SÉROTONINE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Métabolisme

Méthodes d'étude

La mise en évidence des potentialités de synthèse et de dégradation de la 5-HT d'un organe ou d'un tissu peut se faire in vivo ou in vitro. Par exemple, in vivo, la présence de 5-HT tritiée dans le cerveau après injection intraveineuse ou intracisternale de tryptophane tritié (la barrière hémato-encéphalique empêche le passage de la 5-HT de la périphérie au cerveau) constitue une preuve de la synthèse cérébrale de l'indole-amine. In vitro, l'incubation de coupes ou d'homogénat de tissus en présence de tryptophane permet de suivre sa transformation éventuelle en 5-HT. Chez l'homme, l'étude de ce métabolisme est réalisée par dosage de l'amine ou de ses métabolites dans les liquides physiologiques (urine, liquide céphalo-rachidien). Le métabolisme de l'amine dans tel ou tel organe est mesuré par un paramètre, le temps de renouvellement ou de turnover : c'est le temps qu'il faut pour que soit renouvelée la moitié du contenu en 5-HT d'un organe ou d'un tissu. Il est particulièrement bref dans le système nerveux central et peut varier selon les situations physiologiques ou pharmacologiques.

Biosynthèse

La biosynthèse de la 5-HT a lieu dans le foie, le tractus gastro-intestinal, le cerveau et dans différents types cellulaires tels que les cellules entérochromaffines, les neurones, les pinéalocytes. La description suivante vaut pour le système nerveux central.

Biosynthèse et catabolisme

Dessin : Biosynthèse et catabolisme

Biosynthèse et catabolisme de la sérotonine 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Dans une première étape, l'acide aminé précurseur, le L-tryptophane, pénètre dans les cellules grâce à un système de transport actif. Dans le système nerveux central, la synthèse dépendrait à chaque instant de l'apport sanguin de cet aminoacide essentiel.

Dans la cellule, le tryptophane est hydroxylé avec transfert de l'atome d'hydrogène du carbone 5 au carbone 4. Cette réaction fait intervenir l'oxygène gazeux. L'enzyme spécifique qui catalyse la transformation du tryptophane en 5-HTP, la tryptophane hydroxylase, a un Km pour le tryptophane du même ordre de grandeur que la concentration tissulaire en aminoacide (Km = 2 × 10-5M). Son activité, au niveau du système nerveux central, est extrêmem [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Écrit par :

  • : docteur ès sciences naturelles, agrégé de physiologie-biochimie, maître de recherche à l'I.N.S.E.R.M.

Classification

Autres références

«  SÉROTONINE  » est également traité dans :

AMINOACIDES ou ACIDES AMINÉS

  • Écrit par 
  • Pierre KAMOUN
  • , Universalis
  •  • 3 484 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Décarboxylation »  : […] C'est un processus général des tissus animaux et végétaux et des micro-organismes. Elle s'effectue suivant la réaction 7 . La plupart des enzymes responsables utilisent le pyridoxal-5 phosphate comme coenzyme (vitamine B6) . L' aromatique L aminoacide-décarboxylase permet la décarboxylation de la 3,4dihydroxy-phénylalanine (DOPA) en dopamine, de l'hydroxy5 tryptophane en hydroxy5 tryptamine (o […] Lire la suite

BUFOTÉNINE

  • Écrit par 
  • Michel HAMON
  •  • 479 mots

Alcaloïde indolique isolé pour la première fois des glandes cutanées des crapauds ( Bufo sp.). Il s'agit, en réalité, d'un dérivé de la sérotonine, la N,N-diméthyl-sérotonine. Administrée à l'homme, la bufoténine provoque des effets mixtes, périphériques et centraux, de courte durée. La dilatation pupillaire, des mouvements oscillatoires des yeux (nystagmus), des nausées, des troubles respiratoir […] Lire la suite

CHIMIE - La chimie aujourd'hui

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 10 834 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Neurochimie »  : […] Le cerveau contient un très grand nombre de neurones. Ceux-ci communiquent, non seulement de façon morphologique, par leurs synapses et l'influx nerveux, mais aussi par l'intermédiaire des messagers chimiques, les neurotransmetteurs. La neurochimie a pour objet d'étudier ces molécules, leurs influences et interactions in vivo, leurs dosages optimaux et leurs déficiences éventuelles, et les consé […] Lire la suite

