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ROYAUME-UNI Géographie

Capitale Londres
Langue officielle Anglais (Le gaélique et le gallois sont reconnus comme langues officielles localement.)
Population 68 350 000 habitants (2023)
    Superficie 243 610 km²

      Article modifié le

      La question de l'environnement et du développement durable

      Au Royaume-Uni comme ailleurs, les questions de la gestion de l'environnement et du développement durable méritent un traitement nuancé, à l'image des contradictions qui peuvent pointer entre, d'un côté des discours et des actions politiques volontaristes, et de l'autre des pratiques moins vertueuses.

      L' agriculture peut faire office de première illustration. Activité généralement pertinente pour apprécier la relation qu'entretient une société avec son milieu ou son environnement, elle l'est plus particulièrement encore au Royaume-Uni où la valeur symbolique des espaces agricoles, et plus généralement ruraux, est inversement proportionnelle à l'emprise urbaine et industrielle. Au sein d'un pays aux dimensions finalement réduites, les espaces agricoles, qui représentent 70 % du territoire national, frappent par l'intensité de leur mise en valeur : les friches sont quasi inexistantes et, à l'exception des forêts à usage récréatif, périurbaines et/ou des parcs nationaux, les grandes zones boisées sont rares. Même dans les milieux les plus « hostiles », l'agriculture est présente, sous la forme d'élevages ovins ou bovins plus ou moins extensifs. La préservation de ces campagnes jardinées a plusieurs explications. La première réside dans la culture vivace et revendiquée de la rurality et des traditions et modes de vie qui sont supposés en être l'expression.

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      Aidés par des règles d'urbanisme strictes, les espaces ruraux et agricoles résistent donc plutôt bien à l'étalement urbain : les surfaces agricoles transformées en surfaces bâties sont passées de 3 800 hectares en 1990 à moins de 1 700 en 2001. Cette législation a notamment permis aux campagnes britanniques de se prémunir du mitage qui, outre son caractère non durable, constitue une nuisance paysagère. Dans cette même logique de préservation des campagnes, l'agriculture biologique est soutenue par les pouvoirs publics et progresse rapidement. De 1995 à 2005, les surfaces en cultures bio sont passées de moins de 50 000 à plus de 600 000 hectares, dont la moitié localisée en Écosse et 1 % en Irlande du Nord. Toutefois, en dépit de ces signes encourageants, l'agriculture britannique reste l'une des plus intensives au monde. Extraordinairement mécanisée, elle recourt massivement aux intrants et autres traitements visant à maintenir des rendements très élevés (même si les spécificités bioclimatiques et les spécialisations productives impliquent de grosses différences régionales). De même, les quelques crises sanitaires, en particulier celles de la « tremblante du mouton » et surtout « de la vache folle », qui ont secoué l'agriculture britannique depuis le milieu des années 1990, ont été l'occasion de stigmatiser des pratiques productivistes irresponsables.

      En matière de politique énergétique, les contradictions britanniques sont plus franches encore. Au-delà des enjeux sociaux et environnementaux de l'effet de serre, la publication du rapport de l'économiste Nicholas Stern en 2006 a accéléré la prise de conscience du coût exorbitant qu'imposerait la lutte contre le changement climatique si celle-ci était entreprise trop tard. L’année suivante, le ministre de l'Environnement a annoncé la mise en œuvre d'un plan ambitieux de développement de l'énergie éolienne, à partir de l'implantation de sept mille turbines réparties le long des côtes britanniques. Le cadre législatif adopté en 2008 a contribué à accélérer l'implantation de nouvelles fermes éoliennes. D'autres initiatives fortement médiatisées vont également dans le sens du développement durable. C'est le cas par exemple du quartier à énergie positive BedZED, ou de la Congestion Charge, péage d'entrée en centre-ville, appliquée à Londres depuis 2003. Il en est de même du projet gouvernemental, présenté à l'été de 2010, qui a permis la conversion au début des années 2020 de la très polluante centrale de Drax, la plus grosse usine thermoélectrique du Royaume-Uni, du charbon à la biomasse. Au début de la décennie 2020, la production électrique provient à 35 % des énergies fossiles (avec un abandon quasi total du charbon, remplacé par le gaz), à 37 % environ des énergies renouvelables et à 18 % du nucléaire, le reste étant importé. Les centrales thermoélectriques sont la principale source d'émission de CO2 devant l'industrie et les transports dont les émissions ont augmenté de 50 % entre 1990 et 2006. Or cet état de fait résulte en grande partie des politiques publiques dont les orientations principales peinent à être remises en cause. La première responsabilité concerne les transports publics, en particulier ferroviaires, dont la privatisation, en 1993, n'a fait que dégrader encore la qualité et la crédibilité (du point de vue des dessertes, de la sécurité, de la ponctualité ou de la rapidité) que le sous-investissement public avait déjà entamée. De meilleure qualité aujourd'hui, ils ont néanmoins la particularité d'être très onéreux. Par ailleurs, les gisements de pétrole et de gaz naturel de la mer du Nord n’ont pas encouragé le Royaume-Uni à se priver des énergies fossiles.

      En revanche, le Royaume-Uni peut s'enorgueillir de disposer d'un réseau de parcs nationaux qui sont probablement les structures les plus emblématiques des actions entreprises en faveur de la préservation de l'environnement. Après plus d'un siècle de lobbying et de tensions entre, d'un côté les passionnés de grands espaces, de nature et de randonnée, et de l'autre les grands propriétaires et agriculteurs soucieux de préserver l'intégrité et l'exclusivité de l'usage de leurs terres, une loi de 1949 confirme la création des parcs nationaux afin de préserver la beauté naturelle des sites et de rendre accessibles au public de vastes zones de loisirs. Le réseau (fédéré par le Council for National Parks) est constitué de dix parcs anglais (parmi lesquels ceux de Peak District, Lake District et Dartmoor ont été les premiers créés en 1951), de trois parcs gallois et, depuis 2003, de deux parcs écossais, dont celui de Cairngorms, le plus étendu du pays (3 800 km2). Ils couvrent environ 10 % du territoire national (jusqu'à 20 % au pays de Galles) et accueillent (avant la création des parcs écossais) plus de 100 millions de visiteurs par an.

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      Royaume-Uni : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

      Royaume-Uni : carte physique

      Buachaille Etive Mor - crédits : Gannet77/ Getty Images

      Buachaille Etive Mor

      Snowdonia - crédits : Travelpix Ltd/ The Image Bank/ Getty Images

      Snowdonia

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