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CHROMATOGRAPHIE

La chromatographie est une méthode d'analyse chimique (cf. chimie analytique) consistant à séparer les constituants d'un mélange. Elle est utilisée aussi bien dans les services de recherche et développement que dans le domaine du contrôle. Son champ d'activité couvre les organismes d'État et les industries de la chimie, biochimie, pharmacie et parachimie (agrochimie, cosmétiques, parfums, caoutchoucs, polymères, matériaux composites, fermentations). Cependant, la médecine (humaine et vétérinaire), la génétique, la toxicologie, la pharmacognosie, l'environnement, le droit et la justice (police scientifique, douanes, répression des fraudes), la culture (restauration et conservation des œuvres d'art et archéologiques) font aussi appel à la chromatographie. En 1990, une statistique, établie sur le chiffre d'affaires des ventes d'instruments d'analyse moléculaire, fait apparaître que la chromatographie en représente à elle seule 52 p. 100. En sachant que les appareillages utilisés dans cette technique sont de cinq à dix fois moins chers (en moyenne) que ceux qui sont employés dans les autres techniques, ce chiffre souligne la très grande probabilité pour un analyste de la rencontrer ou de l'utiliser dans sa vie professionnelle, quel que soit le domaine dans lequel il exerce son activité.

Différentes méthodes chromatographiques se sont développées au cours du temps. Elles nécessitent toutes l'utilisation conjointe de deux phases non miscibles l'une dans l'autre, dont une, au moins, est en mouvement, et dans lesquelles les solutés à séparer se distribuent différentiellement. La grande importance de la chromatographie provient de sa vitesse d'exécution, de son grand pouvoir de résolution et de son aptitude à analyser de manière qualitative et quantitative de faibles quantités d'échantillon. Elle permet en particulier d'analyser des traces, de les préconcentrer aussi bien que d'isoler de grandes quantités de soluté pur. Ainsi est-elle universellement employée au laboratoire comme dans l'industrie. Un autre de ses avantages est la simplicité de son principe. La théorie fait appel à la partie de la physicochimie qui traite de la compréhension puis de la modélisation mathématique des effets simultanés des phénomènes chimiques et physiques permettant la séparation ou la purification des différents constituants de mélanges. Les concepts de reconnaissance moléculaire et plus généralement ceux qui sont issus des phénomènes décrits et développés en chimie supramoléculaire (cf. chimie supramoléculaire) y sont utilisés de manière permanente.

Partage en phase liquide - crédits : Encyclopædia Universalis France

Partage en phase liquide

Officiellement, sa découverte est due au botaniste russe Mikhaïl Semenovich Tswett (1872-1919) : dans sa thèse, en 1903, il signale la présence très nette de différents anneaux concentriques colorés qui se forment à la partie supérieure des filtres en papier, lors de la filtration des extraits de feuilles de végétaux dissous dans l'éther de pétrole. Persuadé que la chlorophylle n'était pas une substance unique, il a mis à profit cette observation en cherchant à mettre au point une méthode de séparation générale des mélanges très complexes. Il y réussit, en remplissant de manière très compacte une colonne en verre très étroite par un adsorbant (de la craie pilée, dans ce cas particulier, c'est-à-dire du carbonate de calcium CaCO3) dans laquelle l'extrait à filtrer, déposé en tête de colonne, migrait ensuite par gravité, entraîné par l'éther de pétrole (fig. 1). « Telles des raies de lumière d'un spectre, différentes zones colorées », correspondant respectivement au carotène (jaune), à la chlorophylle (verte) et à la xanthophylle (jaune), furent recueillies et analysées. Il publia le principe de cette nouvelle méthode de séparation en 1906 et la nomma chromatographie (à partir[...]

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Écrit par

  • : docteur ès sciences, professeur à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles, Paris, ingénieur, École supérieure de physique et de chimie industrielles
  • : professeur de chimie organique à l'université d'Aix-Marseille-II
  • : professeur des Universités, université de Paris-XI, I.U.T. d.Orsay

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Partage en phase liquide - crédits : Encyclopædia Universalis France

Partage en phase liquide

Chromatographie sur papier - crédits : Encyclopædia Universalis France

Chromatographie sur papier

Phase aqueuse - crédits : Encyclopædia Universalis France

Phase aqueuse

Autres références

  • ALCALOÏDES

    • Écrit par Jacques E. POISSON
    • 5 686 mots
    • 5 médias
    ...successives en milieu acide à l'aide de solutions de pH décroissant, en pratiquant une séparation par contre-courant d'un solvant non miscible, et surtout par chromatographie. Les méthodes chromatographiques consistent à séparer les divers constituants d'un mélange en fonction de leur affinité pour un adsorbant...
  • ANALYTIQUE CHIMIE

    • Écrit par Alain BERTHOD, Jérôme RANDON
    • 8 885 mots
    • 4 médias
    La chromatographie est une méthode de séparation des constituants d'un échantillon basée sur les différences d'affinités de ceux-ci pour chaque phase d'un système biphasique. La séparation s'effectue dans une colonne chromatographique à l'intérieur de laquelle est fixée une phase dite stationnaire....
  • BIOCHIMIE

    • Écrit par Pierre KAMOUN
    • 3 880 mots
    • 5 médias
    ...cellulaires. Parmi ces méthodes, il faut indiquer l'électrophorèse, qui permet la séparation, dans un champ électrique, de molécules chargées, et la chromatographie. Cette dernière méthode, inventée en 1906 par le botaniste russe Mikhaïl Tswett, resta dans l'oubli jusqu'en 1931. Elle permet de séparer...
  • CASSINI-HUYGENS (MISSION)

    • Écrit par Athéna COUSTENIS
    • 4 179 mots
    • 8 médias
    – un chromatographe et spectromètre de masse pour déterminer la composition atmosphérique (GCMS, Gas Chromatograph and Mass Spectrometer) ;
  • Afficher les 15 références

Voir aussi