition – H.Z.D.S., Parti national slovaque et Association des ouvriers de Slovaquie – Mečiar décidait d'annuler la seconde vague de privatisations de masse par le biais de coupons, au profit de la méthode de la vente directe.

Très vite, le gouvernement se vit accusé de clientélisme, les candidats à l'achat des entreprises étant souvent des proches des partis de la coalition au pouvoir. En 1994-1995, seulement 5 ventes d'entreprises sur 371 se sont faites au bénéfice d'étrangers. Le gouvernement justifie ce choix par la nécessité de garder le contrôle des secteurs stratégiques en évitant une trop grande dispersion de l'actionnariat, et de créer une couche d'entrepreneurs nationaux. En outre, cette option permettait aux trois banques slovaques sous pouvoir d'État d'exercer le contrôle financier des entreprises. En mars 1994, contre l'avis du G.A.T.T. et de l'U.E., une surtaxe à l'importation fut introduite, afin de réduire le déficit commercial et de protéger les entreprises nationales en pleine reconversion. La politique économique menée par Mečiar visait donc plus à soutenir l'activité et l'emploi dans le pays, qu'à respecter les exigences des organisations internationales.

La Slovaquie au ban des nations

Étant donné la position géopolitique du pays, la volonté de réorienter les relations avec les anciens partenaires, y compris ceux de l'ex-C.A.E.M. désormais regroupés pour une partie au sein de la Communauté des États indépendants, répondait plus à des nécessités économiques et commerciales, que politiques. La Slovaquie est déjà fortement dépendante du marché tchèque (deuxième partenaire commercial après l'Allemagne), et du marché russe pour l'importation de matières premières, qui représente la principale source de son déficit commercial permanent. Elle ne pouvait donc pas rester à l'écart d'une intégration européenne – la demande d'adhésion avait été déposée en 1995, lors du sommet de Cannes – et régionale, tant politique au sein du groupe de Visegrad qu'économique au sein de l'Accord de libre-échange centre-européen (A.L.E.C.E.).

En dépit des bons résultats obtenus (très forte croissance de 1994 à 1997, endettement extérieur raisonnable et taux de chômage de 13 à 14 p. 100 pour la même période), les organisations internationales n'acceptent pas la Slovaquie en leur sein. D'abord l'O.T.A.N., en 1997, lui ferme la porte de son prochain élargissement, en invoquant la manipulation du gouvernement qui avait conduit à l'invalidation du référendum de mai 1997 portant sur l'entrée dans l'alliance. La même année, l'U.E. l'élimine à son tour de la première vague des postulants à l'adhésion, principalement en raison des critères politiques définis au sommet de Copenhague en juin 1993. En pointant du doigt le « déficit démocratique », l'U.E. faisait savoir qu'elle réprouvait l'autoritarisme, la personnalité et les pratiques anti-démocratiques de Mečiar qui, à la fin de 1994, lors d'un vote nocturne au Parlement, profitant de l'absence des députés de l'opposition, se dota de larges pouvoirs en matière économique.

Les autres objections de Bruxelles concernaient les relations avec la Russie (en 1994-1995, on craignait, notamment à l'O.T.A.N., un retour de Moscou dans le giron centre-européen) ; les lois votées non conformes à la Constitution et à l'acquis communautaire (la loi sur la langue officielle, votée en 1995 et l'absence d'une loi, pourtant promise, sur les langues minoritaires) ; les relations tendues avec l'opposition (écartée des commissions parlementaires clés) et les médias ; enfin, l'inflexibilité du gouvernement face aux revendications de la minorité magyare de Slovaquie (concernant l'usage par ses membres de leur langue et la restitution de terres voire, pour certains, l'autonomie territoriale). D'autres griefs portaient sur la trop fréquente implication des services secrets slovaques dans les affaires publiques (l'enlèvement du fils du président Michal Kováč et les ventes d'armes aux pays sous embargo international). La préférence donnée aux intérêts nationaux, les entraves appliquées à l'entrée des capitaux étrangers, l'intervention excessive de l'État dans l'économie et le retard pris dans la privatisation du secteur bancaire et des réseaux de transports, de la production et de la distribution de l'énergie, faisaient également l'objet de critiques de la part de l'U.E. En 1996-1997, les investisseurs étrangers, déjà peu nombreux, se détournèrent encore plus d'une Slovaquie très isolée sur le plan diplomatique. Dès lors, une nouvelle configuration des forces politiques, traversant tout le spectre de la société civile, appuyée par les médias (en particulier la télévision privée Markyza) et des fondations financées par des organismes étrangers, se fixa pour objectif l'éviction de Mečiar.

