SÉROTONINE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La distribution de la sérotonine dans l'ensemble du monde vivant, depuis les bactéries jusqu'à l'homme, au sein de lignées cellulaires extrêmement différenciées, suggère que cette substance joue un rôle fondamental dans le métabolisme cellulaire. En physiologie humaine, la sérotonine est impliquée dans des fonctions aussi diverses que le sommeil, la thermorégulation, l'activité sexuelle. La démonstration de son rôle de médiateur chimique, assurant le passage de l'influx d'un neurone à l'autre, explique que la sérotonine, en intervenant dans la transmission synaptique, puisse participer au contrôle des fonctions susdites. De ce fait, son métabolisme constitue un domaine important de la neurochimie. Les perturbations de ce métabolisme ont des conséquences pathologiques que l'on cherche à mieux identifier afin de permettre leur thérapeutique.

Propriétés et mise en évidence

La sérotonine, ou entéramine, ou 5-hydroxytryptamine (5-HT), est en fait le 5-hydroxy 3β-aminoéthyle indole. La décarboxylation du 5-hydroxytryptophane (5-HTP), dernière étape de la synthèse de la 5-HT, entraîne la disparition des propriétés optiques par la perte de l'asymétrie au niveau du carbone 1. Les précurseurs naturels de la sérotonine sont les composés de la série L (L-tryptophane et L-5-HTP).

Elle est habituellement extraite ou préparée sous forme de sulfate double de créatinine et de 5-hydroxytryptamine. Totalement insoluble dans de nombreux solvants organiques (chloroforme, acétone, éther, benzène), elle est relativement soluble dans l'eau (20 mg/ml à 27 0C).

C'est une molécule stable, dans une gamme de pH relativement large, avec un maximum à pH 5-6. Sa photosensibilité peut être considérablement réduite par combinaison avec le sulfate de créatinine.

Des techniques biologiques ou chimiques permettent de la mettre en évidence de façon plus ou moins spécifique.

Les méthodes biologiques font appel à la sensibilité particulière d [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages




Écrit par :

  • : docteur ès sciences naturelles, agrégé de physiologie-biochimie, maître de recherche à l'I.N.S.E.R.M.

Classification


Autres références

«  SÉROTONINE  » est également traité dans :

AMINOACIDES ou ACIDES AMINÉS

  • Écrit par 
  • Pierre KAMOUN
  •  • 4 605 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Décarboxylation »  : […] C'est un processus général des tissus animaux et végétaux et des micro-organismes. Elle s'effectue suivant la réaction . Plusieurs des enzymes responsables ont été cristallisés ; ils admettent le pyridoxal-5 phosphate pour coenzyme . L' aromatique  L  aminoacide-décarboxylase permet la décarboxylation de la 3,4-dihydroxy-phénylalanine (DOPA) en dopamine, de l'hydroxy-5 tryptophane en hydroxy- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/amino-acides-acides-amines/#i_1792

BUFOTÉNINE

  • Écrit par 
  • Michel HAMON
  •  • 479 mots

Alcaloïde indolique isolé pour la première fois des glandes cutanées des crapauds ( Bufo sp.). Il s'agit, en réalité, d'un dérivé de la sérotonine, la N,N-diméthyl-sérotonine. Administrée à l'homme, la bufoténine provoque des effets mixtes, périphériques et centraux, de courte durée. La dilatation pupillaire, des mouvements oscillatoires des yeux (nystagmus), des nausées, de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bufotenine/#i_1792

CHIMIE - La chimie aujourd'hui

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 10 832 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Neurochimie »  : […] Le cerveau contient un très grand nombre de neurones. Ceux-ci communiquent, non seulement de façon morphologique, par leurs synapses et l'influx nerveux, mais aussi par l'intermédiaire des messagers chimiques, les neurotransmetteurs. La neurochimie a pour objet d'étudier ces molécules, leurs influences et interactions in vivo, leurs dosages optimaux et leurs déficiences éventuelles, et les consé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-la-chimie-aujourd-hui/#i_1792

DOULEUR

  • Écrit par 
  • François BOUREAU, 
  • Jean-François DOUBRÈRE
  •  • 4 956 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Contrôles d'origine supraspinale »  : […] Chez l'animal, puis chez le malade, il a été observé que la stimulation stéréotaxique de certaines structures centrales pouvait déterminer une analgésie marquée. Le circuit le mieux étudié implique la substance grise de la base du cerveau (périaqueducale et périventriculaire) riche en sérotonine. Elle agirait sur le noyau du raphe magnas (NRM), situé dans le bulbe, et sur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/douleur/#i_1792

HORMONES

  • Écrit par 
  • Jacques DECOURT, 
  • Yves-Alain FONTAINE, 
  • René LAFONT, 
  • Jacques YOUNG
  • , Universalis
  •  • 14 342 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Hormones diverses »  : […] À côté des principales hormones qui viennent d'être citées, on rencontre toute une série de substances auxquelles convient aussi cette appellation. Le placenta peut être considéré comme une glande endocrine temporaire. Il sécrète en quantités considérables des œstrogènes, de la progestérone et une hormone gonadostimulante, dite gonadotrophine chorionique , dont l'action est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hormones/#i_1792

NERVEUX (SYSTÈME) - Le neurone

  • Écrit par 
  • Michel HAMON, 
  • Clément LÉNA
  •  • 5 729 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Exemples de neurotransmetteurs »  : […] Les neurones les mieux connus à l'heure actuelle dans le cerveau sont certainement les neurones monoaminergiques. C'est une découverte d'Eränko exploitée très judicieusement par les auteurs suédois (Falck, Hillarp, Carlsson, Fuxe, Dahlström) qui a permis d'établir dès les années 1962-1966 la distribution des neurones contenant une monoamine dans le système nerveux central. En effet, dans certaine […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nerveux-systeme-le-neurone/#i_1792