DOULEUR

  • Écrit par 
  • François BOUREAU, 
  • Jean-François DOUBRÈRE
  •  • 4 957 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Contrôles d'origine supraspinale »  : […] Chez l'animal, puis chez le malade, il a été observé que la stimulation stéréotaxique de certaines structures centrales pouvait déterminer une analgésie marquée. Le circuit le mieux étudié implique la substance grise de la base du cerveau (périaqueducale et périventriculaire) riche en sérotonine. Elle agirait sur le noyau du raphe magnas (NRM), situé dans le bulbe, et sur le pont, qui est à l' […] Lire la suite

HORMONES

  • Écrit par 
  • Jacques DECOURT, 
  • Yves-Alain FONTAINE, 
  • René LAFONT, 
  • Jacques YOUNG
  • , Universalis
  •  • 14 348 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Hormones diverses »  : […] À côté des principales hormones qui viennent d'être citées, on rencontre toute une série de substances auxquelles convient aussi cette appellation. Le placenta peut être considéré comme une glande endocrine temporaire. Il sécrète en quantités considérables des œstrogènes, de la progestérone et une hormone gonadostimulante, dite gonadotrophine chorionique , dont l'action est comparable à celle de […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Le neurone

  • Écrit par 
  • Michel HAMON, 
  • Clément LÉNA
  •  • 5 730 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Exemples de neurotransmetteurs »  : […] Les neurones les mieux connus à l'heure actuelle dans le cerveau sont certainement les neurones monoaminergiques. C'est une découverte d'Eränko exploitée très judicieusement par les auteurs suédois (Falck, Hillarp, Carlsson, Fuxe, Dahlström) qui a permis d'établir dès les années 1962-1966 la distribution des neurones contenant une monoamine dans le système nerveux central. En effet, dans certaine […] Lire la suite

NERVEUX (SYSTÈME) - Neurobiologie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc GOAILLARD, 
  • Michel HAMON, 
  • André NIEOULLON, 
  • Henri SCHMITT
  •  • 13 741 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Sommeil lent et 5-hydroxytryptamine »  : […] Les progrès récents les plus significatifs ont souligné l'importance, dans la genèse du sommeil lent, d'une part des noyaux mésencéphaliques et pontiques du raphé médian, d'autre part de la 5-hydroxytryptamine (ou sérotonine). Le rôle de la 5-hydroxytryptamine dans la genèse du sommeil lent repose sur un nombre relativement impressionnant d'arguments. – La méthode d'histofluorescence révèle que le […] Lire la suite

NEUROLOGIE

  • Écrit par 
  • Raymond HOUDART, 
  • Hubert MAMO, 
  • Jean MÉTELLUS
  • , Universalis
  •  • 30 241 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le XXe siècle et les neurosciences »  : […] À la sémiologie clinique traditionnelle les médecins associent peu à peu une sémiologie instrumentale. Dès la fin du xix e  siècle, des chercheurs travaillent dans cette voie. C'est l'entrée en scène des neurophysiologistes, qui s'intéressent aux structures histologiques, aux questions de physiologie et aux problèmes du fonctionnement du système nerveux. Un peu partout dans le monde, les travaux s […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Philippe PEIGNEUX
  •  • 1 393 mots

Dans le chapitre « Sommeil et régulation sociale et émotionnelle »  : […] Les perturbations du sommeil sont fréquentes dans les troubles psychologiques et psychiatriques, suggérant un lien bidirectionnel entre ces perturbations et la symptomatologie observée. Au-delà de la pathologie, les études montrent que le sommeil normal participe à la régulation de nos émotions. En effet, l’exposition à une expérience stressante et/ou émotionnelle modifie l’architecture du sommei […] Lire la suite

PARAPHILIES ET TROUBLES PARAPHILIQUES

  • Écrit par 
  • Florence THIBAUT
  •  • 6 433 mots

Dans le chapitre « Prise en charge des paraphilies »  : […] Le début du traitement des paraphilies remonte à la fin du xix e  siècle. La première approche a été la castration chirurgicale, utilisée pour la première fois à des fins thérapeutiques, en 1892, en Suisse, pour traiter un patient jugé « imbécile » qui rapportait une douleur névralgique des testicules ainsi qu'une « hypersexualité ». Au cours du xx e  siècle, la castration chirurgicale de certains […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel HAMON, « SÉROTONINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/serotonine/