Sur la voie de la prospérité

Le changement de gouvernement a lieu à l'issue des élections législatives de septembre 1998. La coalition « bleue » dirigée par Mikulas Dzurinda, appelée le Parti de la Coalition démocratique (S.D.K.) – qui deviendra en 2002 l'Union démocrate-chrétienne (S.D.K.U.) –, réunit en son sein le Mouvement chrétien-démocrate (K.D.H.), soutenu par les libéraux du Parti de l'entente civique (S.O.P.), le Parti de la gauche démocratique (S.D.L.) et la Coalition hongroise (S.M.K.). Elle entreprend un renouveau politique en se fixant un ambitieux programme de réformes à mener à une cadence accélérée. Il s'agit de rattraper en cent jours le retard pris en vue de l'adhésion à l'U.E., notamment en adoptant une loi sur les langues minoritaires (le magyar, le ruthène, l'ukrainien, l'allemand et le romani) qui soit conforme à la Charte européenne en vigueur. Sur le plan économique, elle souhaite achever les privatisations (un vaste programme de ventes directes, ouvert aux investisseurs étrangers, est lancé dès 1999), et assainir les finances publiques. Ainsi, après avoir été admise à l'O.C.D.E., en 2000, la Slovaquie est autorisée à négocier les chapitres de l'acquis communautaire.

La pugnacité réformatrice du premier gouvernement Dzurinda n'est pas sans créer des tensions. La gauche démocratique se retire en raison de désaccords sur les choix de privatisation des secteurs stratégiques (pétrole, gaz, électricité, compagnies régionales de distribution de l'énergie, aciéries, postes, transport ferroviaire), jusqu'alors largement contrôlés par l'État. Malgré cette défection, le retour de Mečiar est évité lors des législatives de septembre 2002 – le H.Z.D.S. est vainqueur en nombre de voix mais, comme en 1998, Mečiar ne parvient pas à former une majorité parlementaire. La stabilité politique et la poursuite des réformes sont assurées par la formation d'un gouvernement « Dzurinda II » qui associe le S.D.K.U., formation du Premier ministre, le K.D.H. et la Coalition hongroise aux libéraux de l'Alliance du nouveau citoyen (A.N.O., créée en 2001, et financée par le propriétaire de la télévision Markyza, Pavel Rusko). L'alternance politique étant définitivement scellée, et le retour de Mečiar évité, plus rien ne s'oppose à ce que la Slovaquie soit invitée à rejoindre l'O.T.A.N., en mars 2004, d'autant que l'alignement en politique étrangère sur les thèses américaines, lors des interventions en Yougoslavie et en Irak, est total.

Entre-temps, la confiance des investisseurs étant revenue, les banques et les télécommunications sont privatisées en 2000, et le gaz en 2002. La vente de 51 p. 100 du monopole d'État des télécommunications à Deutsche Telekom (2000) fut un signal fort, car il rompait avec la législation antérieure qui autorisait au maximum la cession de 49 p. 100 du capital public. Les cessions dans les autres secteurs stratégiques ont été en grande partie réalisées entre 2002 et 2005. Ainsi, le stock cumulé des investissements directs étrangers est passé de 2,1 milliards de dollars en 1998 à 11,5 milliards à la fin de 2004.

Par ailleurs, le Code du travail fut radicalement modifié, afin de faciliter les licenciements et d'abaisser la protection des chômeurs, pour garder l'avantage des coûts bas. En 2003, le taux horaire slovaque était le plus faible d'Europe (3,06 euros de l'heure) et le coût du travail, à productivité égale, inférieur de 40 p. 100 à la moyenne enregistrée dans le reste de l'U.E. L'introduction, en 2004, d'un taux d'imposition unique de 19 p. 100 sur le revenu, les sociétés et la T.V.A. est venue compléter une offre déjà généreuse d'aides et d'incitations fiscales aux entreprises étrangères, notamment du secteur automobile et de la sidérurgie, et à quelques firmes stratégiques slovaques. Les sociétés étrangères en bénéficient si elles s'implantent dans l'un des vingt-cinq parcs industriels, ou sur un « site vierge », et aussi en cas de reprise d'une entreprise slovaque en difficulté. À moyen terme, la Slovaquie vise, avec une production de 950 000 à 1,2 million de véhicules par an, la tête du peloton des pays fabricants de véhicules.

Cette stratégie, déjà tentée, mais en vain, par Mečiar dans les années 1990, sera peut-être bénéfique en termes de reconversions industrielles et pour l'emploi, à condition toutefois qu'elle conduise à une réduction des disparités criantes entre l'Ouest, aujourd'hui bénéficiaire, et l'Est du pays. Officiellement, le gouvernement, dont l'objectif est de désenclaver les régions économiquement faibles, parle d'« une démarche de diffusion de la prospérité de l'Ouest du pays vers l'Est » où, dans certains districts, le chômage peut atteindre 30 p. 100. Il vise aussi à faire naître, à l'aide des investissements publics, des activités de recherche et de développement, afin de ne pas rester, comme d'aucuns le craignent, un pays d'assemblage d'automobiles, fournisseur de semi-produits industriels.