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurobiologie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc GOAILLARD, 
  • Michel HAMON, 
  • André NIEOULLON, 
  • Henri SCHMITT
  •  • 13 735 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Sommeil lent et 5-hydroxytryptamine »  : […] Les progrès récents les plus significatifs ont souligné l'importance, dans la genèse du sommeil lent, d'une part des noyaux mésencéphaliques et pontiques du raphé médian, d'autre part de la 5-hydroxytryptamine (ou sérotonine). Le rôle de la 5-hydroxytryptamine dans la genèse du sommeil lent repose sur un nombre relativement impressionnant d'arguments. – La méthode d'histofluorescence révèle que le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nerveux-systeme-neurobiologie/#i_1792

NEUROLOGIE

  • Écrit par 
  • Raymond HOUDART, 
  • Hubert MAMO, 
  • Jean MÉTELLUS
  • , Universalis
  •  • 30 238 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le XXe siècle et les neurosciences »  : […] À la sémiologie clinique traditionnelle les médecins associent peu à peu une sémiologie instrumentale. Dès la fin du xix e  siècle, des chercheurs travaillent dans cette voie. C'est l'entrée en scène des neurophysiologistes, qui s'intéressent aux structures histologiques, aux questions de physiologie et aux problèmes du fonctionnement du système […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neurologie/#i_1792

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Philippe PEIGNEUX
  •  • 1 393 mots

Dans le chapitre « Sommeil et régulation sociale et émotionnelle »  : […] Les perturbations du sommeil sont fréquentes dans les troubles psychologiques et psychiatriques, suggérant un lien bidirectionnel entre ces perturbations et la symptomatologie observée. Au-delà de la pathologie, les études montrent que le sommeil normal participe à la régulation de nos émotions. En effet, l’exposition à une expérience stressante et/ou émotionnelle modifie l’architecture du sommei […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neurosciences-cognitives-et-sommeil/#i_1792

PERSONNALITÉ

  • Écrit par 
  • Jérôme ROSSIER
  •  • 5 262 mots

Dans le chapitre « Déterminants de la personnalité »  : […] Les déterminants de la personnalité sont à la fois génétiques, biologiques, et environnementaux. En effet, la différenciation du tempérament, qui serait en grande partie héritée, en personnalité stable et cohérente, se fait en interaction avec l’environnement. La contribution spécifique et unique des aspects héréditaires et environnementaux est difficile à déterminer, car précisément ils sont en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/personnalite/#i_1792

RAPPORT MAURICE (1919-2011)

  • Écrit par 
  • Barbara A. SCHREIBER
  •  • 313 mots

Le biochimiste américain Maurice Rapport isola et identifia la structure moléculaire de la sérotonine, ou 5-hydroxytryptamine. Maurice Rapport naît le 23 septembre 1919 à Atlantic City (New Jersey). Après une licence de chimie au City College de New York en 1940, il obtient son doctorat de chimie organique au California Institute of Technology en 1946. Trois ans plus tard, le jeune scientifique pu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-rapport/#i_1792

SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Patrice FORT, 
  • Michel JOUVET, 
  • Patrick LÉVY, 
  • Véronique VIOT-BLANC
  •  • 18 052 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La régulation du fonctionnement de l'interrupteur neuronal »  : […] Les questions cruciales qui se posent maintenant concernent les moyens par lesquels l'organisme met en marche les neurones promoteurs du sommeil. Quels sont les processus neurobiologiques responsables de la petite touche d'instabilité nécessaire au système pour que, à un moment précis, les neurones du VLPO s'activent, enclenchant alors l'alternance veille-sommeil et le moment si agréable de l'endo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sommeil/#i_1792

SYNAPSES

  • Écrit par 
  • Alfred FESSARD, 
  • Patrice GUYENET, 
  • Michel HAMON, 
  • Jacques TAXI
  •  • 7 872 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Localisation intraneuronale »  : […] La présence d' acétylcholine, de noradrénaline, de dopamine, de sérotonine, de GABA, d'histamine, etc. dans le système nerveux central, et plus particulièrement dans certains noyaux anatomiquement définis, a été révélée depuis la mise au point de dosages chimiques ou biologiques suffisamment sensibles. De plus, en 1962, B. Falck et N. Hillarp ont développé une technique d' histochimie de fluoresc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/synapses/#i_1792

TRIPTANS

  • Écrit par 
  • Patrick HENRY
  •  • 365 mots

Découverte marquante des années 1990, tant sur le plan thérapeutique qu'au niveau de la compréhension physiopathologique de la maladie migraineuse, le Sumatriptan, premier triptan mis sur le marché, a été développé spécifiquement selon l'hypothèse qu'il existerait au moment de la crise de migraine une dépression en sérotonine. Il se comporte comme un agoniste sélectif de certains récepteurs à la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/triptans/#i_1792

YOHIMBINE ou CORYNINE ou APHRODINE

  • Écrit par 
  • Michel HAMON
  •  • 394 mots

Principal alcaloïde indolique extrait de l'écorce de Corynanthe yohimbe (rubiacée), encore connu sous les noms de corynine et d'aphrodine. Ce dernier vocable rappelle que la yohimbine aurait des propriétés aphrodisiaques, probablement en raison de son action vasodilatatrice portant plus particulièrement sur les organes génitaux. Il s'agit essentiellement, en réalité, d'un blo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/yohimbine-corynine-aphrodine/#i_1792

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel HAMON, « SÉROTONINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/serotonine/