Une prospérité inégalement partagée

La société vit, à partir de 1998, une profonde transformation, parfois conduite de manière brutale, sous la houlette du gouvernement de centre droit et des libéraux. La coalition a entrepris des réformes de fond et la décentralisation des systèmes d'éducation, de santé et de protection sociale, ainsi que la mise en place, en 2004, du système des retraites par capitalisation.

Certaines mesures n'ont pas manqué de susciter des réactions de rejet. Ainsi, la refonte du Code du travail a mobilisé la Confédération des syndicats slovaques, K.O.Z. – regroupant la majorité des organisations –, qui ont bloqué à deux reprises les frontières en 2001 et en 2003, et lancé une pétition en faveur de législatives anticipées (plus de 600 000 signatures sur 5,4 millions d'habitants). La population accepte mal que l'enseignement et les soins soient désormais payants. Des écoles doivent fermer, des hôpitaux sont privatisés car les communes peinent à financer les transferts de charges opérés par l'État, dans le cadre de la décentralisation.

Les statistiques de l'U.E. montrent que 20 p. 100 des Slovaques vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Les populations les plus durement touchées, depuis le début de 1990, sont les Tsiganes-Roms (estimés entre 480 000 et 520 000 personnes) car ils ont été les premiers licenciés à la suite de la crise du B.T.P. et de l'agriculture. L'habitat nouvellement créé pour les Tsiganes-Roms à l'écart du reste de la population, souvent appelé « colonie insalubre », s'est multiplié : de moins de cent en 1990, son nombre est passé à six cent cinquante en 2003. Dans ces endroits, le taux de chômage peut atteindre 90 p. 100. Tout laissait penser que les programmes d'aide, locaux et étrangers (programmes de scolarisation, formation d'assistants communautaires), allaient enfin porter leurs fruits en termes d'intégration des Tsiganes-Roms. Mais, en 2004, l'augmentation des tarifs des transports publics, suivie de l'adoption de la loi sur la réduction des aides sociales aux familles les plus démunies (aides conditionnées à la recherche de travail, plafonnement par rapport au nombre des enfants à charge, etc.) mit le feu aux poudres. En février 2004, durant une semaine, des révoltes ponctuées de pillages de magasins eurent lieu dans l'est du pays (à Levoča et à Kezmarok). La police, débordée, dut être aidée par un contingent de mille soldats. Plus de deux cents émeutiers furent arrêtés parmi les Tsiganes-Roms. Pourtant, le gouvernement refusa de modifier le texte de loi – déclarée anticonstitutionnelle – croyant être soutenu par la population et convaincu de lutter contre un des fléaux qui minerait cette population : l'accaparement des aides sociales par des usuriers issus de cette même « communauté ».

La Slovaquie devant un choix de société

Quant aux relations entre l'État slovaque et l'Église catholique romaine, elles demeurent une source permanente de tensions sociales et politiques. Terre d'élection du pape Jean-Paul II, qui y fit trois visites en quinze ans, la Slovaquie occupait une place de choix dans la politique de reconquête menée par le Saint-Siège après la chute du Mur de Berlin. Une grande partie des biens ecclésiastiques, confisquée dans les années 1950 sous le régime communiste, a été restituée dès le début des années 1990 (sous la République fédérale tchèque et slovaque), mais l'Église continue d'en réclamer d'autres. Elle affirme que la population est catholique à 70 p. 100, alors que les enquêtes sociologiques menées dans les années 1990 indiquent que sur le total des croyants, les catholiques représentent un peu plus de 50 p. 100. Avec un clergé ultraconservateur, intervenant dans les affaires publiques et dans le choix des électeurs (des lettres pastorales indiquent régulièrement aux croyants le choix du vote des évêques), la signature en 2000 d'un concordat entre Bratislava et le Saint-Siège continue d'être source de conflits. En effet, le texte prévoyait la mise en place, à partir de 2002, d'un service spirituel dans la fonction publique et dans l'enseignement – avec un droit de regard sur le contenu des manuels scolaires –, une refonte du financement du culte et des médias à vocation confessionnelle. L'État participe ainsi à la politique de reconquête de l'Église catholique. C'est suffisant pour générer une crise politique larvée au sein d'une coalition dominée par les chrétiens-démocrates (dont deux ministres proches de l'Opus Dei, à la Justice et à l'Intérieur). Les libéraux de l'A.N.O., déjà opposés aux tentatives de limitation de la pratique de l'I.V.G., souhaitaient également que, en contrepartie des subventions publiques que l'Église catholique reçoit (50 p. 100 du total alloué aux diverses confessions), l'État puisse exercer un droit de contrôle sur la comptabilité des institutions et associations des seize confessions slovaques reconnues.

Mais ce fut à l'occasion du débat sur la clause de conscience – ultime annexe au traité général de 2000 – que la crise éclata. Il est en effet apparu que ce traité bilatéral n'était pas compatible avec la législation européenne, faisant craindre au Parlement de Strasbourg une trop grande subordination de la législation nationale au droit canon. La Slovaquie, pays membre de l'U.E. depuis mai 2004, est le premier État européen à consacrer une telle prééminence.

En septembre 2005, les libéraux sont évincés de la coalition. Peu après, au début de février 2006, prétextant le refus du Premier ministre de mettre le vote de la « clause de conscience » au programme du gouvernement avant les élections de 2006, l'aile conservatrice des chrétiens-démocrates quitte la coalition. Mikulas Dzurinda, minoritaire au Parlement depuis 2003, ne peut compter que sur des appuis conjoncturels selon les textes présentés (certains peuvent être soutenus par les députés de l'opposition), voire sur l'achat de voix de députés non inscrits (transfuges de divers partis ou élus des partis « à usage électoral unique », qui prospèrent depuis 1998). Il est donc contraint d'accepter des élections législatives anticipées en juin 2006, et de suspendre les privatisations en cours.

—  Jaroslav BLAHA

Alternances politiques

L’opposition sociale-démocrate fait campagne contre la politique libérale menée depuis huit ans, en s’adressant aux laissés-pour-compte. Le 17 juin 2006, la coalition au pouvoir perd la majorité au Parlement, et le parti Smer (Direction), formation de tendance sociale-démocrate dirigée par Robert Fico, obtient 50 sièges sur 150. Il s’allie avec le H.Z.D.S. de Vladimir Mečiar et le Parti national slovaque afin de constituer un gouvernement de coalition. Cette alliance avec les nationalistes et les populistes vaut d'ailleurs au parti Smer d’être suspendu du Parti socialiste européen durant deux ans. Robert Fico met en place une politique plus sociale que son prédécesseur, sans toutefois remettre en cause les principales réformes. Parallèlement, il mène à bien l’entrée de son pays dans la zone euro, qui intervient le 1er janvier 2009. Durant le mandat de Robert Fico, qui lui apporte son soutien, le président de la République en exercice depuis 2004, Ivan Gasparovic, est réélu en avril 2009 – mais cette fonction est essentiellement honorifique en Slovaquie.

Les relations avec la Hongrie voisine se tendent en mai 2010, après l’annonce par le nouveau gouvernement de Viktor Orban de son intention de déposer un projet de loi relatif à l'extension de la citoyenneté hongroise. Celle-ci serait accordée aux Magyars résidant dans les pays voisins de la Hongrie ; la mesure concernerait cinq cent mille citoyens slovaques, soit près de 10 p. 100 de la population totale du pays. Robert Fico rappelle aussitôt l'ambassadeur de Slovaquie à Budapest. En outre, le Parlement slovaque adopte un projet de loi privant de la nationalité slovaque tout ressortissant qui prendrait celle d'un autre État.

Cette parenthèse sociale-démocrate ne dure pas. En juin 2010, Smer-S.D. (Direction-Démocratie sociale), nouveau nom du parti de Robert Fico, arrive en tête à l’issue des élections législatives, mais quatre formations de droite qui souhaitent gouverner ensemble obtiennent la majorité au Parlement et concluent un accord. Iveta Radicova, de l’Union démocrate-chrétienne, est chargée par le président Gasparovic, qu’elle a affronté l’année précédente pour la présidence, de former le gouvernement. Mais, en pleine crise de la zone euro, un désaccord au sein de la coalition concernant la ratification par le Parlement du Fonds européen de stabilité financière entraîne, en octobre 2011, la chute du gouvernement. Des élections législatives anticipées ramènent au pouvoir le centre gauche : Smer-S.D. obtient la majorité absolue au Parlement, et Robert Fico forme en avril 2012 le nouveau gouvernement.

(Voir également SLOVAQUIE, chronologie contemporaine)

—  Universalis

 Littérature

Recherche d'une culture nationale

L'émergence de la culture et, par conséquent, de la littérature nationale slovaque a été tardive et a dû emprunter bien des détours. La Slovaquie, qui, au ixe siècle, faisait partie de l'empire de la Grande-Moravie, constituait un important centre de la culture vieux-slave. Après la chute de l'État de Grande-Moravie, au xe siècle, le territoire de la Slovaquie fut intégré à d'autres États étrangers, et sa population, soumise à une oppression nationale et sociale pendant presque mille ans, perdit dès lors complètement tous les moyens d'affirmer sa personnalité.

Le latin devint la seule langue littéraire sur le territoire de la Slovaquie, et l'on ne conserve de la période gothique et romane que peu de documents écrits. On peut citer des légendes consacrées à deux saints slovaques, Svorad et Beňadik, qui datent du xie siècle, ainsi qu'une assez riche poésie humaniste provenant de l'époque de la Renaissance.

Au xve siècle, la langue tchèque prit le dessus sur le latin. Mais on peut noter que la poésie religieuse qui s'épanouit à cette époque et connut son apogée au xviie siècle est déjà parsemée d'expressions slovaques.

Outre ces écrits, il existe une littérature orale très riche dans sa forme et conservée dans les chansons, ballades, contes et poèmes épiques populaires qui sont empreints d'un lyrisme original. Un grand nombre de ces chansons est consacré au brigand légendaire Juro Janosǐk qui symbolise la révolte contre l'oppression féodale. Cette littérature populaire a gardé toute sa vitalité jusqu'au xixe siècle, et l'interdépendance de la tradition orale et de la littérature écrite slovaques constitue le trait le plus typique de l'évolution littéraire en Slovaquie.

Éveil de la conscience nationale

Déjà, lors des siècles précédents, des éléments de la langue slovaque parlée apparaissaient dans les textes littéraires, mais ce fut Anton Bernolák (1762-1813) qui tenta le premier de créer une langue littéraire slovaque. La langue de Bernolák fut utilisée notamment par deux écrivains de talent, Jozef Ignác Bajza (1755-1836), auteur du premier roman slovaque, et le célèbre poète classique Ján Hollý (1785-1849), qui écrit ses poèmes épiques en alexandrins afin de prouver que la langue slovaque est suffisamment malléable pour égaler les formes complexes de la poésie antique.

Les deux principaux représentants du classicisme littéraire slovaque sont le poète Ján Kollár (1793-1852) et l'historien Pavel Jozef Šafárik (1795-1861), bien qu'ils aient continué d'écrire en tchèque et que, de ce fait, leur œuvre appartienne dans une mesure égale au patrimoine littéraire tchèque et slovaque. Tous deux ont adopté la conception philosophique de J. G. Herder sur l'avenir glorieux réservé aux Slaves, et ils devinrent les promoteurs les plus importants du panslavisme. Hollý, Kollár et Šafárik ont grandement aidé à réveiller la conscience nationale et ouvert la voie à la création d'une littérature authentiquement autochtone.

Une littérature autochtone

La personnalité la plus prestigieuse du xixe siècle est sans aucun doute Ludovít Štúr (1815-1856), écrivain, savant et député à la Diète hongroise. Il fut le principal artisan de la création d'une langue littéraire moderne (1844). Celle-ci, ayant pour base le dialecte de la Slovaquie centrale, a été adoptée par la nation tout entière. D'autre part, sous l'impulsion de la philosophie hégélienne, il a élaboré le concept de romantisme slovaque, dont les caractéristiques essentielles sont la prééminence de la pensée patriotique et l'attachement aux traditions populaires en tant que sources majeures d'inspiration. Štúr reprochait au romantisme occidental son manque de combativité et son pessimisme foncier. Dans ses écrits comme dans ceux des auteurs appartenant à son école, tels les poètes Samo Chalupka, Andrej Sládkovič, Ján Botto, Janko Král ou le prosateur Janko Kalinčiak, se reflète l'effervescence révolutionnaire des années quarante, de même que les combats intérieurs de l'homme du xixe siècle. Disposant de plusieurs revues publiées pour la première fois en langue slovaque, ils menaient simultanément une action politique et littéraire pour consolider la conscience nationale et répandre les idées patriotiques parmi les couches populaires. Du groupe communément appelé l'« école de Štúr » partit le premier grand essor des lettres slovaques, dont les résonances se prolongèrent jusque dans la seconde moitié du xixe siècle, et cela malgré les efforts acharnés de magyarisation que les autorités poursuivirent après la répression de la révolution de 1848. Durant cette période difficile, quelques écrivains patriotes s'appliquèrent à maintenir le moral d'une population dépouillée progressivement de tous ses moyens culturels.

Cette situation retarda l'avènement du réalisme en Slovaquie, et ce n'est qu'à partir de 1870 qu'une nouvelle génération d'écrivains commença d'élever le niveau esthétique des lettres slovaques. Les auteurs réalistes choisirent de préférence leurs sujets dans la vie contemporaine du peuple plutôt que dans le passé. Cela vaut aussi bien pour le poète P. O. Hviezdoslav (1849-1921) que pour les romanciers Svetozár Hurban Vajanský (1847-1916) et Martin Kukučín (1860-1928). Par la richesse de son langage, le profondeur de sa pensée et la diversité des formes de son œuvre poétique, Hviezdoslav est incontestablement une des figures dominantes de la poésie slovaque. L'originalité de Kukučín réside dans le fait d'avoir introduit dans la prose le personnage du paysan avec son bon sens et son franc-parler, tandis que Vajanský se préoccupe de préférence du rôle que doit assumer l'intelligentsia dans la vie d'un peuple.

Au début du xxe siècle se détache nettement un groupe littéraire appelé « les modernistes slovaques » dont le chef de file est le poète Ivan Krasko (1876-1958). Sa poésie s'apparente à celle des symbolistes occidentaux, mais elle traduit en même temps l'inquiétude du poète concernant le sort de son peuple. D'ailleurs, le trait principal, commun à tous les courants littéraires du xixe et du début du xxe siècle, est le souci constant de défendre l'existence même de la nation, de sa langue et de sa culture.

Les hauts et les bas du xxe siècle

La naissance de l'État tchécoslovaque (1918) modifia fondamentalement la fonction jusque-là exclusivement défensive de la littérature slovaque. Celle-ci trouve alors un champ d'action beaucoup plus large et beaucoup plus varié. Les écrivains slovaques étaient fortement attirés par les courants européens d'avant-garde, et certains contacts s'établirent par l'intermédiaire de la littérature tchèque et grâce à l'hebdomadaire Elán.

Le bouillonnement littéraire de cette époque reflète les efforts assidus des écrivains pour rattraper le retard que la littérature slovaque avait marqué par le passé. En ce qui concerne la prose, plusieurs romanciers, dont Martin Rázus (1888-1937) et Janko Jesenský (1874-1945), persistent dans la tradition réaliste, tandis que Milo Urban (1904-1982) approfondit la facture psychologique du roman réaliste et J. C. Hronský (1896-1961) se rapproche sensiblement du style impressionniste. Le romancier Gejza Vámoš (1901-1956) fut le premier à poser dans la littérature slovaque, jusque-là fort prude, le problème de l'érotisme. Dans le domaine de la poésie évoluent à la fois le vitalisme de Ján Smrek (1898-1982), le mysticisme claudelien de E. B. Lukáč (1900-1979) et le « poétisme » de Valentin Beniak (1894-1973) et de Ladislav Novomeský (1904-1976). Ce dernier est aussi un des chefs de file de la revue Dav groupant des intellectuels de gauche qui tentaient d'élaborer une théorie de la littérature socialiste et qui, dans les années du stalinisme, furent frappés d'anathème.

La Seconde Guerre mondiale ralentit sensiblement l'effervescence si dynamique des lettres de l'entre-deux-guerres. Au début des années 1940 se manifeste avec quelque retard le groupe des surréalistes qui se réclamaient à la fois de la poétique d'André Breton et de la poésie révolutionnaire du romantique Janko Král. Pendant la guerre, sous le régime clérical-fasciste de l'État slovaque, un petit nombre d'écrivains suivit la ligne officielle ultranationaliste, d'aucuns trouvèrent refuge dans une sorte de lyrisme paysan, rappelant celui de Giono et de Ramuz, d'autres enfin, en opposition active au régime, préparaient d'ores et déjà la littérature de l'après-guerre, fortement marquée par l'insurrection nationale d'août 1944, véritable épopée. Celle-ci, s'opposant à l'occupation hitlérienne, a inspiré notamment Dominique Tatarka (1913-1989), Peter Jílemnický (1901-1949), A. Bednár (1914) et V. Mináč (1922) qui lui consacrèrent des œuvres de valeur.

En 1949, peu après l'avènement du régime communiste, les écrivains slovaques exprimaient le souhait, dans leur Manifeste de l'humanisme socialiste, qu'un champ plus libre fût réservé à la création littéraire ; mais ce désir fut catégoriquement rejeté par les idéologues staliniens, et la littérature slovaque réduite à la seule expression du réalisme socialiste. Ce n'est qu'à partir de 1956 que les écrivains slovaques reconquirent progressivement les positions perdues et ajoutèrent à la production littéraire une nouvelle dimension en traitant les problèmes souvent si épineux de l'individu dans la société socialiste. Grâce à l'hebdomadaire Kultúrny Život (La Vie culturelle), ils contribuèrent dans une large mesure à la libéralisation du régime et au renouveau de la vie littéraire en Slovaquie, mais leur élan fut brutalement interrompu par les événements d'août 1968. Si de nombreux talents ont pu éclore depuis lors (notamment à travers la dissidence et la Charte 77), la littérature slovaque n'a retrouvé les chemins incertains de la liberté qu'avec l'effondrement du régime communiste en 1989 et la naissance de la Slovaquie indépendante trois ans plus tard.

—  Fedor BALLO

Bibliographie

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Autres références

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SLOVAQUIE, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

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UNION EUROPÉENNE : ÉLARGISSEMENT VERS L'EST - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Edith LHOMEL
  •  • 609 mots

1993-1995 Les accords d'association sont ratifiés avec la Hongrie et la Pologne (décembre 1993), la Bulgarie, la Roumanie, la République tchèque, la Slovaquie (décembre 1994), les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/union-europeenne-reperes-chronologiques/#i_94998

AUTRICHE

  • Écrit par 
  • Roger BAUER, 
  • Jean BÉRENGER, 
  • Annie DELOBEZ, 
  • Christophe GAUCHON, 
  • Félix KREISSLER, 
  • Paul PASTEUR
  •  • 34 061 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Diversités nationales et religieuses »  : […] culture. Les villes royales et les Saxons de Transylvanie parlent et écrivent l'allemand, tandis qu'en Haute-Hongrie (actuelle Slovaquie) les paysans ne connaissent que le slovaque, langue qu'utilisent le clergé et les justices seigneuriales. E. Brown, médecin anglais qui parcourut la Hongrie dans la seconde moitié du xviie siècle, fut frappé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/autriche/#i_94998

BACILEK KAROL (1896-1974)

  • Écrit par 
  • Ilios YANNAKAKIS
  •  • 637 mots

du Parti communiste en Tchécoslovaquie, avec d'autres dirigeants communistes il gagne Moscou où il sert jusqu'en 1943 dans les rangs du N.K.V.D. En 1944, il est envoyé en Slovaquie pour participer à l'insurrection slovaque contre les Allemands et pour renforcer le noyau des dirigeants communistes de l'« intérieur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karol-bacilek/#i_94998

BRATISLAVA, anc. PRESBOURG

  • Écrit par 
  • Marie-Claude MAUREL
  •  • 597 mots
  •  • 2 médias

Depuis la scission de la Tchécoslovaquie, le 1er janvier 1993, Bratislava (425 500 hab. en 2003) est devenue la capitale de la République slovaque. Au bord du Danube, à proximité des frontières autrichienne et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bratislava-presbourg/#i_94998

CARPATES

  • Écrit par 
  • André BLANC, 
  • Pierre CARRIÈRE, 
  • Mircea SANDULESCU
  • , Universalis
  •  • 4 837 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre «  Unités géologiques »  : […] L'orogène carpatique comprend, d'une part, la chaîne de montagnes à double courbure qui s'étend de Bratislava, en Slovaquie, jusqu'à la rivière Timok, en Serbie orientale, d'autre part, des reliefs plus ou moins isolés, situés à l'intérieur de l'arc, tels les monts Apuseni en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carpates/#i_94998

COMMUNISME - Mouvement communiste et question nationale

  • Écrit par 
  • Roland LOMME
  •  • 21 018 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « « Fusion » ou « épanouissement » des nations »  : […] tchécoslovaque affirme au contraire sans réserve l'unité des peuples tchèque et slovaque : bien que la Constitution du 27 octobre 1968 interdise toute tentative de « dénationalisation » des peuples et minorités de Tchécoslovaquie, Gustáv Husák, alors secrétaire général du parti après avoir été emprisonné dans les années […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-mouvement-communiste-et-question-nationale/#i_94998

DANUBE

  • Écrit par 
  • Laurent TOUCHART
  •  • 2 506 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le Danube de toutes les Hongries »  : […] 1 000 kilomètres après sa source que le Danube quitte le monde germanique et alpin pour entrer dans le milieu carpatique. Le fleuve pénètre d'abord en Slovaquie, dont il arrose la capitale, Bratislava (447 000 habitants en 2005). Après la prise de Budapest par les Ottomans en 1541, la ville était devenue la capitale de la Hongrie des Habsbourg, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/danube/#i_94998

DÉMOCRATIES POPULAIRES

  • Écrit par 
  • Michel LESAGE, 
  • Henri MÉNUDIER
  •  • 8 420 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Tchécoslovaquie »  : […] 1992, le Parti démocratique civique du ministre fédéral des Finances, Václav Klaus, et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique, de Vladimír Mečiar, viennent en tête avec chacun un tiers des voix, mais les Slovaques manifestent de plus en plus leur volonté d'autonomie. Le 17 juillet, le Parlement slovaque adopte une déclaration de souveraineté […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/democraties-populaires/#i_94998

HLINKA ANDREJ (1864-1938)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 431 mots

de la petite ville industrielle de Ružomberok en 1905, y soutient activement les candidats nationalistes slovaques lors des élections de 1906 au Parlement hongrois. Son patriotisme l'oppose à la fois à la politique de magyarisation des autorités et à sa propre hiérarchie. Jugé en novembre pour avoir incité les Slovaques à se montrer déloyaux envers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrej-hlinka/#i_94998

HONGRIE

  • Écrit par 
  • Jean BÉRENGER, 
  • Lorant CZIGANY, 
  • Albert GYERGYAI, 
  • Pierre KENDE, 
  • Edith LHOMEL, 
  • Marie-Claude MAUREL, 
  • Fridrun RINNER
  • , Universalis
  •  • 32 156 mots
  •  • 19 médias

Dans le chapitre « D'une diplomatie de bon voisinage... »  : […] furent signés deux traités scellant une « réconciliation historique », d'une part avec la Slovaquie, d'autre part avec la Roumanie (16 septembre 1996), la démarche sur le fond demeura identique. Moyennant, de la part de Budapest, une reconnaissance explicite du caractère intangible du tracé des frontières, ces pays s'engageaient à octroyer aux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hongrie/#i_94998

HUSÁK GUSTÁV (1913-1991)

  • Écrit par 
  • Bernard FÉRON
  •  • 892 mots
  •  • 2 médias

Né à Bratislava, Gustáv Husák adhère au mouvement communiste alors qu'il est étudiant. Pendant la guerre, il prend une part active au travail clandestin du parti. Il est l'un des organisateurs du soulèvement de la Slovaquie en 1944. Il est alors nommé membre du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustav-husak/#i_94998

KOŠICE

  • Écrit par 
  • Gyorgy ENYEDI
  •  • 134 mots
  •  • 1 média

Centre principal de la Slovaquie orientale, Košice se trouve sur le Hornad, au contact des Carpates et de la Grande Plaine hongroise. Cette situation lui permit de jouer, au cours des siècles, un rôle commercial et culturel très important. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kosice/#i_94998

MASARYK TOMÁŠ GARRIGUE (1850-1937)

  • Écrit par 
  • Vladimir Claude FISERA
  •  • 937 mots
  •  • 2 médias

Fils d'un misérable cocher de maître, Tomáš Masaryk commence à travailler très jeune comme apprenti serrurier puis chaudronnier. Remarqué par des prêtres tchèques, il obtient une bourse et étudie au collège, à Brno puis à Vienne. Il rompt […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tomas-garrigue-masaryk/#i_94998

ŠTÚR L'UDOVÍT (1815-1856) & SON ÉCOLE

  • Écrit par 
  • Vladimir PESKA
  •  • 1 006 mots

Écrivain, animateur de la vie littéraire et homme politique slovaque, L'udovít Štúr est issu d'une famille protestante d'instituteurs. Il parachève ses études à l'université de Halle, où il subit la profonde influence de Herder et de Hegel. Adjoint de Palkovič à la « chaire de langue et littérature tchécoslovaque » au lycée évangélique de Presbourg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stur-et-son-ecole/#i_94998

TCHÉCOSLOVAQUIE

  • Écrit par 
  • Marie-Elizabeth DUCREUX, 
  • Michel LARAN, 
  • Jacques RUPNIK
  •  • 12 876 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre «  Rupture entre deux nations »  : […] er septembre 1992, la Constitution tchèque est votée le 16 décembre. Le 1er janvier 1993, sans qu'il y ait eu consultation populaire, la République fédérale tchèque et slovaque cède la place à deux États distincts : la République tchèque (10 323 690 habitants en 1993) et la Slovaquie (5 296 768 habitants […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tchecoslovaquie/#i_94998

TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

  • Écrit par 
  • Jaroslav BLAHA, 
  • Marie-Elizabeth DUCREUX, 
  • Marie-Claude MAUREL, 
  • Vladimir PESKA
  •  • 18 245 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « La tentation de faire cavalier seul »  : […] immédiatement dans les faits en rompant unilatéralement l'union douanière avec la Slovaquie dès février 1993, et en prenant ses distances avec les pays voisins du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie), considéré comme un handicap pour l'ambitieuse politique extérieure tchèque. Mais cette attitude fut en fait mal perçue en dehors du pays […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/#i_94998

TISO JOZEF (1887-1947)

  • Écrit par 
  • Vladimir Claude FISERA
  •  • 950 mots

Né dans une famille modeste de villageois, Tiszo Jozef (il écrit son nom à la hongroise jusqu'en 1918) est ordonné prêtre en 1910. Étudiant brillant, il part pour Vienne où il devient docteur en théologie. Il est marqué alors, comme Hitler, autre « Viennois », par la personnalité du professeur et homme politique autrichien Lueger, puissant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jozef-tiso/#i_94998

Voir aussi

Pour citer l’article

Marie-Claude MAUREL, Michel LARAN, Jaroslav BLAHA, Fedor BALLO, « SLOVAQUIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/slovaquie/